Kids malades à la maison, mom est au bord du gouffre !!

  • Junes Davis-Cohen

Le weekend dernier, nous avons eu la bonne idée d’emmener nos enfants à l’anniversaire du petit Jason. Depuis neuf ans, mon mari se fait systématiquement porter pâle pour ce genre de « corvée », alors c’est bibi-maman qui s’y colle. Ma foi, parfois, c’est plutôt sympa, on rencontre d’autres parents, on se plaint mutuellement, on s’échange les numéros autour d’un bon gâteau. Dimanche dernier, j’ai été très étonnée que mon mari me propose de m’accompagner :

– Ça va pas, t’es malade ? Qu’est-ce qui se passe?

– J’aime bien le petit Jason. Il est poli, ce garçon et en plus, ça me fait plaisir d’aller quelque part en famille.

– C’est vrai, ça?

– En fait non, il n’y a plus de match de foot à voir en ce moment, alors autant vous accompagner.

– Ah bah voilà, je me disais aussi…

Nous voilà en route pour l’anniv, mais lorsque maman Jason ouvre la porte, elle nous informe toute désolée que le petit a la « flu », la grippe. Elle n’a pas pu annuler la fête, parce que son fiston allait être trop déçu. Un rapide coup d’œil vers la star du jour m’indique qu’il a plutôt l’air à l’agonie le petit, et que le mieux ce serait qu’il soit dans son lit. Ah, mais c’est vrai, j’oublie, nous sommes aux Etats-Unis, et la politique du pays, c’est que si le client est roi, l’enfant l’est encore plus !

Même après quatre ans de cohabitation, la notion arrive encore à s’échapper de mon cerveau.

– Bon bah, au moins, nous sommes prévenus, dit mon mari.

Tout l’après midi, j’entends ce pauvre Jason éternuer 300 fois, et se moucher bien fort près de mes gosses et ceux des autres, et au vu du trafic de mouchoirs qui s’organise, il faut un grand miracle pour que l’on ne se lance pas nous aussi, dans la contrebande de Kleenex et de doliprane !

Donc c’est tout naturellement que la nuit d’après, j’entends du fin fond de mon sommeil que ça tousse. Vers 5h du mat, je sens une mini-main, toute douce, toute chaude, me réveiller doucement :

– Maman, je crois que je ne suis pas bien.

Ça, c’est fifille 1.

– Oooh pauvre fifille, viens là, l’amour à maman, tu vas rester au chaud avec moi aujourd’hui.

Et c’est parti pour la journée la plus tendre de l’année, puisque ma petite poupée est le chat de la famille. Elle ronronne, se love contre vous, ou dans votre cou, pendant de longues minutes. C’est un distributeur de câlins ambulant (je l’imagine souvent au Central Park avec une roulotte, ou sur une pancarte, il y aura écrit : « FREE HUG », habillée en fée bleu des bisous !).

Ma journée sera ponctuée de mots doux, de mamours, de tendresse, et en bonus, cette petite a la capacité de s’endormir n’importe où, et à tout moment. Une fois, je l’ai retrouvée par terre dans mon placard à balai, (qui me sert d’entrepôt à fringues) près de mes bottes. Plus tard, elle m’expliquera qu’elle avait cru que c’était mes jambes.

La nuit d’après, une autre main bien plus ferme, mais tout aussi petite que celle de la veille, vient me fracasser le crâne :

– Lève-toi, j’ai mal !

Ça, c’est fifille 2.

Elle se met à pleurer bien fort, en ignorant royalement la maisonnée qui risque de se réveiller, puisque nous sommes comme dans un dortoir vu qu’il n’y a pas vraiment de cloison !

Je décide de faire pareil que fifille 1, et de la garder pour la journée avec moi, mais hélas, ce sera :

Le jour sans fin.

J’aurai le cerveau coincé entre Mickey, Tchoupi, Mimi la souris, et la voix de ma fille (au secours, sortez-moi de là !). Je serai comme une lavette qui lave après chaque bêtise commise dont le très célèbre :

J’écris sur les murs au feutre, ou sur les chaises, car c’est plus rigolo !

Pour couronner le tout, dès que la pauvre chérie mangeait, elle vomissait automatiquement, donc autant vous dire que l’accueil roi du Maroc que je réserve d’habitude à mon mari était un peu mou comme moi, ce soir-là. D’ailleurs, il l’a remarqué direct :

– Qu’est-ce que t’as mimine ? Tu as l’air d’avoir passé une rude journée, toi !

– Une rude journée ? Tu veux que je t’énumère le nombre de bêtises à la seconde que notre progéniture peut faire en deux heures avec un feutre ? Faut l’inscrire à un concours, je te jure, on pourrait se faire plein de pognon.

– Tu crois ? Y a moyen? On verra ça plus tard, parce que crois que je commence à être malade aussi. Je pense que je couve quelque chose.

Pitié, Seigneur D. de la miséricorde, mon D. de grâce, ne me fais pas cette crasse ! J’ai déjà eu fifille 1 malade lundi, j’ai rien dit. J’ai eu fifille 2 aujourd’hui, bon ok, j’ai un peu grogné, mais je vous en prie, PAS MICKA, PAS MICKA, s’il vous plaît !

À croire que non seulement ma prière n’a pas été entendue, mais en plus, tout s’est empiré. Fifille 2 était toujours malade, et toujours aussi de « bonne humeur », mais avec mon mari en prime, cloué au lit.

Ce jour-là, j’ai fait tellement d’allers-retours entre la cuisine et la chambre, que j’ai eu l’impression d’avoir pris l’avion ! Je suis devenue un mixeur humain à soupe. Une barmaid de thé au miel. Une infirmière qui passe dans les chambres noter les prises de médocs sur une feuille. Mais pour couronner le tout, au milieu de l’après midi, lorsque l’école m’a appelée (j’ai la chanson des dents de la mer associée à la sonnerie de l’école) pour me demander de venir récupérer mon fils qui avait de la fièvre, je me suis dit : c’est bon j’ai touché le fond !

Sur la route pour aller le chercher (ma seule sortie de la semaine), je me suis dit : oh non c’est pas possible, déjà que mon réservoir de patience est presque vide, comment je vais faire pour puiser de l’énergie pour m’occuper de tout le monde ? Et puis tout d’un coup, je me suis remémorée toutes les fois où moi, j’étais malade.

Quand mon homme me donnait tendrement mes médicaments accompagnés de mon jus préféré, alors que je l’insultais, veillant à ce que personne ne me dérange le temps que je me remette. Quand il m’a appelé deux mille fois du travail pour savoir comment je me portais, et savoir si j’étais sur la route de la guérison (et de la cuisine aussi pour reprendre mon poste de femme nourricière !).

Quand mon fils, à peine rentré de l’école, balançant son sac à dos dans le couloir, (remarque, il balance toujours son sac a dos dans le couloir, même quand je ne suis pas malade), courant dans ma chambre, toujours avec son manteau sur le dos, pour prendre de mes nouvelles.

Quand mes poupées, du haut de leurs trois ans, se sont mises à deux pour m’apporter sur un plateau de la fameuse chicken soup fumante, que mon mari m’avait commande pour que j’aille mieux, avec des dessins faits par leurs soins glissés en dessous en guise de bavoir pour le lit.

Alors c’est avec toutes ces preuves d’amour, que c’est à mon tour de prendre sur moi, et de prendre soin de tout mon petit monde pour qu’ils reprennent tous au plus vite leurs activités, et qu’ils dégagent de la maison !

Je souhaite la santé pour nous tous et plus particulièrement aux mamans qui sont les piliers de la maison. On ne le dit jamais assez à mon goût ! Que leur mérite et leur courage soient récompensés par le simple fait que tout le monde soit à son poste (enfant= école, mari= boulot, maman= sous le porche avec un cocktail ou qu’elle puisse bosser tranquillou le loup!!!), et ce sera déjà très bien !


PS : Une grande pensée à toutes les mamans qui n’ont pas le droit d’être malade, parce que le mari supporte pas ( et y en a un paquet des comme ça) pour panser sur les grognements de vos hommes, qui vous trouvent en faite, indispensables, je vous offre des pensées virtuelles !

Très bon lundi mes chéris.

Kids malades à la maison, mom est au bord du gouffre !!
Kids malades à la maison, mom est au bord du gouffre !!
Kids malades à la maison, mom est au bord du gouffre !!
Kids malades à la maison, mom est au bord du gouffre !!
Kids malades à la maison, mom est au bord du gouffre !!
Kids malades à la maison, mom est au bord du gouffre !!

Fabienne toutin 10/07/2017 17:43

merci

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