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Les Rosenberg le match retour

Publié le par Junes Davis-Cohen

Quand les Rosenberg ont accepté de venir chez nous pour le match retour, j’étais plutôt à l'aise. Ça va les chevilles, elles ne te font pas trop mal en ce moment???? Maintenant que tu m’en parles, avec cette chaleur..... Faut reconnaitre que nous les sépharades, s’il y a bien un domaine que l’on maîtrise: c’est la bouffe!!

Alors depuis le mercredi, je me baladais avec ma petite liste de courses et je me faisais une synthèse de toutes les recettes de ma mère. Allez, en route la Junes, avec ton caddie mauve de mamie, à dénicher la plus jolie des aubergines et le plus beau des poivrons verts, pour les éclater avec notre célèbre tchoutchouka!!!!!!!

J'étais en train de renifler tranquillement un melon (normal), quand je reçois un sms de Mister Rosenberg ( Oyyy ! Pitié, pourvu qu’il n’annule pas! Je n’aurai plus de chronique, moi!)

- Hi, t’es ok si samedi on vient avec un couple super fun?

- Euh.... mais oui bien sur, avec plaisir!

Tout en répondant plus vite que mon ombre, je tombe sur Lilit, une copine israélienne de pure souche qui a immigré aux Etats - Unis depuis un bail, mais qui a bien conservé son accent israélien qui chante. Après 2-3 phrases de courtoisie, elle me dit que c’est l’anniv de son mari ce samedi!! Mazette, c’est l’anniv de bébé 1 et bébé 2 aussi, alors spontanément, je propose que nous fêtions nos annivs ensemble !!!!!!! Une relige qui passe par le rayon nous dit que faire deux fêtes en même temps, ça réduit le mazal!!!! Vous aussi vous avez ça en Israël? Des gens qui sortent de nulle part et qui vous disent quoi faire? Parce que nous ici, c’est tout le temps!!!!!!!!

Le jeudi soir, je ressemble à un savant fou dans sa cuisine au dessus de ses marmites, avec les cheveux hirsutes et la vision troublée par la fatigue. Je reçois un WhatsApp de Lilit pour me demander si ça ne me dérange pas que le fils de son mari ramène sa copine: Euh.....non, ça ne me dérange pas du tout, avec plaisir!

Je dois avoir un gène spécial appelé "ne nous gênons pas avec elle!!! ».

Anyway, le vendredi, entre deux boulettes, je propose à mon amie Barbara de venir aussi. Youhouuuuu nous serons 14, et roule toi, ne t'arrête pas!!!!

Juste avant chabbat, je cours au magasin de jouets au bout de la rue qui nous a sauvés plusieurs fois de l’humiliation suprême de venir à des annivs les mains nues. En catastrophe, je demande:

- Je voudrais 5 ballons roses et 5 ballons bleus (pour le mari de Lilit!)

- Ah désolé ma petite dame, y a plus de ballons bleus. (à part Sandy Jackson je déteste qu’on m'appelle ma petite dame, après je me sens dame et diminuée !!!!)

- Really??? Pourquoi?

- Beaucoup d'annivs de petits garçons ce mois-ci.

Mais un employé sort de la réserve avec d'autres ballons bleu, avec écrit: « it’s a boy » (D’ailleurs ça me rappelle un truc marrant : un jour, j’avais demandé une montre à mon mari, "la ballon bleu de chez Cartier", il m’avait répondu sans hésiter, oui bien sûr que je te l’achète mimine !!!! Le soir même, le guettant à la porte, toute excitée, j’entends la clef tourner dans la serrure, et là surprise: il avait effectivement à la main un Ballon Bleu de notre quartier!!!! Depuis, chaque fois que je regarde cette montre sur un poignet humain, je ris toute seule!!!!!)

Le gentil monsieur me tend les 5 ballons bleus et me dit :

- C’est mieux que rien, non? En même temps, à 53 ans, il n'est jamais trop tard pour lui dire sur un ballon que c’est un garçon.

Ok je prends. (Non vraiment parfois t’es bizarre!!!! Je te jure t’es bizarre!!!!) Je cours avec mes 10 ballons dans la rue, ce qui à Manhattan est complètement normal. J’ai le droit à 4 mazal tov et 2 c’est pour quand la brit???? Pas le temps de répondre, que je suis déjà chez moi à les ranger dans un placard pour le lendemain.

Le samedi vers 12h30/1h, tout le monde arrive. Ouffff.....on se pose, on se papote, on se kidouche et on se motsi. Je fais défiler les entrées, comme au resto chinois avec la table qui tourne en disant de façon un peu trop autoritaire : Faites passer!!!!! Faites passer!!!!! Allez!!!!!

Les Rosenberg ont l’air content et n’ont pas remarqué les coups de stylo sur les chaises et les traces de peinture sur les murs (Que voulez-vous, je trouve que les enfants ont besoin d’exprimer leur art!!!!! Mouais, t’as surtout oublié de nettoyer, honte à toi dame Davis !!!!!) C’est là que je me rends compte que ça parle 5 langues autour de la table (anglais, hébreu, français, espagnol et même une langue indéterminée du côté de chez Barb.) Avec tous les pays représentés à ma table, je compare mon lunch de shabbos aux jeux Olympiques de la bouffe 2015.

Car oui, pour les Roro c’était une course-relais culinaire:

Pour la médaille d’or tout en haut du podium, à la première place nous avons comme découverte: les substituts de crevettes.... Je sentais un Monsieur Rosenberg tout tendu par l’objet non identifié dans son assiette. Mais après quelques explications Kosher plus tard, il a adoré, lui qui d’habitude n’aime pas les imitations, pour une fois il a accepté de s’en substituer une!

Pour la médaille de bronze nous avons le tarama. Oui, oui, le tarama a été très en vogue pendant ce repas!!!!! J’ai eu le droit à deux: Ma zé? Par mes couples israéliens. Ezé mitzouyan mamache!!!!! Kola akavod Junes !!!!!! We like this!!!!

Pour la médaille d’argent: les poivrons grillés. Sérieux?? C’est très commun pourtant! Mais pas pour eux apparemment. J’ai du répéter 15 fois: oui, oui, juste griller les poivrons au four, et après, pour enlever la peau, on les place dans un sac plastique.

C’est à ce moment-là précisément, que Madame Roro a été impressionnée. C’est à cette Grande Dame (1m80) qui gère 12 000 personnes au quotidien, qui est dans la myrtille depuis 30 ans, que j’étais en train d’expliquer des recettes qui ont besoin juste de beaucoup de chaleur comme nous les sépharades.

Et pour le plat t’as fait quoi? J’ai tout mixé!!!!! A défaut d’avoir été D-jette de soirée dans les bars, (un rêve refoulé) j’ai mélangé daffe et tshoulent. Le mariage des deux a donné un ensemble couleur marron miel. Je pense qu’ils ont aimé parce que mon mari, que j’avais nommé comme une évidence inspecteur des assiettes finies, me confirmera plus tard:

- J’ai vérifié, t’inquiète, y avait plus rien dans les assiettes. Ouffff !!!!!

Arrive le moment du gâteau où nous faisons tous semblant de souffler des bougies imaginaires et chabbatiques. Je sens que bébé 1 et bébé 2 sont toutes contentes de l’ambiance survoltée de mes invités, mais surtout je réalise que je ne peux plus les appeler bébé 1 et bébé 2 car ce sont des petites filles à présent, qui parlent, qui chantent, qui se roulent par terre, et qui négocient chaque matin leurs habits comme de vraies vendeuses du sentier.

Vers la fin, j’ai les Roro, leurs amis super fun, (qui ont oublié de sourire pendant tout le repas mais qui sont super fun quand même!) les israélos et mon mari qui se lèvent, qui dansent autour de mes poupées et d’Ilan (que je forcerai plus tard à repartir avec ses ballons bleus que j’accrocherai à la poussette de son autre fils malgré les nombreux non!!!!! Un peu insistante la Junes!!!!!!). Ce qui sera l’un des anniversaires les plus hauts en couleur qu’il m’ait été permis de vivre et de vous le faire partager.

Ainsi s’achève ma première saison de chroniques. Je reviendrai Beezrat Hachem en force, avec des histoires plein mes bagages. I’m gonna miss you so much guys!!!!!!!! Chabbat chalom oumevorah à très bientôt and y’a loublou Tibelle!!!!!!!!!!

Je tenais à remercier tout particulièrement Annie Attali, ma complice, mon amie, ma confidente, ma partenaire, ma psy, ma rassureuse de chroniques, ma distributrice de conseils et accessoirement mon correcteur d’orthographe vivant, pour toute sa patience, sa gentillesse, son professionnalisme, dans cette aventure complètement déjantée dans laquelle je l’ai entraînée. Sans elle, je n’aurais jamais pu atteindre votre cœur et vos yeux. Ils se seraient arrêtés sur mes innombrables fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe. Annie tu auras toujours une place précieuse dans ma vie...... Alors merci and I love you so much.

Les Rosenberg le match retour

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Chapitre 6: Mazal tov toi même!!!

Publié le par Junes Davis-Cohen

Chers lecteurs, voici le dernier chapitre de mon Chéva Brahot, j’espère que ça vous plaira.Nous nous étions arrêtés la semaine dernière sur Pearl qui était à ma porte avec une rose à la main........

Je fais entrer Pearl dans mon salon, mais je vais quand même chercher Micka pour éviter les problèmes. (Tiens, pour une fois tu n'as pas oublié d’utiliser ton cerveau, ça fait plaisir!). Je retrouve mon mari quelque part où seul lui peut être, je tapote à la porte:

- Micka, il y a le voisin dans le salon.

- Même ici, je ne peux pas être tranquille deux secondes, il veut quoi??

- Tu peux sortir ?

- J’arrive dans 5 minutes. (Ah les joies du mariage, où ces quelques mots échangés à travers une cloison, vous font automatiquement basculer dans l’univers anti-glamour marital. Je sais pertinemment que je dois rajouter un 1 devant le 5, pour évaluer le temps de la sortie du roi du Maroc).

Je retourne dans le salon, où j'ai un Pearl tout retourné par la soirée qu’il vient de vivre.

- Assieds-toi sur le canapé, je vais te faire un thé à la menthe, ça va te faire du bien.

- Sans te vexer, je n'aime pas trop les thés en sachets.

- Tu m’insultes là, je vais te faire un thé avec de vraies feuilles de menthe, bien sucré, et tu te sentiras beaucoup mieux.

J’apporte mon plateau avec mes vieux gâteaux de Chabbat (mais lui ne le sait pas! chut), je m’assois en face, et Pearly commence tout gêné:

- Ta cousine n’est pas là ?

- Bien sûr qu’elle est là, dans sa chambre, elle prépare votre mariage. Elle a appelé toute la famille. Tu as de la chance parce qu’ils sont hyper tolérants de son côté. Lucky boy!!!!!

Pearl est tout blanc, il a l’air d’être paniqué.

- Mais non je plaisante, détends-toi, elle dort dans sa chambre et elle repart demain au Canada.

- Ouff, écoute Junes, d’habitude je suis plutôt un type sérieux, mais ce soir j'étais fou de rage, alors je ne sais pas ce qui m’a pris, avec ta cousine et cette robe rouge m’a fait perdre les pédales... D’autant plus que j'ai eu une longue conversation avec Livy. On s’est expliqués et tu es la première à qui je le dis: on se marie dans deux mois!!!!!!!

Réponse de juive française:

- Ah Mazal Tov, je suis contente pour vous deux, c’est trop bien, (God, ça pique au cœur quand je dis ça, c’est bizarre!)

Pearl, en bon américain de base, t’annonce qu’il va se marier et s’attend à un feu d’artifice verbal digne du 14 juillet.

- I am so excited Junes, not you???

Fausse réponse d’une américaine juive:

- I AM SO HAPPY!!!!!! GOD!!!!! TU VAS TE MARIER MAIS C’EST TELLEMENT GÉNIAL JE SUIS TELLEMENT CONTENTE!!! (Voilà voilà, l’Oscar ne sera pas pour demain aux côtés de Sarah Jessica Parcœur ! Mais apparemment, Pearl y croit, c’est l’essentiel).

- I know, je me suis mis à genoux et c’était comme une évidence, j’ai été fou d’attendre si longtemps. Faut que je t’avoue qu’au début, quand Livy m'a expliqué ses motivations de rupture, j'étais un peu fâché contre toi, mais dès que Livy a dit oui à "ma proposal" je me suis dis que finalement, tu nous as rendu service… il est trop bon ton thé!

- Merci, désolée si j'ai fichu le bazar.

- Mais non, en plus pour te prouver que je ne t’en veux pas du tout, je suis parti chez le chinois en bas de la maison pour t’acheter cette rose rose, qui est pour toi et qui signifie en langage des fleurs l’amitié (Y a encore le prix dessus, 2 dollars 80. Ça va, il ne s’est pas ruiné le petit!!!! Mais on s'en fiche c'est l’intention qui compte! Mouais, il aurait pu monter les enchères à 5! Oooooh toi et ton chiffre fétiche, tu m’énerves........... !!!).

- Merci pour la rose, je suis super touchée,.

- Bon, Livy doit m’attendre, tu diras la nouvelle à Micka, et on se voit bientôt. Merci pour le thé, et le reste.

Je raccompagne Pearl sur le pas de la porte, il se retourne une dernière fois sur moi, et me dit d’une voix que je ne lui connaissais pas :

- Tu sais Junes, on va sûrement déménager avec Liv, et on ne va plus être voisins et je crois.....enfin....... je suis sûr que tu vas me manquer.

Merde, je rougis merde

Je bredouille:

- Euh......toi aussi.

- Ton mari a beaucoup de chance de t’avoir. Te rencontrer a été un enchantement, en plus tu fais un super thé à la menthe, (avec un le petit clin d’œil de beau gosse!).

Alerte rouge, alerte rouge, bip bip, aaaaaaaaaaaaah ça cogne dans le cœur... Junes Davis va s’évanouir, je répète, Junes Davis va s’évanouir, par la situation gênante (allez, t’es contente quand même, il peut répéter cette phrase devant ton mari steuplait parce que c’est plutôt Pearl Harbor qui va tomber dans les pommes après le crochet du droit qu’il va se recevoir....Mais au fait, c’est quoi le vrai prénom de Pearl Harbor ? Parce que Madame nous cache sa tête, mais on peut au moins savoir son prénom ??!!!!)

Micka arrive (enfin), sert la pince de Pearly et lui dit:

- Alors, ça s'est arrangé tes histoires?

- Junes va tout t’expliquer.

- Ah bah merci du cadeau j’en ai pour 3h de détails qui servent à rien, avec mon petit moulin à paroles vivant.

- Eh ! Je suis là!!!!! Il n’a pas tort, en même temps, cinq semaines pour vous écrire sur un Cheva Brahot, vous imaginez pour expliquer un mariage......on en a jusqu'à Kippour.

- Allez je vous laisse les amoureux à bientôt et bonne nuit

- Bonne nuit, Alexander, embrasse Livy pour nous.

Alexander !!!!!! C’est ça son prénom.....Eh oui, en fait Alexander dit Pearl Harbor existe vraiment et il a vraiment été mon voisin très beau gosse, mais j’ai quand même enjolivé deux trois trucs.

(ATTENTION SPOLIERS: Il est auteur de séries américaines pas vraiment connues pour nous le commun des françaises. Il écrit aussi des piges pour le New York Times. Sa mère parle français et son père vient du Texas. Je le trouvais tellement sympa que l'idée d’en faire un personnage récurrent et principal est devenue comme une obsession. Je lui ai demandé à plusieurs reprises de poser avec moi pour mon blog mais il m’a dit avec un grand sourire: You are so nice but NO. (À l’américaine, je te dis non mais avec la forme!). Il m’a expliqué qu’il ne pouvait pas car c’est un noble de l’écriture qui travaille dans l’ombre. Pour sa tranquillité, il ne veut pas qu’on le photographie. Mais je peux vous assurer mesdames que même ma voisine Angel (la bombe du building) le connaît, et à chaque fois elle me dit : c’est pas possible que tu lui parles. Mon mari m'aurait tranché la gorge au sabre! (Ah je comprends mieux le sabre accroché au mur dans leur salon maintenant!)

Mes chers amis:

Je posterai mercredi une dernière chronique pour vous expliquer le destin commun qui nous attend, car il me tarde que vous découvriez mon livre que j’essaye de finir jour après jour dans les coins les plus bizarres de la maison.... à des heures complètement folles rien que pour finir l’histoire de Junes Davis (avant New York), un livre rempli d’émotion, de passion et de rire of corse (en toute modestie). La voix off qui me sert de conscience sera omniprésente, jusqu'à ce que même Junes Davis la dégage à coup de stylo pour quelques chapitres, pour laisser place à la vraie héroïne du livre: mon alter ego mais version plus sympa quand même (parce que dans la vraie vie, quand tu es trop sympa tu es juste prise pour une.........je vous laisse deviner la suite et surtout je vous laisse imaginer le beau visage d’Alexander G.)

À mercredi pour les Rosenberg match retour!!!!!

Chapitre 6: Mazal tov toi même!!!
Chapitre 6: Mazal tov toi même!!!

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Les Rosenberg

Publié le par Junes Davis-Cohen

Quand mon mari m’a annoncé mercredi dernier, tout content, que nous allions déjeuner chabbat chez les Rosenberg, j’étais un peu perdue. Pourquoi perdue mon chou, tu ne sais pas où ils habitent? Non c’est pas ça, ils habitent juste à côté. En fait, je connais les Marciano, les Benssoussan , les Balouka......mais les Rosenberg, c’est tout nouveau pour mon oreille de sépharade!!!!

D’ailleurs, la seule fois où j’ai entendu ce nom de famille, c’est dans Rabbi Jacob, entre les Levi’s et les "chers cacher". Mais vu le visage de mon homme, j’avais l'impression que l'on avait gagné au loto. Et pour cause, celui qui avait raflé la mise du lunch chabbatique, avait son ticket pour le pays des gens à part.

Des gens à part?? Tu veux dire quoi?? Tu verras petite curieuse.

Le samedi, après avoir habille/déguisé les enfants comme des premiers de la classe, j’ai constaté que mon mari, quoi qu'il mette, reste toujours classe et grand! Et pour ma part, je me suis toute talonnée et parfumée (j’aime bien sentir bon le samedi, et les autres jours?? Pas le temps!!!!).

Nous nous dirigeons vers le building d’à côté. Oui parce que les Roro et nous, sommes voisins de buildings.

Premier indice que l’on change direct de monde: le doorman qui t’ouvre la porte avec des gants blancs, s’il vous plait!

Le doberman* nous indique, après inspection des kippot vissées sur la tête, que l’ascenseur de chabbat: c'est par là. Hein??? Mais nous ne sommes pas au David citadel à Jéru, c’est quoi ce délire? Allez, avance, et monte jusqu’à un étage très haut dans les nuages.

Tout en montant, je demande à Micka :

- Au fait, c’est quoi leurs prénoms au couple?

- Aucune idée.

- Ok, encore un repas où je sur-utiliserai la consommation de pronoms, à défaut de prénoms!

Ah, ça y est, nous y sommes. Lorsque nous tapons à la porte, personne ne nous répond. On retape. Personne.

- T’es sur de l’apart?

- Mais oui, tu sais bien que j’ai une mémoire d’éléphant.

- Ah non! Rappelle-toi la fois où..... S’ensuit une dispute conjugale stoppée par une porte qui s’ouvre à l’autre bout du couloir, et une petite voix nous indique : « c’est par là l’entrée! » C'est un petit garçon tout mignon. Par ses cheveux blond blé, j’en déduis qu’il doit faire partie de l’une des deux paires de jumeaux qui composent la famille de nos hôtes (oui, vous avez bien lu, double jumeaux! Huit ans et quinze mois), donc, nous suivons le petit bonhomme, et on rentre dans l’appart avec difficulté parce que mes enfants me collent façon méduse. (Avez-vous remarqué comme les enfants sont sages/ terrorisés chez les autres???)

Et là, le choc: On atterrit sur une entrée de 100 m2 qui donne sur deux

énormes bureaux, avec une bibliothèque au centre, remplie de livres de

thora jusqu’au plafond! En face, huit écrans sur le mur, j'ai l'impression d'être dans le bureau de mon père (mais sans les écrans).

Nous longeons encore un couloir pendant une bonne minute (je demande à Micka si il ne trouve pas que le petit ressemble à l'acteur du film « leSixième sens ». Il me dit que j’ai des références vieillottes! Reviens en2015, Mimine, et arrête de rester coincée en 99, évolue un peu, évolue.....).

Nous rentrons dans l’une des cuisines les plus grandes que j’ai jamais vues à Manhattan. Plus de 200 m2 avec quatre nounous (une pour chaque enfant! C'est évident, pourquoi tu n'en as pas trois? Me demandera madame R. Euh....non moi j’ai et blablabla, (Tu sais Junes, depuis un moment, je veux t’écrire quelque chose, mais ne le prends pas mal. T'es pas obligée de répondre à toutes les questions que l'on te pose. Je sais que tu t’es donné comme devise dans la vie, que chaque seconde de silence est une seconde de perdue, mais essaye de tester rien qu’une fois plus d’une minute de silence, cela te fera du bien, à toi ( et aux autres surtout !))

Une fois passés par la cuisine, on arrive enfin au salon, ou plutôt aux trois salons qui se suivent à la queue leu leu. Mais toujours pas de Rozenberg!!! Très loin quelque part dans une chambre, nous entendons:

- Ouhou par ici.

J’ai l'impression d'être au bord d’une falaise avec l'écho:

" Par ici, par ici, par ici...... "

Je vous ai parlé de la vue ? Non vaut mieux pas, j’en ai le vertige! Ah, enfin on voit Madame R. qui nous dit chabbat chalom et à table!

Leur gentillesse, leur accueil chaleureux et leurs sourires, nous font oublier la serveuse qui nous sert notre poulet. Oui, parce que les américains ramènent tout en même temps: les plats et les entrées, et même le dessert sont posés at the same time sur une table géante D. Bénisse. Le couple est hyper intéressant et le mari très galant. Oui, mesdames, parfaitement, ça existe encore!!! Il m'a vue pathétiquement essayer d'attraper un plat au milieu de la table, (avec la langue qui sort de côté par l'effort fourni) mais comme je suis courte de bras, j'avais justement besoin de quelqu'un qui avait le bras long. Donc il s'est levé et m’a lui-même servie (classe!)

Au fur et à mesure du repas, les enfants ne sont plus du tout timides (Hélas!), m’interrompent 80 fois par « Maman pipi! », et mon grand qui joue avec les blondinets très polis. J’ai dû juste frotter discrètement le tapis persan à mes pieds pour enlever la trace de pâte à modeler que bébé 2 a laissée. En gros, un déjeuner très sympa.

Mais au fait, c'est bien joli tout ça: Mais ils font quoi les Roro comme métier?

- Nous avons une plantation de myrtilles et de raisins. Nous sommes les fournisseurs numéro 1 mondiaux.

- Ooooooooh.

- Nous avons plus de 12 000 employés.

- waaaaaaa, mais le côté humain n'est pas trop dur à gérer? Parce que moi j'ai ma femme de ménage, rien que je lui demande de me faire mes poivrons, elle me fait la tronche pendant tout l'épluchage!

- Parfois ce n’est pas évident, mais ça vous dit d’aller voir la terrasse à l'étage ??

- Why not!

And what else? Un hélico après à nous montrer ? (t’es folle c'est chabbat!)

Nous nous absentons quatre minutes 20 pour faire le tour de la terrasse,just amazing. Mais quand je reviens, je retrouve bébé 1 et 2 en larmes se tenant par la main avec: Maman pas la! Elles m’attraperont le corps pendant les prochaines 35 autres minutes.

Viens l'heure de se quitter. Mon mari, qui avait fait un sans faute sur l'échelle de l'humour (tu sais pipine, pour moi c’est très très drôle mais pour les autres, c’est moins sûr alors....) demande en toute confiance, s’ils ont un maison de campagne dans les Hamptons. Oh boy! C’est fichu, ils ne nous inviteront plus jamais! On s'embrasse, se souhaite chabbat chalom, les remercie 200 fois et on rentre.

Ce que je retiens de ce déjeuner, c'est que des personnes formidables comme les Rosenberg, vous donnent envie de bosser, de travailler, de réaliser vos rêves, vos projets les plus fous, non pas pour l'argent mais plutôt pour la satisfaction et la fascination d'avoir accompli une vie remplie d'énergie positive, que seuls les américains savent si bien communiquer avec autant de facilité. Mais la vraie question, Junes, c'est de savoir si tu peux abattre la cloison de l’appart d'à côté en six jours. Parce que tu les as réinvités pour chabbat prochain!

Mais non, tu connais l’expression: Petite est ma maison mais grand est mon cœur...

Mouais........ Mais va quand même te renseigner auprès des voisins, si ça ne les dérange pas de faire appart commun, Chabbat chalom lekoulam!!!!!!

*(blague que j’ai avec mon portier/mon doorman, parce que les six premiers mois je l’ai appelé comme ça par erreur, jusqu’au jour où il m’a expliqué qu'il n’était pas un chien!)

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Chapitre 5: Choucroute party

Publié le par Junes Davis-Cohen

Hello les amis, j'espère que vous avez passé un bon weekend remplie de joie, de repos et de soleil. Voici l'avant dernier épisode de mon Cheva brahot. En espérant que ça vous plaira.

Je décide de me lever, pour vérifier ce que font ma coquine de cousine et mon voisin, ce beau gosse, censés jeter un sac poubelle et revenir. Je ne vois personne dans le couloir (strange!).

Je vais quand même vérifier au vide-ordures, au cas où l'un des deux serait tombé dedans, va savoir ! Je vois mon fils deboulé derriere moi avec sa trottinette, avec la question que toute les mamans au monde connait:" tu vas ou?"

Mais j’arrive ! Et arrête de trottiner, les voisins vont se plaindre. J’ouvre la porte du local à poubelle, et là, the choc. Non ce n'est pas l'odeur des poubelles qui me dérange c'est...... O my GOD!!!!!!!! Referme la porte, Junes, et viiiiite.

Mon fils a la bouche grande ouverte:

- Qu’est ce que tu as vu ?

- Et toi, qu’est ce que tu as vu?

- C'est moi l'adulte, c'est moi qui pose les questions, alors retourne à l'appart, et ne dis rien à personne. Compris???

- Bien sûr...avec un petit sourire de coquin qui roule comme un fou. J'entends au loin: ‟Vous devinerez jamais ce que Melissa et le copain de maman sont en train de faire″.

Le copain de maman me vaudra 226: « je te jure que je ne sais pas pourquoi il a dit ça », phrase que je répèterai comme un disque rayé à mon mari. Je me défendrai honteusement en plaidant que "Tu sais bien que les enfants racontent n′importe quoi! Et oui, parfaitement, je maintiens que l′expression la vérité sort de la bouche des enfants est surfaite...... »).

Je rouvre la porte, et je les regarde sans dire quoi que ce soit tellement je suis choquée (c’est un peu du voyeurisme quand même! Mais non, c’est juste que je suis trop estomaquée de voir ces deux bouches s’aspirer l’une l’autre. Tu crois que ça donne pareil pour moi aussi ???? Mais j'en sais rien moi, c'est quoi ces questions??) Trente secondes plus tard, Livy se pointe avec un visage complètement déformée. Elle se rue sur ma cousine en criant:

- Dégage de là, toi, c’est mon mec!!!

- Ton mec??? Non mais je reve, va continuer à raconter ta petite histoire avec Gary, s′écrie Pearly.

- Mais vraiment, parfois tu es trop bête parfois, ( perso, je dis ça a mon mari, je me prend une droite directe! ) tu sais bien, que j′ai tout inventé pour te rendre jaloux, idiot.

- Eh bien c'est trop tard. Il est à moi dit ma cousine.

Et hop, Livy la tigresse pousse Melissa :

- Enlève tes pattes de mon homme !

- C’est le mien maintenant, trop tard!

Mais Livy rugit sur ma cousine, et bouscule Pearl (elle a de la force la petite!)

J'entends en fond sonore, mon fils qui sort de nulle part qui commente la scene: « fight, fight, fight » *

- Va chercher papa. Dépêche toi!!

- Pourquoi dépêche toi?

- Mais arrête de poser des questions et vas-y.

Ma cousine qui ne se démonte pas, et monte justement sur ses grands talons, essaye de lever la main sur Livy, mais Pearl la stoppe, ( même dans un moment critique il reste trop beau gosse quand même, non mais tu as vu ces yeux !!!!) et tout d'un coup Livy m'aboie dessus, avec une voix hystérique: : "C'est à cause de toi tout ça, si tu ne m'avais pas raconté ton histoire magique avec ton mari je n'aurais pas remis en question mon couple, j'étais trop jalouse!!!"

- Mais de quoi tu parles ?? Dit Pearl. On peut en discuter calemement de tout ça, parce que tu ne m’as jamais donné d'explication de rupture.

- C’est Junes qui m'a mis des idées dans la tete (He oh, ça va! Pas la peine de me montrer du doigt, y a pas 500 Junes Davis dans ce local à poubelle). J'en avais marre d'attendre que tu te décides à faire ta demande en mariage. Cinq ans que j'attend, cinq ans!!!!!!!!!

- Mais y a plus de mariage, puisqu’il est avec moi!!!!

Et c’était la phrase de trop!

Livy devient folle, essaye d’arracher les cheveux de ma cousine. Melissa veut se défendre mais avec ses talons de 12, c'est chaud. Harbor crie "stop ladies", mais personne ne l’écoute. La bombe du building, qui devait venir avec des gâteaux pour le dessert arrive de nulle part ( sans son plateau, mince, j'espère qu'elle n'a pas oublié) se rue sur Livy et Melissa en hurlant: « personne ne touche à mon amie dégagez ! »

Les deux la regardent avec un: d'où tu sors, toi???

Mais, Micka (mon mari) arrive dans la pièce, suivi de mon fils (qui, entre temps, est parti chercher un paquet de pop corn dans le placard à kilos. Non mais, il a trop cru qu'il était au cinéma celui-là!) J’entends : June's viens ici, derrière moi. Me prenant par la main, il m'extrait de ce bourbier. D'une voix très calme, il dit:

- Tout le monde sort, et je ne veux entendre aucun bruit, et toi Melissa, arrange ta robe. Elle s'exécute. Ça, c’est mon mari, un homme qui a tellement de charisme, qu'il n'a pas besoin de crier pour qu’on l'entende. Avec son 1m87, il suffit qu’il entre dans une pièce et sa personnalité fait le reste..... Livy a tellement honte, qu’elle s'enfuit. Pearl lui court après: "Attends Livy attends moi...."

Tous mes invités et moi-même sommes dans le couloir. L'ambiance est pourrie. Les mariés me remercient et prennent congé:

- Bon bah, c'est pas tout mais nous on va y aller, encore merci, c’était super.

- Ne partez pas, y a le dessert!!

- Non ça va, nous avons eu un bon dessert sonore. Merci encore Junes.

Et ils s’engouffrent dans l’ascenseur. Suivis de tous les autres invités qui avaient récupérés leurs manteaux. Seule la bombe du building reste à mes cotés pour me demander « c'est qui cette tarée que t'as invitée? »

- Je t'expliquerai.

Angel rentre chez elle aussi. (Mais récupère quand même son plateau avant, les boules, ça avait l’air trop bon!) Je me retrouve avec mon mari, les enfants (mon fils est déjà en train d'appeler son copain en facetime, pour lui raconter le bisou dégoutant et la bagarre!) Melissa est dans sa chambre, je ne la reverrai que le lendemain pour son départ. Je commence à débarrasser, quand Micka, cet ashkénaze des temps modernes me demande : 1) de ne plus me mêler de la vie des autres 2) de ne plus inviter de folle à la maison, pour les enfants c'est dangereux.

Mais elle n'est pas folle, elle est juste amoureuse, la gueuse....

Trois heures plus tard, juste quand les enfants ont finis par s'endormir. J'entends que l'on tape à la porte. Je regarde à travers le judas, c'est un Pearl Harbor grossissant qui est là, avec ........un fusil à la main, mais non débile, avec .......une fleur. J’hésite à ouvrir (Attends tu ne vas pas oser l’ignorer. La vérité j'ai plus la force, allez ouvre cette porte Miss Davis!!!!).

- Junes, je sais qu'il est tard mais faut qu'on parle....

A lundi mes petits choux pour la suite et fin de la saga de l'été.

Je me permettrai de prendre quelques lignes pour vous dire au revoir. Vous, qui me donner tant chaque semaine. (Et oh ça va, oui!!!!! Bientôt, tu vas pas nous sortir les violons. Tu vas juste finir les 5 derniers chapitres de ton livre, bien te concentrer pour leurs donner du travail de qualité, et paraitre bientôt en librairie. Ce n'est pas comme si que c'était des adieux, ma fille, un peu de tenue!!!!!!! On se détend et on leurs fais pleins de bisous.)

Alors pleins de bisous...

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Le jour où j’ai arrêté d’être une posh

Publié le par Junes Davis-Cohen

Allez, tout de suite l’étiquette. Mais non, tu n’étais pas snob. Disons que de temps en temps, tu étais subitement frappée de cécité aigue envers des gens. C’est vrai qu’un bonjour ou un sourire étaient coincés par quelque chose indéterminé dans ton visage ou dans ta bouche. Mais non, pas snobinarde, quand même!

Avec ma vue de célibataire, il m'était arrivé plus d’une fois de prendre de haut avec mes talons hauts, ces mères que je voyais, débordées et en train de galérer. Et un jour Grace à D., j'ai eu des enfants, ce qui m’a fait retrouver tous mes sens et aussi un peu de bon sens.

Comme hier par exemple, où après avoir fait mes courses, je me suis arrêtée, près du parc. J'ai détaché les twins pour qu’elles aillent gambader, et la seconde d'après, la poussette, par le poids des achats s’est retournée. Heureusement, aucun enfant n’était dedans, sinon j'aurai basculé dans la catégorie négligence/maltraitance.

Mais il y a aussi au restaurant (ou dans l’avion, même combat), quand tu te retrouves à 4 pattes sous la table à faire semblant d'aider à débarrasser le carnage que la famille Davis a laissé sur son passage, pour avoir une chance d'y remanger un jour.

Mais surtout, la palme du non-snobisme, c'est lorsque tu prends ta douche. Que pile au moment où tu as mis du savon dans tes cheveux, tu entends gratter à la porte. Tu penses tout de suite à un chat!!! (Mais tu n'as pas de chat!) Que tu entends à travers la porte ton grand garçon dire à ses sœurs : « t'inquiète, j'ai la clef pour ouvrir de l'extérieur » (heureusement que depuis 2006 année de naissance de mon fils, je me douche en maillot! Ce n'est que le weekend que je m'autorise un bain intégral) À la seconde où mes enfants rentrent, malgré de nombreuses protestations avec les mots : intimité, privé, sortez, ta salle de bain est confondue avec un hall de gare où ils ont tout simplement déplacé ta cuisine vers la salle de bain avec leurs céréales à la main. Te voila quémander: S’il vous plait, 5 minutes, juste 5 minutes: que nenni. L’un des enfants s'est déshabillé plus vite que l’éclair, (ce qui explique son surnom « flash », autant par sa rapidité que par sa gentillesse qui nous éblouit chaque jour), bébé 2 rentre dans l’eau en disant « c’est chaud maman, c’est chaud.... » Oui, c’était pour moi à la base. Bébé 1 est partie chercher leurs jouets waterproof pour mieux les déverser dans MON BAIN!!!

Tout ça pour vous écrire que les enfants, ce n'est que du bonheur, à 90 pour cent du temps (10 pour cent c’est pour le maasser, pardon, blague de relige, parfois j’ai des reflux éducatifs). Ils vous recadrent vers les sourires de la vie et vous redonnent la vue, si jamais comme moi vous l’aviez perdue.

Je vous souhaite une bonne fin de semaine, à très bientôt.

PS: Toute ressemblance avec Victoria Beckham dite Posh s’est arrêtée à mon grand regret en 1994. Après, je n'ai pas pu suivre avec l’acquisition de Beckham palace, ses vêtements, son mari etc, etc,....

Le jour où j’ai arrêté d’être une posh
Le jour où j’ai arrêté d’être une posh

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chapitre 4: Gary et Livy

Publié le par Junes Davis-Cohen

Nous sommes toujours à ma petite réception en l’honneur de Barbara, et nous avons une Miss Livy qui s’apprête à se mettre à table. Littéralement puisque je viens de lui servir une part de veau, et qu’elle s’apprête à nous raconter sa rencontre avec, avec qui au fait?

-Comment s’appelle ton nouveau boyfriend?

Aïe!! Ça tique du coté de chez Pearl, il n’a pas encore touché à son assiette. Mauvais signe, pour un grand gaillard comme ça. Bah qu’est-ce que tu as mon loulou ? Fais pas cette tête ! Si ça se trouve c’est même pas sérieux cette histoire, allez mange, fais plaisir à Tata!

- Il s’appelle Gary. Et je suis folle de lui.

Oups, je me suis un peu plantée, mais ça ne veut rien dire, allez mange.

Livy commence :

Ce soir-là, je sortais de Central Park où je faisais mon footing. J’étais en leggings/t-shirt et disons-le carrément que je n’étais pas à mon avantage. Avant de rentrer chez moi, je me suis rendue au Duane rade/ Sidi Bahim/ la makolette (cochez selon le pays où vous habitez merci!) pour acheter une barre de chocolat et de la lessive. (Mon œil pour la barre de chocolat! Parce qu’avec un ventre pareil, elle mérite que l’œil d’une mère juive qui se rend à la salle de sport pour courir uniquement les 2 janvier de chaque année pour mettre sur la nouvelle liste des résolutions volume 2013/2014/2015......et se retrouver le 3 janvier remplie de courbatures, en jurant de ne plus jamais y remettre les pieds!).

C’est là que je vois un very cute guy. Tiens, son visage me dit quelque chose, mais je ne me rappelle plus où? Tout en pensant à ça, je le suis à travers les rayons et me retrouve nez à nez avec lui en lui rentrant dedans. Je bredouille un pardon, désolée, à quoi il me répond y a pas de mal.

Je suis tellement mal à l’aise que je m’enfuis de honte de l’avoir fixé et bousculé.

Alice, l’une de mes invitées, parisienne de pure souche intervient :

- Je vois pas le problème de regarder quelqu’un. Depuis que je suis dans le ventre de ma mère j’ai appris à fixer les gens et à faire des comments: "non mais regarde, Madame Fitoussi, la tenue qu’elle a osé porter pour la bar mitsva du petit Bensimon, quelle honte, cela ne lui va pas du tout, on dirait qu'elle a oublié d′y glisser sa gaine!!!!

- Oui, mais justement Alice, la mentalité new Yorkaise est totalement différente, on ne regarde pas les gens. C’est pour ça qu’on se sent libre ici, et qu’il n’y a pas de terrasses ou de brasseries comme à Paris...

Livy poursuit son histoire :

- Au pas de course, je fais la queue à la caisse, et me retrouve au même niveau que cute guy!!! Qui fonce droit vers moi:

- Salut moi c’est Gary. Pourquoi tu t’es sauvée ? J’espère que je ne t’ai pas fait peur. Mais je crois que l’on se connait, on s’était vus à la fête de Jack, je crois?

- Ah ça y est, ça me revient, oui, comment tu vas? Et encore désolée pour tout à l’heure.

Viens mon tour de poser mes achats sur le tapis roulant......et Gary paye.

Alice: Comment ça il paye????

Livy: Il paye.....j’étais super gênée.

Au moins il n'est pas radin, dira l’une des copines de table en dirigeant son regard vers son beau frère qui n’écoute plus depuis un moment l'histoire fabuleuse de Livy, ça parle finance. Oh non viiiiiiiite Livy, continue de parler sinon je vais m’écrouler d’ennui sur la table.

Donc je lui demande: pourquoi tu as payé pour moi?

- Je voulais t’inviter à croquer une barre de chocolat avec moi, mais j'ai eu peur que tu refuses, alors j’ai choisi de te forcer la main en la payant directement.

Je trouve cela drôle et surprenant.

- C’est le truc le plus bizarre que j’ai jamais entendu, dira Esther.

Sa sœur intervient: "non mais toi, sorti du classique cinéma/restau, tu trouves tout bizarre alors!

Difficile de ne pas entendre les exaspérations qui proviennent de Pearl à chaque fin de phrase que Livy prononce.

Mais Ultra Bright reprend son récit sans y prêter attention:

« En sortant de Duane Rade, il m'explique dans la foulée qu'il est graphiste, mais que sa grande passion c’est la peinture. Tout en partageant ma barre de chocolat, il me pose des tas de questions sur ma vie. Je le trouve vraiment charmant, surtout quand il sourit. Il me propose de m’emmener dans un endroit ultra secret de Manhattan. J'accepte sans hésiter et je le suis."

- Voyez-vous ça! Tu connais un type depuis dix minutes et il te propose de t’emmener quelque part et toi tu y vas. Mais tu as perdu la tête ma pauvre!!! Et si il voulait te couper un rein tu y as pensé!!!!! Franchement je suis.......

Mais ce pauvre Pearly n’aura pas la chance de finir sa phrase car sept femmes hystériques lui crient chuuuuuuuut (oui absolument c'est très possible de crier chuuuuuuut, à la syna le rabbin le fait bien, lui!!!!)

- Nous prenons la direction de Soho. Gary me promet un endroit magique. Nous nous retrouvons dans un coin que peu de gens connaissent: la verrière féerique de chez la Durée , un havre de paix dans cet îlot complètement surexcité que nous offre cette ville. Je commande un chocolat chaud maison (n’importe quoi!) et un macaron à la framboise (non mais bien sûr, je n’y crois pas une seule seconde, cette gueuse, comme si elle allait manger un maca.........chut!)

Gary me parle de ses tableaux, et de sa futur expo dans le Midwest. Je bois ses paroles comme une ado. Au bout de deux heures de conversation sans aucun blanc, il me confie qu’il est super heureux de m’avoir retrouvée ce soir parce qu’il n’avait pas osé demander mon number à Jack. Il me dit qu’il veut faire une toile de moi, pour dessiner mon sourire qu’il adore (c’est ce que je dis toujours : faut investir dans les dents! Merde, je l’ai dit tout haut. Ma femme de ménage ne fera que sourire pour nous montrer sa dent en or tout en me passant les plats, faut que je lui parle!).

Il me demande si je peux lui donner mon numéro, pour que l'on se revoie rapidement et m’inviter à un vrai diner digne d’une vraie dame .(Waouuuuuu so romantic, je sais pas c'est qui ce Gary mais il a du faire HEC section « lovers ».) Il me propose en gentleman de me ramener chez moi en taxi black (je like le black cab!)

Je n’ai qu’une envie, le revoir le plus vite possible. ....Le lendemain, je check toutes les deux secondes mon portable. Rien. Le lendemain, encore rien. Je me dis que je vais moi-même lui envoyer un message, (Et la girl power attitude, tu connais ???? Euh non...) j’envoie un pauvre: Hi....qui sera un texto orphelin. Mais pendant que je ne m'enlève pas l’idée qu’il a été sincère avec moi cette nuit là, je me dis tant pis.

-Et surtout tant mieux pour moi, my love!

-Bon, écoute, toi et moi c’est fin entre nous, alors arrête de m’appeler comme ça, ok??

Melissa intervient:

- Of corse, ok, en plus y a plein d’autres filles dans ce monde. Regarde autour de cette table je suis sure qu’il y en a plus d'une qui sera ravie de repartir avec toi.

Ça a du faire tilt car Pearl change de tactique, il déplace sa chaise et se concentre sur ma cousine! (Ah non, alors! Faut que je trouve un moyen de dégager Melissa mais comment???? Je sais! Je vais couper une part de gâteau à la crème et la faire tomber sur sa robe. C'est dommage pour la robe rouge. Elle est vachement belle. C'est péché y a des cristaux en plus, ça se lave pas au pressing ça, à la main sûrement, dis moi madame OMO MICRO revient à notre histoire, oui bien sûr!!!!) Donc Livy reprend:

Le lendemain, après ce pauvre texto sans famille, je rentre chez moi en faisant une croix mentale sur cette rencontre. Je me mets à l'aise, leggings et t-shirt, et je reçois un sms. Mon cœur bondit : c'est Gary: « Je suis en bas. Descends". Je ne devrais absolument pas descendre. Pour qui me prend-il??? Pendant deux jours, il me laisse sans nouvelles, et là, il est en bas et il veut que je coure dans les escaliers, non mais ohhhh!!!! Alors qu’est-ce que tu fais en bas des escaliers poulette, à te recoiffer?? Rien, juste pour lui dire en face ce que je pense de ces manières. Mais contre toute attente, je sors de l’immeuble, il m'attend près de sa voiture, court vers moi et m'embrasse comme une star de cinéma en me renversant la tête à l'envers....BRINGGGGGGGG.

C’est quoi ce bruit????? ......Oh my God mon verre en cristal et mon assiette de porcelaine qui datent de mon mariage (combien de fois j’ai hurlé sur mes pauvres enfants pour ne pas qu’ils s’approchent de ce service. Et voilà une assiette en moins, allez) Pearl s’excuse l’air très très très fâché. La femme de ménage, toute contente d’être à trois centimètres de Mister Beau Gosse, ramasse les débris, mais Pearl propose de prendre le sac poubelle pour l’emmener directement au vide-ordures pour que personne ne se blesse. Il a à peine quitté la table que ma cousine le suit:

-Je viens avec toi au cas où tu te perds.

À peine mon voisin lui tourne le dos, que ma cousine remonte sa poitrine bien haut (choquée!!!!!).

Ce n’est qu’au bout de dix bonnes minutes, le temps d’en savoir un peu plus sur cette histoire entre Gary et Livy (Pourquoi il a fait le mort pendant deux jours?? Il devait régler une histoire en cours......est-ce le destin de Gary que de te voir toujours en leggings???) Cette pauvre Ultra Bright sera bombardée de questions par sept femmes mariées depuis plus de 5 ans. Mais au bout de quelque temps, je me dis : c'est bizarre ils ne sont toujours pas revenus, ça prend deux secondes de jeter un sac, qu’est-ce qu’ils fabriquent ??

....Mais oui Miss Junes, qu’est-ce qu’ils fricotent surtout????? Je vais aller voir et je te raconte tout lundi prochain et crois moi, ça va barder. Juste un conseil, range viiiiiiiiiite tout le reste de ta vaisselle steuplait. Il risque d'y avoir de la casse...

Je vous embrasse mes chéris à lundi....

chapitre 4: Gary et Livy
chapitre 4: Gary et Livy

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Oh boy....Dimanche c'est le 17 tamouz....

Publié le par Junes Davis-Cohen

L’autre jour, j’étais sur Facebook, et je lisais un comment : « c’est dimanche 5 Juillet, le jeûne du 17 tamouz....... » OOOOy!!!!!! Les trois semaines les plus rasshatiques de l’année vont commencer dans la foulée. Je sens que mes amis ashkénazes vont être tout contents, comme des poissons dans l’eau!

Tout le monde sait qu’en général, pendant cette période estivale, malheureusement des catastrophes naturelles (ou pas!) s’accumulent sans aucune raison logique!

- Ah bon?? j’avais pas remarqué!!

- Non mais toi t’es toujours à l’ouest, t’es pas vraiment une référence.

- Sympa! Je te remercie Junes, moi qui te conseille à longueur de chronique, te dorlote, te chouchoute, voilà comment tu me remets à ma place. Qu’ est-ce qui se passe??? Tu veux qu’on en parle????

- C'est parce que nous avons deux jeûnes en prévision et lorsque je ne mange pas, je change complètement de personnalité! Tout le côté obscur de ma force ressort les jours de caremes.

- alors ça y est, on t’enlève un beignet et tu fais la tête!

-Non, c’est pas seulement le beignet, mais ce jour-là, je serai probablement en train de cuisiner comme pour combattre ma faim, et d'appeler mes copines à tour de rôle. À ce propos, j'ai pu observer 4 types de copines ( tu vas nous faire un retour vers le Pessah???? Nop, lis la suite c'est sympa!!!!!)

Copine numéro 1: Anaïs.

- Tu jeûnes aujourd’hui Junes ?

- Oui, et toi?

- Bah non, j’allaite, pendant 2 ans je suis abstenue de jeûner (Je lui dis que son fils a 3 ans dans 1 mois ? Tais-toi Junes, mêle toi de tes affaires).

À ce propos, ça me rappelle un truc qui m’est arrivé l’année dernière, la veille du 17 tamouz. Faut absolument que je vous le raconte. J’avais croisé une copine américaine, qui m’a demandé si je faste, en plein cvs (Monop). Je faste?????

Moi, avec ma compréhension approximative de l’anglais, je lui réponds, en étant un chouia surprise par ma propre réponse: "Mais non, tu sais, moi je suis plutôt dans la catégorie des lentes du cerveau, en revanche pour le ménage par exemple je suis plutôt rapide...." La copine Américaine m'arrête dans mon élan d’explications avant qu’il ne soit trop tard sur l’échelle des quiproquos puissance 4. Pour me dire : Junes, "fast" en anglais c’est no food and no drinks. Ah mais d’où je sais moi tout ça??? .... Alors oui.... je jeûne, et je me suis enfuie dans un autre rayon pour ne plus jamais lui reparler tellement j’avais honte. Heureusement que ce n’est qu’une vague copine que je croisais de temps en temps à la synagogue.

Copine numéro 2: Véro.

- Moi j’adore les jeûnes, je trouve que c’est bon pour le corps, bon pour l’esprit, et en bonus, bon pour la ligne, après je me sens super bien. Tout mon estomac est lavé de toutes les saloperies chimiques qu’on ingurgite à longueur de temps, je pense de plus en plus à devenir végétalienne, tu sais ....Allo Junes t’es là????

Je crois qu'elle a racroché.

Copine numero 3: Gabrielle (j’adore ce prénom)

- Je vais crever, il est 3h de l’après-midi, il reste 4 heures de jeûne, j'ai l’impression que je suis dans le désert du Sahara, pourtant hier j’ai bu comme un chameau en prévision, mais depuis ce matin, j’ai des hallucinations d'un oasis. Tu ne trouves pas dommage qu’aux States ils n’importent pas cette boisson ? J’adorais en boire en France, mais que l’orange, les autres j’aimais pas .....Allo Junes t'es là????

Je crois qu'elle a raccroché...

Copine numéro 4: Mylène

- Tu jeûnes aujourd'hui ?

- Je quoi? Mais ce n’est pas kippour aujourd'hui puisque tu m'appelles? Alors c’est quoi encore votre truc ? Moi je suis perdue, je ne comprends absolument pas l’intérêt de jeûner pour une chose dont je ne connais pas la signification.

- Bah alors viens je t’explique, M. On jeûne parce que c’est le début du siège de la prise de Jérusalem avant que les deux temples ne soient détruits à la même date à quelques centaines d’années d’écart .

– Oula ma Junes, tu vas trop loin. Moi j’aime bien faire un stop au kotel quand je vais en vacances en Israël, mais ça s’arrête la! C’est marrant mais depuis cinq ans on prend la même photo, moi avec un foulard sur la tête, au même endroit derrière le drapeau, sauf que j’ai un enfant de plus chaque année. (Copine Mylène adore les enfants, elle en a 4!!!!).

Allo Junes t'es là????

Ah oui c'est bien un jeûne alors, mais pourquoi elle raccroche brutalement comme ça???

Je vais vous le dire à vous, chers lecteurs. Pendant les jours de jeûne, je fais mon carnet d’adresses avec mon iPhone, pour discuter avec les copines pour que le temps passe plus vite, mais paradoxalement je culpabilise trop à papoter alors que je devrais prier (Au début ça étonnait mes amies, mais après elles sont formidables et se sont habituées. Le truc c'est que certaines s'en rendent compte tout de suite, et pour d’autres ça prend plus de temps, tout dépend de la copine, la légende dit que l’une des trois est restée plus de trois minutes à parler sans se rendre compte que j’avais raccroché, charriez pas, ça peut tous nous arriver).

Cette journée de jeûne, mes chers bros and sis, doit prendre tout son sens, en priant pour que D. dans Sa Grandeur infinie nous envoie la reconstruction du troisième temple, pour au moins accomplir la célèbre phrase du roi Hérode: "celui qui n’a pas vu le temple, n’a vu aucune merveille de ce monde"

Je leur dis aux 7 merveilles du monde qu’elles n'arriveront jamais à la cheville de notre cher Beith Amikdach/temple. Oui bien sûr, mais attends que le Messie arrive sinon on sera dans la mouise.

C’est ainsi que chaque année, spécialement entre la période du 17 tamouz et du 9 av je me sens particulièrement connectée avec la célèbre phrase des loubavitchs

WE WANT MASHIAH NOW AND FAST

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