Ma surprise : je vous présente...un petit bout du chapitre 1 de l'Exode !

  • Junes Davis-Cohen

Chapitre 1

Le grand départ

 

 

– Madame ? Madame ? Est-ce que tout va bien ? Nous commençons notre descente, tous les passagers sont priés de regagner leur siège, et d’attacher leur ceinture.

– Oui, oui, une minute.

 

Depuis vingt minutes, moi, Junes Davis, née Cohen, j’ai la tête au-dessus du lavabo. Je vais rendre l’âme, tellement je me sens mal. J’ai envie de m’asperger le visage avec de l’eau fraîche du mini robinet qui se trouve devant mon nez, mais je me souviens que je risque d’abimer ce faux teint de pêche (B.B.crème plus autobronzant, à essayer de toute urgence !). Un peu plus tôt dans la journée, je m’étais maquillée pour la dernière fois dans ma salle de bain genevoise, que j’avais utilisée pendant plus de six ans.

Pour couronner mon état, j’ai bébé un qui a son pied bien installé sur mon œsophage, et bébé 2 qui est parti se promener je ne sais où dans le bas de mon ventre (va falloir le surveiller de près, celui-là !). Du coup, j’ai la sensation d’être tiraillée de partout, comme si on m’écartelait dans tous les sens, sauf que je fais du sur place. Je crois bien que je n’aurais jamais du manger cette omelette aux champignons, servie deux heures avant, ce qui explique ma présence ici, au-dessus de ce lavabo, sur le vol Genève-New York.

 

– Madame ? Il faut sortir maintenant !

– Je vous en prie, donnez-moi trois minutes de plus, s’il vous plait !

– Madame, si dans trente secondes, vous n’êtes pas sortie, j’appelle mon chef de cabine !

 

Oh la menace, j’ai l’impression d’être Jean-Luc Delarue (paix à son âme), qui fichait un balagan/une pagaille pas possible, lors de ses déplacements, parce qu’il mélangeait systématiquement alcool et médicaments. Mais là, franchement, je ne suis qu’une simple passagère, qui a envie de vomir depuis vingt-cinq minutes, je n’embête personne, non ?

 

– Juste une minute, je vous promets que je fais au plus vite.

– Non, vous sortez de suite ! Vous vous rendez compte que vous empêchez mes collègues et moi-même de faire notre travail ?

OUVREZ CETTE PORTE !

– …

– Bon, vous ne me laissez pas le choix, je vais appeler Denis en renfort. DENIS ! DENIS ! Y A UNE DAME QUI VEUT PAS SORTIR DES CHIOTTES ! JE SAIS PAS CE QU’ELLE FOUT DEPUIS T’À L’HEURE ! TU POSES TON GOBELET, ET TU VIENS !

 

Mazette, elle aurait du le crier plus fort ! Mon D. quelle honte, mais quelle honte ! Maintenant, je suis sûre que lorsque je vais sortir, tout le monde va vouloir reluquer la tête de celle qui a fait déplacer Denis.

 

Ils n’ont peut-être pas que ça à faire, les gens ?

Bien sûr qu’ils n’ont que ça à faire, les gens ! Ça fait huit heures qu’ils sont dans un avion, à manger des plateaux-repas, sans étoiles Michelin, à boire jus de tomate sur jus de tomate, ainsi que des tas de cafés lyophilisés. Franchement, moi-même j’aurais regardé la tête de celle qui a squatté la salle de bain. Il faut que je réfléchisse à une astuce, pour sortir la tête haute de cette situation, bien que j’ai toujours la tête en bas.

 

Je sens qu’elle ne va pas me lâcher, cette gueuse d’hôtesse. La voilà qui retape à ma porte.

 

– Madame, je suis en présence du chef de cabine, et deux de mes collègues, sachez que si vous ne sortez pas IMMEDIATEMENT, je vais ouvrir cette porte avec mon pass.

– T’as un pass, Martine ? Comment tu as réussi a en avoir un ? Ça fait deux ans que j’en ai fait la demande, et on me le refuse systématiquement, soi-disant je n’ai pas assez d’heures de vol au compteur.

– Je t’avais dit de passer au contrat C3, répond Martine.

– Ça change la vie, ce pass.

 

Non mais je rêve, ils viennent à quatre déranger une pauvre femme enceinte sans défense, qui essaye désespérément de se sentir mieux, et ça papote badge ! En plus, tu vois pas les privilèges, je t’en supplie ! Tu me dis qu’elle a le pass VIP pour les « Galeries Lapayette », avec accès à toutes les ventes privées, je dis pas que je ne serais pas un poil jalouse, mais là, un pass pour ouvrir les toilettes dans les avions, quel avantage sur le reste du monde, ma parole !

Allez, je prends une grande respiration, et je sors affronter tout ce petit monde, et… j’ouvre la porte !

 

Oh non ! J’avais trop raison, hélas… je découvre le visage des trois hôtesses de l’air, ainsi que le « Denis » en question, plus les trente paires d’yeux qui me fixent pour bien voir qui est cette folle qui s’est enfermée dans les toilettes ! Est-ce que je connais une incantation pour devenir transparente ? Bien sûr que non !

 

– C’est pas trop tôt ma petite dame ! (Je déteste quand on m’appelle ma petite !) Veuillez regagner votre siège, et boucler votre ceinture... enfin, si vous y arrivez. Vous pouvez l’ajuster en tirant fort !

– Comment ça, si je peux ? Je ne suis enceinte que de quatre mois et demi, chère Madame Martine !

– C’est tout ? S’exclament en chœur toutes les personnes assises au premier rang.

Sympa, faut pas se vexer surtout…

Allez Junes, attendris-les moi, avec la fameuse phrase magique !

– Je suis pas si grosse que ça, pour quelqu’un qui attend deux bébés !

Et voilà, y a plus qu’à laisser faire !

– Des jumeaux, mais c’est incroyable !

 

J’ai remarqué que depuis un mois et demi, chaque fois que je prononce ces quelques mots, j’ai l’impression d’être dans la peau de Merlin l’enchanteur, les visages s’éclairent automatiquement d’un sourire, ou au contraire s’assombrissent d’un froncement de sourcils.

 

Vous vous demandez sûrement pourquoi je l’ai annoncé il y a seulement cinq semaines, et pas depuis le tout début ?

 

Non, pas vraiment, ma chérie, tu sais, on annonce sa grossesse quand on veut, mais vas y, je t’en prie, réponds à ta question, car je crois que tu as envie de nous révéler quelque chose !

Oui, parfaitement, selon la tradition juive et d’ailleurs, il est fortement recommandé de ne pas annoncer que l’on attend un heureux événement avant trois mois. Autant de cachoteries, pour préserver l’entourage, car parfois l’heureux événement si fragile des débuts de grossesse, peut devenir un triste événement. Après, ça devient coton, de devoir gérer son propre chagrin, mais aussi celui des autres ! Il arrive que ces mêmes gens vont jusqu’à vous taper sur les nerfs, parce que vous devez les consoler de « VOTRE PERTE ». Le mieux, c’est de s’éviter une perspective de situations gênantes, et d’essayer de garder cela pour soi, pendant douze semaines minimum.

 

Donc, chaque fois que je dis que j’attends deux bébés à la fois, les réactions fusent (alors que je n’ai rien demandé !).

J’entends une dame dire à son mari :

– Tu vois Marcel, ça c’était sur ma liste des choses à vivre avant trente ans.

– Mais enfin, Brigitte, avoir des jumeaux n’a rien à voir avec le fait de vouloir sauter en parachute ! Tu crois que je ne l’ai pas lue ta fameuse liste avec laquelle tu me bassines depuis trente ans ?

– Chut ! Pas si fort, les gens vont savoir l’âge que j’ai !

– Mais ma pauvre Brigitte, tout le monde s’en fiche de ton âge. Il n’y a aucune comparaison entre voir les chutes du Niagara, et élever deux enfants du même âge. Déjà qu’avec Apollin, on a eu du mal, alors tu t’imagines deux de plus, non merci !

– Oui, mais comme expérience humaine, ça doit être merveilleux à vivre.

 

{.......} Pour la suite c'est à partir de lundi 27 que ça se passe sur junesdavis.com.

Rubrique : L'Exode. 

 

N'hésitez pas à m'écrire sur junesdavis55@gmail.com pour tous renseignements complémentaires et je vous retrouve dans quelques semaines car là, je ne vous cache pas ( puisque l'on se dit tout) que ça va être juste la folie : entre les préparatifs de la fête de Pâque/Pessah, les enfants qui vont être en vacances, et le repos de mon cerveau, (le pauvre je l'ai malmené ces derniers temps. C'est trop pour lui tout ça, il a pas l'habitude !), je reviens le plus vite possible.

Enorme bisous. 

Ma surprise : je vous présente...un petit bout du chapitre 1 de l'Exode !
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Odelia 23/03/2017 08:42

Mazal Tov!!!!!!!!!!!
La grande question : tu sais déjà si ce sont des filles où des garçons ?

Odelia 24/03/2017 07:21

Haha sorry je viens de capter que tu parlais de ta grossesse d'il y a des années !

Junes Davis-Cohen 23/03/2017 10:14

hello Odelia, je te laisse la surprise

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