Mon « il était une fois… » avec le Rabbi !

  • Junes Davis-Cohen

Tout a commencé en 1957, avant l’avènement des Beatles, et avant l’assassinat du Président Kennedy… Ah mince, attendez, je me plante d’intro là, bon je la refais :

Lorsque j’avais dix ans, ma famille et moi, venons fraîchement de débarquer à Paris. Cette année-là, j’ai intégré pour la première fois de ma vie une école juive. En effet, mon père qui a été Rabbin d’une province a eu enfin la possibilité de revenir en région parisienne, et nous a donné l’opportunité de fréquenter un établissement scolaire juif.

Donc quand j’ai atterri dans la classe de Mademoiselle Dubary (il y a des noms qui marquent), maitresse du CM2, j’étais toute contente, et je crois bien que j’ai réussi à me foutre l’œil toute seule. Car quelques semaines plus tard, un matin, je me suis réveillée avec une forte douleur au ventre. Mes parents qui bossaient tous les deux, m’ont quand même envoyée à l’école, en me disant que ça allait me passer dans la journée. Je viens d’une époque où le seul trône que les enfants occupaient était celui des toilettes ! Je n’avais pas intérêt à faire des manières, mais hélas plusieurs heures plus tard, je me voyais forcée de les appeler pour que l’un des deux vienne me chercher parce que j’avais vraiment mal.

C’est ma maman qui m’a ramenée à la maison ce jour-là, et dans la foulée a appelé le médecin de famille pour venir m’ausculter. Selon lui, je n’avais rien de méchant, il me fallait juste du repos, mais plus les jours passaient, et plus mon état empirait, jusqu’à avoir quarante de fièvre en continu pendant plus de 48 h.

Mes parents, très inquiets de ma santé, ont pris la décision d’aller directement à l’hôpital, sans passer par la case docteur. Et là, c’est la catastrophe, on nous annonce qu’il faut m’opérer de toute urgence de l’appendicite, car on frôle la péritonite. Ne perdant pas une seconde, on me passe au bloc, et j’ai D. merci pu être sauvée à temps.

Ça c’est pour la partie sympa de l’histoire, car j’ai découvert très tôt qu’il existe dans la vie deux catégories de gens :

Il y a :

- les normaux : comme tout le monde, il leur arrive de subir des opérations de routine, ou des accouchements, et à peine quelques jours plus tard, tu les vois remis sur pied à jouer au golf, ou à faire du jet ski, ou encore à porter de la fonte comme si de rien n’était.

- Et il y a les chats noirs : les chats noirs sont des personnes qui lorsque la moindre petite chose leur arrive dans la vie, tu sais d’avance que cela va devenir une bonne galère. Le chat noir croit qu’il est sorti d’affaire, mais non, non, non, n’est pas un chat noir qui veut, car juste après l’opération, on m’a laissé rentrer chez moi, pour que deux jours plus tard, je retournais d'ou je venais et découvrir que j’avais chopé un abcès assez grave pendant l’opération.

Eh oui, c’est la vie… Je vous épargne les détails, mais j’ai du rester à peu près trois mois alitée. J’étais devenue si faible, que je ne pouvais même plus porter une pomme dans la main, tellement c’était lourd pour moi. Pendant des semaines, les docteurs ont essayé à l’aide d’examens, d’analyses et de médicaments, de faire partir l’infection, mais rien ne fonctionnait jusqu’à ce que l’opération devienne inévitable…

La veille de mon opération, un ami Habad de mon père qui savait que j’étais hospitalisée depuis plusieurs semaines, lui a proposé de demander une bénédiction au Rabbi par fax (c’était la grande époque du fax !) pour que tout se passe bien. Mes parents pas loubavitch, mais pas fermés d’esprit, ont dit : allez-y, et c’est ce qu’il a fait. Le lendemain matin, jour de l’opération, sur le chemin qui m’amenait au bloc opératoire, le chirurgien a voulu par acquis de conscience me refaire des échographies, lui-même ne sait pas pourquoi il a été poussé à revérifier, alors que tout était prêt et… miracle : l’abcès avait totalement disparu !

- Comment ça plus rien ? Avaient demandé mes parents lorsqu’ils ont vu mon lit et moi remonter dans ma chambre.

– Eh oui, on ne sait pas ni pourquoi ni comment, mais votre petite fille qui est remplie de Bétadine, prête a se faire ouvrir le ventre, est complètement guérie !

– Mais enfin, c’est impossible, cela fait des mois qu’il n’y a eu aucune amélioration !

– Je sais, c’est incompréhensible… Le chirurgien lui-même leur a expliqué que les médecins, tout cartésiens qu’ils sont, reconnaissent qu’ils ne sont que les instruments de D., et qu’il arrive que D. Lui-même guérisse le malade directement, sans que personne ne puisse donner une explication rationnelle, comme dans mon cas. Et je suis sortie de l’hôpital complètement rétablie.

Il a tout de même fallu reprendre du poids, et ça c’était pas gagné. Il a fallu rattraper tout le retard scolaire que j’avais accumulé, chose que je n’ai jamais totalement réussi à faire durant ma courte scolarité (oh l’excuse toute trouvée, attention, tu vas nous faire pleurer Junes !) Il a fallu apprendre à remercier, tout d’abord D. évidemment, ensuite mes parents, puis Monsieur Uzan, le habad, et bien sûr, le Rabbi… Mais aussi, il a fallu rester toutes les récréations avec Mademoiselle Dubary pour qu’elle m’enseigne ce que j’avais loupé pendant mes longs mois d’absence. Lorsque je voyais à travers la fenêtre les autres enfants de mon âge s’amuser dans la cours de récré en toute insouciance, je me rappelle avoir compris quelque chose de fort :

La vie ne tient qu’à un fil, et nous sommes tous des équilibristes qui devons tenir bon en trouvant des appuis, qui ne peuvent pas être matériels, car nous sommes constamment dans le vide. Si l’on regarde vers le bas, ce vide fait généralement peur, mais si l’on regarde vers le haut, nous savons que nous pouvons nous appuyer sur le spirituel pour avancer, car nous avons une ligne droite qui guide nos pas incertains. À nous de trouver notre propre source d’inspiration pour avancer.

Je ne remercierai jamais assez ce grand Rav, pour avoir pris le temps de donner une braha à une petite fille qu’il ne connaissait même pas ! Alors quand je suis partie au 770, et que j’ai pu écrire ma lettre après tant d’années pour le remercier, et lui confier les doutes qui me rongent, liés au fait d’être une femme, une mère, une amie, une sœur, une blogueuse/écrivain, et que le doute s’empare de nous, car il n’est pas évident de tout combiner, et la seule réponse qu’il m’a donné fut celle-ci :

De quoi parlez-vous ? Je viens de recevoir votre quatrième livre, et il n’y a pas à discuter sur votre accomplissement et vos capacités à accomplir ce que Hachem attend de vous. Je ne veux plus que le doute s’installe dans vos choix, car le doute n’est pas une option.

Réponse on ne peut plus claire…

C’est pour cela, mes chers équilibristes, je vous souhaite une bonne santé, une réussite totale dans tout ce que vous entreprenez ☺️💞💞.

Je vous embrasse bien fort, et vous retrouve lundi pour une chro so, so, crazy avec pour titre : « The perfect Family ! » Pour m’écrire en cas de besoin : junesdavis55@gmail.com Gros bisous. xoxo Juju. Davis

 

Mon « il était une fois… » avec le Rabbi !
Mon « il était une fois… » avec le Rabbi !
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

dahan martine 30/01/2017 15:32

Chère Junes, moi je ne me contente pas de lire vos chroniques, je les lis et les relis plusieurs fois tout au fil des mois et c'est toujours avec un immense bonheur que je les redécouvre ... Alors pour ce bonheur donné ... M.E.R.C.I !!!!
Au fait, comment s'est passé votre voyage à Paris ? Et le rdv avec les lectrices ?

Je vous embrasse

Martine Levy-Dahan

Junes Davis-Cohen 01/02/2017 01:07

Bonjour Martine, quelle joie de vous lire, merci encore de me suivre, cela me fait extrêmement plaisir. Je me réjouis de vous raconter mon voyage à paris ainsi que la soirée dédicace avec pleins de photos a l'appuie. J'avais promis une surprise et je vous la relaterez avec bonheur. Enorme Bisous. Junes

Navyroc 16/12/2016 08:43

C'est toujours un plaisir de vous lire. Merci !

Cedistic © 2014 -  Hébergé par Overblog