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2 articles avec dejantee

Le UBER-OUT de Junes Davis

Publié le par Junes Davis-Cohen

Comme je vous l’ai écrit lundi, il m’est arrivé une histoire assez incroyable lors de mon dernier voyage parisien.

Ce jour-là, j’avais commandé un Uber en toute insouciance.

Quand mon chauffeur, du nom d’Abdel (c’est indiqué), arrive à ma hauteur, je lui donne mon nom de code pour confirmer que je suis bien la bonne cliente, et je m’installe tranquillement dans la voiture.

Je dois me rendre à Boissy-Saint-Léger, pour aller rejoindre ma magnifique Agnès de l’association Lev Tov, qui a inauguré il y a peu leur supermarché réservé à une certaine catégorie de personnes.

Je sais que je vous ai dit, euh… mille fois que je suis leur marraine, mais je suis tellement fière qu’ils m’aient choisie que je le re-crie sur tous les réseaux sociaux !

Madame Waze nous informe que nous en avons pour un bout de temps (1h30). Au bout de quelques secondes, j’hésite entre profiter du trajet pour faire un petit somme (il est 4h du mat’ dans ma tête avec le décalage horaire) et tripoter mon portable, mais je sens qu’Abdel veut taper la discut’. Il me raconte qu’il est chauffeur de taxi depuis quinze ans, et qu’il adore son boulot.

– Super ! (Je peux dormir, maintenant ?)

Apparemment non ! De porte en porte sur le périph, il continue de me faire la conversation (pour ma sieste-express, c’est officiellement mort, et impossible de lire mon tel qui ne fait que clignoter depuis tout à l’heure ! Je sens qu’il va encore me faire la tête et dire que je le délaisse ! Ça lui fera les pieds tiens, parce qu’il doit comprendre que lorsqu'une personne me parle, je ne peux pas m’occuper de lui, car c’est MAL ÉLEVÉ !)

J’écoute A. d’une oreille… il m’informe qu’il est marié, et qu’il a deux enfants en bas âge (chaque fois qu’on me dit « Marié deux enfants », je pense automatiquement à la série, et j’ai le générique dans ma tête pour toute la journée). Il me raconte qu’il habite dans l’Oise, et pour faire style je m’intéresse, je lui demande :

– C’est dans le 95, non ?

– Ah non Madame. C’est dans le 60.

Même pas honte de pas connaitre mes départements ! Enfin si... un peu…

On papote de la France, de Le Pen, de Macron, Flamby, Sarko, les saletés d’automobilistes pas sympas, et du ramadan. Car le Abdel a la dalle, et se plaint qu’en été, c’est vachement dur de tenir! (Je lui dis que nous, on a kippour ? Non, on va la jouer discrète pour une fois, et laisser un peu de mystère !)

Il se retourne, et me demande en quelle classe je suis :

– Allons Abdel, faites un effort, regardez mieux dans vos rétros !

– Ah mais vous n’avez pas 18 ans ?

– Si, mais pas depuis 18 ans.

Il calcule… voilà… c’est bien… ça monte au cerveau, et 5,4,3,2,1 envoyé Smith :

– Vous avez 36 ans alors ?

– Bravo, le compte est bon ! Ta ta ta (le jingle des chiffres et des lettres retentit dans ma tête!)

Il me demande ce que je fais dans la vie.

Je lui raconte mes salades sans trop m’étaler, bien que j’aimerais bien littéralement m’étaler sur la banquette pour DORMIR. Il trouve qu’une maman qui écrit des histoires, c’est pas banal, ça :

– L’essentiel Madame, c’est de ne pas trop en faire ni d'en avoir, hein?

– Oui, tout à fait.

Puis, spontanément, je lui demande :

– Sinon, ça va vous, la vie ?

Pourquoi ? POURQUOI j’ai posé cette question ! Je pense que pour le bien de la planète, il faudrait juste une bonne fois pour toutes me couper la langue, pour en être définitivement débarrassé ( si ça arrive, c’est pas grave, je pourrais toujours écrire ).

Et là, il se confie, mais en version non-censurée :

– C’est marrant que vous me posiez la question, parce je ne vais pas bien. Je sens qu’avec vous, je peux tout dire. (Ah bon? Mais non, je crois pas !). Je vais te dire ce qui va pas madame…

Abdel m’explique que ce matin, il a reçu une lettre de son avocat, qui lui indiquait que son ex-femme lui réclamait encore de l’argent. Ils ont été mariés pendant 17 ans. Du jour au lendemain, elle l’a fichu à la porte, en changeant toutes les serrures de la maison pour l’empêcher de rentrer. Elle lui a aussi interdit de revoir leurs trois enfants.

Solidarité féminine oblige, je lui demande s’il ne l’a pas violentée, parce que pour qu’une femme réagisse de la sorte, c’est qu’elle voulait se protéger de lui (du coup, j’étais pas méga rassurée d’être en tête à tête dans sa voiture en rase campagne, gloups !)

Il me jure sur le Coran (Eux aussi font ça ? Trop marrant !) qu’il n’a jamais levé la main sur qui que ce soit. Que oui, il y avait beaucoup de disputes, mais comme dans tous les couples. Le souci, c’est que lorsque sa femme a changé les serrures, Abdel est devenu… SDF… pendant six mois. Il m’explique cette horrible tranche de vie qui l’a mis plus bas que terre, voire presque sous terre, parce qu’il voulait mourir. Il me raconte ses nuits passées dans sa voiture dans un froid polaire. Il me décrit la peur de ne pas avoir assez pour manger, de se faire tuer… en gros, l’horreur… Seule ma question (aussi pragmatique que débile) vient troubler son récit poignant :

– Comment vous faisiez pour vous brosser les dents, le matin ?

– Tu sais, Madame, dans ces cas-là, tu penses pas trop à te brosser les dents. Tu penses à survivre heure après heure.

Il me donne les détails de comment il a remonté la pente sociale. Il a continué d’exercer malgré sa situation catastrophique, et puis soudain, il s’essuie les yeux… au début discrètement, puis de plus en plus. Faut dire que moi aussi je n’en mène pas large, car d’imaginer un si gentil Monsieur (si, si, il est trop gentil) sans maison, sans foyer m’a fendu le cœur. (Non mais j’ai la larme facile aussi…)

En pleurs, il continue de me raconter comment il a rencontré sa nouvelle femme, et combien ils sont très heureux dans leur petit appartement et leurs deux petits choux.

Mais… et c’est le mais qui va vraiment faire craquer Abdel. La sorcière (son ex-femme) veut sa peau, et a juré sa perte. Elle lui réclame des millions, et a même cherché à parler avec sa nouvelle femme (Géraldine) pour qu’elle le quitte à son tour. Géraldine tient bon car elle l’aime. 

Il fond littéralement en larmes, au point de ne plus pouvoir conduire, se gare sur le bas-côté, et craque complètement ! Je vis en live un UBER-OUT !

Devant tant d’émotion et de souffrance, je l’accompagne dans ses pleurs. Sa douleur me bouleverse (mais qu’est-ce que je m’en tape en vrai ! Faut que je me reprenne, là !). Abdel s’excuse, essuie ses larmes. Je sais pas pourquoi, mon instinct me dit qu’il est sincère, et que je dois l’aider, même si on ne doit plus jamais se revoir :

– Écoutez Abdel, je comprends ce que vous ressentez. Vous avez su vous battre quand vous étiez à la rue, sans rien ! Il faut que vous continuiez à vous battre, et que vous trouviez la force de faire la paix avec votre ex-femme. C’est sûr que vous ne l’avez jamais frappée, on est d’accord ?

– Jamais Madame, jamais !

– Alors demandez à D. de vous donner cette force, et essayez de comprendre pourquoi votre femme vous en veut autant ! Je sais pas moi, peut-être qu’elle a eu des problèmes avec son père, dans son enfance ? Reprenez contact avec vos enfants !

– Je sais pas, j’ai peur, j’ai vraiment peur qu’ils me rejettent.

– C’est normal d’avoir peur, mais chaque fois que vous prendrez vos deux petits derniers dans vos bras, vous n’aurez plus peur. Vous vous êtes reconstruit une nouvelle vie, et vos enfants sont la récompense de vos efforts. Allez, soyez encore plus fort, je sais que vous en êtes capable !

Il pleure encore pendant de longues minutes, se mouche, et redémarre. C’est dans le silence qu’on arrive devant Lev Tov. Vient le moment gênant où je lui dis au revoir. Je lui dis que quand il aura des doutes, il pensera à notre discussion, et je serai avec lui par le cœur (faut vraiment un jour que j’arrête de faire ça, et que je m’occupe de mes oignons !). Il prend ma valise du coffre, me dit merci, et s’en va.

Chelou le mec…

Pendant plus de 1h30, je passe un moment délicieux avec notre Agnès nationale. Elle m’explique le fonctionnement du supermarché Lev Tov, qui se trouve près de Lev Parc, et je suis toujours autant fascinée par leurs actions. Par la même occasion, je rencontre le directeur, Monsieur Mendy Attal. On me propose un thé, dans une ambiance travailleuse et merveilleuse. Et il est l’heure pour moi de rentrer. Je vais pour appeler un autre UBER, mais qui je vois sur le bas-côté qui m’a attendu tout ce temps dans sa voiture ? Abdel !

Il me sourit, et me dit qu’il sera mon chauffeur pour le reste de la journée, et c’est ce qu’il a fait ! Le soir, en me déposant, il me donne son numéro pour que je l’appelle au cas où j’ai besoin de lui pour m’emmener à l’aéroport ! Je m’inquiète et me demande combien tout ceci va me coûter, car il n’a pas mis le compteur. Je sors les billets de mon sac, et lui demande si c’est ok pour le prix.

– Je ne te prendrai pas un centime. C’est avec le cœur que tu m’as payé aujourd’hui. Je sais que tu es juive. Mon D. et ton D. sont les mêmes. Tu m’as prouvé que nous les musulmans, nous devons vous aimer les juifs, car vous êtes bons. Madame qui écrit des histoires, la seule façon de me remercier, c’est de rentrer chez toi, et d’écrire la nôtre. Dis à ton peuple que beaucoup de musulmans vous aiment. Merci de m’avoir écouté, merci de m’avoir redonné la force. J’espère qu’un jour, tout le monde s’entraidera comme tu l’as fait pour moi. (Ça va, faut pas exagérer non plus !)

Avant de démarrer, je lui offre quelques boulous de chez Charles traiteur, avec une citronnade pour casser le ramadan (mon mari m’a éclaté la tronche parce que c’était pour lui, la citronnade !). Abdel m’a serré fort les mains, et a démarré en criant :

Que D. Bénisse les juifs du monde entier, Madame ! Je concluerai par AMEN. 

Je vous retrouve la semaine prochaine avec les dernières chroniques de la saison. Je ne sais pas encore si La vie déjantée d’une mère juive à New York reviendra en septembre. Je vous tiendrai au courant. Je vous embrasse. 

 

Déborah Malka-Cohen, auteure de: La vie déjantée de Junes Davis. Tome 1 et 2. Disponible sur Junesdavis.com

Le UBER-OUT de Junes Davis
Le UBER-OUT de Junes Davis

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Le Krav Maga et les American boys

Publié le par Junes Davis-Cohen

 

 

En début de semestre, et après avoir visionné une vieille vidéo du BÉTAR (je regarde des trucs moi, parfois…bref…), j’ai directement inscrit mon fiston à des cours de Krav Maga. En mère juive toujours déjantée, mais parfois angoissée, j’ai souhaité que mon poussin de fils sache se défendre dans cette basse-cour cruelle qu’est le monde dans lequel nous vivons. Apparemment, je ne suis pas la seule à avoir eu la même idée, puisque nous sommes trois mamans de la classe à avoir inscrit nos petits chéris dans le même club.

C’est pourquoi nous nous sommes toutes mises d’accord sur un système de roulement, où chacune à tour de rôle accompagnera ces pré-ados tout en bas de Manhattan.

Et aujourd’hui, c’est bibi qui s’y colle !

 

Ma mission est simple : aller chercher mon garçon et ses potos, trouver un taxi, monter dans le taxi. Attendre cinquante minutes, le temps que les petits gueux finissent leur sport de combat, et les redéposer, toujours en taxi, chacun en bas de leur maison respective.

 

Allez Simone, en voiture pour cette galère certaine qui nous attend !

Car oui, c’est une galère… et vous allez lire pourquoi :

 

À quatre heure trente précisément, dans le lobby de l’école, comme tous les parents ici présents, je me retrouve prise en sandwich dans une marée humaine de plus de 300 enfants totalement déchainés qui sortent tous en même temps. Je m’accroche à un poteau pour ne pas me faire marcher dessus (Hé, jeune fille, tu m’as pas vue ? Suis-je si petite que ça ? Vraiment ? Come on !). C’est in extremis que j’extrais de cette masse infantile Ethan et les trois autres petits américains qui n’ont rien de petit, (l’un d’eux fait tout même 1m78… pour 11 ans) pour nous sortir de là entiers !

 

Et justement, on sort, dehors il fait -12 (déjà ça, c’est un point galérien à lui tout seul, nevermind). Je chope le premier taxi venu, on monte, et pendant tout le trajet, j’ai les copains de mon fils qui, avant même d’arriver, se mettent dans l’ambiance du cours, en faisant des pseudos prises de Krav-maga à tout va. J’utilise le mot pseudo volontairement, parce qu’à tous les quatre, ils ont dû faire à tout casser trois leçons, et encore, c’est grand maximum. Faut croire que ça leur suffit, puisqu’ils se prennent déjà pour des pros. Mon seul but est d’éviter que les cartables volent à travers l’habitacle de la bagnole, et qu’ils atterrissent sur le pare-brise de ce pauvre chauffeur qui nous a pris dans son taxi en toute innocence.

Enfin, on arrive à destination de ce chemin sans fin.

Pensez à remercier avec beaucoup plus d’intensité et de conviction, les autres mamans qui se sont tapées tout le trajet avant moi.

En sortant, j’évite d’oublier dans le coffre, mon gros cabas ou se trouve mon ordi (un faux Louis Vuitton de folie ! Je ne sais plus comment il s’appelle, ce modèle, mais c’est celui que plein de dames emportent avec elles à la plage, ultra pratique).

Comme je sais que je vais devoir patienter une heure, je l’ai pris exprès pour bosser, et du coup mon sac pèse vachement lourd. Ça doit se voir, parce que le petit (géant) Kevin me prend mon sac de l’épaule, et me dit :

– Let me help you, Ethan’s mom. Laissez-moi vous aider, maman d’Ethan.

Waouuuh, trop gentil ce gosse, sauf que je l’entends dire à mon fils en anglais comme si j’étais transparente ou que je ne comprenais pas un traitre mot à la langue de Shakespeare :

– La pauvre, ta mère, elle est vieille, c’est dur pour elle, faut l’aider.

Le scélérat ! Mais il croit que j’ai quel âge ? Mieux vaux ne pas lui demander, je sens qu’il va me sortir un truc qui va pas me plaire.

 

On pousse la porte du Krav, et les gosses surexcités partent se changer. Je repère une prise, m’assois par terre (la classe !), et branche mon portable (depuis quelques semaines, j’ai créé des groupes Whatsapp pour poster mes chroniques, et depuis, ce pauvre téléphone, à force de biper, est totalement sous tension. Il se retrouve souvent à plat, alors il faut que je le branche en permanence).

 

Je remarque un type avec une crête, qui doit être le standardiste. Il me voit seule, et je sens qu’il veut qu’on papote. J’ai envie de lui dire :

– Pas possible, mon gars, je dois rendre un article, et tu vois, là, j’optimise mon temps à fond (vive le jonglage !) Mais par politesse, je pose mes gants, et prends des gants pour m’excuser que je ne peux converser, et c’est là que crête man me sort des phrases hors du commun :

– OK. Je te dérange pas plus, mais j’adore tes Moon Boots (bottes de neige).

– Merci.

– Elles sont pas un peu grandes pour toi ?

– Non, ça va.

– Je peux les essayer ?

 

Hein ?

Ça se fait si je lui dis que ma mère m’a toujours interdit de prêter mes chaussures ? Remarque, pour l’expérience inédite, je serais bien tentée de les lui prêter, mais je me ravise rapidos, parce que l’on ne connait jamais vraiment l’hygiène plantaire des gens, et encore moins des inconnus. Imagine qu’il porte des chaussettes sales, trouées, avec des ongles horribles… non, je peux pas. Alors à défaut de prendre ce risque, je prend mon courage à deux boots, et lui réponds :

– Désolée, je préfère pas.

– Je comprends, mais si un jour tu les vends, je suis preneur.

– Euh… OK.

 

C’est ainsi que 12 lignes écrites, 112 messages Whatsapp, 87 notifications facebook, et 8 messages Messenger plus tard, les enfants sortent enfin du cours (faut vraiment que j’éteigne mon phone quand je bosse). Je suis ravie de constater que les sportifs en herbe ont les joues bien rosies par l’effort, et ça fait plaisir de voir tout ce défoulage.

Le prof de krav maga sort lui aussi de la salle, et demande des papiers au fétichiste. Mon regard se pose directement sur les bras et le visage de Yoni (le prof) qui sont recouverts de tatouages. J’en fais la remarque à mon fils en français :

– C’est marrant, ton moniteur, il s’est fait faire plein de hiéroglyphes. (La fille qui est jamais sortie de chez elle. Bonjour le monde !)

– C’est quoi des hiéroglyphes ?

– Ce sont des dessins égyptiens. Ça fait bizarre, toutes ces Cléopâtres.

– Moi je trouve ça sympa. Je pourrai en avoir un quand je serai plus grand ?

– Ah non ! Tu commences pas avec ces bêtises ! C’est interdit, chez nous, n’y pense même pas. Ça fait voyou (alors qu’aucun rapport, en plus !). Et puis d’habitude, les gens se font tatouer : des oiseaux morts, des cœurs, des écureuils, le nom de leur petite amie, pour ensuite regretter gravement leur choix (Une grosse pensée pour Johnny Depp qui s’était fait tatouer Winona Ryder pour casser deux mois plus tard ! La galère après, pour les modifs, il a morflé le Johnny !). Mais des hiéroglyphes… franchement !

 

Évidemment, c’est à voix bien haute, et bien fort, que j’ai partagé cette pensée si intelligente et si profonde, remplie de jugements pour dissuader Ethan. C’est pourquoi je vis juste après, ce grand grand moment de solitude que TOUS les francophones connaissent pour l’avoir vécu au moins une fois dans leur vie :

– Bonjour, je suis le prof de ton fils… oui, oui, je parle le français, je suis canadien. Je viens de Montréal. Ton fils se défend pas mal. Il est super, mais il doit continuer de s’entrainer le reste de la semaine. D’accord ?

– OK merci…

Bon si ça se trouve, il a rien entendu, fiouf. Me croyant sortie d’affaire, le coup de grâce tombe :

– By the way, j’ai mes deux ex tatouées sur mon omoplate. T’as raison, c’est pas intelligent de faire ça. Ne te fais jamais de tatouages Ethan, ta mère a raison ! See you !

 

Puis-je m’enterrer sous terre tout de suite ? Non ? Mais qu’on me coupe la langue une bonne fois pour toute, ma parole ! Qu’on en finisse !

 

Pour dissiper ma honte, je fais style de ramasser les affaires des enfants, mais le grand Kevin me dit qu’il ne faut pas que je me fatigue trop :

– C’est pas bientôt fini oui ! J’ai 35 ans, 35 ans !

– Okay dokey ( je supporte pas cette expression américaine )

 

On sort en vitesse, et je lève la main pour héler un yellow cab, mais les american boys me disent qu’il faut d’abord que l’on achète des protéines pour garder la masse musculaire.

Toi, en tant que française, quand on te dit prot’ : tu penses poulet/ Dukan/ surimi, mais hélas, l’américain pense : Starbucks frappuccino surprotéiné avec double dose de chantilly !

Je leur dis que c’est n’importe quoi ou je dis rien ?

Pas besoin, mon fils me demande d’être cool, et de faire comme toutes les autres mamans. J’abdique, et décide d’aller leur acheter leurs saloperies (ah si, après cinq ans, j’affirme que ce sont des saloperies ! Sauf leurs cappuccinos, et leurs thés rouges).

On escalade les 499 centimètres de neige, pour arriver au Starbucks le plus proche, et si Kevin me propose encore sa main pour ne pas que je tombe, je vais lui montrer ce qu’à mon âge on peut faire en terme de Frappuccinos renversés sur une tête ! On commande nos boissons au bar, et je reçois en simultané de mère 1, 2, et 3 :

– Kevin peut dormir chez toi ce soir ? J’ai un mariage.

– Ça t’embête qu’Aaron passe la nuit chez toi ?

– Tu peux garder Charles cette nuit ? On a tous la grippe, et je ne voudrais pas qu’il soit contaminé.

J’ai envie de répondre à la dernière mom qu’il va bien falloir qu’à un moment donné, Charles rentre chez lui, mais les américains et les microbes, c’est toute une histoire…

Et on repart à la maison.

 

Je fonce préparer les lits, mettre les draps, dire à mes poupées retrouvées d’arrêter de sauter sur les lits gonflables qui ne sont pas des trampolines. Plus tard, je les fais tous manger, et quand tout le monde est enfin au lit vers 21h30, je reçois un appel du standardiste fétichiste avec une préférence pour les Moon boots, qui m’informe que l’un des enfants à oublié son cartable au Krav-maga, et qu’il faut aller le chercher.

mèreencarton#têteenl’air#irresponsable#j’enaimarred’êtremoi !

Allez, rhabille toi, remets tes bottes, repars…

 

Alors vive les sports de combat, même si on souhaite de ne jamais devoir à combattre qui que ce soit, sauf si c’est pour se dépasser soi-même et repousser ses limites ! Phrase clichée mais tellement vraie ! 

Je vous embrasse, mes préférés. À mercredi pour une vraie de vraie big surprise !

 

PS : J-7 avant la sortie officielle de L’Exode. Youhouuuuuuu !

Le Krav Maga et les American boys
Le Krav Maga et les American boys

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