Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

10 articles avec amour

Mon VMK (Vrai moment de kiff !)

Publié le par Junes Davis-Cohen

Le monsieur de la maintenance du building sonne à ma porte. Il m’explique qu’il doit faire un contrôle annuel du compteur d’électricité. Je n’ose même pas imaginer le chiffre de notre EDF américain, parce que rien qu’avec la consommation en chargeurs pour nos Iphones, ordis, et compagnie, le chiffre doit frôler la folie.

J’ai eu le temps de tronquer ma tenue de ville du matin contre la décontractée que je réserve pour la maison uniquement. (Personne n’a le droit de me voir dans cet état, sauf la dame qui m’aide à faire le ménage, et Lili ma correctrice. Comme mes fautes d’orthographe et de grammaire n’ont plus de secret pour elle, et qu’elle arrive même à ne plus pousser des hurlements à chaque fois qu’elle en chope une, au fil du temps, elle m’a prouvé qu’elle était devenue assez solide pour me voir telle que je suis).

En plus, tant qu’il n’y a pas de roi du Maroc à l’horizon, c’est détente. J’ai carrément réussi à obtenir une autorisation de 2h par jour auprès de la ligue des femmes qui restent en jogging/leggings toute la journée !

Le monsieur entre, ne me jette même pas un regard, et me demande de lui montrer où se trouve le compteur. Je l’emmène, et au bout de trois minutes de griffonnage, il me demande d’appeler ma maman, car il doit lui parler.

Ayant laissé la connexion Wifi de mon cerveau sous la douche ce matin, je prends d’instinct mon phone, et le déverrouille pour appeler ma mère. En pleine composition de numéro, je m’arrête d’un coup (ah, ça y est, le Wifi est revenu), et lui demande :

 

– Mais pourquoi vous voulez parler à ma mère ? Quel rapport ?

– Vous vivez seule ?

– Bah euh… oui, non. Sans elle, quoi.

– Ça m’embête… vous avez sûrement un tuteur ?

– Un tuteur ? Mais pour quoi faire ?

– Il me faut quelqu’un de plus de 21 ans pour signer le papier qui confirme que je suis passé.

– Et vous croyez que j’ai moins 21 ans ?

– Vous devez avoir l’âge de ma fille, 20 tout au plus.

 

C’est pas possible! Il croit que j’ai moins de 21 ans ! C’est l’explosion de joie interne ! J’ai envie d’écrire des graffitis dans le ciel ! Je me note mentalement d’annuler mon rendez-vous annuel chez mon dermato pour le comblement de mes rides du lion et du tigre (à force de rugir, ça les creuse !)

Je lui sors que j’ai passé la barre des 30 ans, il y a 5 ans (oui, ça fait 35 ans ! N’aie pas honte, mon enfant, moi aussi j’étais nulle en problèmes et en calculs de math à l’école. Je te bénis au nom de mon nom de jeune fille, qui est Cohen, et va en en paix !)

Le type ne me croit pas d’un pouce ! Il me dit l’air totalement hébété que j’ai l’air d’être une « teenager ». Il n’arrête pas de répéter :

– Come on ! I can’t believe you !

Jusqu’à ce que je lui sorte la photo de famille de nous cinq pour l’achever définitivement quand il a compris que j’avais aussi des enfants. On se dit au revoir, et il me conseille de ne pas porter cette veste rose bonbon si un jour je veux acheter de l’alcool en vente libre !

– C’est noté! Have a good day !

Et moi, pour fêter ce vrai moment de pur kiff, je vais tout de suite aller me prendre un petit chardonnay.

 

Je vous embrasse, et vous donne rendez-vous lundi pour vous raconter la Bar-mitsva du fils d’Elijah (Oui le même Elijah qui voulait pas partir de chez moi il y a quelques mois, le jour des élections présidentielles américaines.) N’hésitez pas à votre tour à me noter votre VMK !

 

Si vous avez aimé mon histoire, vous aimerez mes romans: La vie déjantée de Junes Davis Tome 1 et 2 qui sont en vente sur junesdavis.com rubrique: La Genèse et L’Exode

Mon VMK (Vrai moment de kiff !)

Partager cet article

Repost 0

Les erreurs à éviter pour être une belle-mère au top !

Publié le par Junes Davis-Cohen

 

J’ai remarqué que s’il y a un sujet bien tendu dans ce monde, c’est : Les belles-mères !

Prenez n’importe quelle belle-fille au hasard dans la rue en bas de chez vous, ou une que vous avez sous la main. Lancez rien que ces trois petits mots, et vous verrez qu’elle aura forcément quelque chose à dire sur la mère de son amoureux. Il est vrai que l’on ne peut ignorer celle qui a porté, élevé, travaillé pour le compte de celui que nous avons élu: homme de notre vie !

 

Rien qu’en étant en couple avec leurs fils, nous récoltons un peu la graine prête à la consommation que ces mamans se sont galérées à planter et à arroser tous les jours. Nous devrions justement en prendre avec nous, car un jour, nous les belles-filles, nous devrons à notre tour laisser nos petits quitter le nid pour construire le leur avec une autre, et ainsi de suite.

En attendant, est-ce que tout cela est juste ?

Certainement pas ! C’est juste dans l’ordre des choses, mais en aucun cas, les belles-filles ne doivent payer le prix fort de cette lamentable injustice.

 

Alors après une enquête très poussée (j’ai demandé à ma sœur et à ma cousine ! Désolée, j’ai pas trouvé mieux comme témoin, tout le monde est hyper occupé en ce moment! ), on peut clairement distinguer deux catégories de belles-filles, il y a :

 

les chanceuses :

– La mère de mon mari, c’est un bonbon, un vrai bonheur, une douceur de femme, t’as pas idée. Elle est trop sympa/ trop gentille / trop serviable etc.

Certaines vont même jusqu’à affirmer qu’elles ont des rapports beaucoup plus harmonieux qu’avec leur propre mère !

 

Et puis il y a les autres…

Je pourrai écrire carrément un livre rien que pour la deuxième catégorie de B.F., mais il faut absolument que je commence à rédiger mon troisième tome. Du coup, je n’ai pas le temps de me lancer dans un nouveau projet, et pour être honnête, je ne sais pas si un jour je pourrai finir cet essai, car il y a tellement de choses à dire que j’en aurai au mieux jusqu’à mes 120 ans, et encore…

Je ne vais jamais plus loin que l’âge de 120, car je considère qu’à ce stade, même le botox ne peut plus faire grand-chose !

Mais rien ne m’empêche d’agir aujourd’hui, et de noter pour toute une génération de belles-mères (la fille qui rêve), les principales erreurs à éviter pour être une belle-mère au top !

C’est vrai quoi, c’est pas de leur faute, si personne n’a jamais vraiment pris le temps de leur donner une feuille de route pour éviter que les belles-filles les DÉTESTENT !

 

Je commence tout de suite par le commencement, avec les présentations officielles :

Mesdames, quand votre fils vous présente sa fiancée : prière de ne pas tirer une tronche de trois pieds, car cela va se voir sur les albums photos familiaux, et croyez-moi, des années après, ça saute encore aux yeux ! Alors souriez, vous êtes selfisées.

 

Les préparatifs du mariage :

Tout ce qui concerne votre belle-fille, ne dites pas un mot, ne prononcez pas la moindre criti…Comment ? Mais non, vous ne pouvez pas lui dire qu’elle n’est qu’une petite gâtée pourrie qui voit tout en grand, et qu’elle va vite redescendre sur terre, sinon vous allez tout péter dans ce mariage ! Mieux vaut ne rien dire.

Même combat si vous trouvez le choix de sa robe pourri (en même temps, si c’est une pourrie gâtée, c’est pas étonnant !). On ne se mêle pas non plus ! Si c’est le kiff de la petite, même mauvais, c’est le kiff de la petite ! Le best, c’est d’attendre qu’elle vous sollicite clairement comme:

– Bonjour, belle-maman, cela me ferait très plaisir si vous veniez assister à l’essayage final de ma robe de mariée. Merci.

Avec ce genre de phrase, vous êtes sûre de ne pas vous planter.

 

Le jour de l’accouchement :

Il est clair que nous sommes toutes très très contentes lorsque nos familles respectives viennent nous rendre visite à la maternité. Que dis-je ? C’est un grand honneur que beau-papa, belle-maman, et beau-frérot fassent le déplacement pour ce jour si grand qu’est la naissance de nos mini-nous, mais… oui, il y a un « mais », un insignifiant point vient noircir le tableau idyllique de cette journée bénie : il n’est nullement nécessaire de rester TOUTE la journée au chevet de la jeune accouchée. Cela peut sembler étrange, mais certaines jeunes mamans qui doivent allaiter bébé par exemple, peuvent trouver la situation un peu inconfortable, et je ne parle pas de la position du coussin d’allaitement, mes amis !

Je rajouterai que lorsque l’on vient d’accoucher, c’est pas la Top Santé ! Oui, oui comme le magazine.

Donc venir voir le bébé, oui ! Tenir un peu compagnie, oui ! Mais même quand on aime, il faut vraiment savoir partir…

 

Le fils qui se dispute avec sa femme et qui se pointe chez vous:

L’accueillir à bras ouverts, en sachant pertinemment qu’il a la tête de celui qui vient de s’embrouiller avec sa moitié. Le prendre dans ses bras tout contre soi, en donnant le sentiment d’avoir retrouvé un fils qui revient de la guerre !

Laissez-moi voir comment juger votre réaction poliment : ÇA VA PAS LA TÊTE ! ÊTES VOUS TOMBÉS DESSUS ? Que votre fils se comporte comme un enfant de cinq ans qui se réfugie dans les jupes/pantalons de sa mère (tout dépend de votre niveau de tsniout), oui, mais que vous l’acceptiez, ça non !

On lui ferme gentiment la porte au nez, ou on lui donne un bon coup de pied au derrière, et on le renvoie chez sa femme pour qu’il règle ses problèmes de couple ! En agissant ainsi, ça évite à votre belle-fille d’avoir une raison (de plus ?) de vous détester, et de rendre votre garçon, un homme, un vrai, qui ne fuit pas ses problèmes !

 

L’éducation des enfants : Attention danger ! Chien méchant ! Terrain miné !

J’imagine qu’il doit être très difficile de ne pas se mêler de l’éducation de ses petits enfants quand on est une mamie. Surtout quand on pense que sa belle-fille les éduque n’importe comment ! Que faire alors ?

Hum, hum… rien ! Quitte à vous mordre la langue jusqu’à saigner, car votre belle-fille doit être déjà bien contrariée d’avoir du reprendre son enfant en public (vous êtes son public), mais en plus, la maman sait pertinemment que son enfant exagère justement parce que mamie est dans le coin ! Pitié s’il vous plait, ne profitez pas d’un moment de faiblesse de votre B-F pour l’achever de conseils, déjà qu’elle se sent mal. C’est pas que l’on s’en fiche mais… si, on s’en fiche royal (Barrière), en fat. Tiens, je me ferais bien un petit weekend à Deauville, moi). De plus, de source sûre (les tantes sont souvent des grosses balances !), nous avons su que votre expérience éducative est souvent déformée par le temps ! On vient de nous confirmer que lorsque vous vous doriez la pilule (que vous avez prise !), vous étiez la première à laisser sans pitié vos enfants au baby club ! Alors pas de salades aujourd’hui, mesdames. Vous aussi, vous avez été jeunes avant nous !

 

Se déplacer uniquement s’il y a une circoncision : no comment !

Chaque fois que j’entends ça, j’ai envie d’aller sur la place de la République, et taguer : « Sa race, sa mère… » et partir en courant…

Je confirme que j’aurais pu être celui qui a mis la tutu-skirt à la statuette, un jour où j’en aurais eu vraiment marre de cette honteuse mentalité.

 

Prendre sa B-F pour sa B.F.F : et vas-y que ça clope ensemble, et vas-y que ça papote, que ça critique…

Avoir une belle-mère rock'n’roll, c’est top, mais avoir une belle-mère qui se met à raconter plein d’anecdotes sur son fils (votre mari, accessoirement) c’est chaud ! Elle peut s’oublier, et se mettre à raconter les détails bien honteux de l’adolescence de son garçon. Ce qui devient nettement moins fun, c’est quand sa langue bien fourchue fourche sur le cv amoureux, et balance le nom de celle qui a brisé le cœur de son fils : Amandine ! No way ! C’est cette même Amandine qui vous a présenté votre époux, en omettant de vous dire le principal ! Vous imaginez le carnage pour le couple : mensonge, trahison, séparation… bref, la totale !

Allez belle-maman, clopez-moi cette cigarette ailleurs, et puis… arrêtez de cloper tout court ! Il est temps de passer à la cigarette électronique, qui fait beaucoup plus chic !

 

L’éducation (bis) :

Aller contre l’avis des parents en cachette (franchement, à votre âge, faire des cachotteries, est-ce bien raisonnable ?) :

– Bien sûr, mon petit sucre d’orge, que mamie va te donner ce sucre d’orge !

– Mais Paulette, il a des caries, et le dentiste a précisé qu’il devait éviter de manger trop de sucreries.

– Ne commencez pas, Salomé ! L’éducation, c’est à la maison ! Ici, c’est chez moi, et Alexandre Junior est le Roi !

– Oui, parce que Mamie est gentille, et maman est méchante !

Et paf ! Dans ta tronche, méchante maman qui essaye de protéger les dents de son fils.

 

Oh et puis mince ! Après tout, soyez comme vous voulez à la fin ! Juste, ne vous vexez pas quand votre belle-fille vous fait une remarque sur un truc que vous faites qui la dérange. C’est pas évident, pour elle, d’apprendre tous ces nouveaux codes familiaux. C’est pas facile de passer derrière une maman aussi exceptionnelle que vous, essayez d’être indulgente !

 

Je souligne que la nouvelle génération de belles-filles, n’est pas en reste non plus. Niveau caractère, il y en a certaines qui sont de belles pièces de bœuf. Les petites n’hésitent plus à montrer les crocs si on les enquiquine un peu trop. Elles n’hésitent plus à le faire savoir, et limite maltraitent leurs belles-mères en abusant et réabusant de leur gentillesse :

– Jeanne, vous me gardez les enfants de 9h à 9h du soir, s’il vous plait ! Maintenant qu’ils sont chez vous, c’est mieux qu’ils dorment carrément avec vous ! Ça m’arrange. Bisous.

Ou encore

– Belle-maman, on vient ce weekend. Comment ça, vous aviez prévu quelque chose ? Comment ? Vous refusez de voir vos petits enfants, c’est ça ? Très bien, je vais devoir leur dire que leur mamie préfère aller voir sa mère malade à l’hôpital plutôt que nous recevoir ! Si vous continuez Martine, vous ne verrez plus du tout vos petits enfants, c’est clair ?

 

L’idéal serait de se dire les choses avec un respect mutuel, car nous n’avons pas signé de contrat qui stipule que les belles-mères et les belles-filles doivent s’aimer à tout prix. En revanche, le respect est obligatoire, n’est-ce pas jeune demoiselle ?

N’oublie jamais que ces femmes que tu traites de folles à longueur de temps sont des mères avant tout. Et ça, ma chérie, entre mamans, on ne peut qu’arriver à se comprendre. Si seulement chacune fait l’effort de vivre en bonne intelligence, qui sait, peut-être même qu’un jour vous pourriez toutes les deux aller vous faire une séance d’UV…

Mais ma parole, t’as vraiment rien compris, toi !

Retourne au paragraphe de ne pas être amie avec sa belle-mère… c’est pas vrai, nom de D. ! On se tue à écrire des chroniques, et personne ne prend le temps de lire tout correctement. Pas étonnant qu’après il y ait tant d’histoires, faut lire aussi…

 

Je vous embrasse les belles ( et les beaux), et vous souhaite une entente cordiale et chaleureuse entre vous, ce qui me donne envie d’écrire sur la relation exceptionnelle qu’entretenaient Naomi et Ruth, faut que je vois si j’ai le temps de vous la poster. Gros bisous

PS : Si vous n’avez pas encore commandé mes tomes 1 et 2, vous pouvez le faire sur junesdavis.com, rubrique: l’Exode ou La Genèse. 

 

Les erreurs à éviter pour être une belle-mère au top !
Les erreurs à éviter pour être une belle-mère au top !
Les erreurs à éviter pour être une belle-mère au top !

Partager cet article

Repost 0

La Rebelle du Pessah !

Publié le par Junes Davis-Cohen

Quand ma copine Salomé m’a appelé pour la 250ème fois de la semaine pour me demander si j’étais prête pour Pessah, je me suis dit que c’était le moment de faire « une intervention ».

Une intervention est un terme américain qui permet de sauver une personne d’une perte momentané de raison face à une situation de haut niveau de stress.

Je crois que nous sommes… en plein dedans !

Je l’entends encore me demander un poil paniquée :

– Dis-moi Junes, c’est quoi ton menu pour Pessah ? T’en es où dans ton ménage ? Quel jour tu vas faire tes courses sur Brooklyn ? Et la cachérisation de la cuisine, c’est pour quand ? HELP !!! HELP !!!!

– Euh...Salomé... relaxe-max, je crois que le plus important, c’est que tu te focus d’enlever le pain et ses copains dans la maison, et basta. Et puis, Pâques, ce n’est pas que ça.

– Mais si c’est ça ! Pour moi c’est : menu / bouffe / ménage… Rien que je te les énumère par téléphone, que je suis déjà bien essoufflée ! Mais au fait, pourquoi tu m’as l’air si détendue ? Y a t-il une chose plus croustillante qu’une galette de pessah que je dois savoir, pour arrêter de stresser comme un bélier ?

(Depuis quand les béliers stressent-ils ? Fallait que je trouve un animal qui rime avec stresser. Ah ! D’accord !).

– Disons Salomé, qu’il n’y a pas si longtemps, je me suis mise à faire ma petite rébellion syndicaliste sur les préparatifs angoissants de la fête.

– Toi, ma petite religieuse au chocolat ? J’ai du mal à t’imaginer en rebelle !

– Oh que si ! Pas plus tard que la semaine dernière, lorsque que je rangeais mon placard à épices (tiens, mon bracelet, chouette, je l’avais perdu !), je n’arrêtais pas de me dire que ce serait dommage de passer à côté d’un truc bien plus fort en chocolat « cacher le pessah » que le ménage. Et vois-tu mon amie, comme à chaque fois que je suis dans cet état, dans notre état de New York, j’appelle soit mon père ce rabbin, pour lui dire tout mon mécontentement :

– Allô Papa ? 

– Salut, ma fille, ça va ? Alors, ça avancent ces préparatifs ?

– Bah justement, parlons-en !

– Oula, je connais cette voix, qu’est-ce qui se passe, cette fois ?

– Eh bien, je voulais être sûre d’une chose avant de continuer de frotter comme un taureau ailé. Est-ce que oui ou non, c’est grâce au mérite des femmes que nous sommes sortis d’Égypte ? Dans mon esprit rouillé par le temps, j’ai un vague souvenir de l’histoire où à l’époque de l’esclavage, nos ancêtres femelles enfantaient sans fanfaronner six gosses à la pelle. J’ai raison ?

– Bon sang, mais tu faisais quoi pendant les cours de thora, à l’école ? Ça me fend le cœur, avec tout l’argent que ta mère et moi avons dépensé pour ton éducation, franchement…

– Papa !

– Bon, je t’explique rapide, parce que je suis sur le périph, porte de Pantin, j’ai un mariage dans dix minutes, et je crois que je vais être plus en retard que la mariée elle-même. Alors…

Petit rappel de Junes Davis avant la réponse de mon pap’ (à ne pas confondre avec le Pape. Thanks a lot ! ) :

Malgré l’interdiction de procréer que Pharaon avait femellement donnée, les femmes s’en contrefichaient, et continuaient à se multiplier. Par grand miracle de D., elles accouchaient par six marmots, oui, parfaitement, six d’un coup !

(J’ai moi-même fait l’expérience magnifiante d’avoir 2 bébés à intervalle de 10 minutes chacun, sans péridurale. Oui, parce que je voulais vraiment ressentir la signification du mot enfanter. J’avais cette volonté de me prouver que la nature est tellement merveilleuse, et aussi.... Non, mais ça va pas la tête ! Je réserve ce zerma de réponses pour ELLE magasine (et aussi que je ne me lave qu’à l’eau d’Evian !) Parce que cette saloperie de péridurale n’a pas voulu marcher… du tout ! Possédée par la douleur, j’avais hurlé au docteur : Prenez tout, TOUT, et laissez-moi mourir en paix ! Mais il ne m’a pas entendue, parce que ma voix était recouverte par celles de trois pom-pom girls hystéros de nurses américaines qui me disaient en cœur « Pouchez Miss Davis ! Pouchez !!! Look at you, you are amazing ( amazing, ta race, oui !!!) ».

Enfin bref, rien que pour cette raison je pensais que nous étions assez méritantes... mais pas que... Alors découvrons ensemble l’explication de mon père (enfin mon papa quoi, pas mon père le curé, vous l’aurez compris !) :

– Ma fille, note ce que je te dis :

Les égyptiens étaient tellement cruels, qu’ils demandaient aux hommes d’effectuer le travail des femmes, et aux femmes d’effectuer le travail des hommes. Les femmes ne se sont jamais découragées, malgré la dureté du travail dévalorisant qu’on leur imposait. Mieux encore, pendant l’heure du déjeuner, elles allaient rejoindre leurs maris dans les champs, leur apporter des repas chauds, et leurs prodiguer des massages (??).

– Des massages ? Sérieux 

– Bah oui. Elles le faisaient pour remonter le moral et l’honneur de leurs maris. Je te laisse, je me gare. À plus !

– Voilà Salomé, pourquoi je ne suis pas si déjantée sur la question du ménage !

– J’ai capté. Remarque, on est pareilles au quotidien, non ? Combien de fois Maurice est rentré du bureau, à me raconter à quel point c’était dur avec tous ces requins d’Amerloques.

– T’as raison ! Bon, bah ma Salo, je te laisse, je te rappelle demain. Bisous doux.

– Je t’ai dit 100 fois de ne pas m’appeler comme ça. Rendez-vous demain 9h devant le métro pour expédition Brooklynoise. Bisous ma chou.

Le soir venu, comme le veut la tradition Davissienne, Micka et moi sommes assis sur le canapé où il me débrief sa journée :

– Tu sais Jean-Mi, le mec de la compta, je t’ai déjà parlé de lui, non ? (Oh oui !), eh bien imagines-toi que pendant la réunion, il m’a demandé devant tout le monde si…

Portée par la fatigue de ces derniers jours, bercée par les paroles de mon mari, et celles de mon père, mon esprit s’expatrie loin, très loin de notre salon :

Je me vois habillée en habit d’époque (très seyant), je porte un bon « msouki » de pessah dans ma marmite, (Oh ça va, ne haussez pas le sourcil, je suis toujours maroccos, mais ça fait du bien de temps en temps de voler les coutumes des autres, non ??!). Donc je débarque au boulot de mon homme avec mon plat, pendant que lui est sur son « desk », où il donne le dos à ses six ordis. Dans son oreillette, il hurle à son interlocuteur façon « le loup de Wall Street » (mais plus brun, beaucoup plus brun que Léonardo DiCaprio) :

-正体字 / 正體字!!!! 正体字 / 正體字 ! Impossible de vous retranscrire ce qu’il a dit, chaque fois que mon mari parle de son boulot c’est du chinois pour moi tellement je ne comprends rien !

Je m’installe tranquillement, je sors de mon panier une nappe à carreaux rouge et blanche, ainsi que des assiettes en plastique en porcelaine bleue. Je lui tapote l’épaule et lui dis :

– Regarde chéri, ce que je t’ai amené pour le dej’ ! Viens, installe-toi, voyons, il faut que tu prennes des forces. Tu veux que je déplace tout par terre sous ton bureau, comme ça on peut faire un pique-nique sur la moquette ? Après je te ferai un petit message au cou. Oulalala comme il est tendu, Junes est là, voilà, c’est bien, mange.

Tout cela sous le regard ébahi de ses collègues qui sont morts de jalousie. Même Jean-Mi de la compta passera, et bavera rien que par l’odeur.

– Junes, Junes t’es là, tu m’écoutes ?

– Mais oui, je suis là ! Comme d’habitude ! Mais tu veux que je te dise, j’en ai ras la casquette, de t’écouter tous les soirs ! Est-ce que l’on m’écoute, moi ??? Parce qu’elles sont bien gentilles nos ancêtres, mais qui les aider, elles ? Comme si j’allais venir sur ton lieu de travail et t’apporter à manger et te faire des massages ! Et puis quoi encore ? C’est fini l’esclavage ! Tu m’entends? FINI !

– Mais je ne t’ai jamais demandé de m’apporter à manger le midi. En revanche, si l’idée te traverse l’esprit un jour et que ... Je plaisante, je plaisante, tout doux. J’ai juste besoin que tu sois à mon écoute, car en général, tu as une bonne analyse, et après je me sens mieux. En plus, je suis là pour toi, moi ! Et puis tu n’es jamais seule, car tu as un interlocuteur hors pair !

– Ah oui et qui ?

– Eh bien....D. himself !

– Ah ...

– Pipine, tu n’as pas à te lever tous les matins à l’aube, pour te saucissonner le bras et la tête avec des morceaux de cuir comme nous les hommes. Vous les femmes, vous êtes en permanence connectées en wifi avec D., alors viens pas te plaindre, et laisse-moi ME plaindre !

Et c’est ainsi que tout en continuant mon ménage de pessah, armée de mon balai, Micka me suivra dans toutes les pièces, me racontera encore et encore ses soucis, que je tâcherai de balayer par la force d’être une femme !

Alors mesdames, pendant la lecture de la hagada, et lorsque que l’on s’absentera trois-quarts d’heure minimum pour endormir nos enfants respectifs, on pourra penser à nos arrière-arrière-arrière (30 fois le « arrières ») grands-mères, qui étaient des coachs de vie pour que notre peuple reste tout simplement… en vie !

Gros bisous et bonnes fêtes

PS : Mon tome 2 est sortie depuis le 27 mars. Vous pouvez le commander sur Junesdavis.com Rubrique : L’Exode. Apparemment c’est super livre pour Pessah ( je dis ça, je dis rien) Je vous embrasse à Très vite !

Publié dans humour, maman, New York, Pessah, glamour, amour

Partager cet article

Repost 0

Le Krav Maga et les American boys

Publié le par Junes Davis-Cohen

 

 

En début de semestre, et après avoir visionné une vieille vidéo du BÉTAR (je regarde des trucs moi, parfois…bref…), j’ai directement inscrit mon fiston à des cours de Krav Maga. En mère juive toujours déjantée, mais parfois angoissée, j’ai souhaité que mon poussin de fils sache se défendre dans cette basse-cour cruelle qu’est le monde dans lequel nous vivons. Apparemment, je ne suis pas la seule à avoir eu la même idée, puisque nous sommes trois mamans de la classe à avoir inscrit nos petits chéris dans le même club.

C’est pourquoi nous nous sommes toutes mises d’accord sur un système de roulement, où chacune à tour de rôle accompagnera ces pré-ados tout en bas de Manhattan.

Et aujourd’hui, c’est bibi qui s’y colle !

 

Ma mission est simple : aller chercher mon garçon et ses potos, trouver un taxi, monter dans le taxi. Attendre cinquante minutes, le temps que les petits gueux finissent leur sport de combat, et les redéposer, toujours en taxi, chacun en bas de leur maison respective.

 

Allez Simone, en voiture pour cette galère certaine qui nous attend !

Car oui, c’est une galère… et vous allez lire pourquoi :

 

À quatre heure trente précisément, dans le lobby de l’école, comme tous les parents ici présents, je me retrouve prise en sandwich dans une marée humaine de plus de 300 enfants totalement déchainés qui sortent tous en même temps. Je m’accroche à un poteau pour ne pas me faire marcher dessus (Hé, jeune fille, tu m’as pas vue ? Suis-je si petite que ça ? Vraiment ? Come on !). C’est in extremis que j’extrais de cette masse infantile Ethan et les trois autres petits américains qui n’ont rien de petit, (l’un d’eux fait tout même 1m78… pour 11 ans) pour nous sortir de là entiers !

 

Et justement, on sort, dehors il fait -12 (déjà ça, c’est un point galérien à lui tout seul, nevermind). Je chope le premier taxi venu, on monte, et pendant tout le trajet, j’ai les copains de mon fils qui, avant même d’arriver, se mettent dans l’ambiance du cours, en faisant des pseudos prises de Krav-maga à tout va. J’utilise le mot pseudo volontairement, parce qu’à tous les quatre, ils ont dû faire à tout casser trois leçons, et encore, c’est grand maximum. Faut croire que ça leur suffit, puisqu’ils se prennent déjà pour des pros. Mon seul but est d’éviter que les cartables volent à travers l’habitacle de la bagnole, et qu’ils atterrissent sur le pare-brise de ce pauvre chauffeur qui nous a pris dans son taxi en toute innocence.

Enfin, on arrive à destination de ce chemin sans fin.

Pensez à remercier avec beaucoup plus d’intensité et de conviction, les autres mamans qui se sont tapées tout le trajet avant moi.

En sortant, j’évite d’oublier dans le coffre, mon gros cabas ou se trouve mon ordi (un faux Louis Vuitton de folie ! Je ne sais plus comment il s’appelle, ce modèle, mais c’est celui que plein de dames emportent avec elles à la plage, ultra pratique).

Comme je sais que je vais devoir patienter une heure, je l’ai pris exprès pour bosser, et du coup mon sac pèse vachement lourd. Ça doit se voir, parce que le petit (géant) Kevin me prend mon sac de l’épaule, et me dit :

– Let me help you, Ethan’s mom. Laissez-moi vous aider, maman d’Ethan.

Waouuuh, trop gentil ce gosse, sauf que je l’entends dire à mon fils en anglais comme si j’étais transparente ou que je ne comprenais pas un traitre mot à la langue de Shakespeare :

– La pauvre, ta mère, elle est vieille, c’est dur pour elle, faut l’aider.

Le scélérat ! Mais il croit que j’ai quel âge ? Mieux vaux ne pas lui demander, je sens qu’il va me sortir un truc qui va pas me plaire.

 

On pousse la porte du Krav, et les gosses surexcités partent se changer. Je repère une prise, m’assois par terre (la classe !), et branche mon portable (depuis quelques semaines, j’ai créé des groupes Whatsapp pour poster mes chroniques, et depuis, ce pauvre téléphone, à force de biper, est totalement sous tension. Il se retrouve souvent à plat, alors il faut que je le branche en permanence).

 

Je remarque un type avec une crête, qui doit être le standardiste. Il me voit seule, et je sens qu’il veut qu’on papote. J’ai envie de lui dire :

– Pas possible, mon gars, je dois rendre un article, et tu vois, là, j’optimise mon temps à fond (vive le jonglage !) Mais par politesse, je pose mes gants, et prends des gants pour m’excuser que je ne peux converser, et c’est là que crête man me sort des phrases hors du commun :

– OK. Je te dérange pas plus, mais j’adore tes Moon Boots (bottes de neige).

– Merci.

– Elles sont pas un peu grandes pour toi ?

– Non, ça va.

– Je peux les essayer ?

 

Hein ?

Ça se fait si je lui dis que ma mère m’a toujours interdit de prêter mes chaussures ? Remarque, pour l’expérience inédite, je serais bien tentée de les lui prêter, mais je me ravise rapidos, parce que l’on ne connait jamais vraiment l’hygiène plantaire des gens, et encore moins des inconnus. Imagine qu’il porte des chaussettes sales, trouées, avec des ongles horribles… non, je peux pas. Alors à défaut de prendre ce risque, je prend mon courage à deux boots, et lui réponds :

– Désolée, je préfère pas.

– Je comprends, mais si un jour tu les vends, je suis preneur.

– Euh… OK.

 

C’est ainsi que 12 lignes écrites, 112 messages Whatsapp, 87 notifications facebook, et 8 messages Messenger plus tard, les enfants sortent enfin du cours (faut vraiment que j’éteigne mon phone quand je bosse). Je suis ravie de constater que les sportifs en herbe ont les joues bien rosies par l’effort, et ça fait plaisir de voir tout ce défoulage.

Le prof de krav maga sort lui aussi de la salle, et demande des papiers au fétichiste. Mon regard se pose directement sur les bras et le visage de Yoni (le prof) qui sont recouverts de tatouages. J’en fais la remarque à mon fils en français :

– C’est marrant, ton moniteur, il s’est fait faire plein de hiéroglyphes. (La fille qui est jamais sortie de chez elle. Bonjour le monde !)

– C’est quoi des hiéroglyphes ?

– Ce sont des dessins égyptiens. Ça fait bizarre, toutes ces Cléopâtres.

– Moi je trouve ça sympa. Je pourrai en avoir un quand je serai plus grand ?

– Ah non ! Tu commences pas avec ces bêtises ! C’est interdit, chez nous, n’y pense même pas. Ça fait voyou (alors qu’aucun rapport, en plus !). Et puis d’habitude, les gens se font tatouer : des oiseaux morts, des cœurs, des écureuils, le nom de leur petite amie, pour ensuite regretter gravement leur choix (Une grosse pensée pour Johnny Depp qui s’était fait tatouer Winona Ryder pour casser deux mois plus tard ! La galère après, pour les modifs, il a morflé le Johnny !). Mais des hiéroglyphes… franchement !

 

Évidemment, c’est à voix bien haute, et bien fort, que j’ai partagé cette pensée si intelligente et si profonde, remplie de jugements pour dissuader Ethan. C’est pourquoi je vis juste après, ce grand grand moment de solitude que TOUS les francophones connaissent pour l’avoir vécu au moins une fois dans leur vie :

– Bonjour, je suis le prof de ton fils… oui, oui, je parle le français, je suis canadien. Je viens de Montréal. Ton fils se défend pas mal. Il est super, mais il doit continuer de s’entrainer le reste de la semaine. D’accord ?

– OK merci…

Bon si ça se trouve, il a rien entendu, fiouf. Me croyant sortie d’affaire, le coup de grâce tombe :

– By the way, j’ai mes deux ex tatouées sur mon omoplate. T’as raison, c’est pas intelligent de faire ça. Ne te fais jamais de tatouages Ethan, ta mère a raison ! See you !

 

Puis-je m’enterrer sous terre tout de suite ? Non ? Mais qu’on me coupe la langue une bonne fois pour toute, ma parole ! Qu’on en finisse !

 

Pour dissiper ma honte, je fais style de ramasser les affaires des enfants, mais le grand Kevin me dit qu’il ne faut pas que je me fatigue trop :

– C’est pas bientôt fini oui ! J’ai 35 ans, 35 ans !

– Okay dokey ( je supporte pas cette expression américaine )

 

On sort en vitesse, et je lève la main pour héler un yellow cab, mais les american boys me disent qu’il faut d’abord que l’on achète des protéines pour garder la masse musculaire.

Toi, en tant que française, quand on te dit prot’ : tu penses poulet/ Dukan/ surimi, mais hélas, l’américain pense : Starbucks frappuccino surprotéiné avec double dose de chantilly !

Je leur dis que c’est n’importe quoi ou je dis rien ?

Pas besoin, mon fils me demande d’être cool, et de faire comme toutes les autres mamans. J’abdique, et décide d’aller leur acheter leurs saloperies (ah si, après cinq ans, j’affirme que ce sont des saloperies ! Sauf leurs cappuccinos, et leurs thés rouges).

On escalade les 499 centimètres de neige, pour arriver au Starbucks le plus proche, et si Kevin me propose encore sa main pour ne pas que je tombe, je vais lui montrer ce qu’à mon âge on peut faire en terme de Frappuccinos renversés sur une tête ! On commande nos boissons au bar, et je reçois en simultané de mère 1, 2, et 3 :

– Kevin peut dormir chez toi ce soir ? J’ai un mariage.

– Ça t’embête qu’Aaron passe la nuit chez toi ?

– Tu peux garder Charles cette nuit ? On a tous la grippe, et je ne voudrais pas qu’il soit contaminé.

J’ai envie de répondre à la dernière mom qu’il va bien falloir qu’à un moment donné, Charles rentre chez lui, mais les américains et les microbes, c’est toute une histoire…

Et on repart à la maison.

 

Je fonce préparer les lits, mettre les draps, dire à mes poupées retrouvées d’arrêter de sauter sur les lits gonflables qui ne sont pas des trampolines. Plus tard, je les fais tous manger, et quand tout le monde est enfin au lit vers 21h30, je reçois un appel du standardiste fétichiste avec une préférence pour les Moon boots, qui m’informe que l’un des enfants à oublié son cartable au Krav-maga, et qu’il faut aller le chercher.

mèreencarton#têteenl’air#irresponsable#j’enaimarred’êtremoi !

Allez, rhabille toi, remets tes bottes, repars…

 

Alors vive les sports de combat, même si on souhaite de ne jamais devoir à combattre qui que ce soit, sauf si c’est pour se dépasser soi-même et repousser ses limites ! Phrase clichée mais tellement vraie ! 

Je vous embrasse, mes préférés. À mercredi pour une vraie de vraie big surprise !

 

PS : J-7 avant la sortie officielle de L’Exode. Youhouuuuuuu !

Le Krav Maga et les American boys
Le Krav Maga et les American boys

Partager cet article

Repost 0

Quand ton mari fait de toi sa reine du Maroc (alors que c’était pas gagné !)

Publié le par Junes Davis-Cohen

Pas plus tard que la semaine dernière, j’en avais ras-la perruque de préparer à diner tous les soirs ! Oui, parce qu’il faut savoir que c’est toujours la même histoire : je me galère à préparer des bons petits plats pendant des heures pour ma famille, et personne n’apprécie vraiment à sa juste valeur les efforts que je fais au quotidien ! Pire ! Pas un jour ne se passe sans que mon Roi du Maroc ne me fasse une petite réflexion sur ce que je lui sers ! Et vu le niveau d’exigence de mon homme, je me dis souvent que le terme Empereur lui convient bien mieux !

 

Mais attention, en aucun cas, je ne revendique être un cordon bleu ou un chef cuistot étoilé. Non, non, non, loin de là, mais quand même, une pincée de compliment, un soupçon de gentillesse, une cuillère à café d’encouragement, ça ne ferait pas de mal au système, ni à moi !

En plus, mon Maître vénéré de mari, qui m’énerve souvent, savait en toute connaissance de cause lorsqu’il m’a épousé, que je n’avais ni passé mon CAP cuisine, ni celui de pâtisserie ! Hou la la, j’étais au walouland de la bouffe, et comme tout le monde, j’ai dû apprendre sur le tas, et sur le tard, à me faire cuire un œuf au plat, si je voulais le manger ! Et croyez-moi, j’en ai bavé (des œufs) pour arriver à un repas digne de ce nom !

On pourrait croire qu’après douze ans de pratique et de mariage, le Davis pourrait franchement saluer mes progrès, mais que nenni, car lui et mes gens sont devenus exigeants avec le temps. Et si par malheur, il m’arrive de faire trop souvent le même plat, mon D., c’est la crise assurée !

D’ailleurs, il n’est pas rare que les jours de panne sèche d’idées, je me précipite sur les blogs : d’Hervé Cuisine (très sympa), Piroulie (la base !), Marmiton (pas mal, surtout pour les tartes), et bien sûr, l’incontournable : Partageons nos recettes de Vanessa Fedida, où je salive souvent devant les photos.

Donc, non seulement je me prends la tête à élaborer des menus variés, mais en plus, je n’ai aucune garantie que je vais arriver à satisfaire tout le monde au même diner ! J’ai prévenu ma mère à ce sujet qu’il est hors de question que je fasse comme ma grand-mère (paix à son âme), qui avait D. bénisse neuf enfants, et qui faisait… neuf plats ! Non mais oh, j’ai pas que ça à faire, moi !

Du coup, avec mon plat unique, tu en auras toujours un (en général, un masculin), qui te dira, le visage déformé par une grimace de dégoût :

– Comment ça, t’as fait des haricots verts avec du veau ? Mais, j’aime pas moi, les haricots verts avec du veau ! Manquerait plus que tu nous fasses des brocolis !

Mon premier réflexe (surtout au petit gueux) serait de leur dire :

– Je t’en foutrai moi, des brocolis, tu vas voir ! Tu vas me faire le plaisir de manger, me remercier, et m’aider à débarrasser, compris ?

Mais après réflexion, je préfère prendre ma (fausse) voix de mère guimauve sucrée, qui lui dit tendrement (hypocritement) :

– Ho la la, mon petit chou, je suis tellement désolée que tu n’aimes pas trop les haricots verts, mais c’est important de manger des légumes de temps en temps, pour ta croissance. Et puis les pizzas et les pâtes, ce n’est pas très sain tous les jours. Pense à tous ces enfants qui n’ont rien à manger, les pauvres… eh, mon grand, houhou, tu m’écoutes ? Bon je laisse tomber, il est passé à autre chose.

 

Alors quand mardi dernier, après un diner particulièrement difficile avec mes enfants, mon mari en a remis une sauce, j’ai craqué.

Pourtant, la soirée avait bien commencée, je lui avais fais le full package Roi du Maroc (accueil en trompette + défilé de bonsoirs et de bisous + repas prêt et chaud qui n’attendait que d’être servi), et il a fallu un grain de sel de réflexions pour que ça gicle de partout comme de la friture !

Comme d’habitude, l’Empereur s’est mis à table, a scruté mon plat, l’a goûté, et avec ses lèvres pincées, voilà qu’il a énuméré comme d’hab’ les points faibles de mon repas, et il a commencé :

– C’est du veau ? Ah oui, c’est bien du veau, c’est dommage, je n’aime pas trop ca ! Attends… ne me dis pas que tu as réchauffé ma viande au micro-ondes (sait-il au moins le faire marcher ?)! Oh non, c’est pas vrai, Junes ! Combien de fois dois-je te répéter, que ma viande doit directement arriver de la poêle à mon assiette ? Je ne veux pas que tu fasses usage du micro-ondes, parce […] c’est clair ?

Les trois quarts du temps, ça rentre d’une oreille, et ça sort de l’autre, mais ce soir-là, ma patience s’était tirée à Saint-Tropez pour prendre un bain de soleil, alors je lui ai répondu assez exaspérée :

– T’aimes pas, c’est ça ? T’es pas content ? Eh bien tant pis pour toi ! T’es pire que les gosses, ma parole ! T’as vraiment aucune reconnaissance, c’est fou ça !

– Oh oh oh, calme-toi Germaine, je rentre du boulot, là ! Et arrête de te vexer pour rien, j’ai juste fait des suggestions !

– NE M’APELLE PAS GERMAINE !

– JE T’APPELLE COMME JE VEUX !

S’ensuivent cris, scandale et hurlements sans fin sur la faim, pour m’entendre hurler :

– Si c’est comme ça je ne fais plus rien !

– Ah non, mais tu ne peux pas !

– Comment ça, je peux pas ?

 

Il m’explique farouchement que c’est un minimum syndical que la conjointe prépare à manger pour son conjoint, surtout que LUI, travaille !

Je lui rétorque que c’est aussi un minimum syndical d’apprécier la bouffe que la conne-jointe en question lui sert, quand elle a mis une heure de sa vie à tout préparer !

Ceci entrainant cela, il y a eu ce soir-là, une belle et flamboyante dispute conjugale ! Et pour conclure nos cinglants échanges, je lui ai dit que c’était dommage qu’il n’y ait plus de place publique pour punir les ingrats dans son genre, et que j’avais décidé de façon inédite de faire la grève ! Voilà ! Après tout, tous les traiteurs et restaurateurs du coin ne sont pas morts !

 

En revanche, je n’aurais pas pu choisir un plus mauvais timing pour bouder, car le lendemain, je devais animer une soirée féminine pour présenter mon tome 2, et je m’étais engagée à ramener le buffet ! (Parfois, je me mets dans des galères moi). Mon mari était censé m’aider à porter et à décharger, mais je me suis dis : « Tant pis, je vais me débrouiller seule ! »

Comme prévu, le jour suivant, je commande à manger pour les enfants qui sont au final tous contents ! Vers six heures, je les laisse à la baby, et tel un chameau en manque d’eau, j’arrive dans le lobby, et qui je trouve ? Le Davis qui m’attend (malgré notre dispute, il n’a pas oublié sa promesse, classe !) ! Il me regarde, et me dit :

– Allez, donne-moi tous tes sacs, Germaine (il m’appelle Germaine encore une fois, je jure que *&^% )… mais je te préviens, je suis toujours fâché contre toi. Ton comportement hystérique de la veille est inadmissible !

– Attends, moi hystérique ?

Et c’est reparti !

L’ambiance est glaciale dans la voiture. On arrive à l’endroit, mon mari m’aide, et avant de repartir, il me demande si je veux qu’il vienne me chercher. Je lui dis :

– Non merci, je prendrai un uber !

Et il démarre sans un au revoir !

Le cœur lourd, je me plonge dans ma soirée, et n’y pense plus. Vers 23h, je découvre étonnée que j’ai un texto de Micka qui m’indique qu’il m’attend dehors.

Sérieux ? Il est vraiment venu me chercher, ça mérite que j’arrête de bouder ! Je monte dans la voiture, et pour faire la paix, je lui propose d’aller manger un bout, parce qu’avec tout ça, je n’ai pas trouvé une seconde pour avaler quoi que ce soit, mais il rejette ma proposition d’un ton sec :

– Non, on rentre ! J’ai prévu un autre programme pour toi qui t’attend à la maison ! Tu ne mérites rien d’autre !

Paf, dans mes dents ! Bonjour l’ambiance ! Et on rentre. Tout le monde dort (exploit inouï), la baby s’en va, et je vois sur la table : un couvert posé pour une seule personne.

Je regarde celui qui est bien plus que mon chauffeur, et il me dit :

– Assieds-toi, je reviens.

 

Je m’assois sans broncher (pour une fois), et je vois Micka qui se dirige vers la cuisine. Je l’entends faire marcher le micro-onde (alors, il sait l’utiliser, finalement !) et quand il réapparait tel le magicien d’Oz, il me tend une assiette de couscous… pour moi !

C’est du jamais vu, car jamais, mais jamais, il ne m’a amené un truc (sauf quand je suis limite à l’agonie), et il me sort :

– Quand je t’ai laissée tout à l’heure, le gps m’a indiqué que je passais devant le restau que tu aimes bien (alors que aucun rapport, il était pas du tout dans le coin. Il a fait grave des détours !), et comme je sais que tu prends toujours le couscous quand on y est… Enfin bref, vas-y, mange tant que c’est chaud, et raconte-moi comment ta soirée s’est passée!

– Attends, t’es sérieux là ? Tu veux vraiment que je te raconte ma soirée de filles ?

– Bah oui, Germaine… je rigole, je rigole… On se détend Junes ! Je voulais te dire que c’est ma façon de te remercier pour tout ce que tu fais pour les enfants et moi au quotidien, sache qu’on apprécie grave !

Eh bien voilà, c’était pas compliqué à dire quand même… mais… attendez, c’est quoi ce délire ? Mon D., mais quelle est donc cette sensation de folie chaque fois que j’avale une bouchée ?

C’est bien mieux que s’il m’avait acheté tous les bijoux de la 47ème rue, que s’il m’avait offert une paire de Louboutin, que de prendre le thé avec Beyoncé, serrer la main de Trump et lui dire qu’il arrête les U.V. et de se teindre les cheveux (si c’était que ça !), rencontrer William et Kate et devenir meilleurs amis, secouer François Hollande, gifler les Le Pen père, fille et nièce, sauter à l’élastique, voyager en tapis volant, prendre Bibi dans ses bras, partir en vacances avec David Guetta, danser sur le dance floor de son salon, et enfin encore mieux que si je devais être la partenaire de tango de feu Patrick Swayze !

Parce que je me rends compte par ce geste, que ce que je considérais comme une corvée, pas plus tard qu’il y a une heure, n’est en réalité qu’une forme d’amour, car quand on prépare un repas pour sa famille, on leur donne le sentiment d’être aimé, choyé, dorloté, adoré, estimé et attendu…

Alors quand viendront les soirs, où les plaintes fuseront de toute part, et que j’en aurai ma claque, à défaut de pouvoir les claquer, je repenserai à cette nuit là où je n’avais plus de raisons de bouder, car mon Roi du Maroc avait fait de moi sa Reine. Mais c’est pas pour autant que je vais me mettre à faire cinq plats pour cinq personnes, même pas en rêve !

Énorme bisou les chouchous. À mercredi, mes chéris.

 

P.S. : Juste pour vous dire que mon tome 2 sort dans un mois, et que le compte à rebours va commencer ! Youhouuu !

P.S. nouveauté : Junes Davis ouvre le courrier du cœur où vous pourrez m’écrire sur tout ce qui vous tracasse, sur cherejunes@gmail.com. Je suis à votre disposition pour être votre amie virtuelle, c’est cent pour cent confidentiel. Allez-y, balancez-moi tous vos petits et grands tracas, je suis là pour vous. Gros bisous.

Quand ton mari fait de toi sa reine du Maroc (alors que c’était pas gagné !)
Quand ton mari fait de toi sa reine du Maroc (alors que c’était pas gagné !)
Quand ton mari fait de toi sa reine du Maroc (alors que c’était pas gagné !)

Partager cet article

Repost 0

Road trip au 770 !

Publié le par Junes Davis-Cohen

À la seconde où j’ai su que j’allais déménager à New York, j’ai noté dans mon top five des choses à faire, qu’il fallait ABSOLUMENT que je me rende à Brooklyn pour faire un tour au 770, la syna du Rabbi. Ayant fait toute ma scolarité dans une école loubavitch (Sinaï), je connais mes 12 psoukims par cœur. Chez moi, j’ai un exemplaire du Hitat/livre de prière, même si je suis plutôt Patah, et j’ai une boite de tsedaka/tirelire dans chacune de mes pièces, qui n’est pas en forme de cochon (vous imaginez, je serais un peu hors sujet !), mais en forme de Seven seventy justement !

C’est ainsi que dès mon arrivée sur l’île, je me suis renseignée pour le Brooklyn et tout le toutim, et l’on m’a dit :

– Le 770, ho la la, c’est super loin en métro, et le Ohel (le cimetière où est enterré le Rabbi), n’y pense même pas sans voiture. Il se trouve dans le Queens, à une heure environ de Manhattan, sur la route qui mène à l’aéroport ! Y a bien des navettes, mais c’est galère, faut regarder les horaires.

– Ah d’accord ! Alors c’est coton pour y aller toute seule, attends déjà que je me repère pour aller faire mes courses avec mon caddie de mamie. Je me laisse ça pour plus tard, lorsque mon cerveau sera sur Gps automatique New Yorkais.

Et puis, plus les jours passent, et plus mon top five se réduit petit à petit, pour laisser place à mon quotidien.

Alors, quand deux années plus tard, ma sœur Rebecca m’a dit : « Junes, je viens passer trois semaines chez toi », j’ai dit banco, la voilà, ma partenaire d’expédition !

À son arrivée, pour ne pas la brusquer, j'ai laissé Reb’ croquer un peu de la Grosse Pomme, et un matin, je lui demande de prendre son livre de psaumes, et hop, en métro Simone, direction le 770 ! Elle a dit OK, même si je n’aurais pas du rajouter le classique :

– On va demander une prière pour que tu te maries cette année, y a pas de raison !

Je vous épargne les  «mêle toi de ta vie !», «commence pas à me soûler», « je suis très bien comme ça», que je me suis pris en pleine tête (bien mérités !), et nous voilà partis ! Pour l’occase, je n’ai pas eu d’autre choix que d’embarquer mon fils avec nous, puisque quand sa tante est là, ils deviennent littéralement siamois. Ce qui me force en tant que mère juive (ou pas !) à arrêter d’être aussi jalouse, possessive, hargneuse face à leur complicité évidente, puisque j’en ai déduis que s’ils rient au même blagues (souvent à mes dépends) c’est qu'ils ont sûrement le même âge mental, Rebecca 29 et mon fils 9. Parfait !

Bref, on se tape toute la ligne de métro avec deux changements s’il vous plait, et après cinquante minutes, on sort enfin de la bouche du Subway, pour rester bouche bée devant la légendaire synagogue du Rabbi.

Mon fils me dit :

– C’est pas un magasin de jouets ici, vous m’avez dit qu’on allait dans un magasin de jouets, et que c’était ma journée fun !

– Du calme petit, si t’es sage, nous irons après.

Babababa, bien quand j’habitais encore à Clichy, et que j’ai vu le bâtiment sur des millions de clichés ça m'a fait tout bizarre de se retrouver devant. Il n’y a plus qu’à y rentrer !

Et c’est là que ça devient rockn’roll : dès que nous franchissons la porte du côté des femmes, il y a cinq, six dames, qui nous foncent droit dessus et nous demandent quelle langue nous parlons. Elles nous proposent : français/anglais/chinois/portugais/espagnol/italien/… stop, nous c’est le français, et une certaine Tanya avec un fort accent de je sais pas où nous dit:

– Suivez-moi !

Elle nous montre un siège au premier rang, mais ma sœur refuse de s'y assoir pour une question de principe car elle n’est pas une première de la classe, même si elle a de la classe, et on se pose une rangée derrière. 

Tanya en profite pour mettre dans les mains de mon fils un livre de téhilim/ psaumes. Elle lui demande son âge, et lui ordonne dans une mixture anglais/ français de lire :

– Toi, lis ça, miracle pour toi ! Avec la page ouverte qui correspond à son âge avec un an de plus.

Mon fils me râle dessus :

– Où tu m’as encore emmené maman ! Je préférais encore quand tu me trainais chez Zara de force. C’est quoi ici ?

Je ne réponds pas car Tanya le fait à ma place :

– Toi, petit, lis !

Et mon fils s’exécute sans dire un mot de plus. En vrai, je suis ravie parce que je me dis qu’un peu d’autorité et de spiritualité, cela ne lui fera pas de mal à celui-là!

La dame nous montre du balcon, la fameuse estrade où le Rabbi a divulgué ses merveilleux enseignements. Et c’est le choc, car ma sœur et moi crions en chœur que c’est tout petit. On en rajoute en disant qu’en vidéo ça avait l’air vachement plus grand !

Premier heurt pour Tanya (la pauvre, elle a pas fini avec nous !), qui le prend mal, et nous explique que :

– Ce n’est pas petit ! Savez-vous le nombre de gens qui venaient écouter le Rabbi ? Des millions ! Alors ne blasphémez pas !

Toutes confuses, on s’excuse auprès de notre guide du lieu, et j’en profite pour lui glisser que j’aimerais envoyer une lettre. C’est ma copine Nehama-Dina qui m’a informé de le faire une fois sur place. Tanya me regarde, et nous demande d’aller nous laver les mains. Elle nous désigne un lavabo dans un renfoncement, mais ma sœur proteste :

– Je dois le faire aussi même si elles sont propres ?

– On vient du métro, Rebecca, mais peut-être qu'avec le produit désinfectant que j’ai dans mon sac fera l’affaire !

Tanya s’agace et nous dit :

– Non, non, allez faire netilat/lavage de mains sans bénédiction, parce qu’on va écrire au Rabbi.

– Ah…OK. 

Et on s’exécute.

Tanya nous tend des feuilles blanches, et nous demande de noter nos demandes.

Le concept est simple, et tout le monde peut le faire : lorsque tu rédiges tes demandes ou tes questions, tu te concentres très fort. Tu prends cette même feuille, tu la glisses dans l’un des livres où sont répertoriées les millions de questions auxquelles le Rabbi a déjà répondu du temps de son vivant, et par le mérite de sa mémoire bénie, tu as la réponse qui correspond exactement à ta question. C’est magique !

J’informe Rebecca qu’il m’arrive de le faire en solo parfois à l’aide mon iPhone avec l’application Iguerot, ( ils sont forts ces loubavitch !).

Donc ma sœur et moi voulons commencer à noter nos requêtes, mais Tanya nous demande de dire à voix haute avant d’écrire:

«Vive le roi Méleh amachiah le Rabbi Ménahem Schneerson toujours vivant, descendant du roi David !»

Et là, on beugue !

Impossible de dire cette phrase : le rabbi#lemashiah#toujoursvivant#whatelse ?

Ma sœur et moi, on se regarde super gênées, et par télépathie de sœurs, on se demande comment on va faire pour ne pas encore heurter Tanya, qui m’a l’air un poil sensible sur le sujet, alors on réfléchit, et même en se forçant, il nous est impossible de répéter cette phrase.

Et vu que c’est moi la grande sœur des deux, je décide d’aller au turbin et d’annoncer à Tanya qu’on va pas pouvoir jouer le jeu :

– Hum hum…, je suis désolée, mais je ne peux pas répéter ta phrase, car elle n’est pas tout à fait juste.

Oh my god !

Oh boy !

Mais qu’est-ce que j’ai pas dit ! Je vois de la fureur dans ses yeux. La pauvre, j’ai dû encore la vexer en disant un truc qu’il ne fallait pas, car elle me hurle littéralement dessus, et m’affirme que le rabbi est TOUJOURS vivant, mais qu’avec mes petits yeux, je ne le voix pas.

– Oui, parce qu’il est décédé, comme ma grand-mère, mon grand-père, eux aussi, je les vois pas. Mille excuses Tanya, mais je ne peux pas répéter ta phrase.

Mais elle insiste, et insiste, cette phrase a l’air méga importante pour elle, et commence à la négocier :

– OK, je comprends, mais si tu la chantes ?

– Non !

– Tu la dis en hébreu !

– Non plus !

– En anglais !

– C’est pareil!

– Écris-la !

– Mais non à la fin !

– OK let’s make a deal ! Tu m’écris sur la feuille : « Vive le roi meleh

amachiah le Rabbi Menahem Schneerson descendant du roi David qui est vivant ! »

– Mais chérie, le roi David aussi est mort !

– Arrête de dire qu’ils sont morts ! Écris juste ta question, qu’on en finisse !

Ma sœur et moi posons nos petites questions, et glissons nos feuilles, on referme le livre, et hop le rabbi me donne des réponses par des métaphores à peine voilées à ce que j’ai demandé. À chaque fois, j’en suis toute émue, alors que pour ma sœur, l’explication la laisse de marbre :

– Dis moi, Junes, t’es sûre que ça marche ton truc ? Je vois pas le rapport avec ce que j’ai demandé !

– Fais un effort, tu veux te marier, oui ou mince ? Si le rabbi dit que tu dois devenir prof de Kodech* pour petits garçons pour trouver ton mazal, tu deviens prof de Kodech pour petits garçons, et tu trouveras ton mari dans le lot !

– Ça fait un peu pédophile dit comme ça, je crois pas que ce soit la bonne interprétation, tu crois que je peux le refaire ? On a le droit à combien de fois ?

Tanya nous regarde, tellement choquée par nos échanges, qu’on sent qu’il vaut mieux qu’on n’abuse pas trop de son temps, et que l’on déguerpisse au galop !

Pendant tout ce temps, mon fils, qui était resté bien silencieux, exploit inouï en neuf ans de vie, Il a lu bien plus que son propre tehilim, je précise que c’est la première fois de sa vie, et j’en remercie chaleureusement Tanya, ainsi que pour la patience qu’elle nous a consacré.

Ma sœur me demande si c’est comme au Kotel, où l’on doit sortir sans se retourner ! Je lui dis :

– Je crois pas, mais viens on fait plaisir à Tanya, et on le fait.

Sauf qu’elle nous prend juste pour des folles qui marchent à reculons, et se prennent tous les bancs dans les pieds !

Nous sommes à la porte de sortie, mais Tanya nous retient et nous sort de son sac jaune plastique le kit Rabbi, avec le porte-clé, (avec son portrait, du Rabbi, pas de Tanya ! ) un papier avec un sujet de la semaine (avec le portrait du Rabbi), un mini-magnet pour mettre sur le réfrigérateur (avec le visage du Rabbi), un badge, et un gâteau au miel ( ça se mange !) où une photo du…du….du….Rabbi est glissée dedans. En même temps, on est venues pour ça !

Elle nous demande un tip’s que l’on donne volontiers, alors pour plaisanter, moi qui n’ai jamais de monnaie, je lui demande si elle accepte les cartes bleues ou les chèques de banque, mais Tanya ne rigole pas.

Je cherche au fond du fond de mon sac, mais of corse, je n’en trouve pas, et inévitablement, je répands tout le contenu sur le sol du 770. (Purée on dirait celui de Mary Poppins, y a pas de fond !) et  je trouve enfin un vieux billet de 20 dollars qui était dans un endroit improbable, et le lui tends.

Juste avant de la quitter, et pour achever notre Tanya, Rebecca lui demande en toute innocence :

– Et sinon c’est où le KEVER (la tombe) du Rabbi ?

– LE OHEL ! ON DIT LE OHEL, PAS LE KEVER, CAR LE RABBI N’EST PAS MORT.

– OK, OK, je me renseignais, c’est tout, pas la peine de t’énerver !

Et nous rentrons sur Manhattan.

Ma sœur et mon fils se plaignent sur tout le chemin du retour qu’ils avaient un autre programme en tête pour leur journée fun, mais moi je reste silencieuse, pour réfléchir au message que le rabbi m’a laissé…

– T’en fais une tête, Junes, ça va ? Me demande ma sœur.

– Je réfléchis, c’est rien.

– Oui, c’est vrai, quand maman réfléchit, elle fait toujours une tête bizarre.

Papa dit que c’est parce que ça lui arrive pas souvent !

– Tu répètes vraiment tout comme un perroquet, mon neveu. Tu sais, t’es pas obligé de faire tout comme tes parents, tu peux aussi avoir ta propre personnalité.

– C’est quoi une personnalité ?

Etc.

J’ai bien conscience que pour Rebecca, c’est plus pour l’expérience, car depuis des années, elle suit à fond les ballons différents enseignements et particulièrement ceux du Rav Gay, qui lui convient très bien. Mais perso, j’ai un lien qui me relie au Rabbi, comme une sorte de fil rouge...

Car il y a deux célèbres phrases que je me suis collée sur mon ordi écrites sur un post-it rose fuchsia que je regarde systématiquement avant de répondre aux incroyables messages que vous m’écrivez chaque jour ( en passant merci de m’écrire, c’est l’un des mes plus gros kiffs de ma vie, la folle !) La première étant un booster : 

«Il n’y a pas de problèmes dans la vie, il n’y a que des défis à relever».

Et la deuxième qui est de la douceur à l’état pur :

«Hitler a cherché dans le monde chaque juif par haine, nous les rechercherons à notre tour par amour !»

Ce qui en dit long, très très long, sur le travail acharné de toute la vie du Rabbi. Alors non, Tanya, le Rabbi n’est pas mort, car ses enseignements ont toujours un impact aussi fort sur notre quotidien et tous niveaux de relige confondus, car le Rabbi aimait tout le monde sans exception, et c’est à nous d’essayer simplement de lui ressembler….

Sur ce, énorme bisous mes chéris. Je vous retrouve mercredi comme promis, pour mon histoire personnelle avec le Rabbi. À raconter obligé !

Glossaire:

Tehilims : Recueil de poèmes que le Roi David a écrit avec le souffle de D. La force des tehilims est infinie, vous pouvez les lire en français, en hébreu, en phonétique, comme vous pouvez, c’est vous qui voyez, mais qu’il est bon d’en lire un peu tous les jours (ça me ferait pas de mal de m’y remettre un de ces quatre, tiens !)

Prof de kodech : prof qui enseigne la Toarh, qui inclut plein de matières. 

Guemara: Livres écrits par des rabbins qui expliquent en détail de chez détail chaque mot de notre thora. C’est une étude plus masculine, car les explications ont été rédigées en fonction du cerveau masculin, mais nul n’empêche toute femme d’étudier cette matière, mais perso je trouve qu'il y en a des  beaucoup plus palpitantes pour nous. (le moussar, les lois du language, etc.)

Gaypride: rassemblement des gays pour revendiquer leurs droits.

Voilà ! Pour d’autres explications, n’hésitez pas à me contacter sur junesdavis55@gmail.com

Road trip au 770 !

Partager cet article

Repost 0

Junes, la Yoga girl et petits tracas.

Publié le par Junes Davis-Cohen

C’était un matin comme un autre sauf que… je me réveille toute bloquée du dos. C’est quoi cette affaire? Je me rends vite compte que je ne peux pas me brosser les dents sans pousser des hurlements. 

Bizarre, d’habitude, le mal de dos ne s’invite pas sans prévenir. Il se présente, envoie des mails remplis de picotements à la nuque. Il envoie un SMS aux lombaires, puis des whatsapp aux cervicales, mais en aucun cas, direct il te fonce dans le tas et te fait souffrir comme maintenant ! Le mieux, c’est de l’ignorer pour le moment, et d’essayer tant bien que mal (c’est le cas de l’écrire !) d’emmener mes enfants à l’école. 

Plus facile à dire qu’à faire, car rien que pour habiller les petits, c’est la mission popu. Entre les Aïe, les Oy et les Ouille, j’ai mon mari qui n’arrête pas me dire en boucle d’aller voir un ostéo/practéo/physio, en gros, toutes les professions qui se terminent en O, et au bout de la dixième fois, j’abdique, et je lui dis : 

– OK, OK, pas la peine de me le dire cent fois, j’ai compris ! 

– Je te connais, Junes, tu vas encore laisser trainer, et te trainer de partout. 

– Non, non, promis, je dépose tout le monde à son poste écolier, et je vais voir le docteur. Rassuré ? 

– Oui, mais tu t’en occupes, vraiment ! 

C’est vrai que beaucoup de conjoints ne supportent pas de voir leur femme pas en forme. Apparemment, c’est interdit dans la constitution de la vie à deux ! 

Donc, une fois ma première mission du jour accomplie, et malgré mon mal, je décide de me prendre un petit remontant dans mon Starbucks (genre, je suis proprio !). Sur le chemin du Star’, je tombe sur Haddie, american-mom, blonde californienne au courbes parfaites. Elle fait partie de ces femmes qui, par moins trois degrés, portent des Nike aux pieds ultra tendance, assorties à leur tapis de yoga, placé en évidence dans leur sac de sport qui ne les quitte jamais. Je la connais bien, parce que c’est la mère d’un copain de mon fils. Elle me fait une bise (attention, pas deux, comme à la française !), me demande où je vais, et propose de m’accompagner, car sa présentation vitrine n’est que dans quinze minutes. 

– Ta quoi ? 

– Ma présentation vitrine. Je suis sûre que tu as déjà vu des gens faire des démos de yoga en vitrine, dans les magasins de sport.

– Bien sûr ! On en voit partout dans Manhattan. Au début, ça m’avait choquée, mais maintenant, j’aime bien regarder les mouvements. 

– Exactement. Ça incite les clients à rentrer dans la boutique. C’est moi qui m’y colle ce matin, en plus des cours de Yoga que je donne cinq fois par semaine. 

– Ah super. (Sa race, j’ai trop mal !) 

Lorsque je pousse la porte du café, Haddie remarque que je grimace de douleur. Je lui explique que question dos, ça va pas fort ! Elle me conseille de m’inscrire à son cours, alors je lui explique : 

– No offense, j’ai essayé une fois, mais entre la vue sur des popotins, et une odeur forte de pieds avec laquelle je suis ressortie, franchement, j’ai pas kiffé ! 

– Tu as du suivre un cours de Bikram Yoga, qui n’a rien à voir avec ce que je fais. Moi, je te parle de mouvements qui te détendent de l’intérieur, et qui te redessinent le corps de l’extérieur. Vas y, touche comment je suis ferme du cuissot. 

Oh God ! Il est 8h10, meuf, j’ai mal à en crever, et j’ai pas envie de toucher ta cuisse, OK ? Je veux prendre mon café, filer chez le docteur, et me shooter aux antidouleurs, tu peux le comprendre copine ? Non, je crois pas qu’elle comprendrait, car en vrai, j’ai préféré lui dire : 

– Waouh you look amazing ! / Waouh c’est trop génial ! 

Là voilà toute contente de mes paroles, ce qui a dû la motiver à me sortir de son sac une sorte de jus vert à l’aspect visqueux, qui te donne envie de vomir, rien qu’en le voyant. Je n’ose même pas demander ce qu’il y a dedans, mais pas de panique, on va bientôt le savoir, puisque Haddie est en mode Pub pour le bio, et va tout nous expliquer : 

– Tu sais, Junes, tu ne devrais pas prendre toutes ces cochonneries, ce n’est pas bon pour ton body. Tu devrais faire comme moi, et te préparer des smoothies. Regarde, j’ai mixé des brocolis, de la salade verte, des épinards, du céleri. Cela te permet d’éliminer le gras et la cellulite ! 

J’ai l’impression d’être en plein enregistrement d’une émission avec l’une des mannequins du téléachat ! Tu sais, celle qui est en toute petite tenue, et qui te montre les abdos en béton qu’elle s’est sculptée en six semaines seulement ! Nous sommes interrompus par ma serveuse préférée qui me demande : 

– Comme d’hab’ Junes ? 

– Yes, mais tu me mets une double dose de crème chantilly steuplait, j’en ai besoin là !  

C’est bon, Haddie a failli tomber dans les pommes juste après que j’ai prononcé le mot double, mais l’américain n’aime pas se sentir vaincu, alors pendant que nous attendons mon cappu, Yoga girl décide d’un coup de sortir son tapis de yoga, et de l’installer à même le sol du Starbucks. 

Toute étonnée (et très gênée), je la questionne sur ce qu’elle fabrique, et elle me sort : 

– Je veux absolument te montrer les poses qui pourront te soulager le dos.

– Ah non non, je t’assure, c’est bon, regarde, je vais déjà mieux… mais… trop tard. 

La voilà qui s’étire comme pourrait le faire Gigi Hadid sur ses vidéos Instagram. Tous les clients ont les yeux rivés sur elle, et se marrent, ce qui est méga rare à New York, et particulièrement à Manhattan, car tu peux te promener avec une culotte sur la tête, tout le monde s’en fout. De honte, je la supplie de se relever : 

– Mais enfin, Junes, j’essaye juste de t’aider. 

– C’est trop gentil, j’ai compris, mais relève-toi, je suis connue ici ! 

Ce n’est qu’après cinq poses totalement hallucinantes, qu’elle consent à se lever pour me faire un « hug » en me disant le traditionnel : 

– Take care / Prends soin de toi. See you soon ! 

Je lui dis merci, prends ma boisson et sors enfin ! Sur le chemin, je décide d’appeler ma best friend forever Cohava, pour lui raconter ce qui vient de m’arriver. Coco est thérapeute de métier, qui guérit les maux par les mots. J’adore la nommer la guérisseuse de l’âme, mais ça fait un peu voyante, alors que ça n’a rien à voir ! Je lui raconte direct l’histoire avec Haddie, et elle commence à faire son enquête sur l’origine de mon mal de dos : 

– Donc tu t’es réveillée, et ça t’est venu d’un coup. 

– D’un coup, comme si j’avais une grosse pierre installée sur ma colonne vertébrale. 

– Mais sinon, tout va bien à la maison ? 

– Oui, oui, ça roule, ma poule, sauf qu’en ce moment, avec mon fils, le dialogue est moins fluide qu’avant. Pas plus tard que ce matin, j’ai dû lui dire 450 fois de mettre ses chaussures, mais ça doit être comme ça chez tout le monde, c’est rien, ça ! Ah oui, j’ai mon mari qui a un meeting super important today, mais je suis sûre que ça va aller. Ensuite, je dois préparer des costumes pour Hanoucka pour mes filles, d’ailleurs, fifille 1 a une otite, et on a pas dormi deux nuits d’affilée tellement elle avait mal, mais c’est rien, avec des antibios, ça va vite passer. Sinon, hier, j’ai reçu un message de quelqu’un qui m’a demandé une info, et qui m’a super mal répondu, c’est pas de sa faute, la personne devait être mal poilée. C’est trois fois rien ! Après, je me suis pris une sale réflexion de la dirlo de l’école, comme quoi faut arriver avant 8h00 ! Et au comble de mon bonheur, je me suis frittée avec une dame dans la rue, parce qu’elle me reprochait de prendre trop de place sur le trottoir (???), mais c’est rien en fait, et puis dès que j’ai fini le doc, j’ai encore dix mille choses, entre le ménage, le linge, préparer à manger, passer à la poste et compagnie, tu vois, rien de grave, ça va super bien ! 

– Et c’est tout ? 

– Oui, c’est tout. Ce que je viens de te dire, je ne considère ça en aucun cas comme des soucis, comparé à d’autres vies, c’est que du bonheur. Je n’ai pas le droit de me plaindre. 

– Mais tu ne te plains pas ! Tu sais, il y a des fois où c’est beaucoup à supporter pour une seule personne ! 

– Allons bon, on n’est pas des mauviettes ! Toutes les femmes du monde ont des quotidiens ultra chargés. Pense à celles qui ont en plus un boulot, avec la pression d’un boss, ou d’une collègue/connasse à affronter tous les jours, c’est rien, ce que je vis. Rien ! 

– Tu as le droit de dire que c’est dur parfois. 

– Ça va pas ou quoi ? Si moi j’admets que le rythme est prenant, que reste-t-il aux personnes qui ont des vrais soucis de couple, d’argent, de santé, moi, c’est pourri à côté ! 

– Non c’est pas pourri, car c’est ta vie ! Répète après moi : ça va pas, c’est trop, mais je vais aller mieux ! 

– Non ! 

– Dis-le !  

– Certainement pas ! 

– Dis-le ! 

– Mais arrête, c’est ridicule, tout va bien ! 

– ADMETS-LE, ou je prends un avion, et te force à le dire ! 

Je prends une grande respiration, et je lui dis les mots qu’elle veut entendre (pour mon bien) : 

– OK Coco, il m’arrive d’être stressée, angoissée pour mon mari, mes enfants, ma famille, les autres, mon blog, mon prochain livre. J’ai l’impression de ne jamais être à la hauteur. Parfois, je pense que je n’arriverai jamais à tout faire, et c’est DUR ! VOILÀ, C’EST SORTI ! Et… d’un coup, comme par magie… j’entend, un gros blong dans mon dos ! 

– Oh mon D. ! 

– Junes qu’est-ce qui se passe ? 

– Attends, c’est chelou Co, j’ai plus mal. Attends, c’est pas possible, je peux pas le croire…

– Qu’est-ce que je t’avais dit : il ne faut pas attendre qu’il arrive des choses graves ou des malheurs, pour dire que de temps en temps, ce n’est pas facile. On a tous le droit de souffler dans nos journées, en parlant à une amie, sa mère (note de J.D.: ça dépend des mères !), à une sœur, à un frère, à son mari (re-note de J.D.: ça dépend aussi du mari, n’oubliez jamais que dans le mariage, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous !), et ça repart, alors arrête de dire toujours que c’est rien, car c’est ta vie ! 

– Pas faux ma chérie, pas faux…

Alors mes amies, l’info vient de tomber, il est permis d’admettre que nous portons trop sur nos épaules (et notre dos) le poids de nos responsabilités. Rien n’est évident : élever ses enfants, être en paix avec son mari, sa famille, sa belle-famille, les amis, les relations extérieures. Essayer d’être la plus polie possible, gentille, respectueuse, posée, calme, en toutes circonstances, n’a rien de facile. Il est évident que nous ne sommes pas des pleureuses pisseuses, mais plutôt des gladiatrices, alors prenons ce droit de vider notre sac de temps en temps. Nous avons le droit de hurler un bon coup dans notre chambre ou de chanter comme des folles devant notre miroir, de se lâcher complètement, car ça fait du bien, et on en a besoin !  Pour ne pas attendre que votre corps vous dise stop, ma boite mail Junesdavis55@gmail.com est à votre disposition, pour partager vos tracas ! 

Une Junes Davis qui aimerait prendre tous les soucis du monde sur ses épaules, mais vu la taille, ça va pas le faire, alors autant juste en papoter. Je vous embrasse fort fort. Bon lundi ! 

 PS : Pour contacter ma Best Friend Forever Myriam Ben alias Cohava, demandez moi son numéro en mp

ainsi que son blog : http://bien-etre-pour-tous.com

Junes, la Yoga girl et petits tracas.

Partager cet article

Repost 0

Elijah l'homme qui ne voulait pas partir!

Publié le par Junes Davis-Cohen

 

Ce mardi était un jour férié national, pour cause d'élections du futur président des États-Unis. Toutes les écoles du pays étaient fermées. La veille, je ne pétais pas spécialement le feu, car je me remettais d’une bonne grippe. Oui, je sais, je sais, c’est bizarre, mais ça arrive que les mamans soient fatiguées de temps en temps, même si les seules personnes qui s’en rendent compte : c’est vous, et le spray nasal !

Prenant mon courage à deux mains et des vitamines, je me motive pour emmener ma marmaille dehors, gambader, puis déjeuner. Au fur et à mesure de la matinée, j’ai plusieurs mamans en galère comme moi qui me demandent, si elles peuvent déposer leurs enfants pour jouer, afin d’occuper la journée… Attends, attends, laisse-moi faire mon (mauvais) calcul, si chaque enfant est occupé avec un friend, je vais pouvoir ME REPOSER ! Mais oui, c'est sur ! 

Dans tes rêves ma grosse ! 

À peine rentrés, j’entends mon fils qui invite des copains à passer, il m’informe dans la foulée que ses amis arrivent.

Quelques minutes plus tard, je suis dans ma chambre, et j’entends des voix, dont celle d’Elijah, américain, P.D.G d’une société de je sais pas quoi… qui accessoirement est censé déposer ses fils… et partir ! Au bout de cinq minutes, j'entends toujours sa voix (forte !), et décide de me lever, pour voir ce qu’il se passeTout étonnée, je découvre Elijah assis dans mon salon. Gloups ! 

C’est bizarre, en général, quand les papas déposent leurs gosses, ils détalent comme des lapins ! Pile à ce moment là, j’ai plusieurs mamans à la chaine qui déposent à leur tour leurs enfants, et repartent, sauf… Elijah, qui est toujours là. Par politesse, je papote vite fait avec lui, et conclus :

– Si tu veux, tu peux y aller (et te lever de mon canapé !), avec plaisir, je surveille tout ce petit monde !  Mais je reste estomaquée, quand il me sort :


– Non, je suis bien, là ! 

– Sorry ?

Ne m'écoutant pas, il sort son ordi, son portable, et me demande si j'ai un chargeur pour brancher le tout. 

Choquée, je lui réponds : 

– Euh....non, désolée, mais je suis sûre que si tu rentres chez toi, tu dois en avoir un !

On peut pas faire plus clair, non, même si en lui disant cela c'est moi qui suis gênée, un comble ! Mon fils qui passait par là, et qui est trop sympa, surtout quand on lui a rien demandé, lui fait un grand sourire et lui dit : 

– Tu veux un chargeur ? Bouge pas, je vais te le chercher ! 

Mon D., je vais l'éclater ce gosse, attends que ce papa s'en aille ! Au bout de quinze minutes, durant lesquelles le type a l'air bien à l'aise, je suis de plus en plus embarrassée. Prenant une grande respiration, et une volonté qui n’est pas de fer, je retourne le voir (je m'étais planquée dans ma cuisine ), et lui sors : 

– Elijah, I am so sorry, you must leave/ Elijah, je suis désolée, mais tu dois partir !

Il me regarde, met le doigt en l’air, genre attends je te mets en suspens, et décroche son téléphone, grrrr… mais, c’est pas possible ! En fond sonore, les enfants courent de partout,  crient, s'amusent, et j'entends que mon visiteur arrête sa conversation, agacé, et demande à la ronde : 

– Please, please guys, shut up ! S'il vous plaît les enfants, taisez-vous ! Je suis en train de faire un deal important ! 

Non mais je rêve ! Là c’est trop, coûte que coûte, il faut qu'il dégage. J’attends qu'il raccroche, et demande discretos aux enfants de faire encore plus de bruit. Comme quand t’es au tel, et que tu sais pas comment faire pour raccrocher, et que tu te mets à pincer ton enfant pour qu’il pleure afin de mettre fin à cet appel. 

Comment ? Personne ne fait ça ? Je plaisantais évidement, je n'ai JAMAIS fait ca de ma vie, voyons ! Ah ! Il a finit sa conversation, je me précipite pour lui dire que : je « l'invite » à aller dans le lobby de mon immeuble pour bosser tranquille, et qu'il doit partir ! 

– Non merci (il a du retenir que le mot je t'invite !), mais je préfère rester ici, c'est plus simple pour moi. Au fait, elle est où ta télécommande, je voudrais suivre l'évolution des élections à la télé. 

En mentant comme une arracheuse de dents, je lui sors que j'ai un problème de câble, pour ne pas pêter un câble ! Mon fils (encore lui) lui apporte la télécommande, et me demande en français : qu’est-ce que t’as aujourd'hui à ne rien vouloir prêter ?

OMG ! Je vais pas m’en sortir ! J’entends dans la foulée Elijah qui me demande un truc à boire ! Ah non alors, si je lui sers un truc, il va croire que je suis contente qu’il soit là, dans MON salon, sur MON fauteuil, avec MA télécommande. Et vas-y que je l'entends zapper, zapper, je suis en mode choc par tant de sans-gêne ! Mais d’un coup, sans crier gare, je vois apparaitre ma grand-mère paternelle marocaine qui me lance un regard ultra-réprobateur : 

Elle m’explique que je lui fait honte à ne pas proposer un thé à la menthe à ce Roi, non pas du Maroc, mais d’une autre contrée lointaine. Je lui explique que je ne veux pas envoyer de mauvais signaux, et veux prendre ma grand-mère dans mes bras tellement elle m’a manqué, mais à notre contact, il se passe un truc bizarre, mémé prend possession de mon corps (pareil que dans Ghost avec Patrick Swayze, trop bon ce film !)  

Et là, je perds le contrôle de moi-même : je me vois prendre la théière dans le placard. Mon D. qu’est ce qui m'arrive ? Je ne veux pas, mais je ne maîtrise plus mes mains, elles avancent toutes seules pour appuyer sur la bouilloire, et mettre l'eau à chauffer! Je veux crier un : « lâche-moi mémé », mais je sens qu'elles ont pris possession de mon corps. Elles ? Oui, je sens toute une génération de grands-mères marocaines qui me mettent la pression pour recevoir ce visiteur ! Je me regarde prendre la menthe dans le frigo ! J’ai beau dire à ma grand-mère qu'il faut qu'elle sorte, car la seule chose que je veux, c'est qu'Elijah se tire de chez moi ! Mais non, je suis spectatrice de mes actes, et je suis en train de prendre les verres à thé, les poser sur la table avec des vieux gâteaux secs, histoire de prouver que je ne suis pas du tout d'accord avec tout ce qui se passe. Elijah ne mérite pas ma nouvelle fournée de cookies !

En arrêtant de lutter, je propose malgré moi au père des copains de mon fils, s’il veut du sucre dans son thé (Non, mémé, cela ne se fait plus de mettre de force du sucre dans le thé des gens. De nos jours, les gens choisissent leur destin et leurs sucrettes !). Elijah me fixe, moi avec la cuillère en l’air, et j’attends sa réponse, il réfléchit … réfléchit… encore et encore… mais purée, c’est pas un appart que t’es en train d’acheter, mec, c’est juste pour savoir si tu veux du sucre ! Dépêche-toi ou JE VAIS VRAIMENT TE FOUTRE DEHORS !

En attendant sa réponse, j’ai mon autre grand-mère maternelle qui débarque et me fait sursauter ! Elle non plus n’a pas l’air contente de me voir. Elle me demande : 

– Junes, qu’est-ce que tu fais ? 

– Je sers du thé, tu vois bien ! 

– Est-ce que tu crois vraiment que c’est comme ça que je t’ai éduquée ? Est-ce que tu penses qu’avec mon caractère, un type aurait osé s’inviter chez moi ? 

– Ah non, ça c'est certain ! Mais mémé, j’ai essayé de lui faire comprendre, mais il veut pas décoller. 

– Ma fille, tu me le décolles, sinon c’est moi qui vais t’en coller une ! Fais marcher ton cerveau ! 

– Mémé, j'ai honte, après il va dire à tout le monde que je l'ai jeté de chez moi, que je l'ai mal reçu, et que... mais j'entends Elijah qui me demande si mon sucre est "gluten free", car il y est allergique ! C’était la phrase de trop… Mémé a raison ! La patience de Junes Davis est vide ! D’un coup sec, j’éteins la télé, et je supprime le visage d’Hillary, et avec une idée qui m’est venue à l’esprit surement grâce à celui de mémé : 

– Elijah, ta femme vient d’appeler, il faut que tu rentres, tout de suite ! 

C'est le signal, Eurêka ! D’un bon, comme s’il avait reçu une décharge électrique, il prend ses affaires, dit à ses fils qu’il faut qu’ils rentrent, et en deux deux, les voilà partis ! Fiouffff… je m'en suis enfin sortie, au bout d'une heure tente quand même !

Je sais ce que vous vous dites, comme ma grand-mère d'ailleurs :  

– Non mais vraiment, il n'y a qu'à Junes à qui arrive ce genre de situation, un truc comme ça, cela ne risquerait pas d'arriver chez moi ! Un coup de pied au derrière, et ça dégage. C'est inconcevable, impensable, et ça se dit religieuse en plus... non mais je te jure… Et pourtant mes amis, religieuse ou pas, il arrive que parfois, par peur de blesser l’autre, on n'arrive pas à être encore plus mal élevé que celui qui est en face de nous. 

Tout en m’endormant ce soir là, je me suis demandée comment j’allais travailler ce trait de caractère que nous qualifierons de mou ! Le changement, c’est maintenant ! Oui, mais comment faire ? Où puiser la force de changer ? En regardant la photo de mes deux grands-mères, qui me manquent un peu plus chaque jour,  j’ai pris conscience que je pourrai y arriver, en m’inspirant au quotidien de leur incroyable personnalité : pour l’une, sa qualité d’hôtesse exceptionnelle, et pour l’autre, son caractère, qui était la joie de vivre incarnée, la spontanéité, de femme forte qui a eu mille vies en une vie. J’ai eu la chance d’écouter ses merveilleuses histoires de son vivant, qui m’ont laissé l’un des plus beaux héritages au monde, alors pour qu’elle soit fière de moi, à moi de jouer !

Je dédie ces quelques mots aux mémoires bénies de toutes nos mamies qui nous ont quitté trop tôt ! Amen !  

Je vous embrase mes amours, que vos journées soient ponctuées de rires, et de fous rires ! Qu’on envoie le stress sur les roses, que nous cueillerons volontiers pour faire de jolis bouquets ! Big Kisses

Elijah l'homme qui ne voulait pas partir!
Elijah l'homme qui ne voulait pas partir!
Elijah l'homme qui ne voulait pas partir!

Publié dans humour, maman, americain, amour, glamour

Partager cet article

Repost 0

Pouvons-nous être amis avec les américains, ou juste des potes 🇺🇸 ?

Publié le par Junes Davis-Cohen

S’il y a bien une question que l’on m’a posée beaucoup de fois depuis que je suis arrivée à New New, c’est bien celle-là : 

– Junes, depuis le temps que t’es là, est-ce que tu t’es fait des amies américaines ? 

Alors ça, c’est vraiment une bonne question, ce qui me fait penser aussi à tous ceux qui ont fait leur Alya, car on doit leur poser la même. 

Sans vouloir faire la fille asociale, snob, pas sympa, je me suis vite rendue compte que les américaines et nous, les francophones, évoluons dans deux sphères totalement différentes, qui ne se croisent qu’à de rares occasions de la journée :  à la sortie de l’école, au Starbucks du coin, ou encore aux réunions parents/élèves. Il nous arrive de nous saluer, et même de papoter par-ci par-là, mais appelons-nous cela vraiment des amies ? Point du tout, mon chou ! Des copines, à la limite, mais pour la plupart, je les mettrais dans la catégorie de : connaissance régulière !

Déjà, pour plusieurs raisons évidentes : nous n’avons pas du tout les mêmes références culturelles !

– Gad Elmaleh, you know ? 

– Gad Qui ? 

Michkin, le Gad, ça fait six mois qu’il est là avec son spectacle à faire le tour de Manhattan, pour s’entendre dire : Gad who ?

Vas y Gadou, on est tous avec toi ! Lâche rien ! 

Ou quand l’américaine de base te demande d’un ton surexcité :

– T’as prévu quoi pour Thanksgiving ? 

– Aucune idée, c’est dans une semaine, j’ai le temps. 

– T’es folle ! Moi, ça fait six mois que j’ai déjà tout prévu. 

– Ah ! 

Ne parlons même pas de l’humour, qui n’a rien à voir ! Et croyez-moi sur parole, ou plutôt sur chronique, c’est pas faute d’avoir essayé deux cent fois de les traduire, et à chaque fois, je dois leur expliquer pendant trois heures la blague, qui n’était en réalité qu’une simple blagounette. 

Mais le moment où tu ne peux plus te défiler, et où tu te dois de faire vraiment des efforts sociaux avec ces gueuses en leggings/ baskets/ casquette, c’est lorsque les enfants veulent se voir pour jouer chez toi. Et là, deux options s’offrent à nous :

1) le drop-off : tu déposes ton enfant, et tu reviens le chercher deux heures après. Papotage très limité, et efficace !  

Ou :

 le 2) Le stay : tu restes avec ton enfant pendant toute la durée de la playdate, pour être sûre que ça va bien se passer.

Perso, je vois pas l’intérêt de rester avec ton kid, pour le regarder jouer, à part si la maman est une bonne amie à toi, alors là, c’est différent, j’appelle ça : le coup double ! 

Donc, c’est tout naturellement que pendant les vacances, j’invite les amis de mes enfants à jouer. Je combine tout à la même heure, comme ça il n’y a pas de jaloux, car chez les Davis c’est : pas trop de liberté, beaucoup d’égalité, et autant que possible, de la fraternité ! Me voilà à gérer six enfants à la fois, mais pas que…

Je me suis mise d’accord avec deux mamans, pour qu’elles me déposent leur mouflets et mouflettes respectifs, la troisième est un peu en retard, ce qui me laisse le temps de finir ma pâte à crêpes. Entre temps je reçois un sms de sa part qui va chambouler mon programme : Lorel me demande si je veux boire un truc, parce qu’elle est au Starbucks, et veut me ramener une boisson chaude. Trop sympa cette maman, je sens que l’on va bien s’entendre ! 

Dix minutes plus tard, elle sonne à ma porte avec sa petite poupée, et nous sommes six personnes à l’accueillir, dont trois de mes gosses. Innocemment, Lorel me demande s’ils sont tous à moi (really ? Même le roux à lunettes ? Come on !). 

On commence à s’échanger des infos de base. On boit nos boissons, elle me raconte un peu sa vie avec une fluidité de folie, et j’en déduis qu’elle va … rester !

Tiens, c’est sympa, peut-être que j’ai trouvé enfin une nouvelle étoile amicale ? Qui sait, ce serait formidable. Mon jukebox de chansons se met direct en marche comme à chaque fois que je fais connaissance avec quelqu’un, et j’entends le refrain :  « un roman d’amitié qui commence entre nous deux » de Elsa. Plus on discute, plus je suis ravie, ça change de clip dans ma tête, vient la chanson  «  Je suis ton meilleur ami » avec le génie de la lampe d’Aladdin, mais le problème, c’est que ça bifurque directement sur « Ce rêve bleu » de Daniel Lévi et Karine Costa, hymne officiel des chalalas de Paris, année 92 ! Alors je me rebranche vite sur la question qu’elle me pose : 

– Et sinon tu viens d’où ?

– Paris ! 

– Ah nice. C’est où Paris ? 

– En France, ma jolie !

– C’est où la France ? 

– .....En Europe. 

– Je connais, une fois j’ai du faire escale en Pologne ! 

– … OK. 

Mais va savoir pourquoi, j’ai besoin de lui dire qu’avant de venir à New York, j’ai vécu six ans à Genève. 

- Junes, on t’a déjà dit cent fois, que t’étais pas obligée de raconter TOUTE ta vie d’un coup, tu peux aussi laisser un peu de mystère, ça va pas te tuer ! En plus, tu vois bien que la meuf, elle s’en sort pas question géo, t’es dûre, quand même ! 

– Eh oh ! À sa décharge, est-ce que je connais les cinquante États des États-Unis d’Amérique, moi ? Non, alors on laisse la chance au produit amical, et n’oublie pas qu’elle m’a ramené à boire. 

– Toi et tes maudits Starbucks, tu m’énerves ! 

En fond sonore dans ma tête, je sais pas pourquoi, d’un coup, j’ai la chanson de Richard Cocciante qui s’enclenche : « J’ai attrapé un coup de soleil » n’importe quoi, c’est n’importe quoi ! Pour couvrir cette chanson qui ne veut rien dire, je commence à lui raconter mon expérience genevoise (des fois je me soûle moi-même à répéter les mêmes choses, encore et encore). Elle m’arrête avec sa main, tout en sirotant son iced coffee à la paille, et me dit : 

– Wait, wait, first, where is Geneva ? /Attends, attends, d’abord, c’est où Genève? 

– En Suisse. In Switzerland, you know. 

– C’est où la Suisse ? Jamais entendu parler.  

– Pas de panique, ça doit être mon accent, désolée ! 

Je répète quatre fois de suite le mot, avec des accents de plus en plus bizarres, et elle me dit toujours, le regard vide :

– Non, je te jure, je n’en ai jamais entendu parler !

Je lui dis que ce n’est impossible, c’est sûr qu’elle connait, y a pas moyen ! Je me mets à lui balancer des mots clés comme si on jouait à Pictionnary, mais elle me répond à chaque fois : 

– I have no idea What country are you taking about ? Je n’en ai aucune idée. De quel pays tu parles ? Toujours avec sa paille  en bouche. Pleine d’énergie, je lui dis en rafale : 

– Seconde guerre mondiale ! 

– No

– Spoliation ! 

– No !

– Secret bancaire !

– Nothing! 

– Drapeau blanc ! 

– No idea. 

Rien, aucun mot ne lui évoque le moindre indice sur le pays où j’ai résidé pensant six longues années. Je balance comme si ma vie en dépendait, en folle que je suis, les mots : chocolat/montre/luxe… pour faire ressortir le jus de culture générale que cette américaine a en elle. Je sais que c’est quelque part dans son cerveau, y a plus qu’à le faire remonter à la surface ! C’est évident qu’elle a déjà entendu parler de la SUISSE ! C’EST SUR ! Y A PAS MOYEN !

Junes calme-toi ! Il y a ta crêpe qui brûle à force de regarder sur google translate tous les mots compliqués ! Et fais gaffe à ton portable aussi, ce serait dommage d’y foutre le feu, ça coûte cher ! 

Mais pourquoi je prends la tête à cette pauvre femme, qui est venue déposer sa fille pour une playdate. Ça doit être de la voir avec sa paille et son iced coffee qui m’énerve ! Après quinze minutes sur le sujet, et quinze crêpes plus tard, (une minute par crêpe, joli score !) l’américaine me demande : 

– Et sinon, tes enfants, à quelle heure tu les couches ? 

– Ils sont réglés comme des horloges SUISSES : 8h30 ! 

– Ah d’accord. Et sinon, tu vas voter qui, Trump ou Hillary ?

– Je ne peux pas voter, je ne suis pas encore citizen.

Il va falloir que je reste zen si je veux me faire des vraies amies dans ce pays. Ne me sentant pas vaincue pour autant (la fille qui lâche pas !), je tente une blague sur la guerre de sécession entre le nord et le sud, si jamais c’est TRUMP qui gagne, et que ce serait dommage de vivre une guerre civile ! 

Elle rigole, et me demande comment je connais tout ça. 

– Bah....je connais quoi ! 

Et c’est là que je me dis comme une évidence, que nous, en tant que français, nous avons étés bercés par la culture américaine, mais eux, pas du tout. Prenons exemple sur les jeux olympiques à la télé, les américains ne montrent que les performances des sportifs américains ! Alors, j’ai eu une révélation pendant que le génie de la lampe repartait dans sa lampe justement. J’ai compris que l’américain aime l’américain ! Il connait l’histoire de son pays, et c’est déjà pas mal, car le reste, il s’en tape !

Donc à la question de savoir si on peut être ami avec des américains, de toute évidence sûrement, car je me suis fait des tas d’amies francophones ici, mais je pense qu’au-delà des frontières (Suisse) culturelles, lorsque l’on trouve un ami, c’est quand on a la sensation que la folie de l’autre nous parait tout à fait normale, et ce n’est pas évident à trouver dans un pays étranger (ou pas !). Alors, si un jour j’ai l’opportunité de croiser une potentielle amie américaine, je saurai que je peux partager bien plus qu’un iced coffee avec elle !

Je vous embrasse fort mes chéris ! 

Ps : J'en profite pour vous écrire que j'ai finis mon tome 2, il est en correction !!! Youhouuuuuu !!!

xoxo Juju D. 

Pouvons-nous être amis avec les américains, ou juste des potes �� ?
Pouvons-nous être amis avec les américains, ou juste des potes �� ?
Pouvons-nous être amis avec les américains, ou juste des potes �� ?
Pouvons-nous être amis avec les américains, ou juste des potes �� ?

Partager cet article

Repost 0

chapter 2: Le grand retour d’ultra bright!

Publié le par Junes Davis-Cohen

Dans moins de 4 jours, ce sera le mariage de mon amie Barbara.

Le jour d’après, j’ai promis de lui préparer son cheva brahot. Mon mari a péniblement accepté le fait que ma cousine Melissa se ramène du Canada à la même période: elle vient quand je ne suis pas là, je viens quand elle n’est pas là, c’est clair?? Très clair. Fiouffff, on a eu chaud! Le jonglage des concessions est devenu un art que l’on retrouve dans la tête et dans le cœur des mamans* !!!!

Le mieux, c’est que je commence par faire mes courses. Allez hop, je prend ma liste et ma trottinette (charriez pas, j’ai une peur bleue des grosses roues!) et je fonce vers Fairway (le casino!). Mais avant tout début de journée où le soleil vient de se lever, je vais aller retrouver mon ami le Starbucks!!!

Au moment où je pousse les portes, je me dis : Dis donc, y a vachement de monde ce matin. Paf, quelqu’un me bouscule sans s'excuser, (mal élevé!), et mon sac se répand de son contenu par terre. Allez, mets-toi à quatre pattes, (classe!), pour remettre vite les papiers de kinder country (vides), et les tickets de caisse qui datent de trois mois.... mais une main charitable se mêle de mes affaires, (c’est le cas de le dire) et m’aide à ramasser mon bazar. Je suis des yeux la main, le bras et le visage eh oh, oh, mais je le reconnais ce visage, c’est Livy dit Ultra-bright. Mazette qu’est-ce qu'elle fait là??? Dans mon Starbucks??? (T’es devenue proprio??? Façon de parler....) Ça fait des semaines que j’essaye de la contacter et la voilà par terre avec moi:

- Hi Livy, ça va? Tu te rappelles de moi???

- Hi, of course, comment tu vas Junes? So good to see you (Franchement, je n’ai jamais compris cette phrase, c’est trop bon de te voir, male, femelle, animaux, cette phrase est utilisée n’importe comment....). Anyway, je réfléchis à 100 à l’heure pour l’inviter délicatement à mon chéva brahot pour qu’elle revoie son ex Pearl Harbor, et les remettre ensemble. Mais comment éviter qu’elle sente le traquenard?? Bon, je me jette à l’eau:

- Moi aussi, trop contente de te voir, alors qu’est-ce qui t’amène dans le coin?

- Je devais récupérer un papier.

- Ah super! (M′en fou) ça va la vie? Tu fais quoi lundi soir prochain? J’organise une fête pour une amie, ça te dit de venir? Y’aura plein de célibs. (Faux, il y aura 1 célib, Pearl, mais chuuut c’est notre secret).

- Oui je veux bien, c’est super sympa, merci, mais je ne suis pas célib!

- Comment? (Gloubs, j’ai du louper un épisode, remarque avec des dents pareilles.....)

- Je veux bien venir à ton cheveux de truc là, mais à une condition:

- Euh...... laquelle ?

- On n’a pas eu le temps de développer ton histoire avec ton mari. Je veux savoir comment tu savais que c’était lui l′homme de ta vie. Comment au bout de deux mois tu as dit oui? Si tu me racontes un bout de toute ton histoire, je serai enchantée de venir.

- Tu serais pas journaliste d’investigation amoureuse, toi, par hasard? Parce que tu me poursuis un peu!!!!

- Come on, en cinq minutes, deal?

- Là maintenant? Au starbucks avec mon thé ? Mais j’ai mes courses à faire!!!

- Please! (comment dire non???).

- Ok deal, mais juste le temps que le thé arrête de me bruler la glotte.

Donc, on prend place sur deux tabourets Starbukiens!!!

- OK, alors raconte moi votre premier rendez vous.

- Fine:

Quelques jours après la fête organisée par Shoshana Boutboul, j’avais le post-it griffonné et froissé avec le numéro de Micka intégré dans ma main. J’appelle ? J’appelle pas? J’appelle? J’appelle pas? Je l’ai déjà rattrapé dans la cuisine, je ne vais pas en plus l’appeler... Laisse tomber, on verra dans trois jours. (La fameuse règle de 3, absolument idiote où tu peux mourir d’impatience entre temps!!!!!! Tu vas vérifier 34567893467 fois si le téléphone fonctionne, et hélas, 34567893467 fois il marchera.....). Mais deux jours après, contre toute attente, mon téléphone sonne et affiche un numéro que je connais maintenant par cœur. Mon cœur fait un bond en avant, et je veux appuyer sur le bouton vert, direct. (Attends au moins trois sonneries, parce que ça fait chacal sinon! Mais je suis une chacal!!!! Oui, mais il n’est pas obligé de le savoir tout de suite!) Ok, je réponds (l’air détaché n’oublie pas!!!!)

- Allô ? Bonjour c’est qui??? (C’est quoi cette voix???? Tu as avalé un téléphone rose au petit déj????)

- Salut, c’est Micka, je sais pas si tu te souviens de moi. On s’était vus à l’anniv de je sais plus qui?

-.... Micka.... Laisse moi voir, (mytho même une arracheuse de dents s’y prend mieux que toi!!!!) Ah oui, je me rappelle, ça va?

- Ça va, super. Non, en fait, pas vraiment. Je pensais avec l'espoir infini que tu allais m’appeler, mais tu ne l’as pas fait, alors j'ai du demander au copain de la cousine de mon oncle pour avoir ton number Miss Junes! Ouffff, on se détend et on arrête de prendre sa voix de pétasse!!!! Ça te dit d′aller au resto avec moi, demain soir?? Direct demain soir??? Il perd pas de temps (ça aurait du te mettre la puce à l’oreille!)

- Je sais pas, faut que je vois.

- Allez, dis oui Junes, dis oui, j’en serai enchanté. N’empêche, ça fait du bien d′avoir quelqu′un de spontané, et qui m’a l’air sincère.

- Bon d’accord, à demain, tu viens me chercher?

- Je sais pas, je t’envoie l’adresse par texto du resto, trop hâte de te revoir à demain. Bonne nuit princesse.

Babababababab le « princesse » me rend toute chose, toute souriante jusqu’aux oreilles. Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens spéciale pour la première fois de ma vie. Bon, comment je vais m’habiller pour demain??? N’ayant pas fermé l’œil de la nuit (Le « qu’est-ce que je vais mettre demain » me hantera jusqu’à 4:00 du mat'!). Je penserai à Micka toute la journée, nerveuse et heureuse à la fois, au travail, je serai une loque, voir carrément une épave....T’emballe pas, poussin, ce n’est qu′une première date!

Le soir à 7:00 pile. Je suis prête comme une cocotte. Nous avons rendez vous à 8:00 pm au Tibb’s (seul et unique restaurant cacher qu’il connaît, et m’amènera boire un verre au Pré dans la foulée, on est en 2006 les copines, souvenez vous!!!!). J’attends 7:30-8:00-8:30 toujours pas de voiture de Micka, ça y est, je pleure, et je vais me mettre la tête dans le four de ma mère, il viendra pas, mais d’abord je vais lui dire deux mots à celui là.

- Allô, c’est sympa de prévenir que t’annules!

- Mais de quoi tu parles? Ça fait 30 minutes que je t’attends. T’es où?

- Tu devais pas venir me chercher??

- Tout doux princesse, (Le revoilà, le princesse!!!!!) je ne suis pas encore ton chevalier, alors tu te débrouilles pour venir. Je t’attends, et il raccroche. Attends que je vienne à cheval que je le piétine. Dans la foulée, j’appelle taxi G7 et sur le chemin j’appellerai mon amie, ma fidèle compagnonne les massages de Rivka. Je pesterai au téléphone contre lui pendant les 25 minutes de trajet. ‟Je te préviens Sandrine, c’est la première et la dernière fois que je le vois, non mais quel toupet!!!!!″ Je vais lui apprendre les bonnes manières, moi!!!!! (Mais D. a beaucoup d’humour et Sandrine aussi!). Alors j’arrive bien remontée comme la cocotte que je suis justement, prête à pester contre........ Mais je le vois devant le tibb’s avec un bouquet de fleurs à la main et un sourire à vous faire fondre tous vos préjugés de princesse .... Il m’embarque dans une table très en retrait, me dit : tu prend ce que tu veux. C’est moi qui t’invite. Merci, une salade s’il vous plait (j′aurai trop peur de manger la salade parce qu’après coup, j’aurai la trouille qu’un bout de salade reste coincé entre mes dents!!! L’horreur!!!).

Le thème du repas sera déballage de mes exs pour lui et analyse de son cerveau pour moi, j’aurai le droit à des millions de relations amoureuses, la preuve en textos et en image!!!!!

- L’addition s’il vous plait?

- Pourquoi l’addition? T’es pas bien avec moi??? Je parle trop, c′est ca???Je t’explique tout ca, parce que je veux être clair avec toi. Surtout que je ne veux plus jamais en reparler. Je suis tout neuf pour toi. Je crois que j’ai eu le coup de foudre pour vous Mademoiselle Junes, je ne veux plus vous quitter. Viens, on va boire un verre je connais un endroit sympa.... etc ...etc....

- Voila, la suite tu la connais. Faut que j’aille faire mes courses chez fairway mais tu as promis, Livy, tu viens, tu tiens parole!!!!!

Je retrouve une Livy toute rêveuse, et me fait un câlin avec un « promis je viendrai !! Merci pour ton histoire, en t’écoutant je retrouve des idées plus nettes. Je retrouve l’espoir, que l’amour peut être aussi simple et rapide. » (Je lui dis que je pense que c’est une question de mazal et que c’est Hashem qui décide de tout ? Non non, tu lui dis rien, elle risque de pas venir. Alors je vous l’écris à vous, et vous avez le droit de le dire à tout le monde)

Et c’est ainsi que mardi soir j’accueillerai mes invités dont Ultra Bright, cousine Melissa, Pearl avec une énorme, mais quoi???? Une monstrueuse choucroute (cachère évidemment!!!!!) qu′il me tarde de vous décrire........À mercredi pour la recette pour endormir les enfants

*Association pour aider les familles en difficultés en Israel.

Publié dans humour, amour

Partager cet article

Repost 0