Hanoucca et pourquoi on peut pas blairer Mister Pig !

Publié le par Junes Davis-Cohen

À la base, je voulais vous écrire à ma sauce, la traditionnelle histoire de Hanoucca, avec la fiole, la bataille, le miracle, et tout le tralala ! Mais quand fifille 1, quatre ans et toutes ses dents de lait, m’a raconté dans un franglais parfait ce qui s’est passé avec les Maccabis (et non les macchabés, même si on déplore beaucoup de morts), je me suis dit que ce serait trop facile ! En plus, une fois son récit terminé, elle et mes autres enfants m’ont demandé, leur visage tout excité, me prenant pour la mère Chrismouss : et les cadeaux, ils sont où les cadeaux ? Donc il valait mieux nous chercher autre chose pour aujourd’hui !

 

Junes, excuse-moi de me mêler, mais je ne peux plus me taire ! Déjà, dans l’une de tes dernières chroniques, t’avais écris le mot : « Chrismouss », pour ne pas dire le nom, mais le problème dans le Christmas, ce n'est pas le « mas » de la fin, c’est le « Christ » du début, alors fais-moi le plaisir d'arrêter de dire à tes voisins : « Merry Chrismouss », parce que ça fait grosse débile !

OK c’est noté !

 

Pour aujourd’hui, je vais vous révéler un scoop sur la fête des lumières, mais genre un vrai. D’ailleurs c’est grâce à celui-ci que j’ai marqué des points (de basket) auprès de mon mari.

 

Nous étions à notre premier Hanoucca, et devant les bougies, nous chantions les traditionnelles chansons de la fête. (J’adore la chanson américaine pour les petits : « Dreidel, dreidel, dreidel, I made it out of clay, dreidel, dreidel, dreidel… et lalalalala »)

Bref, j’avais demandé l’air de rien à mon Micka, s’il savait pourquoi tous les juifs ont une aversion totale pour le porc. J’écris bien tous les juifs, y compris ceux qui habitent au pays du Walouland de la Thora, qui vous diront toujours qu’ils mangent tout sauf le porc !

 

Réponse 1 :

– Je sais pas, mais perso, ça me dégoûte, rien que je passe devant le boucher du coin, à voir les groins en vitrine, que ça me donne envie de vomir !

– Oui, mais pourquoi ?

 

Réponse 2 :

– Et les pieds, on en parle des pieds ? Je ne sais pas comment les gens font pour en manger !

– Il parait que c’est très bon ! Mais tu ne m’as toujours pas dit pourquoi ça t’écœure plus que du lapin, du cheval, ou du sanglier.

 

Réponse 3 :

– Une fois, dans un restau chic, j’avais vu un maitre d’hôtel soulever une cloche, et dedans, s’y trouvait une énorme tête de cochon. Je me suis levé tellement j’en avais la nausée. J’ai pas pu supporter cette image !

– Alors comment tu l’expliques ? Et puis qu’est-ce que tu faisais dans un restaurant qui sert du porc, toi ?

– Je sais plus, et les oreilles ? Franchement, les oreilles de porc, ça me…

– Bon, bon, ça va, tu vas pas nous faire l’anatomie complète du cochon, on a compris l’idée générale. Alors je te redemande : pourquoi tu détestes cet animal non cacher plus qu’un autre ?

– J’en sais rien, parce que c’est comme ça !

– Très bonne réponse, mais…

 

Note de tâta Junes : lors d’un débat, ou lorsque vous donnez un cours, pour que votre auditoire soit gaga de vous, et que vous restiez une lady, si l’un des participants donne une réponse pas tout à fait juste, voire totalement fausse, voire totalement idiote, le mieux c’est de la jouer à l’américaine, en brossant la personne dans le sens du poil, en lui disant : « Tu as raison, mais… très pertinent, mais… ». Et on balance la bonne réponse en douceur, comme ça, la créature qui vous parle ne se sentira ni diminuée, ni rabaissée, juste plus cultivée ! Car on le sait, la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale ! (Surtout dans mon cas, qui ne connais pas grand chose, comparé à mon père, ma mère, mes sœurs, mon frère, mon Rav etc. ! Une vraie crotte, je vous dis !)

 

– Donc, mon mari chéri, si tu as une aussi forte aversion pour les Pig, c’est parce que lorsque les maccabis sont rentrés dans le Temple, et qu’ils ont découvert que l'ennemi avait carrément installé une porcherie à l’endroit où se trouvait la Menorah, ils se sont mis à vomir. De voir les porcs se vautrer dans la boue avec une odeur à vous retourner le cœur, ils ont ressenti un tel écœurement, tant par la scène, que par l’animal, qu’ils en ont fait des cauchemars pendant des mois. Chaque fois qu’ils repensaient à cette scène, ils vomissaient leurs tripes de dégoût, et cette aversion a été tellement forte, que depuis ce triste jour, nous avons en horreur les cochons, et ce, malgré les siècles qui nous séparent de cet évènement ! Je n’ose même pas imaginer le degré de dégoût profond qu’a dû susciter cette image.

 

– Je savais pas tout ça, moi, comment tu sais ça ?

– Aucune idée, sûrement à l’école !

– Bah dis donc, je ne savais pas que j’avais épousé une fille qui en savait autant sur les cochons. Tu m’en vois ravi ! T’as jamais pensé à devenir vétérinaire ?

– Je ne vois pas le rapport !

Etc.

 

Alors juifs, religieux, pas religieux, au milieu, traditionaliste plus, moins, whatever, sachez que nous avons tous dans notre âme et dans notre cœur, sans même s’en douter une seule seconde, des étincelles, des lumières du Beth Amikdache qui scintillent toujours en nous de mille feux ! Y a plus qu’à continuer de célébrer avec ferveur notre si belle fête de Hanoucca, jusqu’à ce que nous allumions de nouveau avec fierté notre magnifique Hanouckia dans le troisième Temple !

 

Très bonne fête mes petites fioles ! Je vous fais pleins de bisous, et à Lundi.

Hanoucca et pourquoi on peut pas blairer Mister Pig !

Publié dans humour, maman, New York

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