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1 articles avec newyork

Quand le Roi du Maroc se comporte comme un Pacha, rien ne va plus !

Publié le par Junes Davis-Cohen

J’ai connu ma copine Natacha, il y a deux ans, lors d’une vente privée exceptionnelle de perruques (j’adore les ventes privées exceptionnelles de perruques, mais c’est un peu dangereux, parce que certaines en deviennent limite folles !).

On y trouve des -30 à -50 pour cent/pièce, vous imaginez pas la frénésie autour de cet objet souvent hors de prix. Nat’ et moi avions repéré au même moment le même modèle. Je l’avais direct lâché pour le lui laisser volontiers. J’allais quand même pas me crêper le cheveu pour des bouts de cheveux ! J’estime que dans ce monde, il y a d’autres combats pour lesquelles il vaut la peine de se battre, mais là, franchement…

 

Elle avait pensé tout pareil que moi, puisque presque par télépathie, nous avons laissé tomber mollement le tas dans le bac. Je lui avais dit :

– Sorry.

Et elle m’avait répondu:

– Non, c’est moi, sorry !

Et de sorry en sorry, une story entre nous deux a commencé. Depuis, on se voit de temps en temps. Le mois dernier, j’ai reçu un code promo pour aller voir un spectacle à Broadway (Aladin). Je savais que Natacha’ voulait aller voir cette comédie musicale, alors je lui ai demandé si elle et son mari voulaient se joindre à nous (il est top ce spectacle ! Par contre, c’est pas Daniel Levi qui chante sur la version américaine, trop les boules !)

 

Deux minutes plus tard, j’ai eu sa réponse qui n’a rien à voir avec ma question :

Ma femme de ménage m’a plantée. Impossible d’en trouver une autre. Sous l’eau. Boulot/maison/enfants, au bout du roule’. Café à 3h00 ?

Comme j’ai senti que mon amie aavait besoin de « vider son sac », je lui ai répondu oui, sans hésiter. Mais avant :

 

Qu’est ce que le vidage de sac, et à qui s’adresser ?

Tout d’abord, il vous faut un sac. Prenez ce sac, quand il est plein, videz-le. Mais non, mais non, rien à voir, même si ma métaphore n’est pas si éloignée de la réalité.

Mais avant tout, il nous faut une amie de confiance qui n’essaiera ni de vous raisonner, ni de vous faire la morale, et surtout, ne vous jettera pas ce regard nauséabond bourré de jugements, car dans ce cas là, ça sent fort !

Il est bon, voire obligatoire de proposer à son amie une boisson chaude (un peu comme Sheldon Cooper le propose dans The big bang theory). Proposez lui une chaise/canapé/tabouret, et laissez la parler jusqu’à ce qu’elle manifeste des signes de saoûlage personnel. Pendant ses doléances, malheur à vous si vous intervenez. Soyez juste prudent, et laissez la aller jusqu’au bout de ce qui la tracasse. Lors de la vidange, il arrive que le récit devienne totalement incohérent. Ne vous inquiétez pas, c’est normal ! Elle reviendra elle-même sur le coq à l’âne par lequel elle est passée. Exemple :

 

– Ilan a encore fait pipi au lit cette nuit ! Il me tue ce gosse, et le pire c’est que Ruben s’en fiche. Il me dit qu’avec l’âge, ça va passer. Mais le pire, c’est que Ruben ne m’aide jamais à débarrasser la table, ou à descendre les poubelles. Pour couronner le tout, j’ai appelé ma mère pour lui dire qu’entre Ruben et les pipis, j’étais à bout, et tu sais ce qu’elle m’a répondu ?

– Non.

– Que tout ce qui m’arrive c’est parce qu’elle ne m’a pas assez allaitée ! Son égocentrisme m’étonnera toujours, et puis ma sœur qui n’est toujours pas mariée…

Le but du « vidage de sac » permet d’en avoir moins sur la patate, et de repartir vers de nouvelles aventures le cœur plus léger.

 

Ce qui nous amène à notre rendez-vous du jour avec Natacha. Elle avait sa tête des mauvais jours, et à la seconde où elle s’est assise, elle a embrayé sans passer par la première :

– J’en ai marre, je suis toute trempée avec cette pluie, mon D. mais quelle journée ! Hier, il faisait 22 degrés, aujourd’hui il en fait 8. Je déteste le climat new-yorkais !

– Bonjour Natasha, moi aussi je suis trop contente de te voir.

– Excuse-moi, Junes. T’as raison, je t’ai même pas dit bonjour (échange de bises), mais depuis que j’ai plus Wendy pour m’aider, je suis très nerveuse.

– Parole de EEI. (les scouts juifs), dès que j’entends parler de quelqu’un, je te donne le contact.

– Merci, ce n’est pas la femme de ménage qui m’embête le plus.

– Ah non, c’est quoi alors ?

– C’est Ruben… il voit que je me tue à la tâche, et il ne lève pas le petit doigt pour m’aider. Surtout que je ne lui demande pas grand-chose. Par exemple, hier soir, je lui ai demandé de me faire la vaisselle pendant que j’endormais les enfants, il n’a pas levé le petit doigt. Quand je suis sortie au bout de 45 minutes, lui et son derrière étaient tranquillement assis sur le canapé. Ses yeux allaient de sa saloperie de téléphone à la chaine espagnole, avec la vaisselle qui n’était toujours pas faite !

– Pourquoi il regarde la télé en espagnol? Je savais pas qu’il avait cette corde à son arc.

– Quelle corde, je t’en prie? Soi-disant il a des origines marranes, et ça lui rappelle sa grand-mère, alors qu’il ne comprend pas un traître mot d’espagnol. Ridicule ! Si ce n’était que ça, ça irait, mais je ne sais plus quoi faire pour qu’il comprenne que je suis crevée, et que j’ai besoin de son aide.

– Tu pourrais lui…

– Non, mais tu sais ce qui m’énerve le plus, dans tout ça ?

– Aucune idée, mais vas-y, je t’en…

– C’est qu’on pourrait ne pas avoir besoin de payer quelqu’un, si on faisait équipe tous les deux. Les enfants commencent à grandir, j’ai moins besoin de quelqu’un comme avant, et ça nous ferait une belle économie.

– En prenant quelqu’un, tu fais marcher l’économie. Je plaisante, tu pourrais lui…

– Tu comprends pas, Junes !

 

Note de Junes Davis :

Je supporte pas quand on me raconte un truc, et que la personne en face me dit que je ne peux pas comprendre. J’ai quand même obtenu mon master couple depuis 2 ans. Tout le monde peut l’avoir ! Il suffit de le passer. Il faut avoir plus de 130 heures d’écoute de soucis des copines au compteur, et avoir Myriam Bensimon comme amie pour décortiquer vos propres soucis, elle vous envoie la sauce, et c’est bon, vous l’obtenez.

 

– Hé Ho Junes, tu m’écoutes ou t’es encore en train d’écrire une chronique dans ta tête ?

– Les deux ma chérie, donc tu disais que je ne comprenais pas, c’est ça ?

– Oui, parce que quand je te dis que mon bonhomme ne fait rien, c’est qu’il ne fait rien ! Et le pire, c’est que si c’est pas nickel quand il rentre, il ose me faire une remarque ! Hier, il m’a tellement agacée que je lui ai sorti (je sens que ça va te plaire, ça) que le nez de Samantha Stevens n’était pas encore en vente sur Amazon, et qu’il devait se contenter de mes capacités d’humaine.

– Comment tu sais que j’adore ma sorcière bien aimée ? D’ailleurs est-ce que tu lui…

– Non mais Junes, tu comprends pas ! (Oh my Gosh, mon propre sac commence à être plein. Je sens qu’il va falloir que je le vide dans pas longtemps). Même de mettre une poubelle dans le vide-ordures qui est sur le même palier que notre appart, il ne le fait pas. Il me dit que le boulot l’épuise ! Mais moi aussi je bosse, à la fin ! Je suis obligée de lui dire 10 fois les choses pour qu’il les fasse. À la fin, ça m’énerve tellement que je finis par le faire! Et puis (20 minutes de plaintes plus tard…) tu te rends compte que même ça, j’ai dû le faire, alors que c’est sa propre mère !

– Je vois, mais as-tu pensé que...

– Non, Junes tu…

– OUI, JE SAIS, JE NE COMPRENDS PAS, MAIS TU VAS M’ÉCOUTER, À LA FIN ?

– Eh ça va, relax ! C’est fou, tu viens de faire la même tête que Ruben.

– Bon, je me lance, mais avant, tu préfères la version guimauve rose bonbon spéciale J.D., ou celle de l’amie qui veut vraiment t’aider à régler ton problème ?

– Je sais pas. Explique moi les deux, et après, je choisirai.

– OK. Alors la version guimauve rose bonbon : viens là que je t’enrobe avec mes mots :

« Oh la la, ma pauvre, je te comprends. OUI, oui, je te comprends, c’est tellement difficile d’avoir un vrai Pacha à la maison, qui n’attend que d’être servi. C’est un phénomène très répandu chez le séfarade. (D’où mon choix marital d’épouser un ashkénaze ! Mon D. quel mauvais deal ! C’est kif-kif bourriquot au final, comme disait ma grand-mère, c’est une question de personnalité. ) Que je te plains, mon amie, et vivement le retour de la femme de ménage perdue !

– Elle est bien, cette version ! Par curiosité, c’est quoi l’autre ?

– Tu arrêtes de t’énerver contre lui, et tu le laisses prendre des initiatives. Même si ça doit prendre quatre jours, tu le laisses gérer. Prends en compte que le Pacha est paresseux, mais n’est pas bête du tout, limite rusé. Pourquoi tu veux qu’il se galère, alors qu’il sait très bien que tu vas forcément tout faire à la fin. Certains hommes ont le même comportement qu’un gamin de cinq ans. Pourquoi ? Parce que toi, tu te comportes comme sa mère ! Tu l’engueules et le raisonnes comme une mère ! Donc next time, tu lui dis :

– Chouchou, tu peux jeter les poubelles steuplait ?

Et s’il ne le fait pas, eh bien tant pis, les poubelles resteront.

– Mais c’est dégoûtant, je peux pas.

– Alors ton bonhomme a raison, parce que laisser un sac poubelle plus de cinq minutes dans l’entrée, cela n’a jamais tué personne.

– Pourquoi il ne le fait pas immédiatement quand je le lui dis ?

– Parce que hum... c’est pas ton esclave, ni ton employé… c’est ton mari !

– Rien qu’on en parle, ça m’énerve ! Et puis pourquoi c’est moi qui dois être la responsable des deux ?

– Parce que c’est notre caractère à nous, les femmes, d’avoir tendance à vouloir contrôler pour mieux s’organiser. Fais le une fois, deux, fois, trois fois, et tu verras qu’il fera les choses par lui-même, et tu n’auras même plus besoin de lui dire.

– Cela m’étonnerait ! Il peut y avoir la maison qui s’écroule, le pacha ne bougera pas le petit doigt.

– On peut au moins essayer ! Et au pire, tu reprends la femme de ménage. Vous venez on se fait un restau, semaine prochaine ?

– Je vois avec Ruben, et je te dis, mais je te préviens, Junes, si jamais je vois qu'il n’y a pas d’amélioration de son comportement de gamin immature, je crois que je vais me séparer.

– Quoi ?

–Je pense sincèrement que je serai mieux sans lui, il est plus un poids qu’autre chose…

 

C’est sur ces paroles que mon amie s’est levée et m’a laissée totalement flippée. En tant qu’amoureuse inconditionnelle du mariage (Allô, hôpital Sainte-Anne, j’écoute ?), je ne pouvais absolument pas lâcher le couple de Natasha. Pour cela, j’ai fait appel au mari d’une de mes amies, qui est d’une maniaquerie maladive ! À nous deux, mon petit Pacha, je vais m’occuper de toi !

 

Alors rendez-vous la semaine prochaine, pour la suite de « Quand le roi du Maroc se comporte comme un pacha ». Je vous retrouve mercredi. Bisous

 

*Pour vous procrurer mes romans, c’est sur junesdavis.com rubrique: La Genèse et L’Exode. 

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