The Queen of Chabbat

Publié le par Junes Davis-Cohen

Dans la nuit de vendredi soir dernier, il m’est arrivé une chose très bizarre.

Tu es partie te coucher vers 21h ?

Oui, mais pas que… une personne que je ne connaissais que de nom, s’est assise au bord de mon lit.

Allez arrête, c’est quoi encore, cette histoire ?

Passé le stade de la crise cardiaque, et après avoir remis mes lunettes de miro sur le bout du nez, j’ai compris qui c’était…

Fais pas tant de mystère Davis, dis nous qui sait !

C’était LA REINE DU CHABBAT, herself, qui se tenait près de moi, en tenue de soirée toute pailletée de la tête aux pieds.

Bah voyons, non mais tu délires ma pauvre Junes. Dis plutôt que tu rêvais oui !

Peut-être, je ne sais pas, peu importe, en tout cas, j’ai eu une conversation toute particulière avec elle :

– Salut Junes, excuse-moi de te déranger, mais tu m’as invitée à rentrer chez toi tout à l’heure, et je me suis permise de rester et de m’asseoir, parce que j’ai besoin de ton aide, c’est crucial.

– Euh... yes, of course, si je peux vous aider, avec plaisir. Alors dites moi tout.

– Je sais qu’en général, je ne suis qu’une métaphore, mais depuis quelque temps, j’ai l’impression que certaines troupes juives de notre bataillon ont baissé les armes, pour ne pas dire qu’elles m’ont totalement oubliée ! Je suis triste et en colère à la fois.

C’est vrai quoi, j’étais là, depuis le début: l’embrouille avec Adam & Eve, en passant par le déluge, quarante ans dans le désert, etc. J’ai toujours été une taulière dans ce monde ! Les gens m’ont toujours gardée, mais depuis quelques temps, lorsque je veux me pointer le vendredi soir dans certaines maisons, je me vois refuser l’accès. Pourtant, je vois bien le tattoo/tatouage pour rentrer, alors je ne comprends pas.

– Quel tatoo? Oh God ! Mais de quoi parlez-vous Reine du chabbat ?

– Je t’en prie, ne mêle pas D. Ici, je suis en mission secrète. En plus, permets-moi de te dire que tu utilises beaucoup trop souvent le mot God, ces derniers temps. Va falloir te calmer un peu, si tu veux pas trop te faire remarquer jeune dame ! Pour répondre à ta question, le tatoo, c’est la mezouza. Chaque fois que j’en vois une, depuis la sortie d’Egypte, j’ai un pass V.I.P. chez les gens, qui me font la plupart du temps, non seulement un couscous, mais une entrée royale. C’est pas à toi, fille de rabbin, que je vais apprendre qu’il y a carrément une hymne à mon honneur, tout de même. Et ne lève pas les yeux au ciel quand je dis fille de rabbin.

Bref, il faut que tu te débrouilles pour que les gens se rappellent de moi. Transmets leur un message de ma part : je veux reprendre ma place de Queen.

– Je sais pas, c’est délicat, les gens ont changé avec le temps, la diaspora, l’assimilation, c’est un peuple nouvelle génération, je ne sais pas comment vous aider.

– Dis donc, ça ne t’a pas dérangée d’écrire des choses sur la Comtesse de la Tsniout, alors fais pareil pour moi Junes. Dis leur que moi je serai toujours là pour eux quoi qu’il arrive. Précise leur aussi que c’est dans leur intérêt de me laisser rentrer, et qu’il en va de notre survie de continuer à me faire la fête. Trouve une formule sympa pour leur rappeler que je suis toujours d’actualité !

– OK, j’accepte, parce que l’on se connait depuis quoi ? Trente quatre ans, maintenant, vous m’avez sauvée bien des fois, mais Reine du chabbat, faites-moi plaisir, changez de robe, on dirait que vous êtes restée coincée dans les années 70.

– Je sais, ma styliste m’a laissé tomber et ne m’observe plus depuis 1974, et comme je suis de nature fidèle, je ne voulais pas prendre quelqu’un d’autre à sa place.

Alors les amis, pour aider notre Queen, place aux conseils pour vous prouver que Chabbat peut être fun et sympathique !

Et surtout pour qu’elle sorte de ta chambre et que l’on puisse finir notre nuit !

1) Tu rends visite à D. dans son appart’ (syna), ou son penthouse, selon les communautés

2) Tu n’as pas la pression du réveil matin qui hurle « lève-toi, lève-toi, LÈVE-TOI ! » Mais rien n’exclut que tu puisses aussi avoir des petites mains humaines qui te réveillent, bien plus efficaces qu’un réveil, parce que tu ne peux ni les frapper, ni les envoyer valser à l'autre bout de la pièce, tu es cerné, mon pote. Tous les parents avec des jeunes enfants me comprendront.

3) Tu sieste comme une baleine échouée sur un bout de canapé, en général le samedi midi après un bon plat mijoté 24h, ça achèverait n’importe qui !

4) Tu utilises des objets culte qu’il ne te viendrait même pas à l’idée de faire usage dans la semaine. Exemple: le verre de kiddouche. Jamais, au grand jamais, tu prendras un apéro à 18h un jeudi avec un verre de kiddouche pour trinquer ! Alors autant s’en servir !

5) Ceux qui fument peuvent dire « demain, j’arrête », puisque pendant 25 heures, ils sont moins enfumés du poumon. Mais je ne vous garantis pas que ce ne seront pas « des fumiers » pendant ce laps de temps. Ceci n’est en aucun cas mon problème.

6) Tu bouffes !

Oooooh mais ce n’est pas joli d’écrire cela, Junes Davis. Tu peux taper : on mange, on profite bien, on a un bon coup de fourchette, mais bouffer, ce n’est pas un langage approprié.

Non, je garde « bouffer », parce que toute la semaine : je picore, je fais attention, je mange sur le pouce, mais chabbat, j’y vais de bon cœur, et vas-y la Halla, la salade cuite, les poivrons à l’huile d'argan, les aubergines, et j’en passe ! Bref, le bonheur, et en plus il parait que l’on ne grossit pas alors…

7) Tu parles avec tes enfants et ton mari, pour de vrai à la lumière du jour le samedi, sans être étourdis par la technologie, surtout en hiver.

8) Tu vois des amis, avec qui tu abordes les sujets que jamais tu n’aborderais en semaine (Y avait du monde à la syna ? Comment était la séouda ? Y a eu du fight ? )

9) Tu es chanteur, que dis je une Rock Star potentielle à ta table. Qui n’a pas jamais rêvé d’avoir Eyal Golan entre les salades et la pkaila ?

10) Tu peux étudier la Thora à ta guise ! Il parait que ça compte triple chaque minute (tehilim, paracha, dvar thora....bref t’as grave le choix)

11) Tu ne cherches pas une place de parking à devenir taré, et tu économises en parking.

12) Tu fais un break/une pause, mais pas avec ton mec !

14) Tu te reconnectes avec D., mais sans la connexion internet.

15) C’est aussi grâce au chabbat que les non-juifs veulent être juifs. Il parait que nous sommes chaleureux, avec notre pain dodu, nos gens reposés autour d'une table, nos bisous échangés, et nos chabbat chalom à tout va, c’est de la warm attitude en pur jus

16) Et tu te reposes de ta vie mon pote, de ton boulot, de tes collègues que tu peux pas te blairer, tu respires, tu te détends…

Voilà, Reine du Chabbat, c’est tout ce que j’ai en stock pour le moment. Mais elle était déjà partie, et je finissais ma nuit. Ce n’est que la semaine d’après, au moment de la Havdala/ une prière de clôture qui raccompagne notre reine du chabbat à la porte comme la politesse l’exige, qu’elle m’est de nouveau apparue rayonnante dans une toute nouvelle robe époustouflante.

Je lui demande :

– Hello, ça va ? Tu as lu mon texte ? Tu crois que ça a marché ?

La reine du Chabbat me prend dans ses bras et me dit:

– Je ne peux pas encore te répondre car ce n’est que le début, et je dois filer car Elyahou Hanavi arrive, c’est son tour. Alors à vendredi prochain.

– Mais ma Reine, avant que tu partes, elle vient d’où cette toute nouvelle robe de folie ?

– Ma styliste est revenue et m’a prévu cette création faite sur mesure pour moi : c’est du.................Alexander Ma Queen......

Elle me fait un clin d’œil et s’évapore dans un nuage d’ « aura/ora ».

Alors mes chers amis, donnons rendez-vous chabbat prochain à notre Reine du chabbat pour qu’elle puisse retrouver sa place et sa juste valeur.

En vous souhaitant un merveilleux Chabbat et que du Chalom.

The Queen of Chabbat

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Florence 09/01/2016 23:12

Hey !
Je l'ai trouvé super bien ton article qui d'ailleurs m'a parlé pour être honnête, ça fait un petit moment que j'ai du mal à garder le shabbat et ça m'énerve assez limite je me sens pas bien, encore cette semaine breff j'espère que pour le prochain je serais OK :)

Thomas 06/01/2016 19:37

Article très complet et enrichissant good job ! :)

Junes Davis-Cohen 06/01/2016 19:47

thanks so much

Jo 06/01/2016 11:36

Bravo! C'est une très jolie façon de montrer le plaisir de faire chabbat .
Je voudrais ajouter aussi que pour les femmes qui ont des maris qui travaillent beaucoup la semaine et qu'elles les voient très peu , le chabbat est un moyen de rattraper le temps perdu de la semaine et de se poser et passer du temps en famille . C'est un cadeau qu'Hachem nous a fait , c'est le jour où le temps s'arrête et chacun prend le temps de s'écouter les uns les autres .
En tout cas sa fait un moment que je vous lis et j'aime beaucoup vos chroniques pleines d'humour! On s'y retrouve un peu chacune