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Une nuit pas comme les autres

Publié le par Junes Davis-Cohen

Ce soir-là, je me suis endormie vers minuit devant mon ordi, tout en regardant ma série préférée du moment (Suits, costumes sur mesure, j’adore). Peu de temps après, j’ai la sensation qu’une minute s’est écoulée, j’entends que ça tambourine à ma porte d’entrée. Qu’est-ce qui se passe ? Je dois sûrement être en train de rêver, allez, on se remet à roupiller, mais j’entends que ça sonne. Alors là, plus de doute, je dois me lever.

C’est parti, échange ton pyjama Victoria Secret de 1950 contre un truc moins vieux. Enfile vite fait à tâtons ta perruque de travers, et cours à la porte pour ne pas réveiller le reste de la maisonnée. Mais qui ça peut être, en pleine nuit ? Je jette un rapide coup d’œil à travers le judas pour avoir ma réponse (Pauvre judas, il méritait pas de finir comme ça !) et je découvre un visage plus ou moins familier :

Ma voisine de palier! Elle veut quoi chez moi celle-là à....à 3h00 du mat’ ! Blata, cette même voisine qui me snobe quand je la croise avec sa poussette Bugaboo, édition limitée. Si c’est pour une urgence de sucre, je m’en fous, je lui dis que j’en ai pas ! Vengeance personnelle !

Lorsque j’ouvre la porte, je la découvre en larmes, qui me dit d’une voix paniquée :

– Mon mari a fait une crise cardiaque. J’ai besoin que tu gardes mon bébé, t’es OK ?

– Oh my God ! Bien sûr que oui.

– Je te préviens, il est malade. Il va chez toi ou tu viens chez moi ?

– Je viens chez toi, ne réveille pas ton fils en pleine nuit.

Je veux la suivre, mais dans la panique, j’oublie de prévenir mon homme.

Alors au pas de course, je vais dans la chambre prévenir Micka qui n’avait rien entendu, of corse ! J’essaye de le réveiller en douceur, mais comme seule réponse, j’ai un magnifique ronflement. Bon, j’ai compris, on ne va pas y passer la nuit, et je le pousse du lit.

– Eh mais ça va pas, t’es folle ? Qu’est-ce qui se passe ?

– Désolée Pipine, de te réveiller. Monsieur Zing, le voisin, a fait une crise cardiaque, et sa femme veut que je garde leurs fils.

– Pourquoi nous ? Elle n’a pas de famille ? Elle n’a pas d’amis ?

– Sûrement, mais pas à 3h du matin, et vivant sur le même palier. Je vais chez eux, garde juste ton phone au cas où.

C’est en courant que je me rends chez ma pauvre voisine qui me tend son fils en pleurs avant de filer. Je me retrouve face à ce bébé de 1 an et quelques mois, qui parle uniquement chinois. Premier réflexe de mère juive : le mettre tout contre moi pour le calmer, mais il se débat et pleure encore plus fort !

– J’ai compris, t’aimes pas ça. Pas la peine de pleurer si fort ! Tu sais, il y en a eu d’autres avant toi qui ne se sont jamais plaints. Je réessaye le giron de la mère juive, mais rien à faire, il se met à hurler encore plus fort. Et là, j’ai un flash-back de mes quinze ans, époque où je n’étais pas encore maman, mais babysitter, et je sens que je perds dangereusement confiance en moi. Allez, je me ressaisis, je ne suis pas à mes premiers pleurs. À nous deux, petit bébé: viens t’asseoir sur mes genoux. Et il se calme, me fixe, se tient droit comme un i.

– Waouh quel maintien ! Attend, fais voir si j’arrive à faire comme toi ? Oulala, laisse tomber, ça fait trop mal au dos ça, et hop, je reprends ma pose en accordéon, ce qui le fait éclater de rire. J’ai l’impression que tu te moques de moi, toi ! Alors je réessaye, et il rit de plus belle.

C’est officiel, ce bébé me charrie. Après dix minutes à faire le clown, comme toute babysitter qui se respecte, je décide de téléphoner à ma meilleure amie en Israël, puisque qu’il n’est que 9h chez elle. Youpi ! On va pouvoir papoter tranquillou, mais bébé n’est pas d’accord, et se remet à hurler. Me revoilà à le faire rire pour qu’il se calme. Je lui propose à boire, me fais un thé, et de boisson en boisson, voilà que j’ai besoin d’aller à la salle de bain. Malheur à moi: les parents, comme TOUS les parents avec un premier bébé, ont verrouillé tous les WC de la maison (je les ai tous faits). Comment vais-je faire ? Je décide de prendre petit bébé sous le bras, et de retourner chez moi. Je tape à la porte, (dans la panique j’avais oublié mes clefs !) et Micka tout ensommeillé m’ouvre. Je lui tends le bébé, et fonce à la salle de bain, mais il me rattrape :

– Ah non, non, non, je prends pas la responsabilité de prendre les enfants des autres. Tu l’emmènes avec toi !

– Mais enfin, sois pas ridicule, prends-le deux secondes.

– C’est ta responsabilité, pas la mienne. Tu te débrouilles !

– Ah non alors ! Déjà que je me tape nos propres enfants, qui pour je ne sais quelle raison ont l’impression que je pars pour la Sibérie dès que je vais aux toilettes, alors je ne vais pas prendre les enfants des autres en plus ! TU LE PRENDS !

– OK, t’énerve pas, t’es sur les nerfs en ce moment, c’est pas possible.

Reste calme Junes, reste calme !

Mon mari tape à travers la cloison, et me pose la question à 1000 euros :

– Mimine, comment il est leur appart ?

– Je sais pas.

– Plus petit, plus grand ? C’est rangé ? T’as regardé leur cuisine ?

Et je sors.

– Tu crois que je me balade avec un mètre dans mes poches pour prendre les mesures ? Arrête avec tes questions, faut que je reprenne mon poste, si la maman revient entretemps, elle va s’inquiéter si elle ne nous voit pas.

Je veux récupérer le bébé mais il reste accroché aux bras de mon homme.

Mon mari, qui a la carapace d’un ours, mais le cœur d’un ange, serre le petit garçon encore plus fort, lui fait visiter le salon avec la même voix qu’il prend quand il parle à nos enfants. Il l’entraine vers la cuisine, et lui propose des gâteaux.

– Mais ça va pas, il est 4h du matin !

– Il a peut-être faim le pauvre, tu crois qu’il aime le Nutella ?

– Ne lui donne rien, il est peut être allergique à quelque chose. Tu sais comment sont les américains avec leurs kilomètres d’allergies (d’ailleurs je n’ai jamais compris pourquoi. Nous les français, à part être allergique aux lundis matins, ça roule Grâce à D.).

– Tu as raison, je vais lui donner un cigare au miel, c’est plus prudent !

– Mais ça va pas bien, toi ! Rends-moi ce bébé, avant que les parents nous collent un procès.

– Regarde comme il adore ça.

Faut avouer que c’est dur de ne pas fondre devant ce joli tableau. Mais au bout de cinq minutes, je lui reprends le bébé rempli de sucre qui se remet illico à hurler (je crois qu’il m’aime vraiment pas !). Je retourne chez nos voisins, mais Micka me rattrape et me demande si on peut le garder, pour ne plus jamais le rendre.

– Je sais pas, je crois que c’était juste du dépannage pour cette nuit. Tu veux que je demande à Kim, si elle le vend ?

– Demande-lui, steuplait. T’oublies pas, d’accord ?

– D’accord.

Le petit s’est finalement endormi sur le canapé, la bouche toute collante, et ce n’est que vers 5h du matin que la maman rentre. Elle pose délicatement son fils dans son lit (chaque fois que je fais ça avec mes enfants, ils se réveillent de plus belle, c’est pour ça que je n’ai pas pris le risque de le remettre), et je lui demande comment va son mari. Elle m’informe qu’il est hors de danger.

– Ouf, thank God ! Bon bah, moi je vais y aller ! Si y a quoi que ce soit que …

Mais Kim s’effondre en pleurs sur le canapé en prenant sa tête entre les mains. J’ai trop de peine.

Je m’approche d’elle, lui tapote le dos, et essaye de la rassurer comme je peux. Elle se tourne vers moi, et d’instinct je la prends dans les bras (elle dit pas non, elle !).

Cette voisine, que je croise une fois de temps en temps dans le couloir ou dans l’ascenseur m’autorise à la consoler, moi, une inconnue, une étrangère. Comme mon mari m’a dit, je ne suis ni son amie, ni sa famille, je suis juste là, sur ce canapé, à 5h du matin, et c’est ça qui compte le plus à mon sens. Dorénavant, les choses ne seront plus jamais les mêmes, entre elle et moi car je suis sûr j’aurai le droit à bien plus qu’un bonjour !

Et c’est ainsi que je passe le reste de la journée en mode loque humaine de fatigue, que je réponds à l’avalanche de textos que mon mari m’envoie, pour lui dire que NON, la voisine NE VEND PAS SON BEBE !

Mes très chers lecteurs,

j’espère que cette histoire vous a plu, en tout cas, j’ai adoré l’écrire. Je voudrais vous annoncer que Junes Davis prend une pause de quelques semaines. Oui, je sais, je sais, ça m’embête autant que vous, mais mes enfants sont en vacances, et comme vous le savez, quand ils sont avec nous, on ne peut même pas envoyer un texto, alors vous imaginez écrire une chronique (ah moins que je ne me réfugie dans l’appart de Kim, qui est super joli en fait !).

Je reviendrai si D. veut bientôt, plus en forme que jamais, avec une nouvelle formule de posts. Merci encore pour ce grand kiffe que l’on a partagé ensemble chaque semaine. Je vous embrasse fort fort fort et vous dit à très bientôt. Je reste là pas loin en cas de besoin....

Avec tout mon amour Junes Davis.

PS : pour le livre, je boucle encore quelques trucs, et c’est dans la boite mes friends.

Will miss you guys !

Une nuit pas comme les autres

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Melissa, belle et trentenaire acte 3

Publié le par Junes Davis-Cohen

Hello les amis de Junes Davis,

Je vous retrouve Lundi pour vous annoncer une nouvelle de la plus haute importance enfin...... une nouvelle quoi!!

La semaine dernière, nous avons laissé une Melissa avec la tête dans les chaussettes, après qu’elle est allée vérifier jusqu’au domicile de son copain du moment, le beau Raphaël, que tout allait bien. Misère pour elle, une jeune femme blonde tenant un petit garçon dans les bras lui avait ouvert la porte. Elle avait prétexté s’être trompée d’appart pour ne pas faire de vagues. Nous étions tous avec le petit Simon chez « My Most » lorsque Melissa nous a raconté la suite de ce qui s’est passé ce matin-là.

– Comment ça une femme blonde tenait un petit garçon dans ses bras ?

– Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans cette phrase, Junes ?

– Excuse-moi d’être choquée, tu crois que c’est sa femme ?

– Je suppose que oui. En fait, non, je ne sais pas. Le truc bizarre, c’est que Raphaël vient de m’envoyer un message pour me dire que l'on se voit tout à l’heure. Je ne sais plus trop quoi penser.

Le petit Simon qui n’était pas petit, se racle la gorge et dit:

– Bon, moi je dois vous laisser, mais juste un avis de mec : lâche l’affaire avec cette affaire Mélissa. À plus, les filles, faut que je file j’ai rendez-vous à trois heures, mais Junes, dois-tu pas aller chercher tes enfants ?

– Mazette, t’as vu l’heure Mel ? Faut qu’on y aille, on va être en retard !

– Pourquoi « on » ?

– Je t’embarque avec moi, même pas en rêve je te laisse comme ça. Sur le chemin, on va réfléchir à une stratégie.

– OK, merci, mais je ne veux pas te déranger.

– Mais non, tu ne me déranges pas du tout ! Mes enfants adorent quand je ramène du monde quand je vais les chercher à l’école !

Faux ! Faux ! Archi faux ! Mes enfants détestent quand je ramène du monde à la sortie de l’école ! Pour avoir tenté l’expérience avec une jolie jeune fille, qui voulait me rencontrer pour savoir qui était en vrai Junes Davis, ça avait été un désastre total ! Elle voulait me voir, et bien la pauvre, elle m’a vue, et elle en a vu bien plus qu’il n’en fallait, la pauvre. Au vu du scandale mondial que mes enfants m’avaient fait, je lui avais demandé de partir avec beaucoup beaucoup de honte ! Depuis, elle ne m’a jamais plus rappelée

Bref, c’était il y a longtemps toute cette histoire (quatre semaines !), je suis sûre que mes enfants sont beaucoup plus matures maintenant. Donc nous arrivons devant l’école, et montons à l’étage pour aller chercher mes filles dans leur classe. On arrive devant la dite classe, et fifille 1 m’apercevant, court et me saute dans les bras (l’un des moments les plus magiques de la vie). Fifille 2 pieds nus, me saute aussi dans les bras, .

Melissa me demande :

– C’est normal qu’elle soit pieds nus ?

– Oui, t’occupe.

La maîtresse toute gênée, me donne pour la quarantième fois la quarantième paire de chaussettes que je lui ai donnée depuis le début de l’année, au cas ou fifille 2 accepterait enfin de les porter avec elle.

– Sorry, I tried but she still refused / désolée, j’ai essayé mais elle a refusé.

– That’s fine, don’t worry.

Et Melissa qui s’en mêle.

-Comment ça don’t worry! Mais ce n’est pas une gamine de 3 ans qui décide si elle doit mettre ou pas ses chaussettes ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? On se les caille dehors. Moi, si j’avais des enfants, cela ne se passerait pas comme ça, je t’assure.

Règle numéro 1 de la célibataire amie avec une maman :

Ne jamais faire la leçon à une mère quand on n’a pas d’enfants ! Plus tard, lorsque son tour viendra, elle raclera votre sol pour vous embrasser les pieds et hurler :

– Pardon, pitié, pardon, je ne savais pas. JE NE SAVAIS RIEN. POURQUOI NE M’AS TU RIEN DIT ?

Alors avec un sourire narquois, en fantasmant sur ce futur moment, je lui dis :

– Mais vas-y, je t’en prie, enfile-lui ses chaussettes. Si tu y arrives, je file ton number au petit Simon qui a eu les yeux de la drague sur toi.

– N’importe quoi, mais alors n’importe quoi ! Tu as vu dans quel état j’étais ? Comment il peut avoir des vues sur moi, franchement Junes, tu dérailles, ça se voit que ça fait dix ans que t’es plus sur le marché des celib’. Et puis en plus, je m’en fous, je suis encore avec Raphaël.

– Comme tu veux, mais si tu gagnes, tu laisses la chance au produit : Simon.

Règle numéro 2 de la femmes mariée qui demande à son amie célib’ de sortir avec un pote, juste pour voir. Je sens qu’un jour, y en a une, qui va me balancer un produit directement dans la tronche.

Tout en laissant Melissa et fiffile 2 se débrouiller entre elles, je salue une autre maman américaine qui était partie quelques semaines à Boston pour voir sa grand-mère qui était tombée.

– Salut Solange, ça va ? Comment va ta grand-mère ?

– Ça va pas fort, j’avais le cœur lourd de revenir à New York et la laisser, mais je ne pouvais pas rester plus longtemps loin de mon mari.

– Oui, c’est sur! Hi mini-David, how are you cute boy ?

Et je sens que l’on me serre très fort, mais très fort le bras. Par réflexe, je regarde mes filles qui me font ça chaque fois que je parle trop (vous imaginez donc le nombre de bras tirés au compteur que j’ai pu avoir !), mais en fait c’était Melissa.

– Qu’est-ce que t’as ? T’es folle ou quoi ?

Mais Melissa était blanche… Tout à coup Solange regarde mon amie et lui demande en anglais :

– Bonjour, vous êtes une amie de Junes? C’est vous que j’ai vue ce matin chez moi, non ?

Et soudain je comprends … Je peux pas le croire. Je suis choquée, je vais tomber dans les pommes. Ça fait tilt, le Raphaël de Melissa est le Raphaël de Solange.

Je dis vite fait au revoir à Solange, mais Mel et moi ne pouvons prononcer aucun son tellement nous sommes sonnées par cette déduction.

C’est Melissa qui brise la glace.

– Comment j’ai pu ? Comment je n’ai pas pu m’en rendre compte ?

– Tu ne savais pas. Tu ne pouvais pas savoir. Ne sois pas trop dure avec toi-même, mais juste un conseil, ne revois Raphaël sous aucun prétexte ! Tu m’as bien comprise ?

– T’es folle ou quoi ? Il me dégoûte ! Le tout, c’est de savoir si je vais le dire à Solange.

– On peut y réfléchir ensemble, mais plus tard, là, nous sommes une couscoussière d’émotions.

On récupère mon fils et on repart tous les cinq à la maison. Je demande à Mel de prendre du recul, et après trois tasses de thé, et cinq grammes de sucre, je lui dis au revoir et replace l’idée du petit Simon.

Pendant une semaine, je n’ai pas eu de nouvelles de Mel. C’est seulement le jeudi que mon amie m’a appelée pour me raconter le pourquoi de ce silence.

– Salut, Junes, pardon de ne pas t’avoir donné de nouvelles avant, ça va ?

– Au top, je suis trop contente que tu m’appelles, alors comment ça se passe ?

– Voilà, lorsque nous nous sommes quittées la semaine dernière, ce n’était pas la forme, donc pour me changer les idées et écouter ton conseil, j’ai recontacté le petit Simon.

– Sérieux ? T’as eu son number ?

– En fait, j’ai eu son mail, et on a beaucoup discuté. Au bout d’une heure, il m’a proposé de venir chez lui pour regarder un dvd.

– Tu as été chez lui, vraiment ?

– Oui, mais quand je me suis pointée chez lui, tu devineras jamais qui m’a ouvert la porte.

– Qui ?

– Eyal.

– Eyal ? Le Eyal ? No way, mais c’est fou ça !

Note de l’auteur: Eyal est la venue aux Etats-Unis de Mélissa. C’est pour lui qu’elle avait supplié ses parents de la laisser traverser l’atlantique pour faire ses études. Elle l’avait rencontré au volontariat civil en Israël l’été de ses 17 ans. Après une année de négociations intenses avec ses géniteurs, Melissa volait vers son premier amour. Une fois sur place, les parents d’Eyal n’étaient pas du tout d’accord avec cette relation, qui était à leurs yeux bien trop sérieuse pour leur fils. Du coup, sous la pression, Eyal avait laissé notre Melissa sur le carreau ou plutôt au resto, avec un cœur brisé.

– C’est pas croyable ! Qu’est-ce qu’il devient ? Il a changé ?

– Toujours le même carnage visuel.

– J’imagine très très bien, alors? Il s’est passé quoi ? Tu lui as fait l’interrogatoire du Mossad ?

– Et comment ! Passé le stade du : « c’est incroyable, après toutes ces années », je lui ai demandé s’il était marié/divorcé/avec enfants? (Rayez la case inutile). Il est divorcé depuis un an.

– YES !

– On a parlé toute la nuit, c’était comme si rien n’avait changé. Le petit Simon s’est endormi sur le canapé dès qu’il a compris que c’était mort entre lui et moi.

– Je te jure, j’ai de la peine pour ce pauvre Simon. Mais avec Eyal ?

– Après trois rendez-vous consécutifs, j’ai décidé de nous redonner une chance.

– Je suis vraiment contente. Et ses parents ?

– Ils sont tellement désespérés, que ça ne posera aucun problème. Mais cette fois-ci, je vais y aller en douceur, et nous verrons bien !

– À la bonne heure ! Je ne pouvais pas rêver mieux.

C’est ainsi que le petit Simon (fairplay !) et moi, étions les témoins en live de cette magnifique histoire qui (re)commencait entre Melissa et Eyal. Nous leur souhaitons beaucoup de bonheur. et qui sait, peut-être que finalement le retour aux sources les mènera très loin mais ne nous emballons pas !

Mes chers amis,

Je tenais vraiment à aborder le sujet de nos célibataires. Dans notre quotidien, nous rencontrons des jeunes femmes et des jeunes hommes exceptionnels, qui aspirent à trouver comme vous et moi : l’amour avec un partenaire de vie. Je souhaite que chacun de nous soit là près d’eux sans les juger, sans les brusquer, juste en les aimant pour qu’ils ne perdent jamais espoir, car comme ma grand-mère le disait :

À chaque marmite, son couvercle. Ensuite, qui est la marmite, qui est le couvercle ? C’est une autre histoire…

PS: Pour Solange, la question est de savoir ce que vous feriez à notre place en connaissant les enjeux… pour vos réponses junesdavis55@gmail.com.

Ps: Pour notre amie Solange on lui conseil de s'inscrire sur http://www.intldates.com/ imediatement et pour toutes les Mélissa en herbe aussi ☺️☺️.

Melissa, belle et trentenaire acte 3

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Pyjamas party

Publié le par Junes Davis-Cohen

Début octobre, je regardais mon calendrier de mère juive qui est en permanence collé sur mon frigidaire et oooooh dans huit jours c’est l’anniv de mon fils.

Qu’est-ce que je vais bien pouvoir organiser à mon petit bonhomme cette année, qui n’est plus si petit que ça, puisqu’il va bientôt me dépasser par sa taille.

En même temps, il vaudrait mieux pour lui, soyons honnêtes, le challenge n’est pas bien haut à la base ! Heureusement qu’il tient tout de son père.

Rien qu’à l’idée d’organiser un anniversaire chez « Dave and buster » (le temple des jeux vidéo où il te faut trois jours et trois nuits pour t’en remettre, avec quatre cachets d’aspirine toutes les six heures, non merci, je passe !), pas la moindre goutte mentale pour le faire !

Voyons voir… si je lui organisais une pyjama party ? Mais oui, je suis sûre qu’il va adorer mon idée, c’est évident ! En plus, j’en rêvais lorsque j’étais petite ! Quelques heures plus tard, je m’assois près d’Ethan, je lui arrache MON ordi des mains pour l’informer que j’avais eu une idée lumineuse pour sa fête, et que j’aimerais lui en faire part.

– Ça fait plaisir que tu me demandes mon opinion !

– Alors, je propose que l’on invite tous tes copains après l’école. Vous ferez vos devoirs tchic-tchac. Vous vous mettrez en pyjama, et on choisira ensemble un film. Je vous ferai des popcorn et ....

– Maman ?

– Oui ?

– NOUS NE FERONS PAS DE PYJAMA PARTY ! Tu crois que je ne me souviens pas que l’année dernière, tu avais déjà essayé de mettre ton truc en place ? Je ne suis pas une fille !

– Oh lala, pas la peine de t’énerver, petit, moi qui suis ta mère et qui me mets en quinze pour te faire plaisir, c’est comme ça que tu me traites ? À ton âge, ma mère m’aurait collé deux droites et en plus…

Trop tard pour la culpabilité de mère juive, il a déjà remis ses écouteurs !

Le jour venu, me voilà à chercher 9 garçons de 9 ans dont 8 américains déchaînés et heureux d’avoir ce qu’ils appellent « une sleepover » (genre on dort toute la nuit !).

Dès que nous passons le pas de ma porte, ils font valdinguer leurs shoes, ainsi que leurs cartables, et se ruent sur les différents ordis de la maison, me demandant en hurlant les codes d’accès d’internet, et je me sens complètement dépassée ! Mes fifilles sont folles d’excitation de voir plein de grands frères potentiels, surtout un: Max, qui n’arrête pas de jouer avec fifille 1 en confiant à mon fils :

– Dis donc, elle est vachement mignonne ta petite sœur !

– Oui, je sais, mais si tu dis encore qu’elle est mignonne, je te sors mon épée Star Wars. Je testerai sur toi le laser rouge pour vérifier s’il est aussi puissant que dans la pub. J’espère que oui !

Je les supervise de temps en temps et les appelle pour l’heure du repas. Mais pour seule question devant ma table remplie de pâtes, de légumes et de poulet, j’aurai ça :

– Elle est où la birthday pizza ?

Oh non, pas la birthday pizza, pitié ! À tous les anniversaires, j’écris bien, tous les anniversaires auxquels j’ai assisté depuis que j’habite aux États-Unis, il y a toujours la birthday pizza. En France ou en Israël, jamais tu n’y penserais, mais ici, c’est le monument culinaire par excellence des annivs !

– Non désolée, j’ai fait autre chose.

Mais hélas, sous la pression de leurs regards, je commande en vitesse douze pizzas pour rectifier mon erreur !

Vient le moment du gâteau d’anniv’ où naïvement je commence à chanter :

« happy birthday to you, happy birthday to you… »

Ethan me dit:

– Chut ! Ça va pas ? Ne prononce pas le mot birthday cake parce que c’est pour les loseurs.

– Ah bon? Mais c’est pas ton anniv ?

– Si, mais à mon âge, tu dis juste on passe au dessert !

– Euh... OK.

Après le repas, je suis agréablement étonnée de voir tous les petits gars débarrasser la table en un clin d’œil. Polis les petits.

On peut peut-être les engager tous les jours ?

Non, je crois pas voix off, je crois pas !

À un moment, il y a l’un d’eux, Oren, qui fait tomber une assiette. La pauvre se casse en mille morceaux, mais un autre copain Guilad arrive tel un chef de l’armée israélienne, pour diriger les opérations avec le ton de celui qui en a vu d’autres :

– Personne ne bouge. Personne ne marche pieds nus, que tout le monde enfile ses chaussettes, Madame, il me faut....

– Junes.

– Madame, allez me chercher l’aspi, je contrôle le périmètre.

– À vos ordres mon adjudant, mais tu peux aussi te détendre, si tu veux ?

– Non madame, un bout de verre dans le pied n’est jamais agréable. Je m’occupe de tout !

Je ne savais pas si je devais rire face au sérieux de Guilad, mais dans ma tête je le voyais bien faire une carrière dans les Marines avec le costume et tout le tralala !

OUHOU reste avec nous Junes.

Donc pour les remercier, je leur propose d’aller dans ma chambre, et de passer le film préféré de mon fils, son best friend crie :

– C’EST STAR WARS, NON ?

– Oui.

– YEHHHHH !

– Oui, mais pourquoi tu cries ! demande mon fils.

– JE SAIS PAS J’ADORE CRIER !

Je les installe sur mon lit. Je mets le film en marche. Et au bout d’une demi-heure, je leur propose de se mettre en pyjama. Tout mon petit monde me dit:

– Oui, bonne idée !

Trentes minutes plus tard je demande si quelqu’un veut du popcorn. J’ai cinq « why not ? Mais avec du beurre qui coule et avec beaucoup de gros sel » (OK, je t’apporte ça, mais avant, je vais vomir)

Je me faufile devant le lit, prends des photos des mouflets, tous affalés les uns sur les autres. J’ai l’impression d’être une paparazzi, en leur disant : « allez souriez, toi au fond à droite, change de tête, c’est pour ta mère faut qu’elle croit que tu t’amuses. »

– Mais je m’amuse.

– Alors prouve le ! Fais-moi un beau sourire ! C’est mieux ! Voilà, comme ça !

Et hop j’envois les clichés au mères juives qui m’avaient demandé des preuves photographiques que leur progéniture allait bien !

C’est vrai, nous sommes toutes pareilles, dès que nos enfants ne sont pas à la maison, c’est le vide intergalactique. Nos enfants nous manquent cruellement même si ça n’empêche pas de leur crier dessus quand ils sont la !

(Non, moi je ne crie pas, je suis blonde, calme, zen et détendue. Eh bien, moi, je suis brune avec des mèches ombrés, pas détendue, et je crie, donc tu me sors d’ici !)

Plus le film avance et plus ils s’endorment comme des mouches, les uns après les autres, sauf Max qui me demande si fifille 1 fait dodo :

– Oui, pourquoi ?

– Je voulais la voir une dernière fois pour lui dire bonne nuit ! (C’est beau l’amour !)

– Tu la verras demain, au petit dej’.

– Ah oui, chouette, j’ai trop de chance !

Je ne raconterai sous aucun prétexte cette conversation à mon homme, parce que comme mon fils, l’homme souffre de la maladie du tigre*, mais seulement concernant ses filles ! Moi, ça fait belle lurette que je suis aux oubliettes ! Plus tard, lorsque mon mari rentre à la maison, et qu'il n’entend aucun bruit dans la maison, il me demande, juste pour être sûr, si je n’ai pas mis des cachets dans les verres des enfants.

– Mais, non ça va pas, t’es malade ? C’est ça, la classe, j’ai tout géré toute seule, comme une chef !

– Alors bravo, je vais me changer !

– NON, ne va pas dans notre chambre, je l'ai réquisitionnée. Tu poses tes affaires dans le salon please et tu te changes ici !

– Mouais, t’as vachement bien géré, je vois ça !

Je ne vous raconterai même pas la nuit où j’ai entendu Micka marmonner en une langue étrangère que plus jamais il ne me confierait seule la tache d’une « sleepover » puisque nous nous sommes retrouvés à dormir à deux dans le lit une place de notre fils et croyez moi, ça n’a rien de romantique !

Le lendemain, après un embouteillage monstrueux des salles de bains, de tête hagardes de sommeil, j’accompagne tout le monde à l’école au pas de course. Comme ultime récompense, j’ai le droit à 18 bisous, quand même, c’est pas rien.

Ethan reviendra de l'école pour me dire que ses copains ont dit que c’était la plus cool des birthday party !

– Oui, enfin une pyjama party.

– Non, birthday party !

– Pyjama party !

Bref, le plus important, c’est que nos rêves d’enfant ne soient pas morts, et qu’ils peuvent toujours se réaliser même en étant adulte, il suffit de se les avouer et de les négocier !

Et de consulter un professionnel aussi, Davis, ça te fera pas de mal.

Alors je vous embrasse et vous dis à lundi mes amis !

*La maladie du tigre est une maladie qui est bien plus violente que la jalousie car elle se transmet de père en fils, de génération en génération, en leur affirmant que pour prouver son amour à quelqu’un il suffit de rugir face à un potentiel danger amoureux masculin. Chose que je m’efforce de rectifier, pour le bien-être de ma futur belle-fille (qu’elle crève celle-là! )

A demain mes amis.

Pyjamas party
Pyjamas party
Pyjamas party

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To Be or not To bechevat!!

Publié le par Junes Davis-Cohen

Nous sommes la veille de Tou Bichevat, et je suis en train de faire mon marché. Je me retrouve en train de palper les fruits et les légumes lorsque je surprend une conversation que je n’aurais jamais du entendre.

Laquelle? Entre qui et qui ?

Entre la pomme et la figue...

Allez arrête ! C’est n’importe quoi ! Junes Davis, je ne sais pas ce qui t’arrive ce mois-ci, tes chroniques sont de plus en plus déjantées. Qu’est-ce qui se passe, tu veux qu’on en parle ? Raconte nous tout.

Laissez moi tout vous expliquer, et vous allez tout de suite comprendre pourquoi je devais prendre mon clavier et vous retranscrire cette conversation très très bizarre mais pour le moins amusante :

– Avec qui tu vas à la soirée demain soir, Pompom?

– Poufff, quel casse tête ! Ne m’en parle pas, chaque année c’est pareil.

– Oui, je sais. Ce qui est bien, c’est que toi, tu as un choix de partenaire, ce n’est pas comme moi, une pauvre figue solitaire !

– Tu parles, c’est plus galère qu’autre chose, tu te souviens l’année dernière, j’avais pour cavalière la Granny Smith, et cette vulgaire pomme a osé se ramener en baskets, j’étais mort de honte ! Je crois que je vais demander à la reinette de m’accompagner cette fois, j’aurai une chance de remporter le titre de roi et reine de la soirée. Et toi, tu t’es décidé ?

Mais où tu traines tes oreilles Junes Davis ?

Chut, tais-toi, j’écoute la réponse de la figue.

– Je crois que je ne vais pas y aller, ça me gave trop, tous ces trucs mondains. Tu pourras me couvrir et inventer un truc pour moi ?

– Ah non, Fifi, cette fois-ci, je ne me laisserai pas avoir, déjà pour le cas Adam et Eve, c’est à moi que l’on a fait porter le chapeau, alors que c’est toi qui étais à l’origine de la faute originelle. Il a suffi qu’un artiste de la renaissance me peigne, et voilà que depuis des décennies je me traine cette réputation où soi-disant c’est moi le fruit défendu, alors pas question de me faire avoir cette fois-ci.

– Encore cette vieille histoire, purée ce que tu es rancunier. Bref, passons à autre chose, je sens que l’on va y passer la nuit. J’ai pas bien vu le carton d'invitation, mais c’est toujours les mêmes participants ?

– Oui sûrement, laisse moi voir, je l’ai là sous les yeux, alors voyons voir, il y aura :

Le blé, l’orge, la datte, toi, le raisin, la grenade et l’olive.

– J’ai toujours été jaloux de la grenade, c’est déjà la star des débuts d’année, elle est sur toutes les cartes de Bonne année, ça me soûle qu’elle soit encore nominée.

– Ah bon ? Oh non, moi ça me dérange pas, une fois qu’on lui retire sa peau, elle est super sympa. En revanche, ce qui me dérange c’est que le blé soit encore de la party ! Depuis quand c’est un fruit, celui là ? Même l’orge, c’est pareil.

– C’est pas à toi que je vais dire que son père est bourré de blé, et que son cousin l’orge est rempli d’or, je sais que ce sont eux qui sponsorisent les soirées.

– C’est toujours sur le thème bal de promo année 5776 ? On va surement utiliser le raisin pour faire du jus, espérons que cette année il n’y aura pas de pépins comme l’année dernière.

– Oui espérons, et c’est toujours l’Homme qui est un arbre des champs qui sera l’animateur de la soirée.

– Cool, j’adore, bon, je vais me préparer et te dis à demain soir. Je vais prévenir l’olive qu’elle ramène pas toute sa famille, parce que je la vois se faire mariner depuis tout à l'heure avec ses belles sœurs.

– Oui, fais donc ça, on va se préparer, hâte d’y être ! Et impatient de revoir l’animateur, il est trop cool.

Mais enfin, Junes Davis, qui est cet homme dans un arbre des champs ? Le nouveau David Guetta ? (Tu te rends compte qu’il a divorcé de Cathy après 20 ans de mariage ! Ça fait peur... )

– Je vais t’expliquer qui il est.

Quand j’étais à l'école juive, j’avais ma prof d’hébreu qui avait dans mon souvenir, une perruque monstrueuse. Chaque fois qu'elle bougeait la tête de gauche à droite et de droite à gauche, la perruque restait stoïque, ne bougeait pas. Ça m’avait tellement traumatisée, que je m’étais juré de ne jamais me couvrir la tête, mais ayant les yeux sur sa coiffure et les oreilles sur son cours qui parlait de la fête des fruits, elle nous parlait toujours de ce gars:

L’homme est un arbre des champs.

J’adorais l’imaginer en train de courir dans les champs torse nu et s’occuper de la paille. Mais quelques années plus tard, j’ai compris la signification de cette fameuse phrase, et pourquoi cette fête a son importance capitale, même si on pense que cela concerne le renouvellement des fruits et la nature mais pas que.....Puisque nous pouvons tous les jours nous renouveler, prendre un nouveau départ et être ce que nous voulons être. Be or not to be chevat !

Hag Sameah, et allons déguster tous ces fruits qui n’attendent que nous !

PS: Concernant ma prof d’hébreu et sa perruque, la seule chose que je retiens, c’est que quinze ans après, je me rappelle encore de son enseignement, qui était il faut l’avouer, excellent !

Imaginons que dans quinze ans quelqu’un vienne me voir et me dise :

– J’ai lu toutes vos chroniques depuis le jour où vous les avez publiées, et je me rappelle de certaines précisément.

En cet anniversaire du renouvellement de la nature, j’en profite pour vous annoncer que c’est aussi l’anniversaire des 1 an de mon blog !

Alors hag sameah et Happy birthday! (Qu’il y en ait beaucoup d’autres !)

To Be or not To bechevat!!

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Changement de programe😃😃😃😃💕💕💕

Publié le par Junes Davis-Cohen

Bonjour mes amis, j’espère que vous passer un bon dimanche. Je pense fort à vous et de ce fait:
Demain je dois vous poster la suite de Melissa notre célibataire des temps modernes, mais je suis dans l’incapacité de vous la publier car j’ai eu une semaine « rockn’roll » si on peut dire. Je mettrai la suite dès mercredi matin. En attendant, à la place et comme je vous adore je vous laisse le choix de voter ce que vous préfèrez comme sujet:
1/ La pyjamas party.
2/ To be or not to be chevat.
A vos claviers, à vous de choisir!
Je vous embrasse fort, vous dis à demain et avec toutes mes excuses pour ce contre temps.

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JUNESDAVIS.COM

Publié le par Junes Davis-Cohen

Grande nouvelle,
Le site de Junesdavis.com est en ligne, il n’est pas totalement finis mais vous pouvez déjà cliquer dessus.
Je vous embrasse.

Chabbat Chalom.
Que la force de l’amour soit avec vous mes amis.

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Mister Meat, Miss Milk et Parvé Jr

Publié le par Junes Davis-Cohen

En temps que grande fainéante qui assume d’avoir plusieurs poils dans la main, il m’arrive à quatre-vingt pour cent du temps de cuisiner mon chabbat le vendredi matin à l’arrache, en toute insouciance.

Comment ? Mais enfin tu n’y penses pas ! C’est carrément irresponsable de ta part. Que va dire la ligue des O.M.C. ?

Des O.M.C ?

Tu sais bien, les Organisatrices Méticuleuses du Chabbat, voyons ! Celles qui font leurs courses le mardi, les salades cuites le mercredi, le pain tressé le jeudi avec les plats qui vont avec. Pour arriver belle et détendue en train d'accueillir la reine du chabbat comme il se doit. Prends-en de la graine, parce que toi le vendredi tu n’es ni belle, ni détendue !

Mouais.... mais moi j’aime bien que ce soit frais du jour !

Ben voyons, comme si les autres servaient du cyanure. Va vraiment falloir que tu changes tes habitudes parce que…

Bref, donc ce jour là, vers les coups de 6h30 du matin en buvant mon capuccino fait maison, je dis à tout à l’heure à Miss Milk pour notre deuxième tasse.

Miss Milk ? Qui c’est celle-là ?

Bah, Miss Milk, Madame Lait. En général, je la vois en matinée jusqu’à 11h00 max, et après on se souhaite bonne journée pour se retrouver le lendemain matin. Le vendredi, c’est différent, j’écourte nos entrevues pour laisser rentrer dans ma cuisine : Mister Meat.

Il faut que vous sachiez que chez nous, ces deux personnes ne se supportent pas. Voire carrément se détestent. D’ailleurs, pour plus de sécurité, on nous les a séparés par le temps pour être sûr qu’ils ne se rencontrent jamais ! Les uns 3h, et les autres 6h, pour qu’il n y ait aucun mélange !

Pourquoi les un 3 et les autres 6 ?

Les séfarades ont besoin de plus de temps pour digérer, il parait qu'ils ont le sang chaud, plus que les ashkénazes, eux c’est diffèrent, ils gèrent mieux leurs émotions apparemment.

N’importe quoi, je ne vois absolument pas le rapport !

Tu as raison, il n’y en a aucun, j’avais juste envie d’écrire cette réflexion depuis longtemps.

Donc je reviens à mon vendredi, où je sors mes marmites et dis Bonjour à Monsieur Meat. On se raconte les derniers potins de la semaine, avec pour fond sonore le cours du Rav Touitou qui a pour sujet : la médisance. Oups ! On se recadre et se recentre sur le menu du vendredi soir, et nous arrivons à la conclusion d’un commun accord que nous cuisinons : une blanquette de veau.

C’est parti pour le lancer d’oignon, la giclée d’huile (une giclée ? C’est plutôt un pichet, vas-y mollo quand même !). Je prends dans mon frigidaire ma boite de soy milk/lait de soja, où il y a écrit en GROS: DAIRY FREE/ Sans-lait.

Mister Meat me regarde et me dit:

– Je valide, fait péter le soy pour me le rendre onctueux ce veau !

Faut pas me le dire deux fois. Allons-y gaiement, je verse, je verse, je verse, jusqu’à vider la boîte en carton. Je m’occupe des carottes tranquillement, quand tout à coup Miss Milk débarque.

– Salut Junes, tu m’as rappelée ? C’est pas ton horaire d’habitude. Tout va bien?

– Oui tout va bien. Bah tu es revenue ? Qu’est-ce que tu fais là ? On s’est quittées ce matin, je t’ai fait la bise et t’ai souhaité une bonne journée, tu te souviens pas ?

– Oui, je sais, c’est pour ça que je suis vachement surprise. Tu connais mon planning, à cette heure-ci, je m’occupe de me mixer avec le café de certains D.J. et fêtards en tous genres. Il est plus de 10h, j’ai du boulot... (mais son regard s’arrête et se pose sur Mister Meat)..... qu’est-ce qu’il fait là ?

Le drame... Miss Milk voit rouge !

Mister Meat et Miss milk se trouvent dans la même pièce. Oh boy ! Comment c’est possible ? À la base, s’ils se retrouvent dans le même périmètre, c’est gérable. Mais par précaution, mieux vaut mettre une séparation ou autre chose pour éviter les embrouilles.

– Junes, je suis très fâché, qu’est-ce qu’elle fait ici ? Me demande mister Meat.

– C’est qui « elle » ?

Et c’est parti pour un échange de cris, insultes, hurlements entre mes deux invités.

– Bon, calmez vous, je dois reprendre mes esprits pour élucider ce mystère. J’ai toujours fait très attention à ne jamais vous mélanger, même pendant ma période dite « de rébellion identitaire ».

– Cherche bien, parce que la Milk se fait souvent passer pour une sainte avec son côté blanche comme neige, mais moi je méfie.

– Hé Meat, tu as déjà reçu un reblochon périmé en pleine figure ? Non, eh bien, quand tu le recevras tu l’oublieras pas !

Tout en les écoutant se chamailler, je faisais mon enquête pour savoir qui avait bien pu déclencher cette rencontre désastreuse... et mes yeux se sont posés sur le soy.

Mes enfants (mes enfants ? Tu as quel âge, 100 ans ? C’est affectif, voix off), en anglais: DAIRY-FREE c’est qu’il n’y a pas DE LAIT !

Cherche encore Junes Davis...

Je regarde de plus près la briquette, et là, horreur, je découvre qu’il y a écrit en tout petit:

« Contient des traces de lait, produit considéré comme dairy » Aïe !

Catastrophe. Je regarde ma marmite en panique, et dans la foulée, j’appelle ma rabbanite pour lui demander comment je fais pour rattraper la sauce. En sachant que je n’aurai jamais le temps de courir acheter de la viande, puisque nous sommes à quelques heures de chabbat.

C’est bien fait ! Va vite demander ta carte de membre aux O.C.M !

Tais-toi, j’écoute le verdict de la femme du rabbin :

– Vous devez tout jeter immédiatement. La loi est claire : « Tu ne feras pas cuire le veau dans le lait de sa mère », et dans ce cas, le plat a été cuit. C’est fichu Miss Davis. Jetez-moi tout ça et que ça saute !

Je raccroche complètement chamboulée, et c’est avec regret que je m’exécute. Je jette : le veau, sa mère, et son lait. Mister Meat, Miss Milk et moi même, regardons la poubelle le cœur lourd.

– Mais comment vas-tu faire ? Me demande Mister Meat avec qui j’entretiens des relations plus ou moins bi-polaires (Bi-polaires ? Un jour je mange de la viande , un jour non, un jour je mange de la viande, un jour non etc. !)

– Oui, c’est vrai Junes, comment vas-tu remplir le contrat de chabbat pour avoir un plat de roi, d’ailleurs c’est pour ça Meat que je t’en veux, moi on me considère comme moins bien que toi. Depuis, j’ai développé un vague complexe d’infériorité.

– Mais arrête de te rabaisser, c’est pas moi qui donne du calcuim aux bébés, et aux os, j’aurais donné cher pour être à ta place. Bon Junes, c’est quoi le plan ?

– Je vais faire appel à Parvé Junior.

Et en cœur Miss Milk et Mister Meat me répondent :

– Tu n’es pas sérieuse ?

– Celui-là ? Tu n’y penses pas ! Il est complètement fade, sans vraiment d’opinion. Plusieurs fois je lui ai demandé de choisir entre la blanche et moi, mais il a toujours préféré rester neutre.

– Meat a raison, dit Miss Lait.

– Bon, sortez vous deux ! Je dois courir comme une folle à la makolette d’à coté, acheter un poisson, et faire entrer en catastrophe Parvé junior chez moi. On se voit bientôt. Bisous

Et je fais entrer Parvé Jr dans ma cuisine à son tour.

Il arrive comme à son habitude, détente, à la « Huggie les bons tuyaux ». En général il est bourré d’herbes en tout genre, puisque depuis quelques temps, il fréquente activement les végétaliens et les végétariens qui se l’arrachent. Ce qui d’ailleurs sera l’argument coup de poing face à l’homme, qui sera très étonné de s’arrêter de manger après un complet poisson, et c’est ainsi que j’ai retenu une grande leçon.

Mes chers amis, cette petite histoire déjantée m’a vraiment perturbée, concernant mon niveau de cacherout. (On a vu, juste après tu as parlé de cette histoire à la terre entière ! On a du t’arrêter avant que tu taggues l’Empire Stats Building d’un: Nulle en cacherout, je ne suis pas digne de vous !).

J’ai très mal vécu le fait de m’être trompée à ce point-là. L’erreur est humaine me direz-vous ! Je suis entièrement d'accord avec vous, mais cette erreur n’est que le fruit de mon laisser aller, qui s’est installé au fur et à mesure de mon installation New Yorkaise. À force de me dire: le K, c’est bon, le U, c’est top, les tables de la loi c’est correct, mon laxisme m’a fait perdre mes notions de base, ce qui en un sens m’a réveillé !

Depuis ce jour, je redouble de vigilance entre Miss Milk et Mister Meat, qui au final travaillent main dans la main pour servir D.

Je vous embrasse très fort, et vous félicite pour votre intégrité grandiose face à la cacherout car n’importe quel juif, même le plus éloigné soit-il, en général garde éloignés Mister Meat et Miss Milk en toutes circonstances. Alors bravo !

À lundi mes chéris.

Mister Meat, Miss Milk et Parvé Jr
Mister Meat, Miss Milk et Parvé Jr
Mister Meat, Miss Milk et Parvé Jr

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Melissa, belle, celib et trentenaire acte 2

Publié le par Junes Davis-Cohen

Nous en étions restés la semaine dernière quand Melissa, trente ans et toutes ses dents, célibataire des temps modernes, m’appelait au bord des larmes pour me demander conseil, après que Raphaël (rencontré grâce à Tinder/Kinder), ne lui avait donné aucune nouvelle alors qu’ils avaient passé ensemble plusieurs jours dits «merveilleux » par ladite Melissa.

– Comment ça, il ne t’a donné aucun signe de vie ?

– Rien, nada, le walou aérien… je ne comprends pas ! La dernière fois que l’on s’est vus, il m’a dit des choses fantastiques à te faire perdre la tête… Je suis sûre qu’il lui est arrivé quelque chose! Tu me conseilles d’aller vérifier chez lui directement ? Ce qui m’inquiète vraiment c’est qu’il ne répond plus à mes appels…

– Melissa ?

– Oui ?

– Combien de fois tu l’as appelé depuis sa « soudaine » et mystérieuse disparition ?

– …

– Melissa !

– Je sais pas, j’ai pas compté !

– Oh my God ! Si tu n’as pas compté, c’est que tu as dû largement dépasser le quota d’une femme sensée et réfléchie.

– Ah oui, mais tu connais ma devise: « Y a pas de fierté en amour ! »

– Mais arrête, ce n’est pas de l’amour dans ton cas, tu le connais depuis quoi... quinze jours ? Bon, est-ce que tu veux connaitre mon avis sincère ?

– Non.

– Comment ça non ? Allez, arrête, tu sais bien au fond de toi que si tu m’as appelée, c’est pour avoir une vraie amie au bout du fil.

– Alors de 1), depuis 1993, y a plus de fil dans les téléphones, et de 2), je t’ai appelée pour savoir si c’était une bonne idée d'aller chez lui.

– NON ! Absolument pas une bonne idée ! NO, LO, NON, en quelle langue je dois te le dire ? S’il ne t’a plus donné signe de vie, c’est qu’il ne veut pas t’en donner. Point barre. C’est horrible, mais c’est la vie, et non, il n’est pas mort.

Purée Mel, t’as une carrière de relations derrière toi, si c’était dans le monde professionnel, tu serais déjà PDG, copine! Tu devrais le savoir depuis le temps. Rappelle-toi avec Franck, c’était pareil ! Tu croyais qu’il avait eu un accident de moto, tu avais appelé tous les hôpitaux de Paris, et après tu étais partie à une soirée pour te changer les idées, et qui était sur sa moto en train de rouler un palo ?

– Franck…

– Eh bien voilà.

– Non mais cette fois-ci, c’est différent. Je te jure qu’on a vécu un truc fort, intense, je sais que c’est l’Homme de ma vie. Tu peux pas comprendre, il me disait tout ce que je rêvais d’entendre, ce n’est pas possible qu’il disparaisse, sans aucune explication.

-Il m’a tout l'air d’être un Franck bis celui-là. Bon, je dois voir le petit Simon, le cousin d'une copine. J’ai promis de lui faire rencontrer des gens dans l'Upper West Side parce qu’il a déménagé et ne connait personne dans le quartier. Tu veux venir avec moi ? J’ai promis à ma cops de lui donner une heure de mon temps, avant d’aller chercher les enfants.

– J’ai l’impression que tu fais des Heures d’Intérêt Général, quand tu dis ça. Je ne crois pas que je pourrai venir, je vois et je te rejoins. C’est à quelle heure et où ?

Après avoir donné à Melissa toutes les infos nécessaires pour qu’elle me rejoigne, et qu’elle tourne la page sur ce gugus de Raphaël, je me mets en route pour rejoindre le petit Simon devant « My most favorite food » qui après quatre ans passés à New York, n’est absolument plus mon favorite food.

En arrivant, je texte un « ouhouuuuu, je suis là » au cousin, et vois se rapprocher un grand gaillard brun avec plein de cheveux, des yeux noirs cachés par une jolie paire de lunettes qui lui donnent l’air intelligent, une barbe de 15 jours genre hipster, une doudoune Canada Goose sur le dos, et des baskets super cool.

– Coucou, c’est toi Junes ?

– C’est toi le petit Simon qui n’est pas du tout petit en fait ?

Et là, survient le moment gênant que toutes les jewish mama à la tête couverte, connaissent. Celui où tu esquives la bise comme sur un ring de boxe, comme si tu évitais de te prendre des coups ! T’es gênée, il est gêné, il comprend pas… Bref, j’ai déjà pensé à me faire imprimer des stickers: « Relou à bord, pas de bises pour les mousses », mais je n’ai pas trouvé le papier collant qui va avec, alors je ne tape pas de bises, mais je me tape encore ces moments inconfortables.

– Désolée, je m’excuse, je pensais que je pouvais, enfin tu vois quoi…

– Mais y a pas de problème, c’est moi !

Voilà, après tu sais plus quoi dire… Mais heureusement que le petit Simon a l’air très sympa et rebondit pour contrer la gêne.

– C’est super gentil à toi de me consacrer du temps. Je ne sais pas si Stéphanie t’a dit, mais j’ai emménagé avec deux potes, et j’ai besoin de quelques points de chute pour me repérer, comme la syna, les restos, et de nouvelles têtes.

– Oui, justement, j’ai ma copine Melissa qui va probablement nous rejoindre d’ici peu, parce que je dois aller chercher mes enfants. Mais je te donne toutes les infos avant, t’inquiète.

– Ah bon, tu as des enfants?

– Eh oui !

– On dirait pas, tu fais super jeune !

Hé la Davis, ça va les chevilles ? T’es pas nette d’écrire cela. Tu n’es pas obligée de mettre cette phrase, petite vaniteuse. Je ne te connaissais pas aussi prétentieuse, la gueuse ! C’est le succès qui te monte à la tête, ça y est, Madame s’auto complimente maintenant. Ça te suffit pas, les merveilleux commentaires que les gens méga sympas prennent le temps de t’écrire après chaque chronique sur la place publique ou en message privé ? Retire-moi cette phrase IMMEDIATEMENT!

OK, désolée, c’est bon je reprends.

– T’as des enfants ?

– Oui.

– Eh bien ça se voit ! Combien tu en as ? Une trentaine ? T’as l’air marqué ! Tu me fais penser à ma mère.

N’en fais pas trop non plus !

Bref, donc pendant que je me prends un sandwich à emporter en compagnie du petit Simon et de sa barbe bien coupée, j’envois un sms à Melissa pour savoir dans combien de temps elle nous rejoint. Je n’ai pas besoin d’attendre sa réponse puisque j’aperçois au même instant son visage dans les chaussettes*** par la vitrine. J’accours vers elle et lui demande ce qui ne va pas, même si j’ai ma petite idée.

– Salut Junes, ne m’en veux pas. Je n’ai pas écouté ton conseil.

– Ce n’est pas grave, je m’en doutais ! On est toutes pareilles, on veut comprendre pourquoi il ne répond plus du jour au lendemain. C’est normal.

Le petit Simon était, pour la deuxième fois en dix minutes, très mal à l’aise. Je lui présente à la va-vite Melissa qui ne lui prête pas du tout attention et qui reprend son explication comme si de rien n'était :

– Je suis allée chez lui, et j’ai tapé à sa porte...

– Bon, bah Junes, je crois que je tombe mal. Je vais te laisser avec ta copine qui a besoin de toi. Je vais me débrouiller, merci, on se voit bientôt.

– Mais non, reste deux minutes ! Je vois juste un truc avec Mel, et on y va.

Comme-ci nous n’avions pas été interrompus, mon amie continue son histoire comme une automate:

– Une femme blonde qui tenait dans ses bras un petit garçon avec un pull… vert, m’a ouvert la porte..............

La suite next week pour vous compter sans compter cette histoire exceptionnelle ----

Glossaire:

*** le visage dans les chaussettes: expression que j’ai inventée depuis que je suis mariée. Il m’arrive d’avoir des grands moments de solitude quand j’essaye désespérément de retrouver la chaussette femelle séparée de son mâle depuis une durée indéterminée. Et à la fin, j’en ai tellement marre que je retourne le bac à linge en hurlant de nerfs… voilà, c’est ça la tête dans les chaussettes !

Melissa, belle, celib et trentenaire acte 2
Melissa, belle, celib et trentenaire acte 2

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The Queen of Chabbat

Publié le par Junes Davis-Cohen

Dans la nuit de vendredi soir dernier, il m’est arrivé une chose très bizarre.

Tu es partie te coucher vers 21h ?

Oui, mais pas que… une personne que je ne connaissais que de nom, s’est assise au bord de mon lit.

Allez arrête, c’est quoi encore, cette histoire ?

Passé le stade de la crise cardiaque, et après avoir remis mes lunettes de miro sur le bout du nez, j’ai compris qui c’était…

Fais pas tant de mystère Davis, dis nous qui sait !

C’était LA REINE DU CHABBAT, herself, qui se tenait près de moi, en tenue de soirée toute pailletée de la tête aux pieds.

Bah voyons, non mais tu délires ma pauvre Junes. Dis plutôt que tu rêvais oui !

Peut-être, je ne sais pas, peu importe, en tout cas, j’ai eu une conversation toute particulière avec elle :

– Salut Junes, excuse-moi de te déranger, mais tu m’as invitée à rentrer chez toi tout à l’heure, et je me suis permise de rester et de m’asseoir, parce que j’ai besoin de ton aide, c’est crucial.

– Euh... yes, of course, si je peux vous aider, avec plaisir. Alors dites moi tout.

– Je sais qu’en général, je ne suis qu’une métaphore, mais depuis quelque temps, j’ai l’impression que certaines troupes juives de notre bataillon ont baissé les armes, pour ne pas dire qu’elles m’ont totalement oubliée ! Je suis triste et en colère à la fois.

C’est vrai quoi, j’étais là, depuis le début: l’embrouille avec Adam & Eve, en passant par le déluge, quarante ans dans le désert, etc. J’ai toujours été une taulière dans ce monde ! Les gens m’ont toujours gardée, mais depuis quelques temps, lorsque je veux me pointer le vendredi soir dans certaines maisons, je me vois refuser l’accès. Pourtant, je vois bien le tattoo/tatouage pour rentrer, alors je ne comprends pas.

– Quel tatoo? Oh God ! Mais de quoi parlez-vous Reine du chabbat ?

– Je t’en prie, ne mêle pas D. Ici, je suis en mission secrète. En plus, permets-moi de te dire que tu utilises beaucoup trop souvent le mot God, ces derniers temps. Va falloir te calmer un peu, si tu veux pas trop te faire remarquer jeune dame ! Pour répondre à ta question, le tatoo, c’est la mezouza. Chaque fois que j’en vois une, depuis la sortie d’Egypte, j’ai un pass V.I.P. chez les gens, qui me font la plupart du temps, non seulement un couscous, mais une entrée royale. C’est pas à toi, fille de rabbin, que je vais apprendre qu’il y a carrément une hymne à mon honneur, tout de même. Et ne lève pas les yeux au ciel quand je dis fille de rabbin.

Bref, il faut que tu te débrouilles pour que les gens se rappellent de moi. Transmets leur un message de ma part : je veux reprendre ma place de Queen.

– Je sais pas, c’est délicat, les gens ont changé avec le temps, la diaspora, l’assimilation, c’est un peuple nouvelle génération, je ne sais pas comment vous aider.

– Dis donc, ça ne t’a pas dérangée d’écrire des choses sur la Comtesse de la Tsniout, alors fais pareil pour moi Junes. Dis leur que moi je serai toujours là pour eux quoi qu’il arrive. Précise leur aussi que c’est dans leur intérêt de me laisser rentrer, et qu’il en va de notre survie de continuer à me faire la fête. Trouve une formule sympa pour leur rappeler que je suis toujours d’actualité !

– OK, j’accepte, parce que l’on se connait depuis quoi ? Trente quatre ans, maintenant, vous m’avez sauvée bien des fois, mais Reine du chabbat, faites-moi plaisir, changez de robe, on dirait que vous êtes restée coincée dans les années 70.

– Je sais, ma styliste m’a laissé tomber et ne m’observe plus depuis 1974, et comme je suis de nature fidèle, je ne voulais pas prendre quelqu’un d’autre à sa place.

Alors les amis, pour aider notre Queen, place aux conseils pour vous prouver que Chabbat peut être fun et sympathique !

Et surtout pour qu’elle sorte de ta chambre et que l’on puisse finir notre nuit !

1) Tu rends visite à D. dans son appart’ (syna), ou son penthouse, selon les communautés

2) Tu n’as pas la pression du réveil matin qui hurle « lève-toi, lève-toi, LÈVE-TOI ! » Mais rien n’exclut que tu puisses aussi avoir des petites mains humaines qui te réveillent, bien plus efficaces qu’un réveil, parce que tu ne peux ni les frapper, ni les envoyer valser à l'autre bout de la pièce, tu es cerné, mon pote. Tous les parents avec des jeunes enfants me comprendront.

3) Tu sieste comme une baleine échouée sur un bout de canapé, en général le samedi midi après un bon plat mijoté 24h, ça achèverait n’importe qui !

4) Tu utilises des objets culte qu’il ne te viendrait même pas à l’idée de faire usage dans la semaine. Exemple: le verre de kiddouche. Jamais, au grand jamais, tu prendras un apéro à 18h un jeudi avec un verre de kiddouche pour trinquer ! Alors autant s’en servir !

5) Ceux qui fument peuvent dire « demain, j’arrête », puisque pendant 25 heures, ils sont moins enfumés du poumon. Mais je ne vous garantis pas que ce ne seront pas « des fumiers » pendant ce laps de temps. Ceci n’est en aucun cas mon problème.

6) Tu bouffes !

Oooooh mais ce n’est pas joli d’écrire cela, Junes Davis. Tu peux taper : on mange, on profite bien, on a un bon coup de fourchette, mais bouffer, ce n’est pas un langage approprié.

Non, je garde « bouffer », parce que toute la semaine : je picore, je fais attention, je mange sur le pouce, mais chabbat, j’y vais de bon cœur, et vas-y la Halla, la salade cuite, les poivrons à l’huile d'argan, les aubergines, et j’en passe ! Bref, le bonheur, et en plus il parait que l’on ne grossit pas alors…

7) Tu parles avec tes enfants et ton mari, pour de vrai à la lumière du jour le samedi, sans être étourdis par la technologie, surtout en hiver.

8) Tu vois des amis, avec qui tu abordes les sujets que jamais tu n’aborderais en semaine (Y avait du monde à la syna ? Comment était la séouda ? Y a eu du fight ? )

9) Tu es chanteur, que dis je une Rock Star potentielle à ta table. Qui n’a pas jamais rêvé d’avoir Eyal Golan entre les salades et la pkaila ?

10) Tu peux étudier la Thora à ta guise ! Il parait que ça compte triple chaque minute (tehilim, paracha, dvar thora....bref t’as grave le choix)

11) Tu ne cherches pas une place de parking à devenir taré, et tu économises en parking.

12) Tu fais un break/une pause, mais pas avec ton mec !

14) Tu te reconnectes avec D., mais sans la connexion internet.

15) C’est aussi grâce au chabbat que les non-juifs veulent être juifs. Il parait que nous sommes chaleureux, avec notre pain dodu, nos gens reposés autour d'une table, nos bisous échangés, et nos chabbat chalom à tout va, c’est de la warm attitude en pur jus

16) Et tu te reposes de ta vie mon pote, de ton boulot, de tes collègues que tu peux pas te blairer, tu respires, tu te détends…

Voilà, Reine du Chabbat, c’est tout ce que j’ai en stock pour le moment. Mais elle était déjà partie, et je finissais ma nuit. Ce n’est que la semaine d’après, au moment de la Havdala/ une prière de clôture qui raccompagne notre reine du chabbat à la porte comme la politesse l’exige, qu’elle m’est de nouveau apparue rayonnante dans une toute nouvelle robe époustouflante.

Je lui demande :

– Hello, ça va ? Tu as lu mon texte ? Tu crois que ça a marché ?

La reine du Chabbat me prend dans ses bras et me dit:

– Je ne peux pas encore te répondre car ce n’est que le début, et je dois filer car Elyahou Hanavi arrive, c’est son tour. Alors à vendredi prochain.

– Mais ma Reine, avant que tu partes, elle vient d’où cette toute nouvelle robe de folie ?

– Ma styliste est revenue et m’a prévu cette création faite sur mesure pour moi : c’est du.................Alexander Ma Queen......

Elle me fait un clin d’œil et s’évapore dans un nuage d’ « aura/ora ».

Alors mes chers amis, donnons rendez-vous chabbat prochain à notre Reine du chabbat pour qu’elle puisse retrouver sa place et sa juste valeur.

En vous souhaitant un merveilleux Chabbat et que du Chalom.

The Queen of Chabbat

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Melissa, célib’, belle et trentenaire!

Publié le par Junes Davis-Cohen

Hier matin, ma copine Melissa, qui habite dans le New Jersey, m’appelle pour me prévenir qu'elle passe la journée à Manhattan et que de deux pierres deux coups, elle passerait me voir pour me raconter sa dernière "date" en date via l'appli Tinder !

Kesako Tinder ??? Je connais pas, moi !

Mais moi non plus, c’est Melissa qui m'a expliqué ce tout nouveau concept de rencontre. Tinder est une appli où tu likes la fiche avec la photo des hommes qui te plaisent et vice versa. Tu tchatches, tu matchs et même parfois tu rencontres.

Minute papillon, la Junes, c'est quoi cette nouvelle mode ??? Attends, je suis perdue, moi, à mon époque (oui, petite mamie, dis bonjour aux nouvelles applis très 2016), on se rencontrait aux annivs, aux mariages, aux bar-mitsva, chez des potes, je sais pas moi, y avait pas tout ça ! De plus, j’ai la très nette impression que plus les hommes ont le choix, et moins ils se marient, sûrement que pour les femmes, ça doit être pareil !

Ah non, pas du tout !!! Je suis désolée, mais en ce qui concerne les femmes, elles n’ont rien à voir avec tout ça !!!

Après enquête de la C.I.A. (Communauté Israélite des Amours), nous avons pu constater qu’il est plutôt rare de voir des petits garçons se déguiser pour pourim/mardi gras, en costume de marié, tandis que les petites filles en robes de mariées, oui, ça c’est plus vu. Bien que le mariage n’est pas une fin en soi, mais plutôt une renaissance d’une nouvelle vie en crabe !!!

Prenons l’exemple de Melissa, qui est en train de se chercher une place de parking, pour monter chez moi et vider son sac, ou plutôt me raconter son sac plein d’histoires de "dates" sans lendemain. Sans jamais savoir pourquoi ça ne fonctionne pas.

Ah, la voilà, qui sonne, elle va tout nous dire:

- Salut ma belle, ça va??

- Oui, ça va et toi ??? Oui, enfin non...... ça va pas fort.....

- Viens, rentre assieds-toi. En passant, j’adore ta veste !

- Achetée chez bloomingdales Outlet !!!

(72 et Broadway, l'horreur pour ma carte de crédit, qui sue comme une vache à chaque swipage !!!)

- Avant que tu me parles de ce qui te tracasses, comment ça va ton boulot ?

Oui, parce que mon amie a un super boulot ! Normal !

- Ça roule, mon boss veut que je passe « partenaire », ce qui veut dire encore plus d’horaires ! Je ne pense pas que ce soit le bon timing. Je veux mettre toutes les chances de mon côté pour trouver un homme, et l’épouser !!! Alors je réfléchis.

- Tu as raison de réfléchir, parce qu’entre le sport que tu pratiques deux fois par semaine pour garder ta ligne au top que tu as, et le vendredi où tu quittes plus tôt pour chabbat, ça ne va pas être facile de faire encore plus d’heures !

Je précise que Melissa fait chabbat, respecte les fêtes, mange cacher, va en Israël, se met en pantalon, et se situe dans la catégorie: Traditionaliste + mais sans plus.

- Alors je te raconte pour hier. J’arrive au resto, le type m’attend, donc déjà, c’était une bonne surprise ! Parfois, ils ont trente minutes de retard, les bougres! On s’installe, on discute, il me raconte ce qu'il fait dans la vie, et comment il a atterri à New York.

- Il était pareil que dans les photos?

- Oui, à peu près, mais je le voyais plus grand. Là, il doit faire 1m70 à peine.

- À la Tom Cruise quoi ! Je pensais que tu aimais les grands.

- Junes je m’en fous, ça y est, j’ai plus vingt ans, je suis prête à faire des concessions sur la taille, le physique. Je veux juste un mec bien, pas trop moche, voilà quoi, rien de fou !

- Il était sympa?

- Oui ça va....Je me suis mise en mode: "speakerine attitude" avec la queue de cheval qui bouge chaque fois qu’il dit un truc marrant pour paraître drôle et souriante.

- Mais tu es drôle et souriante, enfin ! Sauf quand tu fais les soldes, tu deviens une autre femme qui fait peur.....

-Ce qui est bien, c’est que je me suis rendue compte que j’évolue, parce que pas plus tard que l’année dernière, j’aurais direct critiqué son pull vert. Mais cette fois-ci, pour pas faire "la difficile", comme tout le monde me le répète à longueur de temps, je me suis dit qu’au pire, une fois ensemble, je pourrai le relooker.

- Mais on s’en fiche de son pull vert, en plus, ça peut être joli comme couleur.

- Non, non oulalala je t’assure non, non, c’était pas joli. Le seul truc qui me dérange, c’est que c’est seulement au bout de vingt minutes qu’il m'a demandé ce que je faisais dans la vie. Quand je lui ai dit avocate, il a commandé 2 pepsi-whisky !!! Heureusement que je suis restée vague sur mon âge, parce que là, il aurait viré le pepsi et gardé le whisky !!! Il m’a aussi beaucoup parlé de son ex-fiancée aussi.

- C’est bien, au moins, il ne te cache pas une partie de sa vie. Bon, mais comment s’est passée la fin de soirée ?

- Ça va, passable, c’était pas la folie, mais s’il me rappelle, je veux bien le revoir.

- Eh bien, c’est cool non ???

- Non, pas cool, parce que quand je suis rentrée chez moi, j’ai vu qu’il s’était connecté sur Tinder. J’étais dégoûtée, je me sentais comme une chaussette sale.

- Ah bon ? Pourquoi une chaussette ? Moi j’aurais dit plutôt une lingette, un kleenex, un mouchoir, mais c’est quoi cette histoire, il passe la soirée avec toi, et hop, il retourne sur ce Kinder !

- Tinder !!! D’autant plus, il faut que tu saches, qu’à la base, c’est moi qui lui faisais une faveur, de le rencontrer, puisque ce n’était pas mon type, et le type va direct se reconnecter. C’est comme si j’avais échoué à notre rendez vous.

- Tu m’étonnes, c’est horrible, ce système de pistage virtuel. Mais j’y pense, j’ai une copine qui m’a contactée et m’a parlé de son cousin qui cherche du boulot. Il a fini ses études à Columbia, et va s’installer dans un townhouse avec deux potes sur Manhattan. Viens je la recontacte?

- S’il vient de finir ses études, et qu’il n’a pas redoublé vingt fois, il doit avoir vingt-quatre ans, j’en ai trente, tu te rappelles? Pour Raphaël, ma date d’hier soir, qu’est ce que t’en penses, je lui envoie un message, ou j’attends qu’il me contacte ???

Olalalala, réponds pas Davis, tu vas te planter, t’y connais rien, et va me chercher le contact du cousin, elle sent pas bon cette histoire...

- Écoute Melissa, à la base, on peut pas dire qu’avec ce mec tu aies eu des atomes crochus ou que tu aies accroché avec lui, non? J’adore ce jeu de mots, pas toi ??? Je kiffe, faut que je le note.

- Dis moi, depuis tout à l'heure, tu as préparé ton petit jeu de mots et tu savais pas où le placer, c’est ça, hein ??? Je te connais par cœur !!! Arrête de rire lourdeur.... je suis pas bien !!!

- Allez, rigole un peu ! Détends toi, arrête d’être si sérieuse. Profite de la vie, essaye d’être heureuse avant tout !

- Être heureuse ? Mais comment Junes? J’en ai marre d’être célibataire, tu comprends ? RAS-LE-BOL ! Je veux me poser comme toi, un mari qui prend soin de moi et moi de lui, avoir des enfants, un foyer, une vie stable et construite. On n’arrête pas de me dire que c’est moi qui ai un problème, mais ce n’est pas juste ! Je supporte plus le regard des mariées-fières-de-l’être. Genre, la pauvre Melissa, c’est dur, mais t’approche pas de mon homme sinon je te casse les jambes !!! Elles comprennent pas que de nos jours, c’est la pénurie du mâle. Y a très peu de mecs bien pour des supers nanas !!!

- Je sais, je ne peux que compatir. Est-ce que tu fais tes tehilims ?

- M’emmerde pas avec tes trucs de religieuse. En plus, je n’ai pas envie de prier pour demander à D. un truc parce que j’ai besoin de lui, ça fait hypocrite !!!

- Mais non, pas du tout, c’est comme ton papa. Lorsque tu es en galère, tu vas plus le solliciter, c’est normal, allez, je vais te chercher un livre de psaumes et tous les jours.....

Mais Melissa ne m’écoute plus parce qu’elle vient de recevoir un message par whatsapp de .......

- C’est Raphaël...... il veut me revoir ce soir... je dis quoi ???

- Tu dis VOUI !!!

- Non, ça fait la fille qui a pas de vie !!! Je vais lui dire jeudi soir !

Ça pianote...

-Il dit qu’il peut pas, c’est demain ou que la semaine prochaine.

C’est d’un romantique mon D. !

Tais-toi, Voix off, on prend ce qu’il y a....

- OK pour demain.

C’est une amie toute remontée et joyeuse qui m’accompagne dans mon rangement d’armoire des enfants.... Je lui tape la bise et lui souhaite bonne chance pour le lendemain.

Plus de nouvelles de Melissa pendant quelque temps, j’en ai déduit que ça roucoulait sec. Même si en parallèle avec le « sait-on jamais » qui hante la mère juive, je contacte ma copine, pour qu’elle me mette en relation avec son petit cousin Simon.

Un bip bip me sort de mes réflexions où je lis un « appelle moi » de Melissa.

- Allô Melissa, ça va ? Qu’est-ce que tu as ? C’est quoi cette voix ???

- Junes, je comprends pas, tout se passait super bien avec Raphaël. C’était le paradis, mais depuis deux jours, plus de nouvelles, tu crois qu’il est mort ??? Tu me conseilles d’aller chez lui ??? Je le rappelle ? Je vais en bas de son boulot ? On fait quoi ?

La suite de l’histoire de Melissa, belle, trentenaire et célibataire, la semaine prochaine mes amis !!!!!!

Je vous donne rendez-vous mercredi avec une des chroniques les plus farfelues que j’ai écrites depuis la nuit où mon frère m’a créé mon blog !!!

Ciao amigos de mon cœur !!!

Melissa, célib’, belle et trentenaire!
Melissa, célib’, belle et trentenaire!
Melissa, célib’, belle et trentenaire!
Melissa, célib’, belle et trentenaire!

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