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3 articles avec deborahmalka-cohen

Le UBER-OUT de Junes Davis

Publié le par Junes Davis-Cohen

Comme je vous l’ai écrit lundi, il m’est arrivé une histoire assez incroyable lors de mon dernier voyage parisien.

Ce jour-là, j’avais commandé un Uber en toute insouciance.

Quand mon chauffeur, du nom d’Abdel (c’est indiqué), arrive à ma hauteur, je lui donne mon nom de code pour confirmer que je suis bien la bonne cliente, et je m’installe tranquillement dans la voiture.

Je dois me rendre à Boissy-Saint-Léger, pour aller rejoindre ma magnifique Agnès de l’association Lev Tov, qui a inauguré il y a peu leur supermarché réservé à une certaine catégorie de personnes.

Je sais que je vous ai dit, euh… mille fois que je suis leur marraine, mais je suis tellement fière qu’ils m’aient choisie que je le re-crie sur tous les réseaux sociaux !

Madame Waze nous informe que nous en avons pour un bout de temps (1h30). Au bout de quelques secondes, j’hésite entre profiter du trajet pour faire un petit somme (il est 4h du mat’ dans ma tête avec le décalage horaire) et tripoter mon portable, mais je sens qu’Abdel veut taper la discut’. Il me raconte qu’il est chauffeur de taxi depuis quinze ans, et qu’il adore son boulot.

– Super ! (Je peux dormir, maintenant ?)

Apparemment non ! De porte en porte sur le périph, il continue de me faire la conversation (pour ma sieste-express, c’est officiellement mort, et impossible de lire mon tel qui ne fait que clignoter depuis tout à l’heure ! Je sens qu’il va encore me faire la tête et dire que je le délaisse ! Ça lui fera les pieds tiens, parce qu’il doit comprendre que lorsqu'une personne me parle, je ne peux pas m’occuper de lui, car c’est MAL ÉLEVÉ !)

J’écoute A. d’une oreille… il m’informe qu’il est marié, et qu’il a deux enfants en bas âge (chaque fois qu’on me dit « Marié deux enfants », je pense automatiquement à la série, et j’ai le générique dans ma tête pour toute la journée). Il me raconte qu’il habite dans l’Oise, et pour faire style je m’intéresse, je lui demande :

– C’est dans le 95, non ?

– Ah non Madame. C’est dans le 60.

Même pas honte de pas connaitre mes départements ! Enfin si... un peu…

On papote de la France, de Le Pen, de Macron, Flamby, Sarko, les saletés d’automobilistes pas sympas, et du ramadan. Car le Abdel a la dalle, et se plaint qu’en été, c’est vachement dur de tenir! (Je lui dis que nous, on a kippour ? Non, on va la jouer discrète pour une fois, et laisser un peu de mystère !)

Il se retourne, et me demande en quelle classe je suis :

– Allons Abdel, faites un effort, regardez mieux dans vos rétros !

– Ah mais vous n’avez pas 18 ans ?

– Si, mais pas depuis 18 ans.

Il calcule… voilà… c’est bien… ça monte au cerveau, et 5,4,3,2,1 envoyé Smith :

– Vous avez 36 ans alors ?

– Bravo, le compte est bon ! Ta ta ta (le jingle des chiffres et des lettres retentit dans ma tête!)

Il me demande ce que je fais dans la vie.

Je lui raconte mes salades sans trop m’étaler, bien que j’aimerais bien littéralement m’étaler sur la banquette pour DORMIR. Il trouve qu’une maman qui écrit des histoires, c’est pas banal, ça :

– L’essentiel Madame, c’est de ne pas trop en faire ni d'en avoir, hein?

– Oui, tout à fait.

Puis, spontanément, je lui demande :

– Sinon, ça va vous, la vie ?

Pourquoi ? POURQUOI j’ai posé cette question ! Je pense que pour le bien de la planète, il faudrait juste une bonne fois pour toutes me couper la langue, pour en être définitivement débarrassé ( si ça arrive, c’est pas grave, je pourrais toujours écrire ).

Et là, il se confie, mais en version non-censurée :

– C’est marrant que vous me posiez la question, parce je ne vais pas bien. Je sens qu’avec vous, je peux tout dire. (Ah bon? Mais non, je crois pas !). Je vais te dire ce qui va pas madame…

Abdel m’explique que ce matin, il a reçu une lettre de son avocat, qui lui indiquait que son ex-femme lui réclamait encore de l’argent. Ils ont été mariés pendant 17 ans. Du jour au lendemain, elle l’a fichu à la porte, en changeant toutes les serrures de la maison pour l’empêcher de rentrer. Elle lui a aussi interdit de revoir leurs trois enfants.

Solidarité féminine oblige, je lui demande s’il ne l’a pas violentée, parce que pour qu’une femme réagisse de la sorte, c’est qu’elle voulait se protéger de lui (du coup, j’étais pas méga rassurée d’être en tête à tête dans sa voiture en rase campagne, gloups !)

Il me jure sur le Coran (Eux aussi font ça ? Trop marrant !) qu’il n’a jamais levé la main sur qui que ce soit. Que oui, il y avait beaucoup de disputes, mais comme dans tous les couples. Le souci, c’est que lorsque sa femme a changé les serrures, Abdel est devenu… SDF… pendant six mois. Il m’explique cette horrible tranche de vie qui l’a mis plus bas que terre, voire presque sous terre, parce qu’il voulait mourir. Il me raconte ses nuits passées dans sa voiture dans un froid polaire. Il me décrit la peur de ne pas avoir assez pour manger, de se faire tuer… en gros, l’horreur… Seule ma question (aussi pragmatique que débile) vient troubler son récit poignant :

– Comment vous faisiez pour vous brosser les dents, le matin ?

– Tu sais, Madame, dans ces cas-là, tu penses pas trop à te brosser les dents. Tu penses à survivre heure après heure.

Il me donne les détails de comment il a remonté la pente sociale. Il a continué d’exercer malgré sa situation catastrophique, et puis soudain, il s’essuie les yeux… au début discrètement, puis de plus en plus. Faut dire que moi aussi je n’en mène pas large, car d’imaginer un si gentil Monsieur (si, si, il est trop gentil) sans maison, sans foyer m’a fendu le cœur. (Non mais j’ai la larme facile aussi…)

En pleurs, il continue de me raconter comment il a rencontré sa nouvelle femme, et combien ils sont très heureux dans leur petit appartement et leurs deux petits choux.

Mais… et c’est le mais qui va vraiment faire craquer Abdel. La sorcière (son ex-femme) veut sa peau, et a juré sa perte. Elle lui réclame des millions, et a même cherché à parler avec sa nouvelle femme (Géraldine) pour qu’elle le quitte à son tour. Géraldine tient bon car elle l’aime. 

Il fond littéralement en larmes, au point de ne plus pouvoir conduire, se gare sur le bas-côté, et craque complètement ! Je vis en live un UBER-OUT !

Devant tant d’émotion et de souffrance, je l’accompagne dans ses pleurs. Sa douleur me bouleverse (mais qu’est-ce que je m’en tape en vrai ! Faut que je me reprenne, là !). Abdel s’excuse, essuie ses larmes. Je sais pas pourquoi, mon instinct me dit qu’il est sincère, et que je dois l’aider, même si on ne doit plus jamais se revoir :

– Écoutez Abdel, je comprends ce que vous ressentez. Vous avez su vous battre quand vous étiez à la rue, sans rien ! Il faut que vous continuiez à vous battre, et que vous trouviez la force de faire la paix avec votre ex-femme. C’est sûr que vous ne l’avez jamais frappée, on est d’accord ?

– Jamais Madame, jamais !

– Alors demandez à D. de vous donner cette force, et essayez de comprendre pourquoi votre femme vous en veut autant ! Je sais pas moi, peut-être qu’elle a eu des problèmes avec son père, dans son enfance ? Reprenez contact avec vos enfants !

– Je sais pas, j’ai peur, j’ai vraiment peur qu’ils me rejettent.

– C’est normal d’avoir peur, mais chaque fois que vous prendrez vos deux petits derniers dans vos bras, vous n’aurez plus peur. Vous vous êtes reconstruit une nouvelle vie, et vos enfants sont la récompense de vos efforts. Allez, soyez encore plus fort, je sais que vous en êtes capable !

Il pleure encore pendant de longues minutes, se mouche, et redémarre. C’est dans le silence qu’on arrive devant Lev Tov. Vient le moment gênant où je lui dis au revoir. Je lui dis que quand il aura des doutes, il pensera à notre discussion, et je serai avec lui par le cœur (faut vraiment un jour que j’arrête de faire ça, et que je m’occupe de mes oignons !). Il prend ma valise du coffre, me dit merci, et s’en va.

Chelou le mec…

Pendant plus de 1h30, je passe un moment délicieux avec notre Agnès nationale. Elle m’explique le fonctionnement du supermarché Lev Tov, qui se trouve près de Lev Parc, et je suis toujours autant fascinée par leurs actions. Par la même occasion, je rencontre le directeur, Monsieur Mendy Attal. On me propose un thé, dans une ambiance travailleuse et merveilleuse. Et il est l’heure pour moi de rentrer. Je vais pour appeler un autre UBER, mais qui je vois sur le bas-côté qui m’a attendu tout ce temps dans sa voiture ? Abdel !

Il me sourit, et me dit qu’il sera mon chauffeur pour le reste de la journée, et c’est ce qu’il a fait ! Le soir, en me déposant, il me donne son numéro pour que je l’appelle au cas où j’ai besoin de lui pour m’emmener à l’aéroport ! Je m’inquiète et me demande combien tout ceci va me coûter, car il n’a pas mis le compteur. Je sors les billets de mon sac, et lui demande si c’est ok pour le prix.

– Je ne te prendrai pas un centime. C’est avec le cœur que tu m’as payé aujourd’hui. Je sais que tu es juive. Mon D. et ton D. sont les mêmes. Tu m’as prouvé que nous les musulmans, nous devons vous aimer les juifs, car vous êtes bons. Madame qui écrit des histoires, la seule façon de me remercier, c’est de rentrer chez toi, et d’écrire la nôtre. Dis à ton peuple que beaucoup de musulmans vous aiment. Merci de m’avoir écouté, merci de m’avoir redonné la force. J’espère qu’un jour, tout le monde s’entraidera comme tu l’as fait pour moi. (Ça va, faut pas exagérer non plus !)

Avant de démarrer, je lui offre quelques boulous de chez Charles traiteur, avec une citronnade pour casser le ramadan (mon mari m’a éclaté la tronche parce que c’était pour lui, la citronnade !). Abdel m’a serré fort les mains, et a démarré en criant :

Que D. Bénisse les juifs du monde entier, Madame ! Je concluerai par AMEN. 

Je vous retrouve la semaine prochaine avec les dernières chroniques de la saison. Je ne sais pas encore si La vie déjantée d’une mère juive à New York reviendra en septembre. Je vous tiendrai au courant. Je vous embrasse. 

 

Déborah Malka-Cohen, auteure de: La vie déjantée de Junes Davis. Tome 1 et 2. Disponible sur Junesdavis.com

Le UBER-OUT de Junes Davis
Le UBER-OUT de Junes Davis

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Mon chabbat à Brooklyn : mini story d’une manhatannienne évadée de la grosse pomme.

Publié le par Junes Davis-Cohen

Déjà, il a fallu trainer le roi du Maroc hors de son royaume pour un weekend, et ça, c’était pas gagné:

 

– Comment ça, on va passer chabbat à Brooklyn chez ta copine Lyvnat pour assister à la bar mitsva du fils d’Elijah ? (*voir chronique de lundi: Elijah qui fête la bar mitsva de son fils*). Hors de questions que je bouge de chez moi, c’est clair ?

 

Bon bah… je savais d’avance que c’était mal barré, mais je ne pensais pas à ce point là. Heureusement que j’avais une vieille carte joker qui trainait dans mon sac, que j’ai décidé d’utiliser maintenant parce que je voulais vraiment passer le weekend à Brooklyn. Je gardais en tête que si ce n’était pas suffisant, j’allais demander à Elijah d’appeler himself Micka pour le convaincre de bouger. (Comme quand on était petit, et que l’on demandait à sa copine de faire appeler sa mère pour convaincre la notre de nous laisser aller dormir chez elle. C’est le même système, sauf qu’on change de personnage, et qu’on a vingt ans de plus !)

Heureusement, je n’ai pas eu besoin d’avoir recours à ce stratagème, car l’avantage d’avoir des enfants plus grands, (hormis celui d’avoir baby-sitting gratos), c’est qu’ils ont une sacrée tendance à se mêler de tout tout le temps !

Alors quand Ethan est arrivé pour supplier son Roi de père… il a cédé ! Yes ! Il a accepté de laisser son trône vide pour une nuit, et non deux comme je l’aurais voulu (faut pas pousser, l’artiste !):

– Une seule nuit, Junes, on est d’accord ? 

– Mais oui, promis. On partira dès le samedi soir, juste après la sortie des trois étoiles.

– OK, mais imagine que la bouffe ne soit pas bonne ?

– Ma copine m’a dit qu’elle avait pris un traiteur.

– D’accord, mais imagine que les invités soient tous des gros relous ?

– On sera soixante, et comme je bâtis toute ma vie sur de l’optimisme à toute

épreuve, je me dis que sur le lot de gens, y aura au moins une ou deux personnes sympas.

– Possible, mais imagine qu’on m’oblige à me rendre à la syna tout le temps ?

– Ça te fera du crédit pour le jour du grand pardon. C’est bon ?

– Mouais…

Hourra ! Mes petites gens font la fête, et vont directement préparer leurs affaires.

– C’est pas tout…

– Quoi encore ?

– Il y a intérêt a ce que ce que la nourriture soit bonne, sinon je t’entiendrai pour entière responsable !

– Cela va de soi ! Et si Rogue a tué Dumbledore, dans Harry Potter, c’est tout autant de ma faute !

 

Le vendredi, je vérifie une fois de plus les affaires avec cette drôle d’impression de partir en colonie de vacances… et c’est top !

Abigail, la mère du Bar mitsva, qui a toute sa famille à Brooklyn, me conseille vivement de partir avant 15h00, car la circulation entre Manhattan et Brooklyn est pourrie. Le problème, c’est que j’ai tendance à ne pas écouter les conseils (avisés) que l’on me donne, et j’ai préféré attendre mon homme et partir tous ensemble à 17h, pour arriver in extremis à 19h03 à Brooklyn.

Nous voilà arrivés chez Lyvnat (méga, mais méga relige, genre plus, c’est bizarre), qui nous héberge gentiment dans sa maison (hyper jolie !).

À peine on décharge les mini-valises, que le mari de Lyv entraine directement mon homme à la syna et qui grogne :

– Ça commence, allez…

Je sens que je vais prendre cher à la maison !

 

S’ensuit un vendredi soir classique, sauf que ce n’est pas un traiteur que mon amie a pris comme je le croyais, mais une chef cuisinière marocaine, qui répond au doux prénom de Jamila (scoop en fin de chronique).

C’était juste délicieux, et je me suis mise à rêver que j’en avais une comme ça chez moi, qui serait dans ma cuisine en train de me préparer des moufletas (des crêpes) pour le petit dej… que c’est bon de rêver…

 

Pendant tout le repas, il y aura une ribambelle de voisins, qui ne feront qu’entrer et sortir de chez mes hôtes, pour souhaiter chabbat chalom, et accessoirement emprunter de l’eau, du sel, du sucre (ils ne font pas les courses ?). Grosse ambiance, quoi !

 

Mon empereur était ravi, et les enfants aussi, mais ce que je tenais à vous écrire aujourd’hui, ce n’est pas seulement mon expérience de vivre (hormis famille/belle-famille) mon chabbat ailleurs que chez moi, pour atterrir chez des gens extraordinaire de générosité, mais plutôt ce que j’ai vécu le samedi matin:

À Brooklyn, dans le quartier où j'étais, pour aller à la syna de la famille du Bar-Mitsva, il y a une très longue avenue que beaucoup de juifs empruntent tous à la même heure.

Ce qui choque, c’est de voir les ultra-orthodoxes qui se dirigent vers leurs synagogues respectives et les joggeuses juives, qui se croisent et se souhaitent mutuellement:

– Chabbat chalom.

Le contraste entre les deux milieux est assez flagrant et déstabilisant pour une femme comme moi, qui se situe entre ces deux mondes.

D’après ce que Lyvnat m’a expliqué, ces dames qui appartiennent à l’importante communauté des Syriens, qui habitent depuis plusieurs générations à Brooklyn, sont elles-mêmes respectueuses du chabbat, et ont demandé une autorisation spéciale pour continuer à jogger même le samedi matin, pour ne pas interrompre leur entrainement de la semaine.

 

*Note de l’auteur inappropriée et langue de vipère: *

C’est pas pour dire, mais moi je les ai bien observées, les gueuses, et croyez-moi, il n’y avait pas que des minces ! Je ne comprends pas, si elles font du sport tous les jours, samedi compris, elles devraient avoir des corps en béton, non ?

Ma remarque est tellement pertinente et constructive, que je vais aller la jeter directement au vide à ordures le plus proche.

Avec toutes nos excuses pour la gène occasionnée. La direction du Blog de la vie déjantée d’une mère juive a New York City.

 

En somme, j’ai vu deux mondes, le religieux et le moins religieux, qui ne se souciaient pas de savoir ce que chacun faisait, (en même temps, c’est pas compliqué !), ils se souhaitaient mutuellement ce fameux: Chabbat

Chalom, qui contient le mot: Chalom/Paix.

C’est cette paix intérieure, et cette harmonie assez spectaculaire, que j’ai ressenties pendant tout ce trajet, et qui m’ont renforcée dans mes idéaux qu’un monde de paix et de respect, du moins dans notre communauté, est tout simplement possible.

À chacun de revêtir l’habit avec lequel il se sent le mieux, sans regarder l’autre de façon dédaigneuse ou haineuse.

 

C’est pour cette raison que je ne pourrai pas vivre à Brooklyn, car il y a un risque que je ne puisse définitivement plus partir des États-Unis. Je me perdrai à penser que c’est pareil que de vivre en Israël, alors qu’Israël reste Israël, et ne ressemble à aucun pays au monde, puisque c’est le notre. 

Je vous envoie des bisous gonflés d’harmonie. Je vous embrasse, à lundi.

 

Scoop sur Junes Davis:

Mes parents m’ont donné comme deuxième prénom, le même que celui de la cuisinière de Lyvnat. C’est vrai en plus, mais chuuuut, j’assume pas du tout.

 

Pour commander mes livres de la collection: La vie déjantée de Junes Davis. Tome 1 et 2 sur junesdavis.com

Mon chabbat à Brooklyn : mini story d’une manhatannienne évadée de la grosse pomme.
Mon chabbat à Brooklyn : mini story d’une manhatannienne évadée de la grosse pomme.

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Les erreurs à éviter pour être une belle-mère au top !

Publié le par Junes Davis-Cohen

 

J’ai remarqué que s’il y a un sujet bien tendu dans ce monde, c’est : Les belles-mères !

Prenez n’importe quelle belle-fille au hasard dans la rue en bas de chez vous, ou une que vous avez sous la main. Lancez rien que ces trois petits mots, et vous verrez qu’elle aura forcément quelque chose à dire sur la mère de son amoureux. Il est vrai que l’on ne peut ignorer celle qui a porté, élevé, travaillé pour le compte de celui que nous avons élu: homme de notre vie !

 

Rien qu’en étant en couple avec leurs fils, nous récoltons un peu la graine prête à la consommation que ces mamans se sont galérées à planter et à arroser tous les jours. Nous devrions justement en prendre avec nous, car un jour, nous les belles-filles, nous devrons à notre tour laisser nos petits quitter le nid pour construire le leur avec une autre, et ainsi de suite.

En attendant, est-ce que tout cela est juste ?

Certainement pas ! C’est juste dans l’ordre des choses, mais en aucun cas, les belles-filles ne doivent payer le prix fort de cette lamentable injustice.

 

Alors après une enquête très poussée (j’ai demandé à ma sœur et à ma cousine ! Désolée, j’ai pas trouvé mieux comme témoin, tout le monde est hyper occupé en ce moment! ), on peut clairement distinguer deux catégories de belles-filles, il y a :

 

les chanceuses :

– La mère de mon mari, c’est un bonbon, un vrai bonheur, une douceur de femme, t’as pas idée. Elle est trop sympa/ trop gentille / trop serviable etc.

Certaines vont même jusqu’à affirmer qu’elles ont des rapports beaucoup plus harmonieux qu’avec leur propre mère !

 

Et puis il y a les autres…

Je pourrai écrire carrément un livre rien que pour la deuxième catégorie de B.F., mais il faut absolument que je commence à rédiger mon troisième tome. Du coup, je n’ai pas le temps de me lancer dans un nouveau projet, et pour être honnête, je ne sais pas si un jour je pourrai finir cet essai, car il y a tellement de choses à dire que j’en aurai au mieux jusqu’à mes 120 ans, et encore…

Je ne vais jamais plus loin que l’âge de 120, car je considère qu’à ce stade, même le botox ne peut plus faire grand-chose !

Mais rien ne m’empêche d’agir aujourd’hui, et de noter pour toute une génération de belles-mères (la fille qui rêve), les principales erreurs à éviter pour être une belle-mère au top !

C’est vrai quoi, c’est pas de leur faute, si personne n’a jamais vraiment pris le temps de leur donner une feuille de route pour éviter que les belles-filles les DÉTESTENT !

 

Je commence tout de suite par le commencement, avec les présentations officielles :

Mesdames, quand votre fils vous présente sa fiancée : prière de ne pas tirer une tronche de trois pieds, car cela va se voir sur les albums photos familiaux, et croyez-moi, des années après, ça saute encore aux yeux ! Alors souriez, vous êtes selfisées.

 

Les préparatifs du mariage :

Tout ce qui concerne votre belle-fille, ne dites pas un mot, ne prononcez pas la moindre criti…Comment ? Mais non, vous ne pouvez pas lui dire qu’elle n’est qu’une petite gâtée pourrie qui voit tout en grand, et qu’elle va vite redescendre sur terre, sinon vous allez tout péter dans ce mariage ! Mieux vaut ne rien dire.

Même combat si vous trouvez le choix de sa robe pourri (en même temps, si c’est une pourrie gâtée, c’est pas étonnant !). On ne se mêle pas non plus ! Si c’est le kiff de la petite, même mauvais, c’est le kiff de la petite ! Le best, c’est d’attendre qu’elle vous sollicite clairement comme:

– Bonjour, belle-maman, cela me ferait très plaisir si vous veniez assister à l’essayage final de ma robe de mariée. Merci.

Avec ce genre de phrase, vous êtes sûre de ne pas vous planter.

 

Le jour de l’accouchement :

Il est clair que nous sommes toutes très très contentes lorsque nos familles respectives viennent nous rendre visite à la maternité. Que dis-je ? C’est un grand honneur que beau-papa, belle-maman, et beau-frérot fassent le déplacement pour ce jour si grand qu’est la naissance de nos mini-nous, mais… oui, il y a un « mais », un insignifiant point vient noircir le tableau idyllique de cette journée bénie : il n’est nullement nécessaire de rester TOUTE la journée au chevet de la jeune accouchée. Cela peut sembler étrange, mais certaines jeunes mamans qui doivent allaiter bébé par exemple, peuvent trouver la situation un peu inconfortable, et je ne parle pas de la position du coussin d’allaitement, mes amis !

Je rajouterai que lorsque l’on vient d’accoucher, c’est pas la Top Santé ! Oui, oui comme le magazine.

Donc venir voir le bébé, oui ! Tenir un peu compagnie, oui ! Mais même quand on aime, il faut vraiment savoir partir…

 

Le fils qui se dispute avec sa femme et qui se pointe chez vous:

L’accueillir à bras ouverts, en sachant pertinemment qu’il a la tête de celui qui vient de s’embrouiller avec sa moitié. Le prendre dans ses bras tout contre soi, en donnant le sentiment d’avoir retrouvé un fils qui revient de la guerre !

Laissez-moi voir comment juger votre réaction poliment : ÇA VA PAS LA TÊTE ! ÊTES VOUS TOMBÉS DESSUS ? Que votre fils se comporte comme un enfant de cinq ans qui se réfugie dans les jupes/pantalons de sa mère (tout dépend de votre niveau de tsniout), oui, mais que vous l’acceptiez, ça non !

On lui ferme gentiment la porte au nez, ou on lui donne un bon coup de pied au derrière, et on le renvoie chez sa femme pour qu’il règle ses problèmes de couple ! En agissant ainsi, ça évite à votre belle-fille d’avoir une raison (de plus ?) de vous détester, et de rendre votre garçon, un homme, un vrai, qui ne fuit pas ses problèmes !

 

L’éducation des enfants : Attention danger ! Chien méchant ! Terrain miné !

J’imagine qu’il doit être très difficile de ne pas se mêler de l’éducation de ses petits enfants quand on est une mamie. Surtout quand on pense que sa belle-fille les éduque n’importe comment ! Que faire alors ?

Hum, hum… rien ! Quitte à vous mordre la langue jusqu’à saigner, car votre belle-fille doit être déjà bien contrariée d’avoir du reprendre son enfant en public (vous êtes son public), mais en plus, la maman sait pertinemment que son enfant exagère justement parce que mamie est dans le coin ! Pitié s’il vous plait, ne profitez pas d’un moment de faiblesse de votre B-F pour l’achever de conseils, déjà qu’elle se sent mal. C’est pas que l’on s’en fiche mais… si, on s’en fiche royal (Barrière), en fat. Tiens, je me ferais bien un petit weekend à Deauville, moi). De plus, de source sûre (les tantes sont souvent des grosses balances !), nous avons su que votre expérience éducative est souvent déformée par le temps ! On vient de nous confirmer que lorsque vous vous doriez la pilule (que vous avez prise !), vous étiez la première à laisser sans pitié vos enfants au baby club ! Alors pas de salades aujourd’hui, mesdames. Vous aussi, vous avez été jeunes avant nous !

 

Se déplacer uniquement s’il y a une circoncision : no comment !

Chaque fois que j’entends ça, j’ai envie d’aller sur la place de la République, et taguer : « Sa race, sa mère… » et partir en courant…

Je confirme que j’aurais pu être celui qui a mis la tutu-skirt à la statuette, un jour où j’en aurais eu vraiment marre de cette honteuse mentalité.

 

Prendre sa B-F pour sa B.F.F : et vas-y que ça clope ensemble, et vas-y que ça papote, que ça critique…

Avoir une belle-mère rock'n’roll, c’est top, mais avoir une belle-mère qui se met à raconter plein d’anecdotes sur son fils (votre mari, accessoirement) c’est chaud ! Elle peut s’oublier, et se mettre à raconter les détails bien honteux de l’adolescence de son garçon. Ce qui devient nettement moins fun, c’est quand sa langue bien fourchue fourche sur le cv amoureux, et balance le nom de celle qui a brisé le cœur de son fils : Amandine ! No way ! C’est cette même Amandine qui vous a présenté votre époux, en omettant de vous dire le principal ! Vous imaginez le carnage pour le couple : mensonge, trahison, séparation… bref, la totale !

Allez belle-maman, clopez-moi cette cigarette ailleurs, et puis… arrêtez de cloper tout court ! Il est temps de passer à la cigarette électronique, qui fait beaucoup plus chic !

 

L’éducation (bis) :

Aller contre l’avis des parents en cachette (franchement, à votre âge, faire des cachotteries, est-ce bien raisonnable ?) :

– Bien sûr, mon petit sucre d’orge, que mamie va te donner ce sucre d’orge !

– Mais Paulette, il a des caries, et le dentiste a précisé qu’il devait éviter de manger trop de sucreries.

– Ne commencez pas, Salomé ! L’éducation, c’est à la maison ! Ici, c’est chez moi, et Alexandre Junior est le Roi !

– Oui, parce que Mamie est gentille, et maman est méchante !

Et paf ! Dans ta tronche, méchante maman qui essaye de protéger les dents de son fils.

 

Oh et puis mince ! Après tout, soyez comme vous voulez à la fin ! Juste, ne vous vexez pas quand votre belle-fille vous fait une remarque sur un truc que vous faites qui la dérange. C’est pas évident, pour elle, d’apprendre tous ces nouveaux codes familiaux. C’est pas facile de passer derrière une maman aussi exceptionnelle que vous, essayez d’être indulgente !

 

Je souligne que la nouvelle génération de belles-filles, n’est pas en reste non plus. Niveau caractère, il y en a certaines qui sont de belles pièces de bœuf. Les petites n’hésitent plus à montrer les crocs si on les enquiquine un peu trop. Elles n’hésitent plus à le faire savoir, et limite maltraitent leurs belles-mères en abusant et réabusant de leur gentillesse :

– Jeanne, vous me gardez les enfants de 9h à 9h du soir, s’il vous plait ! Maintenant qu’ils sont chez vous, c’est mieux qu’ils dorment carrément avec vous ! Ça m’arrange. Bisous.

Ou encore

– Belle-maman, on vient ce weekend. Comment ça, vous aviez prévu quelque chose ? Comment ? Vous refusez de voir vos petits enfants, c’est ça ? Très bien, je vais devoir leur dire que leur mamie préfère aller voir sa mère malade à l’hôpital plutôt que nous recevoir ! Si vous continuez Martine, vous ne verrez plus du tout vos petits enfants, c’est clair ?

 

L’idéal serait de se dire les choses avec un respect mutuel, car nous n’avons pas signé de contrat qui stipule que les belles-mères et les belles-filles doivent s’aimer à tout prix. En revanche, le respect est obligatoire, n’est-ce pas jeune demoiselle ?

N’oublie jamais que ces femmes que tu traites de folles à longueur de temps sont des mères avant tout. Et ça, ma chérie, entre mamans, on ne peut qu’arriver à se comprendre. Si seulement chacune fait l’effort de vivre en bonne intelligence, qui sait, peut-être même qu’un jour vous pourriez toutes les deux aller vous faire une séance d’UV…

Mais ma parole, t’as vraiment rien compris, toi !

Retourne au paragraphe de ne pas être amie avec sa belle-mère… c’est pas vrai, nom de D. ! On se tue à écrire des chroniques, et personne ne prend le temps de lire tout correctement. Pas étonnant qu’après il y ait tant d’histoires, faut lire aussi…

 

Je vous embrasse les belles ( et les beaux), et vous souhaite une entente cordiale et chaleureuse entre vous, ce qui me donne envie d’écrire sur la relation exceptionnelle qu’entretenaient Naomi et Ruth, faut que je vois si j’ai le temps de vous la poster. Gros bisous

PS : Si vous n’avez pas encore commandé mes tomes 1 et 2, vous pouvez le faire sur junesdavis.com, rubrique: l’Exode ou La Genèse. 

 

Les erreurs à éviter pour être une belle-mère au top !
Les erreurs à éviter pour être une belle-mère au top !
Les erreurs à éviter pour être une belle-mère au top !

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