Comment réagir face aux mauvaises nouvelles que l’on entend qui nous plombent le moral (en évitant de se tirer une balle !) ?

  • Junes Davis-Cohen

Ces derniers temps, il faut reconnaitre que l’actualité qui défile sous nos yeux n’est pas joyeuse-joyeuse !

C’est vrai, entre les demandes de lecture de psaumes quasi-permanentes, les annonces en rafales de décès, et les récents incendies qui ont eu lieu en Israël, comment allons-nous faire pour avancer ?

Nous qui ressentons tant de peine, de compassion, d’accablement mêlés à cette saleté de sentiment d’impuissance, comment continuer nos vies normalement, alors que nous avons conscience qu’il y a tant de souffrance, qui n’épargne personne ? Que pouvons-nous faire ? Et surtout, comment réagir ?

Eh bien, j’ai pu remarquer qu’il y avait plusieurs réactions face à tout ça, et pour vous, je les ai regroupées et classées :

Alors, nous commençons tout de suite avec en tête de liste, les prieurs. Ils te conseillent fortement de sortir ton livre de psaumes, et de lire les numéros 1, 56, 89, 98, 145, plus le numéro complémentaire, le 20. Le compte est bon ! Les prieurs mettent tout en œuvre pour que nos demandes soient entendues, ouf, heureusement qu’ils sont là.


Perso, j’ai bien essayé de lire mon livre de psaumes plus de cinq minutes d’affilée, mais l’une des rares fois où j’ai essayé de le faire en quatre ans, je me suis retrouvée limite la jupe aux chevilles, à cause de mes enfants qui n’arrêtaient pas de tirer dessus. Sans oublier que pendant que j’essayais de murmurer mes mots, j’avais la sensation que le monde allait s’écrouler, car j’avais fifille 1 qui me réclamait de l’eau à corps et à cris, sous menace de mourir de dessèchement instantané ! OK, j’ai compris, concrètement, lire pour moi en journée, c’est compliqué.

Nous trouverons également les spirituels, qui te proposent d’allumer une bougie en pensant fort à un grand Rabbin, afin que par leurs mérites accomplis, ils nous viennent en aide, ce à quoi j’ai répondu de suite :

– Non mais ça va pas, t’es ouf ou quoi ? Avec les incendies qu’il y a eu en Israël, même pas en rêve je laisse une bougie allumée toute la nuit ! Je ne veux pas voir une flamme jusqu’à mon allumage de vendredi soir ! Allez, au suivant.

Ensuite, vous avez les généreux, qui vont multiplier les dons, et vous demander de leur envoyer tous les liens Leetchi fiables que vous connaissez. Au passage, on salue leur altruisme qui fait aussi avancer le monde.
Mais attention, ne confondez pas ces liens web avec le fruit : le litchi, qui n’a rien à voir. Ceux dont je vous parle servent à ramasser des cagnottes pour différentes causes propres à chacune.

Après vous avez les Loubavitch (et les autres), qui nous proposent de prendre sur nous une bonne action. Mais ne vous faites pas mal au dos pour rien, allons bon, ce n’est qu’une métaphore, genre euh… je sais pas moi… par exemple, rallonger la longueur de ses manches les jours pairs, et raccourcir la largeur de son décolleté les jours impairs. Ou encore s’améliorer en cacheroute, écouter plus de cours, surveiller son langage.
D’ailleurs à ce propos, j’ai souvent pensé à me promener dans la rue avec du scotch anti-lashon ara sur la bouche, qui ferait double emploi, car il servirait aussi de crème dépilatoire, histoire d’amortir mon temps de silence ! Ce serait trop cool, faut que je dépose le brevet !

Mais au fond, je sais ce que vous allez vous demander. Est-ce que nos petites actions citées plus haut vont vraiment changer les tragédies qui se vivent sous nos yeux ?


Je répondrai très modestement que oui, et permettez-moi de vous raconter une histoire (rapide) que j’ai lue la semaine dernière, et qui m’a amenée à vous écrire aujourd’hui :

Pendant la seconde guerre mondiale… oui, je sais, rien qu’avec mes premiers mots, on sent que ça va être Rassra/l’angoisse. Que voulez-vous, cela doit-être le côté ashkénaze (mais pas naze) de mon mari, qui a du déteindre sur moi, à force.
Donc pendant la seconde guerre mondiale, un survivant des camps a témoigné que lorsque qu’il a été emmené vers Auschwitz, lui et les autres hommes étaient tous entassés dans un wagon comme du bétail, même pire que ça ! La nuit venue, il faisait un froid à en mourir, c’est là que proche de lui, se trouvait un homme très âgé, qui était à bout de souffle. Il pensait qu’il n’allait sûrement pas survivre à cette nuit glaciale et effroyable. Il a décidé d’aller s’assoir près de lui, et spontanément, l’a entouré de ses bras pour lui tenir chaud. Tout au long de la nuit, malgré le froid inimaginable, les doigts endoloris, la sensation qu’il allait perdre ses orteils de par le climat glacial, la fatigue, et la faim, il a tenu bon jusqu’au petit matin. Il n’a pas lâché un seul instant la personne âgée. Une fois qu’un brin de soleil est revenu, et que le wagon s’est réchauffé peu à peu, le jeune homme qui somnolait tout en se gardant de lâcher le vieil homme, a vérifié qu’il respirait encore, et a constaté qu’il dormait. Il a levé la tête pour faire le macabre constat, qu’il n’y avait aucun survivant à part eux deux. Eh oui, ils sont les deux seuls hommes à avoir survécu à cette effroyable nuit de l’horreur, uniquement grâce à ces mains qui entouraient et réchauffaient…

Maintenant, quell rapport avec aujourd’hui, avec ce qui se passe dans le monde qui nous entoure ?

Je me dis que bien sûr, il faut prier, allumer une bougie, être plus observant, écouter des cours, faire téchouva, se remettre en question etc., mais à l’instar de ces deux hommes qui ont survécu à l’insurmontable par ce geste si simple et si fort à la fois, celui de se prendre dans les bras pour survivre.

Nous pouvons à notre échelle, être dans l’action, en aidant par exemple notre voisine du 15ème étage qui nous gave chaque fois qu’on la croise, en lui proposant de l’aider de temps en temps.

Nous pouvons aussi proposer de préparer un repas à cette maman qui vient d’accoucher, ou alors aider à cette maman fatiguée, débordée, ou simplement prendre des nouvelles de nos proches, juste pour entendre leur voix, et s’assurer qu’ils vont bien, même si nous n’en avons pas toujours le temps.
Car malgré la situation catastrophique de ce qui s'est passé la semaine dernière en Israël, où des gens ont perdu leur maison, tout ce qu’ils possédaient, j’ai vu aussi défiler avec des yeux émerveillés des tas de messages spontanés d’autres israéliens qui ouvraient leur maison, le temps de trouver des solutions de relogement. Il n’était ni question de religieux, ni de pas religieux, il était question d’un peuple uni où tout le monde se prenait par la main.

Alors avec un regain d’optimisme, nous pouvons nous aussi pendant un moment entourer quelqu’un de nos mains en proposant notre aide, et peut-être qu’à partir de là, il y aura un effet papillon qui fera accélérer la venue du messie que nous attendons tous.

Chabbat Chalom mes amis.

PS : mon mari pense que c’est Bibi Natanyaou le Messie. J’ai beau lui dire que les chances sont très maigres, mais il est un peu du genre têtu.

Je vous embrasse mes amis, que l’on n’entende vraiment que des bonnes nouvelles. À lundi pour une chro so New Yorkaise !

Comment réagir face aux mauvaises nouvelles que l’on entend qui nous plombent le moral (en évitant de se tirer une balle !) ?
Comment réagir face aux mauvaises nouvelles que l’on entend qui nous plombent le moral (en évitant de se tirer une balle !) ?
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