La Vdm apocalyptique !

La semaine passée, question fête des lumières, j’ai été servie comme une Madame ! Entre l’allumage au consulat de France, et celui de Times Square, c’était grosse ambiance. Sans oublier, bien sûr, le diner qu’a donné ma copine Eva, avec buffet à volonté en douceurs caloriques jusqu’à tard dans la nuit. Ça a été l’occasion en or de revoir pas mal de gens. Jusque là, nous avons une classique semaine de Hanoucka, sans aucune V.D.M apocalyptique à déclarer à la douane des V.D.M., sauf que…, c’est le sauf, le problème (comme sauf qui peut !), le lendemain de la fête, de laquelle je suis rentrée très tard (23h00, tout de même, pour un soir de semaine !), je me suis réveillée en retard, et c’est les yeux injectés de sang aux lentilles sèches, que j’ai réveillé toute la maisonnée comme une fiole, car nous allions tous être vraiment à la bourre pour l’école !

En plus, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais le matin, j’ai l’impression que les minutes passent comme des secondes, et que le temps s’accélère. La cerise sur le cupcake : spécialement ce matin-là, je me suis bien prise la tête avec mon fiston qui depuis quelque temps, refuse d’aller à l’école, pour des raisons diverses et variées, qui vont de l’excuse normale à la plus folle :

– J’ai mal au ventre/ à la gorge/ aux cheveux (?)

Ou bien :

– J’ai mal à l’orteil gauche, non pardon, l’orteil droit, non, en fait, c’est le gauche, bref, je ne suis pas en état de me concentrer. Maman, je ne PEUX pas aller à l’école.

S’ensuivent plusieurs minutes de négociations des plus intenses où je revois ma propre mère me dire exactement les même paroles au même âge. Pendant les trente premières secondes, j’essaye de prendre la voix comme dans les séries américaines, du bon père de famille, qui parle ultra gentiment à son enfant avec un air comprehensif, et une mélodie en fond sonore pour te mettre dans l’ambiance « je gère super bien avec mes gosses », alors que dans la vraie vie, tu n’as pas cinq scénaristes, ni trois cameras braquées sur toi ! Non, non, non, tu as cinq minutes avant que l’école ne t’appelle pour savoir où il est, et trois minutes pour qu’il s’habille ! Tu es juste au bout du rouleau de ta patience, surtout quand il te sort :

– De toute façon, l’école ça sert à rien, puisque plus tard, je vais devenir un Youtubeur ultra connu, et j’aurai le droit à plein de t-shirts gratuits !

 

Et c’est le signal pour que je me mette en mode hystérique :

– Tu te lèves MAINTENANT ou je vais te faire avaler tes futurs t-shirts gratuits, c’est clair ?

– OK, OK, mais si je me sens pas bien dans la journée, tu l’auras sur ta conscience toute ta vie !

Le pire, c’est qu’il arrive parfois à me faire douter, mais à la seconde où il voit un de ses copains sur la route de l’école, (lui aussi, aux orteils qui lui font affreusement mal), il court à sa rencontre comme une gazelle, oubliant complètement son mal, et son sac à dos que je me galère à lui porter tous les matins !

 

En général, après avoir déposé mes enfants, et pour me remettre d’avoir failli m’être fait berner comme une Junes, je décide de rentrer dans mon café favori, et d’appeler une amie pour papoter. Le problème, c’est que lorsque tu habites dans un pays où l’on ne parle pas français, tu oublies qu’il se peut qu’il y ait par le plus grand des hasards des personnes francophones qui elles aussi habitent à Manhattan et parlent le français, comme toi !

Je raconte ce que je viens de vous raconter sur mon petit coquin de fils, et j’enchaine avec un débrief complet de la soirée de la veille. Mon amie me demande si je « usual suspect » que Copina est enceinte ! Je lui affirme qu’elle n’est pas enceinte, car j’ai fait activer mon radar toute la soirée ! Enfin, radar, c’est plutôt un pouvoir magique, à peu près le même que celui de superman, qui envoie des lumières rouges pour voir à travers les matières, si ce n’est que moi je vois seulement à travers les pulls des femmes de 16 à 54 ans (oui, oui aux États-Unis, il n’est pas si rare de voir une maman qui a l’âge d’être une mamie. La première fois, ça choque, mais après, on s’y fait !). Je peux évaluer le mois de grossesse avec la date d’accouchement comprise ! Je confirme que c’est un don qui ne sert à rien, et qui est limite une tare sociale, parce que faut voir comment certaines resserrent leurs manteaux dès qu’elles me voient (cherche pas meuf, je t’ai grillée !) du coup, j’ai appris à faire semblant de ne rien voir, et ma vie amicale s’en porte mieux. Mais ce matin-là, surement poussée par la fatigue, je me lâche, et affirme en toute insouciance que non seulement Copina n’est pas enceinte, mais que son embonpoint au niveau du ventre doit être dû à l’accumulation de friture de la semaine ! Et paf ! Je commande ma boisson, et de nulle part, je vois une main tendre un billet pour payer. La propriétaire généreuse de cette main me dit :

– Laisse, Junes, c’est pour moi !

Et qui tend le billet ? Hein, allez, à votre avis, qui tend ce billet ?

Copina, bien sûr !

O

M

G

!

Mais genre le vrai Oh Mon D. tu vois, pas le faux américain qui est sorti à toutes les sauces barbecue. Je raccroche direct avec mon amie (la pauvre). J’appuie sur la touche rewind de mon cerveau, et me repasse la bande de la conversation que je viens d’avoir ! Je me rassure en me persuadant en boucle :

– Mais non, je n’ai rien dit ! Mais non, elle n’a pas pu entendre, et puis d’abord, comment elle va savoir que je parlais d’elle ! Des Copina qui porte son prénom, y en a deux cent dans le monde. Tout va bien !

Alors pourquoi j’ai envie de me noyer dans les grains de café ? Je suis tirée de mon malaise quand Copina me demande :

– Ça va Junes ? C’est marrant, on s’est vues hier, et maintenant je tombe sur toi aujourd’hui ! Si on avait voulu, on n’aurait pas pu faire mieux.

– Euh… oui, très sympa ! Tiens, il y a ma boisson qui est prête, bon bah je te laisse, je dois y aller ! Merci encore pour le café !

Et je m’enfuis de honte avec une lueur d’espoir qu’elle n’ait rien entendu ! Pour me détendre tellement je suis pas bien, je m’écoute la musique « Fast love » de G. Michael (paix à son âme, Madonna, ne meurt pas s’il te plait !). Mais au bout de trente secondes de love et de fast, je reçois un texto qui me confirme que je suis cuite comme un latke :

 

– Junes, c’est Copina. Tu as vu juste, je ne suis pas enceinte. Je vais toute de suite m’inscrire au programme Weight Watchers, t’écouter ma donné le déclic. Merci à toi.

 

OK, j’arrête la musique, et je me mets à chercher dans mon répertoire le numéro de Moshé, pour qu’il oublie pas d’apporter son bâton et d’ouvrir la Broadway en deux, pour que je m’y engouffre pour de bon !

Mais c’est pas fini car le « P.S. : » arrive, et c’est le P.S. coup de grâce :

P.S. : Je ne t’en veux pas, au contraire.

 

Tiens, j’ai trouvé le contact !

– Allô Moshé, c’est Junes, excuse-moi de te déranger, mais pourrais-tu m’envoyer directement quelques plaies sur ma tronche, pour que je retienne la leçon ! Merci, tu me rendrais un fier service !

Je suis sûre que vous vous dites :

– Oh ça va, qu’elle se détende, la gueuse, quelle Drama Queen elle fait celle-là. Qu’est ce qu’on s’en fout, y a des trucs plus graves dans la vie, et qu’elle s’occupe de son fils à chercher réellement pourquoi il ne veut pas aller à l’école, au lieu de parler sur les autres !

 

Et vous avez bien raison ! Il n’y a rien de grave dans mon histoire sauf que sans m’en rendre compte j’ai fais du mal à quelqu’un, et ça c’est grave ! Alors OK, je n’ai ni insulté ni critiqué copina, et en plus elle l’a bien pris (ordre royal de ma famille : on peut charrier, mais interdiction de se moquer !), mais j’aurais pu blesser cette fille ! Alors le mieux, mes amis, c’est de tout écrire par texto, non, non, je plaisante, surtout pas, c’est bien pire ! Un jour, l’une de mes amies, sans faire exprès, a envoyé par erreur un message où elle balançait sur sa belle mère… à sa belle mère! Je ne vous dis pas le mic-mac pour rattraper l’affaire, car le pire, c’est que la belle-mère, en lisant le message de sa belle-fille en a pleuré de chagrin (oui, je sais, c’est bizarre, mais même les belles-mères ont un cœur qui bat sous cette couche d’amour pour leur fils !).

En vrai, le mieux, c’est de ne rien dire, ni d’écrire du tout sur la vie des autres. Car nous le savons tous, la parole est d’or, alors même si nous ne sommes pas des robots, et qu’il arrive de papoter un peu, le mieux, c’est que moi, Junes Davis, je m’engage à faire extrêmement attention à l’avenir. À commencer par me mordre la lèvre chaque fois que je suis susceptible de dire un truc sur quelqu’un. Purée, je sens que mes lèvres vont se terminer dans un bang de sang. Bon, je me ferai des tonnes de bains de bouche, car je préfère me faire mal, plutôt que de faire mal.

 

Je vous embrasse mes chéries. Très bonne semaine.

PS : Et si vous voulez du croustille, le mieux c’est de continuer à lire la vie déjantée d’une mère juive ou de Junes Davis, et de patienter jusqu’à la sortie de mon tome 2, qui arrive très prochainement dans les bacs. On va kiffer !

 
La Vdm apocalyptique !
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Cedistic © 2014 -  Hébergé par Overblog