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Hanoucca et pourquoi on peut pas blairer Mister Pig !

Publié le par Junes Davis-Cohen

À la base, je voulais vous écrire à ma sauce, la traditionnelle histoire de Hanoucca, avec la fiole, la bataille, le miracle, et tout le tralala ! Mais quand fifille 1, quatre ans et toutes ses dents de lait, m’a raconté dans un franglais parfait ce qui s’est passé avec les Maccabis (et non les macchabés, même si on déplore beaucoup de morts), je me suis dit que ce serait trop facile ! En plus, une fois son récit terminé, elle et mes autres enfants m’ont demandé, leur visage tout excité, me prenant pour la mère Chrismouss : et les cadeaux, ils sont où les cadeaux ? Donc il valait mieux nous chercher autre chose pour aujourd’hui !

 

Junes, excuse-moi de me mêler, mais je ne peux plus me taire ! Déjà, dans l’une de tes dernières chroniques, t’avais écris le mot : « Chrismouss », pour ne pas dire le nom, mais le problème dans le Christmas, ce n'est pas le « mas » de la fin, c’est le « Christ » du début, alors fais-moi le plaisir d'arrêter de dire à tes voisins : « Merry Chrismouss », parce que ça fait grosse débile !

OK c’est noté !

 

Pour aujourd’hui, je vais vous révéler un scoop sur la fête des lumières, mais genre un vrai. D’ailleurs c’est grâce à celui-ci que j’ai marqué des points (de basket) auprès de mon mari.

 

Nous étions à notre premier Hanoucca, et devant les bougies, nous chantions les traditionnelles chansons de la fête. (J’adore la chanson américaine pour les petits : « Dreidel, dreidel, dreidel, I made it out of clay, dreidel, dreidel, dreidel… et lalalalala »)

Bref, j’avais demandé l’air de rien à mon Micka, s’il savait pourquoi tous les juifs ont une aversion totale pour le porc. J’écris bien tous les juifs, y compris ceux qui habitent au pays du Walouland de la Thora, qui vous diront toujours qu’ils mangent tout sauf le porc !

 

Réponse 1 :

– Je sais pas, mais perso, ça me dégoûte, rien que je passe devant le boucher du coin, à voir les groins en vitrine, que ça me donne envie de vomir !

– Oui, mais pourquoi ?

 

Réponse 2 :

– Et les pieds, on en parle des pieds ? Je ne sais pas comment les gens font pour en manger !

– Il parait que c’est très bon ! Mais tu ne m’as toujours pas dit pourquoi ça t’écœure plus que du lapin, du cheval, ou du sanglier.

 

Réponse 3 :

– Une fois, dans un restau chic, j’avais vu un maitre d’hôtel soulever une cloche, et dedans, s’y trouvait une énorme tête de cochon. Je me suis levé tellement j’en avais la nausée. J’ai pas pu supporter cette image !

– Alors comment tu l’expliques ? Et puis qu’est-ce que tu faisais dans un restaurant qui sert du porc, toi ?

– Je sais plus, et les oreilles ? Franchement, les oreilles de porc, ça me…

– Bon, bon, ça va, tu vas pas nous faire l’anatomie complète du cochon, on a compris l’idée générale. Alors je te redemande : pourquoi tu détestes cet animal non cacher plus qu’un autre ?

– J’en sais rien, parce que c’est comme ça !

– Très bonne réponse, mais…

 

Note de tâta Junes : lors d’un débat, ou lorsque vous donnez un cours, pour que votre auditoire soit gaga de vous, et que vous restiez une lady, si l’un des participants donne une réponse pas tout à fait juste, voire totalement fausse, voire totalement idiote, le mieux c’est de la jouer à l’américaine, en brossant la personne dans le sens du poil, en lui disant : « Tu as raison, mais… très pertinent, mais… ». Et on balance la bonne réponse en douceur, comme ça, la créature qui vous parle ne se sentira ni diminuée, ni rabaissée, juste plus cultivée ! Car on le sait, la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale ! (Surtout dans mon cas, qui ne connais pas grand chose, comparé à mon père, ma mère, mes sœurs, mon frère, mon Rav etc. ! Une vraie crotte, je vous dis !)

 

– Donc, mon mari chéri, si tu as une aussi forte aversion pour les Pig, c’est parce que lorsque les maccabis sont rentrés dans le Temple, et qu’ils ont découvert que l'ennemi avait carrément installé une porcherie à l’endroit où se trouvait la Menorah, ils se sont mis à vomir. De voir les porcs se vautrer dans la boue avec une odeur à vous retourner le cœur, ils ont ressenti un tel écœurement, tant par la scène, que par l’animal, qu’ils en ont fait des cauchemars pendant des mois. Chaque fois qu’ils repensaient à cette scène, ils vomissaient leurs tripes de dégoût, et cette aversion a été tellement forte, que depuis ce triste jour, nous avons en horreur les cochons, et ce, malgré les siècles qui nous séparent de cet évènement ! Je n’ose même pas imaginer le degré de dégoût profond qu’a dû susciter cette image.

 

– Je savais pas tout ça, moi, comment tu sais ça ?

– Aucune idée, sûrement à l’école !

– Bah dis donc, je ne savais pas que j’avais épousé une fille qui en savait autant sur les cochons. Tu m’en vois ravi ! T’as jamais pensé à devenir vétérinaire ?

– Je ne vois pas le rapport !

Etc.

 

Alors juifs, religieux, pas religieux, au milieu, traditionaliste plus, moins, whatever, sachez que nous avons tous dans notre âme et dans notre cœur, sans même s’en douter une seule seconde, des étincelles, des lumières du Beth Amikdache qui scintillent toujours en nous de mille feux ! Y a plus qu’à continuer de célébrer avec ferveur notre si belle fête de Hanoucca, jusqu’à ce que nous allumions de nouveau avec fierté notre magnifique Hanouckia dans le troisième Temple !

 

Très bonne fête mes petites fioles ! Je vous fais pleins de bisous, et à Lundi.

Hanoucca et pourquoi on peut pas blairer Mister Pig !

Publié dans humour, maman, New York

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Il faut sauver le couple de Ludy (Partie II)

Publié le par Junes Davis-Cohen

On est samedi matin, et je suis au taquet pour recevoir mes invités du jour. Depuis mercredi, je m’active pour ce dej’, afin que mes convives repartent contents et remplis. Je suis persuadée qu’il y a une explication biblique à cette obsession pour la bouffe, mais je n’ai toujours pas trouvé laquelle ! Au cours de la pré-fête de Hanoucka, j’avais sauté sur l’occasion (et non sur Ludy, t’imagines, la pauvre !) pour inviter ma copine Israélo-Russe à un de mes traditionnels repas du chabbat-midi. Enfin, quand je dis traditionnel, c’est pas tout à fait vrai, parce que si en général je cuisine une bonne Dafina, là j’ai voulu innover ! (En passant, j’ai essayé à plusieurs reprises d’utiliser le Crock-Pot. À ne pas confondre avec un Crop-top, qui est un petit haut qui laisse apparaitre le ventre. Non, non, rien à voir, moi je te parle de la fameuse machine où tu fous tous les ingrédients en même temps, et soi-disant, il n’y a plus qu’à appuyer sur un bouton, et le lendemain t’as une daf de folie ! Excuse-moi baba, comme dirait Cyril H., mais à part avoir vu mes pommes de terre flotter à la surface de mon plat, je n’ai rien remarqué d’époustouflant ! En plus, j’ai du m’excuser auprès de ma bonne vieille marmite que j’avais trompée honteusement avec l’autre, là, heureusement qu’elle m’a vite pardonné).

Enfin bref, pour ce lunch, je me suis légèrement enflammée sur les invités (quinze), et j’ai préparé une dinde (oui, comme celle de thanksgiving), que j’ai trouvée en promo chez Fairway.

Junes, je suis sûre que tes invités qui te lisent apprécieront beaucoup la précision sur le rabais !

C’est la première fois que je cuisine une Turkey, et selon la plupart des sites culinaires, ils sont tous unanimes qu’il faut absolument arroser la volaille avec son jus toutes les demi-heures, pendant quatre à six heures. Bonjour la galère du vendredi ! J’avais l’impression de surveiller ma viande comme on surveille du lait sur le feu, enfin non, parce qu’on sait que l’on ne peut pas mélanger le lait et la viande en même temps… bon, vous avez compris l’image, quoi !

 

C’est pas tout, ma Junes Davis, mais nous on veut savoir la suite à propos du couple qui ne se parle plus depuis des mois !

Ah oui, tu as raison, me perdons pas notre temps avec mon blabla ! Je vous rappelle les faits de notre affaire en cours :

Ludy et Tomer, mariés depuis 20 ans, ne s’adressent plus la parole depuis cinq mois, car le couple vit une belle impasse maritale. D’origine israélienne tous les deux, et après plus de dix-huit ans de vie New yorkaise, Tomer aimerait rentrer en Israël pour rester près de son père qui commence à se faire vieux. Ludy, qui habite en plein cœur de la City, ne veut pas y retourner, car seules les responsabilités et les embrouilles familiales l’attendent là-bas ! En plus, elle a un super boulot qu’elle ne veut pas quitter (ça se comprend !). J’ai essayé plusieurs fois de voir Ludy seule à seule, mais nous sommes trop busy l’une comme l’autre, d’où l’importance capitale de ce repas, qui a pourtant bien commencé… Sauf que je me suis vite rendue compte, que j’ai commis une boulette à la coriandre dans mes invitations.

Seuls Ludy et son mari ne parlent pas français, et le reste de la table, oui ! La politesse veut que si tu reçois ne serait-ce qu’une seule personne qui ne parle pas ta langue, tu te dois de te taper toute la discute dans une langue universelle afin que tous tes invités sans exception comprennent les conversations ! Et nous voilà, toutes les copines francophones et moi-même, obligées de nous parler anglais, alors que cela n’a rien de naturel.

 

Ça y est, la Junes se prend pour Nadine de Rothschild, la voilà qui nous donne des conseils de savoir-vivre, on aura tout vu dans ce monde, qu’elle balaye un peu devant sa porte celle-là !

 

Anyway, comme prévu, Ludy s’assoit à l’opposé de son mari, et pose sa petite poupée de quatre ans sur la chaise à côté d’elle. Sa mère m’explique fièrement que sa fille, Alexandra, parle trois langues couramment (anglais/hébreu/russe), va savoir pourquoi la petite s’est mise en tête que je parlais le russe, et m’a élue dame de compagnie personnelle pour tout l’après-midi, en n’arrêtant pas de me poser des questions. Pourtant, elle a bien vu que j’ai mes propres poupées à m’occuper, mais rien n’y fait. Plusieurs fois, je suis là à demander à sa mère :

– Qu’est-ce qu’elle dit ? Je comprends rien.

J’ai beau lui répondre en anglais, et un peu en hébreu, mais la petite reste bloquée sur sa fréquence Russia.

Pendant le repas, un débat fait rage sur les prochaines élections françaises, aurons-nous : Fillon-Marine le Pen, ou un Fillon-Jupé, et on fait passer mes salades.

Une fois que tout le monde a donné son avis sur leurs prévisions politiques, la question-débat est soulevée : est-ce que nous, juifs expat’, vivant aux États-Unis, devons faire notre alya, ou pas ?

Les uns disent oui, et les autres ne ressentent ni le besoin, ni la perspective d’y vivre. Sauf qu’en tant qu’observatrice qui traine ses yeux là où il faut pas, je regarde direct du côté de chez Tomer, qui attend avec attention l’argument de sa femme sur le sujet. Voyant qu’elle ne répond pas, je lui demande l’air de rien, si elle a réfléchi à son éventuel retour en Israël. Et avec sa réponse, il est clair que rien n’est encore réglé.

– Revenir à Netanya, certainement pas ! En plus, depuis la rentrée, mon fils Elliott, a ses entraînements d’escrime, il a été repéré pour intégrer l’équipe pour les prochains jeux olympiques.

– Sérieux ? Les jeux olympiques, carrément ? Mais c’est génial !

– Oui, top, excepté que tous les soirs, après l’école, dès que je récupère les gosses, je dois traverser la ville, pour arriver à l’heure à son entrainement, et l’attendre avec les petits dans la voiture pendant une heure trente. J’ai calculé que cela me ferait trop loin si je devais déposer les deux autres et revenir.

– Mais du coup, ils font quoi les enfants pendant une heure et demie dans la voiture ?

– Ils font leurs devoirs, je les fais diner, et on rentre dormir parce que, perso, je suis éclatée de fatigue. Tous les matins, je suis debout à cinq heures du mat pour cuisiner les repas de chacun.

Babababa, c’est quoi cette femme ! Y a des mamans, je te jure, qui méritent bien plus qu’une médaille d’or !

J’entends que les conversations s’atténuent, et c’est le signal pour aller chercher ma volaille. Toute fière, et avec la sensation de faire des haltères, je la ramène entière, sauf que sur le chemin, je renverse la moitié du jus brûlant sur mes chaussures en daim (fichues), et l’autre sur ma jambe (vlan dans les dents, ça m’apprendra à me la raconter avec mon plat) ! Je cours me tartiner de biafine, parce que je suis bien brulée, et je peste contre cette dinde, car après tout ce qu’on a vécu toutes les deux, la veille, sa seule réponse a été de m’arroser moi, à mon tour ! Non mais je te jure, quelle ingratitude !

Ce sera sans pitié, et le regard vengeur, que je la découperai en vingt morceaux ! Je sers tout le monde, et demande à Ludy quelle partie elle veut. Elle ne me répond pas car elle est trop busy avec sa fille qui lui raconte je sais pas quoi (toujours en russe), c’est là que Tomer me crie au loin : (genre on est à Versailles !)

– Junes, je sais exactement quelle partie de la dinde ma femme aime ! Sers-lui du grillé.

Il me le dit avec les yeux un peu fous !

– Euh… d’accord.

En entendant cette phrase, Ludy fait volte face, et, attends… no way, c’est pas possible. Non, arrête, je peux pas le croire, mais oui, mesdames et messieurs, c’est bien une Ludy qui est en train de sourire à son mari. J’hallucine, comment leur visage s’éclaire à tous les deux. Je veux exiger un applaudissement collectif de toute la salle à manger, je veux demander qu’on organise une hola dans tout le stade de France ! J’ai envie de mettre un panier de basket au Madison Square garden en compagnie de Mike Tyson ! Je veux parcourir le monde en montgolfière en quatre-vingt jours tel Jules Verne. Je veux aller sur le tapis d’Aladdin, et faire le tour du salon en me prenant pour Daniel Lévi et chanter « ce rêve bleu », tellement ce sourire est merveilleux, mais personne ne remarque rien à part moi ! Quelle frustration ! Bien que je n’ai absolument pas compris le sens de la phrase de Tomer (mieux vaut ne pas savoir, croyez-moi !), Ludy me tend son assiette, regarde son mari, et dit :

– Tomer a raison, donne-moi le plus grillé que tu as !

C’est là que les enfants rompent cette scène surréaliste, et décident d’aller jouer au billard qui se trouve dans mon building au-sous sol. La plupart du temps, il y a soit les queues de dispo, ce qui se transforme en bagarre générale d’épée à la jedi de Star Wars, soit on trouve que les boules de billard, et ca se finit par un tournoi de pétanque (petits amerloques compris !)

Tous les adultes décident d’accompagner les enfants, ce qui me permet d’assister à un vrai miracle de hanoucca : Ludy s’assoit sur le canapé, et invite son mari à venir prendre place près d’elle. Je ne savais même pas qu’on pouvait inviter son propre mari, faut que j’essaye sur le mien ! Je vois Tomer passer le bras autour des épaules d’une Ludy toute ravie.

Je ne saurai jamais ce que cette phrase veut dire à propos de la dinde, mais jamais je n’oublierai le visage des enfants de ce couple, surtout Elliott. Il sont remontés plus vite que prévu (apparemment, il n y’avait plus aucun accessoire, même la table a été prise !) et c’est tant mieux, car les enfants sont si heureux de voir leurs parents enfin assis côte à côte à discuter, que tout arrive pour le mieux !

Au moment de se dire au revoir, la petite poulette de Ludy, qui m’a bien sollicitée deux cent mille fois cette après-midi (elle m’a tuée !) me sort une phrase sur le pas de la porte, je lui réponds machinalement :

– Bye bye sweetheart !

Sa mère, en me tapant, la bise me demande si j’ai compris ce que Alexandra vient de dire :

– Pas un traitre mot, mais j’en ai déduit que c’est au revoir, non ?

– Oui, mais elle a rajouter « Ya lyublyu tebya » .

– Qui veut dire ?

– Ça veut dire : « Je t’aime ! »

– Hein ? Mais elle est trop mignonne, ta fille, si ça trouve, elle m’a dit des tonnes de trucs trop gentils tout l’après midi, et j’ai rien capté. Reviens petite Alexandra, reviens que je te fasse des bisous, mais pourquoi tu t’en vas…

 

C’est le cœur léger que je referme ma porte, je sais que quoi qu’il arrive, grâce aux sourires échangés que j’ai vus, cette famille va s’en sortir. Car l’une des choses les plus difficiles dans la vie, est déjà de trouver sa marmite avec son couvercle (c’est vous qui voyez qui vous voulez être !), mais aussi de tenir bon, et de faire des bons petits plats. Il faut trouver la force de rester ensemble, et quoi qu’il arrive, garder espoir en son couple, même s’il arrive parfois que l’on se trouve au creux de la vague (d’ailleurs, leurs fils, Elliott, pratique le surf, en été, apparemment il est multifonction ce gosse !).

Je vous souhaite de supers allumages de bougies, et vous retrouve pour un spécial Hanoucca et l’origine du dégoût pour Mister Ping !

Gros bisous.

Il faut sauver le couple de Ludy (Partie II)

Publié dans humour, maman, New York

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The perfect family

Publié le par Junes Davis-Cohen

En début de semaine, j’ai reçu de la part de Suzy, une amie française mariée à un ricain depuis seize ans, une invitation pour une fête de pré-Hanouka.

Une quoi ?

Moi aussi, j’ai été surprise au début, parce que je connais les préventes (j’adore), les prérentrées, le pré-K, mais les pré-fêtes, j’en ai jamais entendu parler.

Suzy m’explique qu’elle et sa famille, partent en vacances à la Barbade fin décembre (normal !), et qu’il lui est impensable de ne pas organiser la traditionnelle fête de Hanouka chez elle !

– Ah… ok, merci. Je viendrai avec les enfants, mais sans mon homme, parce depuis un bail, rien que je lui propose de venir à une « party », qu’il me sort qu’il ne sera pas de la partie, du coup, j’ai pris le parti de ne rien lui imposer.

Cette après-midi là, à peine devant la porte de Suzy, nous sommes déjà dans l’ambiance. Une guirlande en forme de Hanoukia est collée devant le Judas (à ne pas confondre avec le Judas de l’histoire initiale). Cette guirlande fait carrément contraste avec les autres décorations du même étage, parce que sur les autres portes, il y a soit du gui, soit des écrits tels que : Merry Chrismousse, ou Happy New Year.

Note de Junes Davis : l’américain a une déco très précise en accord avec le calendrier de l’année !

On sonne, et le mari de Suzy, Aaron, nous ouvre, et comme d’hab, il nous demande d’enlever nos shoes. On longe un couloir, guidés par la musique qui résonne, mais sur l’un des murs, je tombe sur une photo que je connais bien, puisque je l’ai nommée : « The perfect picture of the perfect family ! / La parfaite photo de la parfaite famille ! ». C’est la même photo que Suzy m’a envoyée pour me souhaiter Chana Tova ! Cela ne m’a pas échappé que les américains adooorent les photos de famille.

Chaque fois que je regarde la famille de ma copine, elle représente pour moi la perfection ! Et pour cause, il y a un papa (parfait !), une maman (toujours au top !), deux garçons (toujours polis), deux filles (toujours coiffées !), sans oublier leur chien qui n’aboie jamais. Mais là, ça fait tout bizarre, de les voir limite grandeur nature, car je suis éblouie par leurs sourires ultra bright. En bonne vipère que je suis, j’en déduis que tout ce beau monde a dû être photoshoppé, c’est évident ! Mais une fois ma jalousie de côté, je me dis qu’il faut absolument que je me renseigne sur la marque de dentifrice qu’ils utilisent !

En passant, je constate qu’il y a encore des tas d’autres photos de mes hôtes, avec toujours la même pose, mais avec un décor différent à chaque fois.

Bref, on entre dans le salon, où l’on a direct l’impression d’avoir mis les pieds dans le Monde Merveilleux de Hanouka, animé par des toupies géantes qui se baladent avec des plateaux remplis de nourriture. Les fenêtres sont décorées avec soin par des autocollants de Hanouka, et contre l’un des murs, il y a un buffet… parfait. Waouh ! On dirait qu’il sort tout droit d’un magazine. La table est juste magnifique (chargée, mais magnifique). Il y a des tonnes de bonbons, placés dans d’immenses bonbonnières en verre. On peut voir des sucettes en chocolat en forme de toupies, emballées dans du papier cellophane bleu. Il y a aussi des beignets bio-écolo-sans sucre-sans farine (y a écrit sur un carton en dessous !), qui sont placés en pyramide, et des cupcakes posés sur un porte-cupcake. Le porte-cupcake, c’est le même principe qu’un porte-manteau, sauf que c’est pour les cupcakes. Vous l’aurez compris, nous sommes tous émerveillés par ce buffet féerique, mais d’un coup, je deviens rouge de honte, car je me rappelle de la fois où moi j’avais reçu Suzy, pour l’anniv de mes poupées, et cela n’avait rien à voir. J’avais tout foutu dans des bols en carton Hello Kitty, avec pour slogan :

– Allez-y les enfants, éclatez-vous, même s’il y en a partout, on s’en fiche, c’est la fête ! Youhouuuu !

Je sors de mon souvenir, quand Aaron nous dit que nous n’avons rien le droit de toucher avant que le photographe ait fini de prendre les photos du buffet. Les enfants, et moi y compris, sommes frustrés, alors je leur propose d’aller admirer la grande Hanoukia qui est au milieu du salon. C’est marrant, ils ont mis au pied de la Hanoukia plein de cadeaux emballés. Tiens, cela me fait penser très fort à quelque chose, j’ai comme l’impression que le père Hanouka, et non Santa, va débarquer d’une minute à l’autre pour nous faire des « Oh, oh, oh ».

D’autres invités arrivent, et je reconnais parmi eux, ma copine Ludy. Mais si, Ludy, rappelez-vous, celle qui ne parle plus à son mari depuis plus de quatre mois (voir la chronique: « Il faut sauver le couple de Ludy »), je veux prendre de ses nouvelles, mais Suzy tient absolument à me présenter son frère Simon, et sa copine Jennifer Uzan, qui viennent tout juste de se fiancer. Je leur souhaite beaucoup de bonheur, et à la seconde où les fiancés s’éloignent, mon amie me chuchote qu’elle a quelque chose de terrible à me raconter.

– Euh… oui, oui, dis-moi.

– Attends, je dois saluer des gens, et je reviens.

En attendant ma copine, j’ai fifille 1 qui me demande de l’emmener à la salle de bain. Je me renseigne, et on me dit que c’est à l’étage.

En montant les escaliers, là encore, je découvre plein de photos accrochées au mur, où l’on peut voir l’évolution de chaque membre de la famille. De les voir tous me regarder sans rien dire, me fait direct penser à l’attraction de la maison hantée d’EuroDisney. Purée, j’aimerais pas me lever en pleine nuit, pour aller me chercher un verre d’eau, moi !

Une fois dans la salle de bain, je me rends compte qu’il n y a pas de serviette pour s’essuyer, alors me croyant chez ma mère, j’ouvre le placard en-dessous du lavabo, et à la place des serviettes, qu’est-ce que je trouve ? Des tas de bouteilles d’alcool à moitié entamées. Ah… bon, bah, on va vite refermer tout ça, sécher ses petites mimines à l’air libre, et oublier ce que l’on vient de voir.

Lorsque je reviens, mon fils m’informe qu’il s’ennuie. Je lui propose de jouer avec l’aînée de mon amie. Je chope Suzy, et lui demande de nous présenter tous ses enfants au grand complet, parce que je ne connais que ses filles.

– Tu as Kay, Kyleb, Kayla et Katy.

– Trop marrant, t’as voulu faire comme les Kardashian en les appelant tous avec un « K ».

OMG ! Si je l’avais giflée, je crois que je n’aurais pas fait mieux. Outrée par ma comparaison, elle m’explique que c’est un hommage à sa tante décédée, qui a travaillé plus de quarante ans au KKL.

– Vraiment, toutes mes excuses, je savais pas.

Elle me dit qu’il y a pas de mal, mais je sens que j’ai mal fait. Pour dissiper le malaise, je lui demande ce qu’elle voulait me dire tout à l’heure.

– Suis moi dans la cuisine. Alors tu vois, mon frère, que je t’ai présenté tout à l’heure.

– Oui.

– Eh bien, on vient de découvrir que la mère de sa fiancée n’est pas juive, mais que son père l’est.

– Et …

– Et ? Mais c’est la catastrophe, Junes. Mon frère s’en fout royalement, et veut se marier avec elle, quoi qu’il arrive. Ils pensent aller chez les libéraux, car Simon pense qu’une démarche de conversion prendrait trop de temps, voire des années. Quand je lui ai dit que je n’étais pas d’accord avec sa démarche, il m’a affirmé qu’ils feront le nécessaire plus tard, et nous savons que le « plus tard », Junes, veut dire jamais ! Je suis désemparée, mes parents, n’en parlons pas. J’ai essayé d’en parler avec Jennifer, lui expliquant l’importance d’une conversion, mais elle m’a envoyé bouler, parce que pour elle, elle est juive. Point barre !

– Et elle a raison.

– Pardon ? T’as perdu la tête ou quoi ?

– Dès l’instant où le père de Jennifer est juif, ce n’est pas une conversion, mais une simple régularisation de situation.

– Je ne comprends pas.

– Tu t’imagines bien qu’une fille qui a été élevée dans la tradition juive, qui porte le nom de Uzan, qui a fréquenté des juifs toute sa vie, qui porte une maguen David plus grosse que ta tête…

– Toi aussi t’as remarqué sa maguen !

– On peut pas la louper ! Elle doit surement connaitre toutes les fêtes juives, a du grandir dans l’ambiance, avec une grand-mère paternelle qui a du la gaver comme une oie de couscous-boulettes. Donc tu t’imagines bien qu’elle n’a pas le même statut qu’une blonde d’un mètre quatre-vingt, qui se pointe à la syna, la bouche en cœur et le décolleté fermé, en te jurant qu’elle s’est réveillée un matin, et qu’elle adooooore notre religion. Rassure-toi, il faut jute que Jennifer régularise son statut, et en six mois, voire un an maxi, c’est réglé, ma chérie. Si tu veux, je peux demander à mon père de l’intégrer dans son programme qui s’appelle : « Almost Jew ».

– Ma junes, j’arrive pas à croire ce que tu me dis, c’est le miracle de Hanouka ce que tu viens de me dire.

– Ah non… c’est le pré-miracle de Hanouka, rien n’est fait, va falloir qu’elle soit sérieuse, la fiancée.

Le mari de Suzy vient nous voir, le verre rempli de « jus de pomme », pour nous annoncer que le buffet est ouvert.

– Ah super, même si ça va être dommage de toucher à ce buffet parfait…

Mais bizarrement, je me rends compte que la perfection n’existe pas… lorsque le petit Jimmy, fils de Ludy, a voulu attraper les bonbons placés dans l’une des bonbonnières en verre, on a frôlé le drame, quand la totalité des bonbons s’est renversée sur lui, et que l’une des bonbonnières en verre a ricoché contre le mur, et s’est fracassée en mille morceaux. Ouf, plus de peur que de mal, personne n’a été blessé. Une seconde plus tard, fifille 2 arrive, en larmes de frustration, car elle menait un combat acharné contre le papier cellophane, qui ne voulait pas céder, et qui faisait obstacle à sa sucette en chocolat. En simultané, je vois au loin fifille 1 croquer dans l’un des beignets bio-écolo-sans sucre-sans farine, le recracher aussitôt dans une serviette en tissu (?), et la poser ni vu ni connu au pied de la Hanoukia. Je me dis que quelqu’un va avoir un drôle de cadeau tout à l’heure !

Mon fils, dit le chameau, tellement il boit de l’eau toute sa vie, arrive super énervé, et m’explique qu’il n’arrive pas à attraper le pichet d’eau, parce qu’il pèse une tonne pour lui (et pour moi !)

– La vache, j’ai l’impression de faire des haltères !

– Tu vois, je t’ai dit !

C’est là que l’un des fils de Suzy décide d’enlever ses chaussons. La mère en panique, lui hurle de vite les remettre, mais trop tard, le petit agite ses mini-doigts de pieds, et tous les invités peuvent témoigner de sa superbe pédicure rouge ! Sa mère, toute gênée, le met direct dans sa chambre, ce qui provoque un brouhaha général, avec les pour et les contre (de quoi je me mêle ?). Je crois que cette scène, a été le glaçage de trop du beignet de Hanouka, parce que mes enfants m’ont tous demandé de rentrer à la maison.

– Vous voulez pas rester pour le Magic show ?

– Non, on veut rentrer, papa aussi sait faire plein de tours de magie.

– OK, comme vous voulez.

Au moment de dire au revoir, et après un bon pour accord par texto de mon mari, j’invite Ludy pour chabbat. Elle me dit qu’elle va me confirmer, mais que c’est OK sur le principe, et nous rentrons.

 

Ce soir là, en débriefant avec Micka la parfaite fête de l’après-midi, je lui explique qu’il faut absolument que la prochaine fois que l’on reçoit, qu’on propose nous aussi à nos invités des serviettes en tissu. À ces mots (totalement débiles !), mon mari, qui doit être quelque part la réincarnation d’un vieux sage hindou, me dit que la parfaite hôtesse, la parfaite maman, et surtout, la parfaite famille, n’existent pas.

Car ce qui fait qu’une famille est parfaite, justement, c’est le fait d’accepter chacun comme il est. Que chaque membre de la famille puisse s’épanouir en totale liberté, pour développer sa propre personnalité au sein des siens, sans peur, puisque quoi qu’il arrive, il aura l’amour inconditionnel de sa famille.

– Alors, je laisse tomber l’idée des serviettes en tissus ?

– Laisse tomber, Junes, laisse tomber… et va me faire un thé !

 

Sur ce, je vous pré-souhaite de super fêtes de Hanouka, que tous les jours vous soyez remplis de lumière, et on se donne rendez-vous la semaine prochaine, pour savoir enfin ce que devient le couple de Ludy. Va-t-il être sauvé ou pas…

À lundi. Gros bisous.

PS: Pour ceux qui désirent plus d’infos sur la formation que mon papa propose, n’hésitez pas à me contacter sur mon mail : junesdavis55@gmail.com. Je me ferai un plaisir de vous répondre. Avec toute mon affection.

The perfect family
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Mon « il était une fois… » avec le Rabbi !

Publié le par Junes Davis-Cohen

Tout a commencé en 1957, avant l’avènement des Beatles, et avant l’assassinat du Président Kennedy… Ah mince, attendez, je me plante d’intro là, bon je la refais :

Lorsque j’avais dix ans, ma famille et moi, venons fraîchement de débarquer à Paris. Cette année-là, j’ai intégré pour la première fois de ma vie une école juive. En effet, mon père qui a été Rabbin d’une province a eu enfin la possibilité de revenir en région parisienne, et nous a donné l’opportunité de fréquenter un établissement scolaire juif.

Donc quand j’ai atterri dans la classe de Mademoiselle Dubary (il y a des noms qui marquent), maitresse du CM2, j’étais toute contente, et je crois bien que j’ai réussi à me foutre l’œil toute seule. Car quelques semaines plus tard, un matin, je me suis réveillée avec une forte douleur au ventre. Mes parents qui bossaient tous les deux, m’ont quand même envoyée à l’école, en me disant que ça allait me passer dans la journée. Je viens d’une époque où le seul trône que les enfants occupaient était celui des toilettes ! Je n’avais pas intérêt à faire des manières, mais hélas plusieurs heures plus tard, je me voyais forcée de les appeler pour que l’un des deux vienne me chercher parce que j’avais vraiment mal.

C’est ma maman qui m’a ramenée à la maison ce jour-là, et dans la foulée a appelé le médecin de famille pour venir m’ausculter. Selon lui, je n’avais rien de méchant, il me fallait juste du repos, mais plus les jours passaient, et plus mon état empirait, jusqu’à avoir quarante de fièvre en continu pendant plus de 48 h.

Mes parents, très inquiets de ma santé, ont pris la décision d’aller directement à l’hôpital, sans passer par la case docteur. Et là, c’est la catastrophe, on nous annonce qu’il faut m’opérer de toute urgence de l’appendicite, car on frôle la péritonite. Ne perdant pas une seconde, on me passe au bloc, et j’ai D. merci pu être sauvée à temps.

Ça c’est pour la partie sympa de l’histoire, car j’ai découvert très tôt qu’il existe dans la vie deux catégories de gens :

Il y a :

- les normaux : comme tout le monde, il leur arrive de subir des opérations de routine, ou des accouchements, et à peine quelques jours plus tard, tu les vois remis sur pied à jouer au golf, ou à faire du jet ski, ou encore à porter de la fonte comme si de rien n’était.

- Et il y a les chats noirs : les chats noirs sont des personnes qui lorsque la moindre petite chose leur arrive dans la vie, tu sais d’avance que cela va devenir une bonne galère. Le chat noir croit qu’il est sorti d’affaire, mais non, non, non, n’est pas un chat noir qui veut, car juste après l’opération, on m’a laissé rentrer chez moi, pour que deux jours plus tard, je retournais d'ou je venais et découvrir que j’avais chopé un abcès assez grave pendant l’opération.

Eh oui, c’est la vie… Je vous épargne les détails, mais j’ai du rester à peu près trois mois alitée. J’étais devenue si faible, que je ne pouvais même plus porter une pomme dans la main, tellement c’était lourd pour moi. Pendant des semaines, les docteurs ont essayé à l’aide d’examens, d’analyses et de médicaments, de faire partir l’infection, mais rien ne fonctionnait jusqu’à ce que l’opération devienne inévitable…

La veille de mon opération, un ami Habad de mon père qui savait que j’étais hospitalisée depuis plusieurs semaines, lui a proposé de demander une bénédiction au Rabbi par fax (c’était la grande époque du fax !) pour que tout se passe bien. Mes parents pas loubavitch, mais pas fermés d’esprit, ont dit : allez-y, et c’est ce qu’il a fait. Le lendemain matin, jour de l’opération, sur le chemin qui m’amenait au bloc opératoire, le chirurgien a voulu par acquis de conscience me refaire des échographies, lui-même ne sait pas pourquoi il a été poussé à revérifier, alors que tout était prêt et… miracle : l’abcès avait totalement disparu !

- Comment ça plus rien ? Avaient demandé mes parents lorsqu’ils ont vu mon lit et moi remonter dans ma chambre.

– Eh oui, on ne sait pas ni pourquoi ni comment, mais votre petite fille qui est remplie de Bétadine, prête a se faire ouvrir le ventre, est complètement guérie !

– Mais enfin, c’est impossible, cela fait des mois qu’il n’y a eu aucune amélioration !

– Je sais, c’est incompréhensible… Le chirurgien lui-même leur a expliqué que les médecins, tout cartésiens qu’ils sont, reconnaissent qu’ils ne sont que les instruments de D., et qu’il arrive que D. Lui-même guérisse le malade directement, sans que personne ne puisse donner une explication rationnelle, comme dans mon cas. Et je suis sortie de l’hôpital complètement rétablie.

Il a tout de même fallu reprendre du poids, et ça c’était pas gagné. Il a fallu rattraper tout le retard scolaire que j’avais accumulé, chose que je n’ai jamais totalement réussi à faire durant ma courte scolarité (oh l’excuse toute trouvée, attention, tu vas nous faire pleurer Junes !) Il a fallu apprendre à remercier, tout d’abord D. évidemment, ensuite mes parents, puis Monsieur Uzan, le habad, et bien sûr, le Rabbi… Mais aussi, il a fallu rester toutes les récréations avec Mademoiselle Dubary pour qu’elle m’enseigne ce que j’avais loupé pendant mes longs mois d’absence. Lorsque je voyais à travers la fenêtre les autres enfants de mon âge s’amuser dans la cours de récré en toute insouciance, je me rappelle avoir compris quelque chose de fort :

La vie ne tient qu’à un fil, et nous sommes tous des équilibristes qui devons tenir bon en trouvant des appuis, qui ne peuvent pas être matériels, car nous sommes constamment dans le vide. Si l’on regarde vers le bas, ce vide fait généralement peur, mais si l’on regarde vers le haut, nous savons que nous pouvons nous appuyer sur le spirituel pour avancer, car nous avons une ligne droite qui guide nos pas incertains. À nous de trouver notre propre source d’inspiration pour avancer.

Je ne remercierai jamais assez ce grand Rav, pour avoir pris le temps de donner une braha à une petite fille qu’il ne connaissait même pas ! Alors quand je suis partie au 770, et que j’ai pu écrire ma lettre après tant d’années pour le remercier, et lui confier les doutes qui me rongent, liés au fait d’être une femme, une mère, une amie, une sœur, une blogueuse/écrivain, et que le doute s’empare de nous, car il n’est pas évident de tout combiner, et la seule réponse qu’il m’a donné fut celle-ci :

De quoi parlez-vous ? Je viens de recevoir votre quatrième livre, et il n’y a pas à discuter sur votre accomplissement et vos capacités à accomplir ce que Hachem attend de vous. Je ne veux plus que le doute s’installe dans vos choix, car le doute n’est pas une option.

Réponse on ne peut plus claire…

C’est pour cela, mes chers équilibristes, je vous souhaite une bonne santé, une réussite totale dans tout ce que vous entreprenez ☺️💞💞.

Je vous embrasse bien fort, et vous retrouve lundi pour une chro so, so, crazy avec pour titre : « The perfect Family ! » Pour m’écrire en cas de besoin : junesdavis55@gmail.com Gros bisous. xoxo Juju. Davis

 

Mon « il était une fois… » avec le Rabbi !
Mon « il était une fois… » avec le Rabbi !

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Road trip au 770 !

Publié le par Junes Davis-Cohen

À la seconde où j’ai su que j’allais déménager à New York, j’ai noté dans mon top five des choses à faire, qu’il fallait ABSOLUMENT que je me rende à Brooklyn pour faire un tour au 770, la syna du Rabbi. Ayant fait toute ma scolarité dans une école loubavitch (Sinaï), je connais mes 12 psoukims par cœur. Chez moi, j’ai un exemplaire du Hitat/livre de prière, même si je suis plutôt Patah, et j’ai une boite de tsedaka/tirelire dans chacune de mes pièces, qui n’est pas en forme de cochon (vous imaginez, je serais un peu hors sujet !), mais en forme de Seven seventy justement !

C’est ainsi que dès mon arrivée sur l’île, je me suis renseignée pour le Brooklyn et tout le toutim, et l’on m’a dit :

– Le 770, ho la la, c’est super loin en métro, et le Ohel (le cimetière où est enterré le Rabbi), n’y pense même pas sans voiture. Il se trouve dans le Queens, à une heure environ de Manhattan, sur la route qui mène à l’aéroport ! Y a bien des navettes, mais c’est galère, faut regarder les horaires.

– Ah d’accord ! Alors c’est coton pour y aller toute seule, attends déjà que je me repère pour aller faire mes courses avec mon caddie de mamie. Je me laisse ça pour plus tard, lorsque mon cerveau sera sur Gps automatique New Yorkais.

Et puis, plus les jours passent, et plus mon top five se réduit petit à petit, pour laisser place à mon quotidien.

Alors, quand deux années plus tard, ma sœur Rebecca m’a dit : « Junes, je viens passer trois semaines chez toi », j’ai dit banco, la voilà, ma partenaire d’expédition !

À son arrivée, pour ne pas la brusquer, j'ai laissé Reb’ croquer un peu de la Grosse Pomme, et un matin, je lui demande de prendre son livre de psaumes, et hop, en métro Simone, direction le 770 ! Elle a dit OK, même si je n’aurais pas du rajouter le classique :

– On va demander une prière pour que tu te maries cette année, y a pas de raison !

Je vous épargne les  «mêle toi de ta vie !», «commence pas à me soûler», « je suis très bien comme ça», que je me suis pris en pleine tête (bien mérités !), et nous voilà partis ! Pour l’occase, je n’ai pas eu d’autre choix que d’embarquer mon fils avec nous, puisque quand sa tante est là, ils deviennent littéralement siamois. Ce qui me force en tant que mère juive (ou pas !) à arrêter d’être aussi jalouse, possessive, hargneuse face à leur complicité évidente, puisque j’en ai déduis que s’ils rient au même blagues (souvent à mes dépends) c’est qu'ils ont sûrement le même âge mental, Rebecca 29 et mon fils 9. Parfait !

Bref, on se tape toute la ligne de métro avec deux changements s’il vous plait, et après cinquante minutes, on sort enfin de la bouche du Subway, pour rester bouche bée devant la légendaire synagogue du Rabbi.

Mon fils me dit :

– C’est pas un magasin de jouets ici, vous m’avez dit qu’on allait dans un magasin de jouets, et que c’était ma journée fun !

– Du calme petit, si t’es sage, nous irons après.

Babababa, bien quand j’habitais encore à Clichy, et que j’ai vu le bâtiment sur des millions de clichés ça m'a fait tout bizarre de se retrouver devant. Il n’y a plus qu’à y rentrer !

Et c’est là que ça devient rockn’roll : dès que nous franchissons la porte du côté des femmes, il y a cinq, six dames, qui nous foncent droit dessus et nous demandent quelle langue nous parlons. Elles nous proposent : français/anglais/chinois/portugais/espagnol/italien/… stop, nous c’est le français, et une certaine Tanya avec un fort accent de je sais pas où nous dit:

– Suivez-moi !

Elle nous montre un siège au premier rang, mais ma sœur refuse de s'y assoir pour une question de principe car elle n’est pas une première de la classe, même si elle a de la classe, et on se pose une rangée derrière. 

Tanya en profite pour mettre dans les mains de mon fils un livre de téhilim/ psaumes. Elle lui demande son âge, et lui ordonne dans une mixture anglais/ français de lire :

– Toi, lis ça, miracle pour toi ! Avec la page ouverte qui correspond à son âge avec un an de plus.

Mon fils me râle dessus :

– Où tu m’as encore emmené maman ! Je préférais encore quand tu me trainais chez Zara de force. C’est quoi ici ?

Je ne réponds pas car Tanya le fait à ma place :

– Toi, petit, lis !

Et mon fils s’exécute sans dire un mot de plus. En vrai, je suis ravie parce que je me dis qu’un peu d’autorité et de spiritualité, cela ne lui fera pas de mal à celui-là!

La dame nous montre du balcon, la fameuse estrade où le Rabbi a divulgué ses merveilleux enseignements. Et c’est le choc, car ma sœur et moi crions en chœur que c’est tout petit. On en rajoute en disant qu’en vidéo ça avait l’air vachement plus grand !

Premier heurt pour Tanya (la pauvre, elle a pas fini avec nous !), qui le prend mal, et nous explique que :

– Ce n’est pas petit ! Savez-vous le nombre de gens qui venaient écouter le Rabbi ? Des millions ! Alors ne blasphémez pas !

Toutes confuses, on s’excuse auprès de notre guide du lieu, et j’en profite pour lui glisser que j’aimerais envoyer une lettre. C’est ma copine Nehama-Dina qui m’a informé de le faire une fois sur place. Tanya me regarde, et nous demande d’aller nous laver les mains. Elle nous désigne un lavabo dans un renfoncement, mais ma sœur proteste :

– Je dois le faire aussi même si elles sont propres ?

– On vient du métro, Rebecca, mais peut-être qu'avec le produit désinfectant que j’ai dans mon sac fera l’affaire !

Tanya s’agace et nous dit :

– Non, non, allez faire netilat/lavage de mains sans bénédiction, parce qu’on va écrire au Rabbi.

– Ah…OK. 

Et on s’exécute.

Tanya nous tend des feuilles blanches, et nous demande de noter nos demandes.

Le concept est simple, et tout le monde peut le faire : lorsque tu rédiges tes demandes ou tes questions, tu te concentres très fort. Tu prends cette même feuille, tu la glisses dans l’un des livres où sont répertoriées les millions de questions auxquelles le Rabbi a déjà répondu du temps de son vivant, et par le mérite de sa mémoire bénie, tu as la réponse qui correspond exactement à ta question. C’est magique !

J’informe Rebecca qu’il m’arrive de le faire en solo parfois à l’aide mon iPhone avec l’application Iguerot, ( ils sont forts ces loubavitch !).

Donc ma sœur et moi voulons commencer à noter nos requêtes, mais Tanya nous demande de dire à voix haute avant d’écrire:

«Vive le roi Méleh amachiah le Rabbi Ménahem Schneerson toujours vivant, descendant du roi David !»

Et là, on beugue !

Impossible de dire cette phrase : le rabbi#lemashiah#toujoursvivant#whatelse ?

Ma sœur et moi, on se regarde super gênées, et par télépathie de sœurs, on se demande comment on va faire pour ne pas encore heurter Tanya, qui m’a l’air un poil sensible sur le sujet, alors on réfléchit, et même en se forçant, il nous est impossible de répéter cette phrase.

Et vu que c’est moi la grande sœur des deux, je décide d’aller au turbin et d’annoncer à Tanya qu’on va pas pouvoir jouer le jeu :

– Hum hum…, je suis désolée, mais je ne peux pas répéter ta phrase, car elle n’est pas tout à fait juste.

Oh my god !

Oh boy !

Mais qu’est-ce que j’ai pas dit ! Je vois de la fureur dans ses yeux. La pauvre, j’ai dû encore la vexer en disant un truc qu’il ne fallait pas, car elle me hurle littéralement dessus, et m’affirme que le rabbi est TOUJOURS vivant, mais qu’avec mes petits yeux, je ne le voix pas.

– Oui, parce qu’il est décédé, comme ma grand-mère, mon grand-père, eux aussi, je les vois pas. Mille excuses Tanya, mais je ne peux pas répéter ta phrase.

Mais elle insiste, et insiste, cette phrase a l’air méga importante pour elle, et commence à la négocier :

– OK, je comprends, mais si tu la chantes ?

– Non !

– Tu la dis en hébreu !

– Non plus !

– En anglais !

– C’est pareil!

– Écris-la !

– Mais non à la fin !

– OK let’s make a deal ! Tu m’écris sur la feuille : « Vive le roi meleh

amachiah le Rabbi Menahem Schneerson descendant du roi David qui est vivant ! »

– Mais chérie, le roi David aussi est mort !

– Arrête de dire qu’ils sont morts ! Écris juste ta question, qu’on en finisse !

Ma sœur et moi posons nos petites questions, et glissons nos feuilles, on referme le livre, et hop le rabbi me donne des réponses par des métaphores à peine voilées à ce que j’ai demandé. À chaque fois, j’en suis toute émue, alors que pour ma sœur, l’explication la laisse de marbre :

– Dis moi, Junes, t’es sûre que ça marche ton truc ? Je vois pas le rapport avec ce que j’ai demandé !

– Fais un effort, tu veux te marier, oui ou mince ? Si le rabbi dit que tu dois devenir prof de Kodech* pour petits garçons pour trouver ton mazal, tu deviens prof de Kodech pour petits garçons, et tu trouveras ton mari dans le lot !

– Ça fait un peu pédophile dit comme ça, je crois pas que ce soit la bonne interprétation, tu crois que je peux le refaire ? On a le droit à combien de fois ?

Tanya nous regarde, tellement choquée par nos échanges, qu’on sent qu’il vaut mieux qu’on n’abuse pas trop de son temps, et que l’on déguerpisse au galop !

Pendant tout ce temps, mon fils, qui était resté bien silencieux, exploit inouï en neuf ans de vie, Il a lu bien plus que son propre tehilim, je précise que c’est la première fois de sa vie, et j’en remercie chaleureusement Tanya, ainsi que pour la patience qu’elle nous a consacré.

Ma sœur me demande si c’est comme au Kotel, où l’on doit sortir sans se retourner ! Je lui dis :

– Je crois pas, mais viens on fait plaisir à Tanya, et on le fait.

Sauf qu’elle nous prend juste pour des folles qui marchent à reculons, et se prennent tous les bancs dans les pieds !

Nous sommes à la porte de sortie, mais Tanya nous retient et nous sort de son sac jaune plastique le kit Rabbi, avec le porte-clé, (avec son portrait, du Rabbi, pas de Tanya ! ) un papier avec un sujet de la semaine (avec le portrait du Rabbi), un mini-magnet pour mettre sur le réfrigérateur (avec le visage du Rabbi), un badge, et un gâteau au miel ( ça se mange !) où une photo du…du….du….Rabbi est glissée dedans. En même temps, on est venues pour ça !

Elle nous demande un tip’s que l’on donne volontiers, alors pour plaisanter, moi qui n’ai jamais de monnaie, je lui demande si elle accepte les cartes bleues ou les chèques de banque, mais Tanya ne rigole pas.

Je cherche au fond du fond de mon sac, mais of corse, je n’en trouve pas, et inévitablement, je répands tout le contenu sur le sol du 770. (Purée on dirait celui de Mary Poppins, y a pas de fond !) et  je trouve enfin un vieux billet de 20 dollars qui était dans un endroit improbable, et le lui tends.

Juste avant de la quitter, et pour achever notre Tanya, Rebecca lui demande en toute innocence :

– Et sinon c’est où le KEVER (la tombe) du Rabbi ?

– LE OHEL ! ON DIT LE OHEL, PAS LE KEVER, CAR LE RABBI N’EST PAS MORT.

– OK, OK, je me renseignais, c’est tout, pas la peine de t’énerver !

Et nous rentrons sur Manhattan.

Ma sœur et mon fils se plaignent sur tout le chemin du retour qu’ils avaient un autre programme en tête pour leur journée fun, mais moi je reste silencieuse, pour réfléchir au message que le rabbi m’a laissé…

– T’en fais une tête, Junes, ça va ? Me demande ma sœur.

– Je réfléchis, c’est rien.

– Oui, c’est vrai, quand maman réfléchit, elle fait toujours une tête bizarre.

Papa dit que c’est parce que ça lui arrive pas souvent !

– Tu répètes vraiment tout comme un perroquet, mon neveu. Tu sais, t’es pas obligé de faire tout comme tes parents, tu peux aussi avoir ta propre personnalité.

– C’est quoi une personnalité ?

Etc.

J’ai bien conscience que pour Rebecca, c’est plus pour l’expérience, car depuis des années, elle suit à fond les ballons différents enseignements et particulièrement ceux du Rav Gay, qui lui convient très bien. Mais perso, j’ai un lien qui me relie au Rabbi, comme une sorte de fil rouge...

Car il y a deux célèbres phrases que je me suis collée sur mon ordi écrites sur un post-it rose fuchsia que je regarde systématiquement avant de répondre aux incroyables messages que vous m’écrivez chaque jour ( en passant merci de m’écrire, c’est l’un des mes plus gros kiffs de ma vie, la folle !) La première étant un booster : 

«Il n’y a pas de problèmes dans la vie, il n’y a que des défis à relever».

Et la deuxième qui est de la douceur à l’état pur :

«Hitler a cherché dans le monde chaque juif par haine, nous les rechercherons à notre tour par amour !»

Ce qui en dit long, très très long, sur le travail acharné de toute la vie du Rabbi. Alors non, Tanya, le Rabbi n’est pas mort, car ses enseignements ont toujours un impact aussi fort sur notre quotidien et tous niveaux de relige confondus, car le Rabbi aimait tout le monde sans exception, et c’est à nous d’essayer simplement de lui ressembler….

Sur ce, énorme bisous mes chéris. Je vous retrouve mercredi comme promis, pour mon histoire personnelle avec le Rabbi. À raconter obligé !

Glossaire:

Tehilims : Recueil de poèmes que le Roi David a écrit avec le souffle de D. La force des tehilims est infinie, vous pouvez les lire en français, en hébreu, en phonétique, comme vous pouvez, c’est vous qui voyez, mais qu’il est bon d’en lire un peu tous les jours (ça me ferait pas de mal de m’y remettre un de ces quatre, tiens !)

Prof de kodech : prof qui enseigne la Toarh, qui inclut plein de matières. 

Guemara: Livres écrits par des rabbins qui expliquent en détail de chez détail chaque mot de notre thora. C’est une étude plus masculine, car les explications ont été rédigées en fonction du cerveau masculin, mais nul n’empêche toute femme d’étudier cette matière, mais perso je trouve qu'il y en a des  beaucoup plus palpitantes pour nous. (le moussar, les lois du language, etc.)

Gaypride: rassemblement des gays pour revendiquer leurs droits.

Voilà ! Pour d’autres explications, n’hésitez pas à me contacter sur junesdavis55@gmail.com

Road trip au 770 !

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Junes, la Yoga girl et petits tracas.

Publié le par Junes Davis-Cohen

C’était un matin comme un autre sauf que… je me réveille toute bloquée du dos. C’est quoi cette affaire? Je me rends vite compte que je ne peux pas me brosser les dents sans pousser des hurlements. 

Bizarre, d’habitude, le mal de dos ne s’invite pas sans prévenir. Il se présente, envoie des mails remplis de picotements à la nuque. Il envoie un SMS aux lombaires, puis des whatsapp aux cervicales, mais en aucun cas, direct il te fonce dans le tas et te fait souffrir comme maintenant ! Le mieux, c’est de l’ignorer pour le moment, et d’essayer tant bien que mal (c’est le cas de l’écrire !) d’emmener mes enfants à l’école. 

Plus facile à dire qu’à faire, car rien que pour habiller les petits, c’est la mission popu. Entre les Aïe, les Oy et les Ouille, j’ai mon mari qui n’arrête pas me dire en boucle d’aller voir un ostéo/practéo/physio, en gros, toutes les professions qui se terminent en O, et au bout de la dixième fois, j’abdique, et je lui dis : 

– OK, OK, pas la peine de me le dire cent fois, j’ai compris ! 

– Je te connais, Junes, tu vas encore laisser trainer, et te trainer de partout. 

– Non, non, promis, je dépose tout le monde à son poste écolier, et je vais voir le docteur. Rassuré ? 

– Oui, mais tu t’en occupes, vraiment ! 

C’est vrai que beaucoup de conjoints ne supportent pas de voir leur femme pas en forme. Apparemment, c’est interdit dans la constitution de la vie à deux ! 

Donc, une fois ma première mission du jour accomplie, et malgré mon mal, je décide de me prendre un petit remontant dans mon Starbucks (genre, je suis proprio !). Sur le chemin du Star’, je tombe sur Haddie, american-mom, blonde californienne au courbes parfaites. Elle fait partie de ces femmes qui, par moins trois degrés, portent des Nike aux pieds ultra tendance, assorties à leur tapis de yoga, placé en évidence dans leur sac de sport qui ne les quitte jamais. Je la connais bien, parce que c’est la mère d’un copain de mon fils. Elle me fait une bise (attention, pas deux, comme à la française !), me demande où je vais, et propose de m’accompagner, car sa présentation vitrine n’est que dans quinze minutes. 

– Ta quoi ? 

– Ma présentation vitrine. Je suis sûre que tu as déjà vu des gens faire des démos de yoga en vitrine, dans les magasins de sport.

– Bien sûr ! On en voit partout dans Manhattan. Au début, ça m’avait choquée, mais maintenant, j’aime bien regarder les mouvements. 

– Exactement. Ça incite les clients à rentrer dans la boutique. C’est moi qui m’y colle ce matin, en plus des cours de Yoga que je donne cinq fois par semaine. 

– Ah super. (Sa race, j’ai trop mal !) 

Lorsque je pousse la porte du café, Haddie remarque que je grimace de douleur. Je lui explique que question dos, ça va pas fort ! Elle me conseille de m’inscrire à son cours, alors je lui explique : 

– No offense, j’ai essayé une fois, mais entre la vue sur des popotins, et une odeur forte de pieds avec laquelle je suis ressortie, franchement, j’ai pas kiffé ! 

– Tu as du suivre un cours de Bikram Yoga, qui n’a rien à voir avec ce que je fais. Moi, je te parle de mouvements qui te détendent de l’intérieur, et qui te redessinent le corps de l’extérieur. Vas y, touche comment je suis ferme du cuissot. 

Oh God ! Il est 8h10, meuf, j’ai mal à en crever, et j’ai pas envie de toucher ta cuisse, OK ? Je veux prendre mon café, filer chez le docteur, et me shooter aux antidouleurs, tu peux le comprendre copine ? Non, je crois pas qu’elle comprendrait, car en vrai, j’ai préféré lui dire : 

– Waouh you look amazing ! / Waouh c’est trop génial ! 

Là voilà toute contente de mes paroles, ce qui a dû la motiver à me sortir de son sac une sorte de jus vert à l’aspect visqueux, qui te donne envie de vomir, rien qu’en le voyant. Je n’ose même pas demander ce qu’il y a dedans, mais pas de panique, on va bientôt le savoir, puisque Haddie est en mode Pub pour le bio, et va tout nous expliquer : 

– Tu sais, Junes, tu ne devrais pas prendre toutes ces cochonneries, ce n’est pas bon pour ton body. Tu devrais faire comme moi, et te préparer des smoothies. Regarde, j’ai mixé des brocolis, de la salade verte, des épinards, du céleri. Cela te permet d’éliminer le gras et la cellulite ! 

J’ai l’impression d’être en plein enregistrement d’une émission avec l’une des mannequins du téléachat ! Tu sais, celle qui est en toute petite tenue, et qui te montre les abdos en béton qu’elle s’est sculptée en six semaines seulement ! Nous sommes interrompus par ma serveuse préférée qui me demande : 

– Comme d’hab’ Junes ? 

– Yes, mais tu me mets une double dose de crème chantilly steuplait, j’en ai besoin là !  

C’est bon, Haddie a failli tomber dans les pommes juste après que j’ai prononcé le mot double, mais l’américain n’aime pas se sentir vaincu, alors pendant que nous attendons mon cappu, Yoga girl décide d’un coup de sortir son tapis de yoga, et de l’installer à même le sol du Starbucks. 

Toute étonnée (et très gênée), je la questionne sur ce qu’elle fabrique, et elle me sort : 

– Je veux absolument te montrer les poses qui pourront te soulager le dos.

– Ah non non, je t’assure, c’est bon, regarde, je vais déjà mieux… mais… trop tard. 

La voilà qui s’étire comme pourrait le faire Gigi Hadid sur ses vidéos Instagram. Tous les clients ont les yeux rivés sur elle, et se marrent, ce qui est méga rare à New York, et particulièrement à Manhattan, car tu peux te promener avec une culotte sur la tête, tout le monde s’en fout. De honte, je la supplie de se relever : 

– Mais enfin, Junes, j’essaye juste de t’aider. 

– C’est trop gentil, j’ai compris, mais relève-toi, je suis connue ici ! 

Ce n’est qu’après cinq poses totalement hallucinantes, qu’elle consent à se lever pour me faire un « hug » en me disant le traditionnel : 

– Take care / Prends soin de toi. See you soon ! 

Je lui dis merci, prends ma boisson et sors enfin ! Sur le chemin, je décide d’appeler ma best friend forever Cohava, pour lui raconter ce qui vient de m’arriver. Coco est thérapeute de métier, qui guérit les maux par les mots. J’adore la nommer la guérisseuse de l’âme, mais ça fait un peu voyante, alors que ça n’a rien à voir ! Je lui raconte direct l’histoire avec Haddie, et elle commence à faire son enquête sur l’origine de mon mal de dos : 

– Donc tu t’es réveillée, et ça t’est venu d’un coup. 

– D’un coup, comme si j’avais une grosse pierre installée sur ma colonne vertébrale. 

– Mais sinon, tout va bien à la maison ? 

– Oui, oui, ça roule, ma poule, sauf qu’en ce moment, avec mon fils, le dialogue est moins fluide qu’avant. Pas plus tard que ce matin, j’ai dû lui dire 450 fois de mettre ses chaussures, mais ça doit être comme ça chez tout le monde, c’est rien, ça ! Ah oui, j’ai mon mari qui a un meeting super important today, mais je suis sûre que ça va aller. Ensuite, je dois préparer des costumes pour Hanoucka pour mes filles, d’ailleurs, fifille 1 a une otite, et on a pas dormi deux nuits d’affilée tellement elle avait mal, mais c’est rien, avec des antibios, ça va vite passer. Sinon, hier, j’ai reçu un message de quelqu’un qui m’a demandé une info, et qui m’a super mal répondu, c’est pas de sa faute, la personne devait être mal poilée. C’est trois fois rien ! Après, je me suis pris une sale réflexion de la dirlo de l’école, comme quoi faut arriver avant 8h00 ! Et au comble de mon bonheur, je me suis frittée avec une dame dans la rue, parce qu’elle me reprochait de prendre trop de place sur le trottoir (???), mais c’est rien en fait, et puis dès que j’ai fini le doc, j’ai encore dix mille choses, entre le ménage, le linge, préparer à manger, passer à la poste et compagnie, tu vois, rien de grave, ça va super bien ! 

– Et c’est tout ? 

– Oui, c’est tout. Ce que je viens de te dire, je ne considère ça en aucun cas comme des soucis, comparé à d’autres vies, c’est que du bonheur. Je n’ai pas le droit de me plaindre. 

– Mais tu ne te plains pas ! Tu sais, il y a des fois où c’est beaucoup à supporter pour une seule personne ! 

– Allons bon, on n’est pas des mauviettes ! Toutes les femmes du monde ont des quotidiens ultra chargés. Pense à celles qui ont en plus un boulot, avec la pression d’un boss, ou d’une collègue/connasse à affronter tous les jours, c’est rien, ce que je vis. Rien ! 

– Tu as le droit de dire que c’est dur parfois. 

– Ça va pas ou quoi ? Si moi j’admets que le rythme est prenant, que reste-t-il aux personnes qui ont des vrais soucis de couple, d’argent, de santé, moi, c’est pourri à côté ! 

– Non c’est pas pourri, car c’est ta vie ! Répète après moi : ça va pas, c’est trop, mais je vais aller mieux ! 

– Non ! 

– Dis-le !  

– Certainement pas ! 

– Dis-le ! 

– Mais arrête, c’est ridicule, tout va bien ! 

– ADMETS-LE, ou je prends un avion, et te force à le dire ! 

Je prends une grande respiration, et je lui dis les mots qu’elle veut entendre (pour mon bien) : 

– OK Coco, il m’arrive d’être stressée, angoissée pour mon mari, mes enfants, ma famille, les autres, mon blog, mon prochain livre. J’ai l’impression de ne jamais être à la hauteur. Parfois, je pense que je n’arriverai jamais à tout faire, et c’est DUR ! VOILÀ, C’EST SORTI ! Et… d’un coup, comme par magie… j’entend, un gros blong dans mon dos ! 

– Oh mon D. ! 

– Junes qu’est-ce qui se passe ? 

– Attends, c’est chelou Co, j’ai plus mal. Attends, c’est pas possible, je peux pas le croire…

– Qu’est-ce que je t’avais dit : il ne faut pas attendre qu’il arrive des choses graves ou des malheurs, pour dire que de temps en temps, ce n’est pas facile. On a tous le droit de souffler dans nos journées, en parlant à une amie, sa mère (note de J.D.: ça dépend des mères !), à une sœur, à un frère, à son mari (re-note de J.D.: ça dépend aussi du mari, n’oubliez jamais que dans le mariage, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous !), et ça repart, alors arrête de dire toujours que c’est rien, car c’est ta vie ! 

– Pas faux ma chérie, pas faux…

Alors mes amies, l’info vient de tomber, il est permis d’admettre que nous portons trop sur nos épaules (et notre dos) le poids de nos responsabilités. Rien n’est évident : élever ses enfants, être en paix avec son mari, sa famille, sa belle-famille, les amis, les relations extérieures. Essayer d’être la plus polie possible, gentille, respectueuse, posée, calme, en toutes circonstances, n’a rien de facile. Il est évident que nous ne sommes pas des pleureuses pisseuses, mais plutôt des gladiatrices, alors prenons ce droit de vider notre sac de temps en temps. Nous avons le droit de hurler un bon coup dans notre chambre ou de chanter comme des folles devant notre miroir, de se lâcher complètement, car ça fait du bien, et on en a besoin !  Pour ne pas attendre que votre corps vous dise stop, ma boite mail Junesdavis55@gmail.com est à votre disposition, pour partager vos tracas ! 

Une Junes Davis qui aimerait prendre tous les soucis du monde sur ses épaules, mais vu la taille, ça va pas le faire, alors autant juste en papoter. Je vous embrasse fort fort. Bon lundi ! 

 PS : Pour contacter ma Best Friend Forever Myriam Ben alias Cohava, demandez moi son numéro en mp

ainsi que son blog : http://bien-etre-pour-tous.com

Junes, la Yoga girl et petits tracas.

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