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Les gays, la Tora, et nous dans tout ça…

Publié le par Junes Davis-Cohen

Hello mes friends, 

Trop contente de vous retrouver. Toute de suite ma chronique : 

Pas plus tard qu’il y a un mois, au restau Mocha burger, dowtown, avec des copines, une de mes amies me raconte un fait choquant qui s’est passé la semaine d’avant dans sa propre syna : un ami gay à elle, s’est vu refuser publiquement sa montée à la Thora pendant chabbat. 

OMG ! Sans le savoir, en une phrase, Béa a déclenché un débat féroce autour de notre table de sept, où tout le monde s’est déchaîné, en donnant son avis bien planté sur le sujet, car s’il y a bien trois lettres explosives dans une conversation c’est bien : G.A.Y. ! 

Comme je reste plutôt muette, fascinée par ces passionnants échanges (j’ai l’impression d’être téléportée en plein match de Roland-Garros où je suis les arguments et les contre-arguments, comme les balles de tennis. Il ne manque plus que le pop-corn, et je suis au top !). L’une de mes copines arrête sa plaidoirie sur les droits des gays, et me demande : 

– Et toi, Junes, t’en penses quoi ? 

– Tu veux mon avis sur ces hommes et ses femmes qui s’envoient en l’air sans prendre l’avion ? 

– Je veux ton avis sur leurs droits dans la Tora au même titre que les autres. 

– Bah déjà, je trouve que ça devient dans l’air du temps (qui n’a rien à voir avec le parfum de Nina Ricci que ma mère porte depuis vingt ans !) que de s’afficher ouvertement gay, surtout chez les femmes ! 

– Mais non enfin, c’est juste qu’avant, elles se cachaient, voilà tout ! Je veux ton opinion, et ne fais pas l’anguille** ( **personne qui se faufile pour ne pas répondre franchement, et essaye de contenter tout le monde, tous les numéro 2 d’une fratrie me comprendront !)

– Perso, à la base, je suis plus pour le peace, le love, les fleurs, les pâquerettes, les cappucinos, j’aime tout dans la vie, et puis si les gays people s’aiment, je ne vois pas le problème mais….

– Ah ! C’est le « mais » qui m’intéresse, Junes, spécialement pour les New Yorkais ! C’est devenu totalement courant d’être gay, mariés avec bébés, que je ne comprends pas ce refus de laisser mon ami monter à la Tora. 

– Pour te répondre, je vais te donner une explication concernant l’ensemble de notre religion, mais pas en tant que Junes, plutôt en tant que juive sef dite relige, quoique… même ça, c’est un grand mot, pour la si petite personne que je suis dans les deux sens du terme !

 

Il est explicitement écrit dans les textes, qu’être homo dans la Tora, ce n’est pas super bien vu, tout le monde le sait ! Je vous fais grâce de toutes les malédictions citées dans certains passages concernant le sujet, parce qu’après, on va me coller sur le dos (comme si j’en avais pas déjà assez plein le dos de mes propres soucis) que je suis homophobe et compagnie, alors que rien à voir ! 

Car ce qui me fascine depuis le début de ce débat, c’est que tout le monde s’insurge quand on évoque le dossier, mais savez-vous à quel point on se fait éclater la tête lorsque l’on ne respecte pas chabbat, la cacherout ou la nidda ?  

Pour info, on se fait déchirer avec des tonnes de sentences, et pas des moindres, mais bizarrement, personne ne s’offusque avec autant de passion que lorsqu’il faut défendre la cause gay ! Mais laissez-moi vous donner un exemple concret pour vous donner mon avis : 

Quand un homme ne fait pas chabbat : genre il allume la téloche juste après le traditionnel kiddouch/ repas du vendredi soir, chez lui, en mode tranquille le chat ! Il est libre de faire ce qu’il veut, car justement, il est dans sa maison, ce qui s’y passe, est entre D. et lui ! 

Puis, le lendemain matin, ce même homme va revêtir ses beaux habits du chabbat, pour se rendre à sa syna, pour assister à l’office du samedi matin, et occasionnellement monter à la Tora, c’est OK ! Et franchement, bravo, mais en théorie, ce même homme, qui n’est pas à cent pour cent chômer/observant du chabbat, au même titre que Mister Gay, toujours selon les textes, n’a pas le droit de monter à la Tora ! Alors comment on fait, et pourquoi personne ne trouve cela grave ? Et puis de nos jours, qui peut se vanter de faire vraiment chabbat, car à dire vrai, il n’y aura plus personne pour nous lire notre Tora, we are screwed up ! 

Mais pas de panique, car il y a une notion-mention, qui nous sauve de bien des choses, attention, roulement de tambour, c’est un truc de ouf qui est : LA DISCRÉTION, autrement dit aussi, le respect !

Oui, parfaitement, ce monsieur qui a mis son costard du chabbat, a le respect du chabbat, car il vient en faisant profil bas, discretos ! S’il vient en voiture, car il habite trop loin, il prendra soin de ne pas faire tinter les clefs de sa Porche dans sa poche. 

Non non non, ce monsieur Respect-Discret va essayer de se garer le plus loin possible, pour qu’il ne prenne personne à témoin, et pour respecter D. lui même ! OK, je fais pas chabbat, mais c’est pas la peine que toute la communauté soit au courant. 

En revanche, celui qui arrive pour les fêtes avec son phone vissé sur sa tête, avec écrit sur son front : 

– Youhouuuu les amis, regardez-moi, je ne suis pas observant, mais je viens quand même ! Alors, c’est qui le boss ici ? C’est moi ! Eh bien comment ça, je ne monte pas à la Thora ? C’est déjà bien que je sois venu, non ? Vous charriez les mecs ? J’ai pas le droit de monter, vous êtes sérieux ? Mais c’est un scandale, vous m’entendez, un scandale ! 

Et hop, il claque la porte de la syna, pour aller crier au monde entier que les juifs religieux sont intolérants, horribles, les pires du marché ! 

Mais monsieur ne faites-vous pas un peu de la provoc’, à venir narguer D. dans sa propre maison, avec votre phone ?

– Peut-être… va savoir, mais lui, là-bas, il ne fait pas chabbat non plus. J’étais chez lui il y a deux mois, et j’ai entendu la tv dans la chambre à fond les ballons ! 

– Oui, vous avez raison, mais lui a su rester discret (et n’est pas une balance !), car c’est ça aussi, la classe, ce qui fait toute la différence ! 

– Nan, je trouve cela très hypocrite ! 

– Pas du tout, ce que tu fais chez toi, ne regarde que toi, et personne n’a le droit de dire quoi que se soit. Mais dès l’instant où tu te montres en public, tu as une responsabilité envers les autres, et automatiquement, tu entraines du monde avec toi ! 

Alors pour répondre à la question sur les gays, la Tora, et moi dans tout ça, mère juive cent pour cent hétéro…

On ne peut jurer de rien, Junes, peut être que ça viendra après, t’as jamais essayé ! 

– Ah non tu me laisses tranquille ! Viens pas m’embrouiller la tête, j’ai un truc stable dans ma vie, et je compte bien m’y accrocher !

Je pense sincèrement que lorsque l’on est gay, on ne l’a pas choisi, quelque soit l’environnement où on a grandi ! 

Est-ce que l’on peut intégrer la Tora quand on aime le même sexe ? C’est une affaire totalement personnelle qui ne regarde personne, même si la Tora a été stricte sur le sujet, cela regarde la personne concernée et son créateur, au même titre que TOUT le reste ! 

Mais en tant que maman qui essaye d’éduquer ses gosses avec les moyens du bord, quand je vois des gens du même bord s’aimer dans la rue, dans le métro, dans mon propre building, dans notre ascenseur, que je regarde malgré moi cet étalage d’amour, comme vous le revendiquez au même titre que les hétéros, je crois encore au célèbre proverbe qui est valable pour l’ensemble de notre génération : « Pour vivre vraiment heureux, vivons un peu cachés ! » 

– Mouais, c’est qu’un point de vue, Junie, me dit Béa. Tout ça m’a donné soif, on s’arrache d’ici ? Je connais un endroit : «le Souk » juste à côté, où ils font des thés marocains de folie ! Viens, on va être gaies comme des pinsons ! 

– Allez ! 

Sur ce, je vous embrasse et vive les semaines complètes !

 

Ps : Bonus de chronique avec un grand moment de solitude vécu par mon mari ! 

Un jour, un des ses collèges, Jean-Baptiste De Chaumont, lui demande par téléphone des infos pour ses prochaines vacances, planifiées à Tel-Aviv en plein mois d’août avec quelques «copains » à lui. Mon mari, trop content, me le raconte le soir même :

– T’as vu, mon collègue Jean-B., va en Israël pour visiter Tel-Aviv. C’est quand même beau, qu’il y ait des non-juifs qui viennent visiter notre pays ! 

– Euh… chéri, je crois pas que ce soit pour la découverte du pays qu’il va y aller, je crois plutôt que c’est pour aller à la découverte des bars gays et des plages aménagées comme celle du Hilton. 

– Ah bon ? 

– Oh oui…

– Je savais pas…

– Bah maintenant tu sais. 

– Et comment tu sais tout, ça toi d’abord ? Mais qui êtes-vous Madame, à la fin ? Tu me fais peur, à chaque fois, je découvre que tu connais des tas choses que je connais pas....etc...etc...

xoxo Juju Davis. 

Les gays, la Tora, et nous dans tout ça…
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Publié dans humour

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Hag Sameah bonnes fêtes de souccoth

Publié le par Junes Davis-Cohen

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Il faut sauver non pas Willy, mais le couple de Ludy ! 

Publié le par Junes Davis-Cohen

 

 Lors des fêtes de la nouvelle année, ma famille et moi étions invités chez un couple d’israélo-américains très sympa. Je me dois en tant que Miss Davis, de vous raconter une situation que j’ai vue de mes yeux, en attendant vos avis cruciaux pour cette affaire (ça se dit cruciaux ? Oui oui, ça s’écrit, t’inquiète, poursuis !) 

Enfin bref, on part de la syna escortés de Tomer, le mari, qui a très gentiment proposé à une dame de passage qui était seule, de venir partager le repas de fête. J’apprends tout en poussant ma poussette, qu’elle s’appelle Liora, a quarante ans, et est peroxydée du cheveu en violet, depuis peu ! Celle-ci est prof de philo dans la prestigieuse université d’Harvard, la classe ! 

Comme quoi, on peut enseigner à Harvard et avoir le cheveu violet ! 

Elle habite Boston, est venue passer trois jours dans la grosse pomme de Rosh Hashana pour accompagner son fiston d’amour de dix-huit ans qui est venu rendre visite à sa copine New Yorkaise d’amour aussi. Tout cela, elle me l’a confié en anglais avec un petit accent israélien, puisque Liora est israélienne également, d’où le côté ultra à l’aise, entre Tomer et elle. J’apprends aussi qu’elle est fraichement divorcée, et qu’elle ne compte pas longtemps le rester ! T’as raison, ma fille, faut pas se laisser abattre ! 

On arrive devant un immeuble sur la 57th et 5ème avenue (pas mal, dis donc !), et on y rentre. Devant l’appart où vivent nos amis, Tomer nous demande d’enlever nos shoes avant d’entrer dans leur entrée, pour ne pas salir ! Faut vraiment que je m’y fasse, à cette habitude récurrente! Mais promis, cher lecteur, je le jure sur la tête de mon blog, que si un jour vous venez chez moi, vous pourrez garder vos chaussures, même pleines de boue ! Allez hop, c’est dit ! 

Après ça, et comme à peu près chaque fois que tu vas chez un couple de dé-chausseurs, ils te proposent les traditionnels chaussons blancs encore sous cellophane, piqués dans les hôtels, pour que un, tu sois vachement plus à l’aise, et de deux, que tu saches où le couple a séjourné pendant leurs dernières vacances d’été.

Ça va, pas la peine de nous crever les yeux avec vos chaussons Ritz-Carlton, rien qu’avec l’appart on a compris ! 

Anyway, docile, ma petite famille et moi-même, enfilons nos chaussons que je ferai valdinguer sous la table à l’abris des regards pas discrets.

On s’installe autour d’une table où il y a les enfants du couple, les nôtres, Micka, Liora, Ludy, la femme de Tomer, qui fait la Kiddouch/la prière sur le vin, et à cette seconde, c’est le top départ, pour fifille 1 et 2. Va savoir pourquoi elles prennent mes genoux pour une chaise vivante, alors que notre hôtesse a préparé très gentiment une table exprès pour les enfants, mais rien n’y fait, elles ne veulent pas décoller. 

À chaque bouchée j’essayerai de me frayer un chemin entre leurs têtes brunes et ma bouche, mais pour être honnête, il arrive souvent que des trucs tombent dans leur cheveux... c’est le risque quand on squatte ! 

Le truc c’est que, juste après le motsi/ la prière sur le pain, la maîtresse de maison a tout emmené d’un coup ! Et vas-y que je te pose le poisson, les boulettes, l’agneau, la soupe d’orge avec un mets bizarre avec de la viande fourrée au melon, si j’ai bien reconnu le fruit, car mon palais dans ce palais est déjà bien chargé en saveurs. Et là, faut la jouer fine, ça fait des mois que dois vous écrire ce conseil  primordial, et à chaque fois j’oublie : 

Si un jour, vous êtes invités chez des américains, ou que vous allez au restaurant U.S., vous avez intérêt à manger vite ! Très vite, parce que si vos hôtes observent que votre assiette est vide pendant plus de trente secondes (genre, tu veux faire une pause, histoire que ton estomac n’explose pas en court de route), et que vous ne mangez pas en continu, vous êtes fichu, mon ami ! Ils vont penser que vous avez fini votre repas, et vous débarrasseront illico-presto votre assiette et vos couverts ! Vous essayerez de vous accrocher à votre assiette en protestant : 

– Mais j’ai pas fini ! 

Et eux vous diront : 

– Pourquoi tu t’arrêtes, alors ? 

– Parce qu’il n’y a pas le feu au lac comme disait mes amis genevois !  

Impossible de leurs expliquer le concept de la pause bouffe, ils ne comprennent rien ! 

D’ailleurs, pour l’occasion, ils avaient pris exprès une dame en extra, pour faire « le guet des assiettes », pour qu’elle débarrasse plus vite que Buzz l’éclair, vers l’infini et l’au-delà, et une fois prise, vous pouvez crever pour récupérer un peu de nourriture.

Alors un conseil, il faut manger vite ! 

Pendant que je me nourris de ce que je peux, la prof d’Harvard justement me pose des tonnes de questions sur mes habitudes alimentaires, sous prétexte que je suis française. Apparemment, nous avons la réputation d’être au top, niveau équilibre alimentaire ! Au bout de cinq minutes de questions incessantes, elle me confie : 

– Junes, je dois me remarier, et je suis grosse…

– Mais non, franchement… t’es pas grosse… (pour le coup, elle était vite-fait enrobée des hanches, ce qui reste très joli !) 

– Ah si ! Je suis bouffie du visage, touche ! 

– Non, ça va merci ! 

– Si tu m’avais vue avant, il y a un an j’étais cent fois plus belle ! Je veux maigrir pour me trouver un mec. Tiens, ça me donne une idée… je vais manger tout ce que tu manges, je vais faire comme toi ! 

– Ah mais t’es mal tombée ma chérie, pendant les fêtes et chabbat, c’est lâchage total ! Autant la semaine, je mange quasi rien, mais alors le samedi, je m’y donne à cœur joie ! 

– Attends, tu dis que tu manges presque rien… ça veut dire quoi ? Moi, faut que je mange toutes les deux heures, sinon je tombe dans les pommes.

Et Ludy qui rajoute : 

– Moi c’est 24 heures sur 24, sinon je suis malheureuse comme les pierres, les gaines sont mes meilleures amies. 

 

S’ensuit une conversation féminine dont je vous épargne les détails, car depuis le début du repas, il y a quelque chose qui m’interpelle : Ludy et Tomer ne se sont pas échangé ni mot ni regard ! 

Alors je reconnais que lorsque l’on reçoit, on ne va pas taper la discute avec son homme, c’est sûr ! Mais j’ai pu observer à travers mes lentilles de myope (ça me fait penser qu’il faut que je m’en achète, j’en ai plus), j’ai bien vu le regard haineux que Ludy lançait à Tomer de temps en temps, parce que je peux vous garantir que s’il y avait une grenade à goupiller à l’autre bout de la table, elle la lui aurait jetée sans aucun problème. 

Dommage que je sois sans cesse interrompue par Miss cheveux violets qui lâche pas le sujet des régimes alimentaires, alors que moi en simultané. Je tente de suivre la conversation des hommes qui m’a l’air bien plus intéressante. 

Ça vous est déjà arrivé à vous, d’essayer de suivre deux conversations en même temps, tout en essayant de ne pas paraitre mal polie ? Moi, tout le temps, mais je bafouille et me fait griller à chaque fois, parce que je réponds n’importe quoi, mais cette fois-ci, ça vaut le coup d’être mal élevée : 

Tomer raconte que depuis 20 ans, il travaille dans l’immobilier. Sa femme et lui avaient fait des démarches pour vivre aux États-Unis et continuer de travailler dans la même branche. Le truc, c’est qu’aujourd’hui, à plus de 50 ans, et avec de grands enfants, Tomer veut retourner vivre en Israël, près de son papa qui est en mauvaise santé.

Le hic, c’est que Ludy ne veut absolument pas retourner vivre là-bas, car elle trouve que pour les enfants, l’éducation américaine est bien meilleure, et qu’à part des tonnes de responsabilités familiales qui l’attendent, elle ne voit aucun intérêt à y retourner ! Du coup, le couple se retrouve dans ce qu’on appelle : une impasse ! Et ne se parlent plus du tout depuis… 4 mois…

Oh boy ! Comment ils font ?  Je ne peux même pas rester cinq minutes sans parler ! Je me saoule moi-même parfois, tellement je parle ! 

Tomer explique à Micka que les enfants souffrent, lui souffre, et que sa femme pleure souvent en silence ! Juste au moment où Tomer raconte un truc sur son mariage, Liora me demande si je connais quelqu’un pour elle. Mais mince mamie, je suis en plein drame familial là ! (Ah si ! Pour moi, c’est un drame ! Les parents sont apparemment au bord du divorce, ce qui en passant, ne changera rien à la situation !) 

J’ai envie de répondre à Liora, qu’hélas, je ne suis ni chadhanite, ni une agence matrimoniale, ou encore moins une faiseuse de couples, mais je lui assure que si je croise quelqu’un, je ne manquerai pas de le lui faire savoir ! 

Pendant que Tomer est parti chercher un digestif, mon mari se tourne vers moi, et me dit en français qu’il a de la peine pour ce couple, parce que cela fait plus de 20 ans qu’ils sont mariés. Il trouve dramatique qu’aucun des deux ne veuille faire de compromis. Ce à quoi je lui réponds : 

– T’as raison, j’ai même l’impression qu’ils ont carrément arrêté de se faire des commentaires pourris ! 

– Junes, franchement, au lieu de passer ton temps à rien faire (???????), essaye de les aider ! 

– Mon temps à rien faire ? Je m’occupe des gosses, de l’école, des devoirs, de la maison, de la bouffe, de mon blog, j’essaye de trouver une traductrice anglophone pour mon premier tome, je finis mon deuxième roman…

– Oui enfin bref, on se comprend ! Essaye de parler à Ludy seule dans la semaine. 

– Et tu veux que je lui dise quoi exactement ? Je ne suis pas une agence de médiation ! 

Mais nous sommes interrompus par Liora (encore !) qui se présente à mon mari.

– Salut, moi c’est Liora, j’ai 40 ans, si t’as des potes à me présenter, je suis preneuse, parce que je viens de divorcer, et je veux me retrouver quelqu’un.

Elle devrait se le faire imprimer sur une banderole, ce sera plus simple ! 

– Euh… d’accord, je crois que tous mes amis sont mariés, mais si j’entends parler, je dirai à Junes qui te dira.

– Merci, c’est quoi ton prénom, mari de Junes ? 

– Micka. 

– Ah Micka, tu sais que ta femme ne mange pas beaucoup la semaine, tu devrais faire plus attention à elle. 

Mais elle va se taire celle-là ! Non, mais quelle balance, je te jure ! 

Heureusement qu’elle est sauvée par Tomer qui ramène du whisky. Ah oui, c’est du lourd comme digestif ! Mon mari me tend le verre, et me dit en français :

– Dis à ta copine d’arrêter la teinture violette, ça va l’aider dans ses recherches. 

– Non mais ça va pas ? Je vais pas lui dire ! En plus, y a peut-être des hommes qui adorent les cheveux violets coupés à ras, qui sait ? 

– Sûrement, mais pas ceux que je connais. Bon, mais Junes, je m’en fous de l’autre, faut aider ce couple. 

– Je ne sais vraiment pas ce qu’il faut faire…

 

On finit le repas, on échange nos contacts FB en disant au revoir à Tomer et Ludy, et je me suis mise à penser à tous les couples chers à mon âme qui m’écrivent en mp pour me demander des conseils pour les aider à se rabibocher (j’ai pas dit que je ne m’occupais pas des chalom bayit! J’ai plusieurs fois pensé à  ouvrir une agence pour l’entente conjugale ! T’imagines, si je développe l’idée, je trouve un établissement où j’installe des intervenants comme Rav Benchétrit, Rav Touitou, mon père, ma mère… Chacun avec sa spécialité, tout sera gratuit au début, comme ça il y aura plein de monde ! J’aménagerai des salles, avec des rings de boxe, avec un coach qui hurlera aux couples en dispute : 

« Allez-y ! C’est ça, battez vous! Allez madame, défoulez-vous ici plutôt qu’à la maison, je reconnais ce coup, c’est pour ne pas avoir débarrassé la table hier soir ! Tapez mieux! C’est bien ! »

Ou alors, des salles avec des reproductions de cuisine, où le couple pourra jeter à sa guise de la vaisselle (elle sera en carton) ou encore… des salles de réconciliation, non mais en fait, je sais pas… je sens que ça va partir en cacahouète ce centre, ils vont penser que la mère Davis avec ses salles de réconciliation des couples, elle fait des trucs bizarres, en plus sous la barbe des rabbins... à moins que ce soit vachement cadré, bon je me garde ce projet pour plus tard, quand j’aurai fini d’écrire ma trilogie !)  

Car il n’y a qu’une chose qu’il faut que l’on garde en tête, lorsque l’on s’embrouille avec son conjoint, que ça crie, ça gueule, que les portes claquent, même si c’est super désagréable, sachez qu’il y’a une construction solide derrière tout ça, et surtout que tant qu’on se dispute, il y a espoir, et que cela va s’arranger ! Je vous jure qu’un couple comme celui-là, qui a dressé un mur de silence, vous glace le sang et fige le foyer dans le froid ! 

Alors j’ai décidé que vous et moi, avec nos idées, nous allions tout faire pour les aider ! 

Je vais d’ailleurs commencer par aller voir Ludy après l’école, et me pointer avec mes godasses, et mes gosses, pour essayer que le feu reprenne avec son mari, comme disait Celine Dion dans «  Pour que tu m’aimes encore. » 

Nous avons jusqu’au mois d’août avant que le mari ne quitte définitivement le pays, avec ou sans sa femme, qui, j’espère de tout mon cœur repartira avec lui ! 

 

 Je vous embrasse, mes loulous, et je reprends mes publications dans deux semaines, pour cause de vacances scolaires de mes enfants. Gros gros bisous. 

 

Ps : Ah oui, et si vous connaissez un homme, qui aime les femmes de plus de 40 ans, aux formes généreuses au combien charmante avec une crête violette sur la tête, divorcée un enfant n’hésitez pas de me contacter sur junesdavis55@gmail.com.

Il faut sauver non pas Willy, mais le couple de Ludy ! 

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Happy kippour !!

Publié le par Junes Davis-Cohen

Coucou mes friends,

Je devais vous faire une vidéo mais j'ai une sinusite carabinée, je sens qu'il va y avoir une descente de mouchoirs ce Kippour, je vous dis pas!


Malgré ma voix de Robocop, cela ne m’empêche pas de vous souhaiter un bon Kippour, à prier de folie pour Hashem, pour nous, pour nos familles, nos amis, souhaiter all the best à TOUT le peuple juif dans son unité ! Good luck mes amis, que nous soyons tous en bonne santé, inscrits dans le livre de la vie, et si possible que l’on n’ait pas trop la soif, ni la dalle.
Hag sameah !
PS: On a peut-être pas nos Kardarshian, mais nous avons aussi nos K.K.K.K
Keep Kool Kippour Kaparot 🐔🐔🐔🐔🐔. Gros bisous

Happy kippour !!
Happy kippour !!

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La Grande V.D.M. de Rosh hachana par Junes Davis

Publié le par Junes Davis-Cohen

Pour le premier jour de la fête, motivée à bloc, j’avais programmé mon réveil à 7:00 du mat’ pour être sûre d’être à l’heure pour la syna (on sent la fille pas tranquille de toutes ses fautes accumulées !) C’est vraiment le truc que je ne fais jamais durant l’année, parce que moi, le samedi, en général, c’est grasse mat' jusqu'à 9:00 am

Enfin bref, je me prépare, et enchaine avec un réveil militaire de toute la maisonnée. Vers 8:00 am avec table dressée, et petit déjeuner minimaliste, on se fait un kiddouch express, et comme un gendarme évadé de Saint-Tropez, je me revois en train de donner des ordres à tout le monde, un peu comme Caroline avec son balai, (la blonde dans « Nos jours heureux », film cultissime) avec la même coupe de cheveux :

– Toi, tu mets ta veste ! Toi, tu me débarbouilles ce visage ! Toi t’arrêtes de ne rien faire !

Et je hurle (pour rien !) que je nous veux tous, à 10:00 tapantes à la syna pour ne pas louper la sonnerie du chofar, ce à quoi mon homme me répond en parfait décalage avec mon état :

– Détends-toi mimine, c’est pas avant 12:00, alors ne nous stresse pas !

– M’en fous, je veux faire ma bonne élève et arriver en avance, pour trouver une bonne place, pour voir tout ce qui se passe (genre grosse ambiance) ! Par un exploit familial qui doit être gravé dans le guinness des records mondiaux, à 10:02 am, la famille Davis au grand complet passe les portes de la synagogue située à deux blocks de chez nous. Et croyez-moi, deux blocks, ça peut être long, très long… quand vos enfants d’un coup s’arrêtent de marcher, ou on ne sait pas pourquoi, décident de prendre le temps de regarder les fleurs, ou d’écouter le chant des oiseaux ! Enfin bref, on rentre, et on se rend vite compte que la syna est bien pleine (je vois que je suis pas la seule à vouloir me faire passer pour une première de la classe !). Avant de rentrer dans l’office, mon mari met son châle de prière, mon fils va gambader je sais pas où avec ses potes, et moi je vais côté femmes avec mes deux poulettes à bout de bras. En gros, tout le monde est à son poste habituel, rien de ouf, sauf que deux secondes plus tard… t’as un type de la sécurité, en costard/oreillette, l’air grave, qui monte sur l’estrade, s’éclaircit la gorge, et balance comme-ci c’était le truc le plus naturel du monde :

– Chers gens de la congrégation, vous n’êtes pas censés ignorer, qu’il y a une menace terroriste qui pèse potentiellement sur New York depuis un moment.

Un peu horrifiée, je me dis :

– Ah bon ? Mais je savais pas, moi, depuis quand ? Et puis pourquoi on me l’annonce comme ça, un lundi matin ?

Comme quoi nous ne sommes en sécurité nulle part !

Le bodyguard enchaîne :

– Il est de mon devoir de vous faire répéter l'exercice d’évacuation en cas d’attaque ! Alors à mon signal, tout le monde se met en condition de simulation.

Je me demande ce que ça veut bien dire : se mettre en condition de simulation ?

Pas besoin d’attendre trop longtemps, car j’entends une sonnerie retentir, qui n’a rien à voir avec celle du chofar, mais qui te perce tout aussi bien le tampan ! D’un coup, toutes les femmes, mais j’écris bien TOUTES les femmes, de 15 à 100 ans, sans aucune exception, se mettent direct par terre, à ramper vers les portes de sortie où il y a écrit EXIT en rouge.

Je reste debout, un peu déboussolée, et fascinée de les voir jouer le jeu à fond, même si elles savent très bien que c’est pour de faux. En plus, ce jour-là, j’ai voulu faire la belle avec mes louboutins et ma robe saucisson, donc même pas en rêve je me mets par terre, qui plus est avec mes deux poulettes qui comprennent pas grand chose à ce qui les entoure. Je repère de l’autre côté les hommes qui sont évacués de la même façon, mais eux partent dans une direction inconnue. Et puis, il y a un type de la sécurité que je n’avais pas vu, qui me repère direct (en même temps, je suis la seule relou à ne pas jouer le jeu !) et il me hurle :

– Toi, tu te mets immédiatement par terre ! C’est la première chose qu’on t’apprend en cas de fusillade, tu t’allonges et tu rampes vers la sortie !

– Ah bon ? Bah OK, je vais vers la sortie, mais moi je ne m’allonge pas !

Je sais pas ce que j’avais ce jour là, mais je n’étais pas d’humeur à me rouler par terre, je crois que ça me va pas de me lever tôt.

Il me fait un signe en mode énervé, mais je comprends rien à ce qu’il me veut, alors t’as deux types qui sortent de nulle part qui me disent, méga-sérieux :

– Ou bien tu fais l’exercice, ou on t’évacue ! (comme en boite, quand un mec est bourré ou qu’il y a une bagarre !)

– OK OK… relax, voilà, je me mets par terre, pas la peine d’être si sérieux.

Et me voilà comme tout le monde, talons en l’air, mes fifilles qui me suivent malgré elles, et à qui j’explique que c’est un jeu de piste, et que l’on doit trouver un endroit spécial.

C’est précisément la où nous allons, on nous emmène dans un espèce de Miklath, comme en Israël, une chambre blindée dont je ne connaissais même pas l’existence avant ce jour-là. On nous fait une démo de comment s’enfermer de l’intérieur, et comment en sortir.

Ce qui m’a fascinée dans cette histoire, c’est que les américains sont méga-sérieux, très premier degré. Je n’arrive pas à comprendre comment ils arrivent à te conditionner pour te mettre une sorte de pression, alors que toi à la base, t’es toute détente, parce que ce n’est qu’un exercice, mais bizarrement, de la même façon que tu pleures à la fin d’un film, alors que tu sais très bien que c’est faux, tu te mets à croire que c’est vrai (j’avais vraiment l’impression de vivre en live le remake d’Apocalypse now !).

Quelques minutes plus tard, après que tout le monde soit remonté tranquillou en salle de prière, pas perturbé le moins du monde, comme-ci c’était rien, alors que moi j’étais encore toute sonnée, je décide de monter dans ce que les américains nomment la playroom, une salle insonorisée réservée exclusivement aux enfants, pour qu’ils jouent tous ensemble afin de ne pas déranger ceux qui veulent prier (trop smart ! Je sais pas si vous avez ça en France, mais à organiser de toute urgence !).

Le fait est que lorsque l’on est un chat noir comme Junes Davis, on l’est jusqu’au bout, sinon c’est pas marrant !

Donc, à peine deux secondes que je m’installe pour jouer avec mes fifilles, qui je vois débarquer en oreillette/costard ?

L’équipe de sécurité bien sur !

Ils me refont le coup de la « simulation » d’évacuation d’urgence, mais cette fois-ci, pour les kids !

Alors rebelote, la roulotte, remets-toi par terre, respire la poussière, dégage-moi ces talons qui servent à rien… etc.

Je vous souhaite de bon préparatifs de kippour, une journée fantastique qui nous attend, alors OK, on va avoir la dalle et la soif, mais nous serons comme des anges qui sont les créatures les plus proches de D., et nous espérons l’être aussi ce jour là !

Je nous réserve une petite histoire pour jeudi sur un couple d’américains chez qui j’ai été manger, qui ne s’adresse plus la parole depuis… quatre mois !

Croyez-moi, y a de quoi raconter ! Énorme bisous !

La Grande V.D.M. de Rosh hachana par Junes Davis
La Grande V.D.M. de Rosh hachana par Junes Davis
La Grande V.D.M. de Rosh hachana par Junes Davis
La Grande V.D.M. de Rosh hachana par Junes Davis
La Grande V.D.M. de Rosh hachana par Junes Davis
La Grande V.D.M. de Rosh hachana par Junes Davis

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Angelina Jolie, Brad Pitt et le lashon ara pourquoi on adore ça !!

Publié le par Junes Davis-Cohen

La semaine dernière, nous avons appris que le couple le plus glam’ d’Hollywood a décidé de se séparer après dix ans d’amour et six enfants. Voilà, c’est comme ça, toutes les belles histoires ont une fin ! Enfin belle… faut voir comment celle-là a commencé, de façon un peu vilaine, car la Angie, toute jolie soit-elle, a piqué le mari de la Jenni, et en code d’honneur féminin, ça passe pas, même après 10 ans !

Ce qui est dingue, c’est que mon mari, tout ashké qu’il est, m’a appelée (du bureau!) tout retourné, pour m’annoncer la bombe de ce couple de bombes, comme-ci c’était de la famille, car comme je l’ai déjà dit, Micka Davis et moi, nous n’avons RIEN en commun, excepté un kif : celui d’éplucher les magazines people, politiques, économiques et sociaux, pour débriefer après pendant des heures !

À peine avais-je raccroché avec ma moitié, que je partageais the news sur Instagram, Twitter, Facebook… Après quelques minutes, je voyais défiler plus de cinquante commentaires sur le sujet. Chacun donnant son petit avis, (moi la première !) sur Brad, Angi, et le sourire de revanche que devait tirer Jennifer Aniston (mais en vrai elle s’en fout !).

Combien d’encre a coulé, et combien de tapage de clavier, pour cette histoire ? Beaucoup !

Donc est venue la question du jour : A-t-on le droit de parler sur le dos des autres ?

En tant que juif (mais pas que… !), sûrement pas ! Ça doit valoir cher dans les points négatifs notés sur l’Ipad du ciel qui comptabilise nos points tout au long de notre vie !

Pour nous aider, je me suis dit qu’il fallait nommer et donner des notes de gravité (pour de faux !) aux différentes sortes de lashon hara/ mauvaises paroles, auxquelles nous sommes confrontés toute l’année.

Alors on commence avec le numéro 1 : Le lashon hara, pur jus sans pulpe, ni conservateur !

Tu papotes avec ta copine dans la rue ou au phone, elle t’annonce que une tel est enceinte, et vas-y qu’on enchaine :

– Ah bon ? Elle est en cloque ? C’est bizarre, je croyais qu’elle était au bord du divorce, bon bah ça veut dire que ça va mieux.

– Oui enfin, on parle de machin là, toujours à en faire des tonnes !

– Tout à fait d’accord ! C’est comme la fois où elle et moi étions là etc.

Ou lalala! Celui-là vaut cher, très cher mes amis, on est à un bon 9/10 mais pas dans le bons sens !

Numéro 2 : Le lashon hara sournois :

Quand tu appelles (exprès) la copine qui s’est embrouillée avec la même meuf que toi ! Tu balances en douce le prénom :

– Sinon, t’as des nouvelles de un tel ? (Alors que tu sais très que non, puisqu’elles ne se parlent plus depuis 1976). Et c’est parti mon kiki, tu rallumes le feu en elle, en faisant claquer la langue contre ton palais comme on faire craquer une allumette. Tu attends qu’elle soit à bloc, et hop tu lui balances ta propre embrouille personnelle, et avant le grand huit des paroles, vous lui avez tellement refait le portrait, qu’elle doit avoir l’oreille non pas qui siffle, comme on dit, mais qui est en flamme jusqu’à ce qu’elle crame ! Quel dommage que pendant votre conversation si intense, vous n’ayez pas lu tous les whatsapps d’excuse que cette fille, que vous avez tant critiquée, vous a envoyés car elle sentait qu’elle vous avez vexé !

Oy !

Degré de culpabilité : 100 pour cent, et un - 11/10 pour la sournoise !

Numéro 3 : Les peoples, les hommes politiques-publics, les réalisateurs, les animateurs télé… en gros, tous ceux qui s’exposent dans les médias (ou pas) :

Au nom de l’esprit critique que nous avons, nous les humains,et plus particulièrement les français à l’esprit aiguisé, nous y allons gaiement, comme avec l’exemple parfait des Brangelina, mais est-ce vraiment du lashon hara ? Nous ne les connaissons même pas, et s’exposer fait partie de leur contrat. Ma foi, je dirais que de ne pas être d’accord avec leurs idées/leurs films/leurs énième lifting, oui, mais les critiquer sur leur vie personnelle, non! Et puis, n’avons-nous pas autre chose à faire que de feuilleter ce magazine de gossip, chabbat/ kippour/aux W.C. (rayer la mention inutile, mais pour les deux premiers cités, je vous conseille vivement de troquer contre quelque chose plus lié au jour saint en question !)

Avec mon faux calcul, ça doit chercher dans les 4/10.

Numéro 4 : Le lashon hara bonne conscience/ hypocrite :

Style, je viens de me disputer avec une copine.

– Dis donc, Junes, je trouve que tu te disputes avec vachement de monde, toi !

– Mais non, c’est pour l’exemple, mais je t’accorde que je suis peu soupe au lait !

– Un peu ?

Donc, je viens de me disputer avec une copine et j’ai besoin d’en parler. J’appelle une amie pour lui raconter, mais je commence par :

– Je te dis pas qui c’est, parce que tu la connais !

– Allez oh ! Sois pas vache, dis moi de qui il s’agit. Je te jure,je ne répète pas (phrase de gamine de quatorze ans dont on a du mal à se défaire même avec l’âge !).

– Non, désolée, je peux pas te dire.

– Et si je devine ?

– Fine !

La copine va t’écouter à moitié, car l’autre moitié sera trop occupée à essayer de découvrir qui est la copine mystère, en prenant les indices comme Colombo, et d’un coup, en plein mélodrame, elle te sortira :

– Ça y est, je sais qui c’est !

– Mais t’es trop forte, je t’ai rien dit ! Et hop, vous voilà à déverser une larve de mauvaises paroles sur la dite copine (encore !)

Notes sur l’Ipad des points : 7/10 !

Numéro 5 : Le lashon hara préventif avec un trop plein d’amour :

Tu auras toujours une bonne âme qui voudra que tu saches la vérité « pour ton bien ! », alors que si tu veux vraiment l’épargner… tu te tais !

– Allô Junes, ça va ? Il y a une fille de la syna qui m’a demandé ou tu as acheté ta perruque.

– Tu lui dis que je l’ai achetée chez Gali’s wigs.

– Oui mais c’est pas pour ça, elle a dit que ça t’allait pas du tout !

– Ah sympa !

– Non mais je dis ça, c’est pour que tu le saches.

– Bah merci…

Et quand tu revois la fille, tu fais semblant que tu lui en veux pas du tout (ALORS QUE TU LUI EN VEUX GRAVE, ET QUE TU ES TRÈS VEXÉE ! mais tu peux rien dire, car tu veux pas griller l’autre copine, alors tu restes avec la pointe !)

Ça vaut dans les 5/10, car il y a le mot amour dans ce lashon hara là !

Le numéro 6 : Le lashon hara utile !

Ta copine t’appelle pour te demander ce que tu penses de cette personne avec qui tu as travaillé pendant deux ans. Elle est sur le point d’accepter sa proposition de boulot.

Toi, tu es partagée entre la vérité (NON ! Ne signe surtout pas,c’est un grand malade, et il ne va jamais te payer !), ou tu préfères le bénéfice du doute, car il parait qu’il a changé par rapport à ton époque.

a) Tu es dans la merde !

b) Tu demandes à ton Rav, mais dans ce cas là, tu ne fais plus marcher tes neurones, ni ton libre arbitre et tu deviens une marionnette !

c) Tu préfères ne pas lui répondre de suite, te renseigner, et la rappeler quand tu auras les éléments ! C’est vous qui voyez,mais je vous conseille fortement le petit c) !

Numéro 7 : (et après on conclue car on n’a pas toute la journéenon plus !) Critiquer ou se plaindre de son mari :

Que celui qui a déjà critiqué son conjoint lève la main : Oh boy ! On est plus de cinq milliards, ça fait plus de dix milliards de mains levées, ça en fait des mains et des langues à couper! Mais Junes, nous ne sommes pas là pour couper les langues, ni délier les langues, nous sommes là juste pour faire le point, et compter les points. Essayer que cette nouvelle année, nous soyons plus concernée, comme dit Bella Swan dans Twilight (réplique cultisme) : « Je ne suis qu’une humaine », et les humains ça parlent ! Et puis quoi, on ne va pas vivre bâillonnésavec du gros scotch sur la bouche tout de même ?

– Non, bien sur que non ! C’est OK si tu demandes conseil à une amie/ta mère/ta sœur pour trouver une solution au fait que ton mari ne t’aide jamais à la maison. Que cette conversation soit constructive, et non destructive, sans passer par la case : « C’est un gros fainéant, ton mari, j’ai jamais pu me le blairer, vire-le de la maison ! » Ou tu peux très bien apprendre ou lire le pavé du Hafetz Haim sur les lois du lashon hara.

– Mais t’es folle, je n’ai aucune mémoire, je n’arriverai jamais à retenir quoi que ce soit !

– T’es sûre de ça ? Faisons une petite expérience, cite-moi sans regarder google, ni purepoeple.com , les prénoms des enfants de Brad Pitt et d’Angelina, les six :

– Maddox, Pax, Zahara, Shiloh, Vivienne et Knox !

Oh my Gooooooood ! J’y crois pas, j’ai même pas regardé le web en plus, la honte !

– Ce qui veut dire… que tu as une mémoire sélective, et que si tu le voulais, tu pourrais très bien lire quelques passages du fameux livre un petit peu tous les jours !

– Oui OK, mais si lire des livres en hébreu/français, c’est pas mon truc, que faire Junes ?

Pour une fois, je vais conclure cette chronique en faisant intervenir mon père ce rabbin, avec une histoire personnelle (la fille qui raconte sa vie !).

C’est de notoriété publique que mon papa a été le chef du service des conversions pendant de longues années. Tous les chabbats midi, mes parents invitaient à notre table des personnes en process* de conversion. Un samedi, par grand coup de rébellion, nous les enfants, on avait marre de tous ces va-et viens ! Nous avons demandé à corps et à cris à nous retrouver un peu en famille ! Je sais, c’était pas cool ! Mais pour nous, il n’était pas rare que nous doutions de la sincéritéde certaines jeunes dames, surtout cette grande blonde d’1m80 qui ressemble étrangement à Gigi Hadid dans la dernière pub Gucci, qui adooooooore le judaïsme.

– Mouais, oui, à d’autres, ce qu’elle adore, c’est son copain juif pour qui elle se convertit !

C’est là, que mon père, très très fâché, avait tapé du poing sur la table, pour nous gronder :

– Mes enfants, vous n’avez pas honte ? Pensez-vous que vous feriez mieux que Gigi, si vous étiez à sa place ? (En vrai, c’était un autre nom !) Pensez-vous que vous ne seriez pas la première à vous convertir par amour ? À porter des jupes jusqu’au par terre, et tout le reste, alors avant de juger, critiquer, parler sur l’autre, posez-vous cette question, en ayant de la compassion :

– Qu’aurais-je fais à sa place ? Si ça trouve, bien pire ! Qui suis-je pour critiquer l’autre ? Et imagine que la personne entende ce que j’ai dit sur elle ? N’aurais-je pas honte ? Alors le mieux, c’est d’essayer de comprendre, avant de parler, car le silence est d’or, et parole d’argent qui pèse lourd pour l’âme !

Euh…Junes, moi, à la base, je voulais juste balancer sur Angelina Jolie, et dire qu’elle était folle, rien de plus !

RELIS MA CHRONIQUE DEPUIS LE DEBUT PARCE QUE T’AS RIEN COMPRIS !

Relax… je te trouve tendue en ce moment, c’est pas les fêtes qui te stressent toi, purée ça te va pas, tu devrais reprendre le sport…

Je vous embrasse, mes chéris, à lundi !

Je dédie cette chronique au Rabbin Joseph Sitruk Zal’’.

Glossaire :

Process de conversion : une personne qui veut se convertir au judaïsme doit suivre des cours de Thora intensifs jusqu’à ce que la personne soit au niveau demandé. Elle devra passer un examen général, puis une fois reçue (c’est pire que le Bac !),elle passera devant une commission de trois rabbins, qui jugeront si elle est prête pour le bain rituel qui finalisera sa conversion.

Kippour : Jour le plus Saint de l’année, où nous devons dédiercette journée à D. pour nous faire pardonner nos fautes. Journée particulièrement tendue, et à chaque fois,j’appréhende, mais une fois dedans, c’est que du kiff !

Angelina Jolie, Brad Pitt et le lashon ara pourquoi on adore ça !!
Angelina Jolie, Brad Pitt et le lashon ara pourquoi on adore ça !!
Angelina Jolie, Brad Pitt et le lashon ara pourquoi on adore ça !!
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