Mamans américaine Vs Maman française

  • Junes Davis-Cohen

Cet été, pendant plus de cinq semaines, j’ai envoyé mes petits choux à Teaneck, voir si l’herbe du New Jersey est plus verte que celle de Manhattan.

Tous les après-midis, avec deux autres mamans américaines, nous attendions le school bus pendant de longs moments, car question horaire, c’est comme chez Darty ! On nous donne une vaste fourchette, entre 4h30 et 5h45, sans se soucier que nous allons attendre sous un cagnard à crever ! En passant, les israéliens, je vous tire mon chapeau, supporter toute l’année la chaleur, vous êtes épatants !

Bref, l’avantage de ces interminables attentes, c’est que j’ai pu me lier d’amitié avec mes deux camarades from the U.S. J’ai pu observer, échanger, me renseigner, sur toutes les différences entre les mamans américaines, et nous, les mamans francophones.

Et croyez-moi, il y en a! Alors on commence avec THE différence : le sport !

1. Déjà faut savoir que le sport c’est l’activité numéro 1 des New-Yorkais, et particulièrement des mères New-Yorkaises. Pendant que toi à 5h du mat’, t’es dans ton lit en train de roupiller, pour rattraper tes innombrables heures de sommeil qui te manquent, la mère américaine est à la salle de sport avec son coach perso qui fait la peau au gras accumulé par les produits immondes qu’elle avale à longueur de journée. Si par malheur, elle n’a pas pu s’y rendre pour cause d’angine blanche ou de troisième guerre mondiale, pas de panique, tu la retrouves au parc, en eau, en train de courir comme une tarée avec sa poussette « City Jogger », le mouflet bien accroché, bercé par le rythme des pas déchaînés de sa mama. Tu la repères de loin avec son ipod/iphone greffé sur son biceps droit, et ses écouteurs. Tandis que toi, avec la même poussette, tu es un chameau qui papote avec sa pote à l’aide d’une oreillette, rien que par l’effort de parler et marcher à la fois, tu es toute essoufflée comme une guenon !

2. La gestion de la grossesse : depuis la nano-seconde où la mam américaine apprend qu’elle est enceinte, elle court dans son leggings «Lululemon » pour s’inscrire au premier cours de yoga prénatal venu. Sa vie va totalement changer, mais pas pour les mêmes raisons que toi. Son but: réussir son accouchement comme une championne ! D’ailleurs, il n’est pas rare que celui-ci soit déjà programmé par césarienne pour 7 femmes/10. Elle prévoit même un «day off» pour l’occasion ! (L’américain NE PREND JAMAIS DE DAY OFF !) Pour le grand jour, le papa américain prendra un « semi-day off » pour filmer sans relâche ce moment de pur bonheur où sa femme donnera la vie. Ils repasseront le film en boucle quand leurs amis viendront diner à 5.30 pm. Tout le monde aura le droit à la version non-censurée de la vidéo. En bons amis, ils pousseront des OH MY GOSHHHHHH THAT IS SO INTENSE par-ci par là, pour montrer qu’ils sont trop heureux pour les nouveaux parents !

Pendant ce temps toi, tu essayeras de gérer au mieux le défilé de nouvelles tailles que tu vas acquérir par ordre croissant pendant neuf mois! Quant à la question : « Est-ce que ton accouchement s’est bien passé ? », tu répondras timidement un : « un peu dur… » avec la peur au ventre de te faire embarquer par la ligue des vérificatrices des secrets les mieux gardés du monde-on-ne—raconte-pas-sinon-tu-vas-dégouter-les-générations-futures-qui-ne-voudront-plus-enfanter-par-TA-FAUTE ! OK, OK, je dirai rien, relâchez-moi !

3. Une fois que bébé américain est là, il est foutu ! S’il comptait se cantonner à dormir, boire et manger, dans ses rêves ! L’américaine organise l’emploi du temps de son projet euh… pardon de son nourrisson aussi chargé que celui de Barack Obama ! De 0 à 3 mois : séances de « Mommy and me », on te montre sans relâche comment optimiser les moments d’allaitements pour que ce soit du pur kiff. De 3 à 6 mois : cours de gym intensif ! De 6 à 12, cours de yoga, music, danse, et que sais-je encore ! J’ai vu de mes propres yeux une mère fondre en larmes parce que son bébé de 7 mois n’arrivait pas à se mettre debout dans les mains du prof. Son but ultime était que sa fille marche avant 9 mois ! J’avais beau lui tapoter l’épaule et la rassurer au mieux en lui disant que mes propres poulettes n’arrivaient même pas à s’assoir seule au même âge, mais la mère m’avait assassiné du regard en m’expliquant qu’elle avait mis au monde : une winneuse et non une looseuse! Euh… d’accord. Bon bah nous on va essayer de faire une phrase complète en français et en anglais avant 5 ans, je te laisse, j’ai du boulot !

4. Le mode de garde: Si la mère américaine reprend son boulot, pas de panique, la nanny sera payée grassement pour aller aux 40000 activités prévues. Elle sera toute heureuse de retrouver ses autres copines nounous, pour parler de son salaire, des conditions de travail ignobles dans lesquelles elle bosse avec son Starbucks à la main! Entre nanny’s, elles se donnent les trucs et astuces pour déjouer les caméras de surveillance planquées dans les Teddy Bears que la maman from the U.S.A à placées à l’insu de la nounou. La française préférera remuer ciel et terre pour avoir une place en crèche, quitte à se galérer le matin en : voiture/ gare/ Train/ garde alternée avec une autre maman, ira même jusqu’à faire appel à sa propre mère (d’ailleurs je prépare une chronique explosive avec comme titre : mais où sont passés les grands-parents?). Elle mettra tout en œuvre pour que l’environnement de son enfant soit compatible avec ses horaires de boulot, parce qu’elle a une vie qui ne tourne pas en exclusivité autour de son mouflet ! Cela va de soi, qu’il y a des tonnes de mamans françaises qui ont recours à des nounous, mais ce n’est pas aussi systématique qu’à New York.

5. La bouffe : la mère américaine peut aller jusque dans une ferme pour acheter des produits organiques-biologiques pour donner ce qu’il y a de meilleur à son baby. Elle va aller jusqu’à prendre des cours de nutrition (ce qui est pas plus mal en soi !). Malgré tous les efforts, tu retrouves dans le sac à dos du gosse : des snacks à base de petits pois, mangues, et fraises, séchés, limite lyophilisés, qui fournissent apparemment plus d’apports qu’un repas normal. Euh… mais si tu lui donnes une fraise fraîche, c’est pas mieux ? (j’aurais jamais penser écrire ça un jour : une fraise fraîche !) En plus, cela te coutera moins cher que ton truc dégueu. Les vitamines seront au maximum de la montagne de l’organisme pour ton enfant. Enfin, qui parle ? C’est vrai que ce n’est pas moi qui vais donner des conseils en matière de bouffe parce que lorsque mon fils avait 4 mois, ou 6, je sais plus. J’étais au tel avec ma mère qui me demandait ce que je faisais, parce qu’elle entendait des drôles de bruits :

– Je suis en pleine diversification de légumes. Le pédiatre m’a dit d’y aller mollo au début, pour attendre une éventuelle réaction du gosse, pour voir s’il fait une allergie. Parce que si tu lui fous tout en même temps, tu va te mettre à jouer à Cluédo pour trouver le coupable entre la pomme de terre ou la carotte !

– Olala, ma fille, nous, à notre époque, on se cassait pas la tête, on donnait la daffe au biberon !

– Ah bon ?

Du coup, le samedi d’après, j’avais mis tous les aliments de ma daffe dans le biberon de mon fils. J’avais même été jusqu’à couper la tétine pour faire passer le blé mais lorsque le petit a failli s’étouffer j’ai compris que ce n’était qu’une métaphore. Le samedi soir, j’avais appelé ma mère pour lui raconter, elle avait tellement ri, que toute ma famille, y compris ma cousine au 3ème degré m’avait envoyé un lol.

6. Sinon, on en parle de leur façon de parler aux enfants: quand toi tu vas t’efforcer de lui parler comme à un adulte même si bébé a 1 mois : – Raphaël, ce n’est pas beau d’éructer en public ! La mère américaine va lui parler comme à un demeuré jusqu’à l’âge de … attendez, je crois qu’elle ne s’arrête jamais de prendre sa voix qui part dans les aigus : Oh Honey, my sweetheart, my sugar, my Little one, my cutie bla-bla-bla, ça va, dis-lui qu’il faut qu’elle aille se brosser les dents merde ! Pardon mais parfois elles m’épuisent avec tout cet enrobage comme du cotton candy toute la journée !

Et puis, tu as la mère francophone, qui ne sait plus trop où elle en est. Parce qu’entre les mères américaines qui ne disent jamais non à leurs enfants et qui te foudroient du regard quand tu oses refuser à ton dernier le enième truc qui sert à rien à la caisse, tu te sens super mal. Et quand tu retournes en France chez tes parents, qui te trouvent hyper laxiste, parce que tu dis presque jamais non.

Tu deviens limite schizophrène et tu t’inquiètes pour cette éducation mixte que tu t’efforces de donner.

Mais au final, mère amerloque ou mère française, avec cet échantillon flagrant de différences culturelles, quand il s’agit d’aimer et de prendre soin de nos enfants, c’est kiff/kiff, et c’est que du kiff !

Alors on se quitte en chanson avec le générique d’Arnold et Willy :

« Personne dans le monde, ne marche du même pas, même si la terre est ronde on ne se rencontre pas

Les apparences et les préférences ont trop d’importance ! Acceptons les différences!

C’est vrai, faut de tout, tu sais, faut de tout c’est vrai, il faut de tout pour faire un monde !

Personne dans la vie ne choisit sa maman, l’important c’est d’en avoir déjà une ! Car tu sais, chaque maman est belle, tu as la tienne, j’ai la mienne et elle vaut de l’or ! Alors en couleurs, tu sais, il faut de tout pour faire un monde !

Je vous retrouve next week pour les élections américaines vues par Junes Davis mais peut-être mercredi pour : Le mois d'Elloul, la téchouva et si je m'en tape on fait quoi !??

Si tu as aimé ma chronique, va sur junesdavis.com rubrique first book pour avoir mon premier roman : La vie déjantée de Junes Davis.

 Mamans américaine Vs Maman française
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another frenchie in NY 20/09/2016 23:37

Ah... j'ai vexe une maman du quartier il y a quelques jours qui me demandait si ca m'interesserait d'organiser un cours de musique pour nos bambins de 12-14 mois... Je lui ai repondu que les babies class c 'etait pas mon truc et que c'etait des bebes qui avaient tout le temps d'aller dans des "class". Elle a accelere le pas pour partir dans l'autre direction en me disant "you know: stimulation of the mind!"
D'ailleurs je suis tellement contre "stimulation of the mind" qu'au lieu de les mettre dans des activites structurees ou on va leur dire quoi faire, chaque minute ou ils ne sont pas a l'ecole, je les laisse jouer et utiliser leur imagination... Oh my.... :)

Junes Davis 21/09/2016 00:58

Comment ça tu ne veux pas organiser un cours de musique pour les enfants entre 1 an et 1 an et deux mois..Mais tu vas les priver de découvrir le prochain Mozard, ma parole!!! C’est tellement absurde que moi je suis à fond avec toi et la prochaine américaine qui te fait la moral tu penses à moi et tu lui dis je m’en fou Junes Davis pensent que vous êtes totalement crazy!!! T’embrasse Have a good day french mum!!

Junes Davis 21/09/2016 00:58

Comment ça tu ne veux pas organiser un cours de musique pour les enfants entre 1 an et 1 an et deux mois..Mais tu vas les priver de découvrir le prochain Mozard, ma parole!!! C’est tellement absurde que moi je suis à fond avec toi et la prochaine américaine qui te fait la moral tu penses à moi et tu lui dis je m’en fou Junes Davis pensent que vous êtes totalement crazy!!! T’embrasse Have a good day french mum!!

Tael Pinault 14/09/2016 14:30

Article sympa ! De sacrés différences ;)

Junes Davis-Cohen 14/09/2016 14:39

merci, ca c est sur

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